Golé Nyambaka
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Golé Nyambaka, née en 1943 à Mayo Doubbi et morte le à Tchabbal, est une chanteuse camerounaise originaire de l'Adamaoua. Elle a popularisé le rythme ndabjah. Sa musique est politique car elle s'est engagée en faveur de l'Union nationale camerounaise et contre l'asservissement des Kirdi.
Golé Nyambaka naît en 1943 à Mayo Doubbi, un hameau à 5 kilomètres de Nyambaka[1]. Son père, Hamadjouldé, est un agriculteur d'origine centrafricaine. Sa mère, Satou, est une femme laka esclavagisée qui avait été donnée à un éleveur peul du Maroua[note 1]. Golé Nyambaka est donc elle aussi forcée de travailler pour lui[2].
Dans les années 1960, Nyambaka crée un orchestre avec lequel elle chante pour divers évènements dans le Septentrion et entame une carrière qui lui permet de prendre son indépendance. Elle commence à militer pour l'Union nationale camerounaise et devient une amie proche du dirigeant Ahmadou Ahidjo[2].
Le docteur Gilbert L. Taguem Fah, qui compare Nyambaka à Anne-Marie Nzié, souligne la dimension politique de sa musique[3]:
« Golè Nyambaka est une actrice politique qui opère sous une forme voilée, car elle participe à la dénonciation d'un système qu'elle tente, à travers sa musique, d'oublier et de fustiger. »
Le professeur Roger Botte résume ainsi l'engagement de Nyambaka[4]:
« Au Cameroun, la chanteuse d’origine servile Gole Nyambaka (initiatrice du rythme ndabjah), aujourd’hui décédée, se présente ainsi comme la « voix des sans-voix », la porte-parole des opprimés, des « sans-histoire ». Protestation contre l’ancien ordre esclavagiste, ses chansons mettent à nu les frustrations sociales et fustigent un système politique régi par l’inégalité et la domination tout en tentant (prémisses d’un dépassement ?) de pacifier la dialectique maître/esclave. »
Après la démission d'Ahidjo en 1982, les affaires de Nyambaka périclitent. Elle meurt le à Tchabbal près de Ngaoundéré[2].
Postérité
En 2024, le recteur de l'université de Ngaoundéré annonce que le bâtiment A porte désormais le nom de Golé Nyambaka afin d'honorer sa mémoire[5].