Gouvernement Ross
gouvernement du Québec entre 1884 et 1887
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Le mandat du gouvernement de John Jones Ross, devenu premier ministre du Québec à la suite de la démission de son prédécesseur Joseph-Alfred Mousseau, s'étend du au . Membre du Conseil législatif, Ross ne siège pas à l'Assemblée législative et laisse la direction des travaux parlementaires à Louis-Olivier Taillon.
| Gouvernement Mousseau | Gouvernement Ross | Gouvernement Taillon I | ||||||||||||||||||||||
| 5e législature | 6e législature | |||||||||||||||||||||||
| 1883 | 1884 | 1885 | 1886 | 1887 | ||||||||||||||||||||
| Premier ministre | John Jones Ross |
|---|---|
| Élection | 1886 |
| Législature | 5e, 6e |
| Formation | |
| Fin | |
| Durée | 3 ans et 2 jours |
| Parti politique | Parti conservateur |
|---|---|
| Ministres | 6 |
| Femmes | 0 |
| Hommes | 6 |
Caractéristiques
Le gouvernement de John Jones Ross se distingue par une gestion financière rigoureuse, équilibrant le budget à partir de 1886[1]. Son administration est ébranlée par l'insurrection des Métis en 1885 et, plus encore, par l'exécution de leur chef Louis Riel le . Plusieurs députés du parti de Ross, le Parti conservateur, l'accusent de n'avoir pas intercédé auprès du gouvernement fédéral pour l'en empêcher et décident de former une coalition avec les libéraux d'Honoré Mercier : le Parti national. La coalition remporte les élections de 1886.
L'Acte des manufactures
Le gouvernement Ross fait adopter en 1885 l'Acte des manufactures (48 Vict., ch. 32), première loi québécoise réglementant les conditions de travail dans les usines. La loi interdit l'emploi des garçons de moins de 12 ans et des filles de moins de 14 ans, et limite la journée de travail à 10 heures[2].
La pendaison de Louis Riel

La pendaison de Louis Riel le à Regina provoque une rupture au sein du parti : Ross, ayant appuyé la position des conservateurs fédéraux, est qualifié de « complice des chevaliers du gibet » par les ultramontains[3]. Cette crise mène à la formation du Parti national d'Honoré Mercier, coalition de libéraux et de conservateurs dissidents.
La chute du gouvernement
Aux élections du 14 octobre 1886, le Parti national de Mercier remporte 33 sièges, les conservateurs 26 et les conservateurs nationaux 3. Malgré la majorité libérale, Ross tente de rester au pouvoir car il espère le ralliement des nationaux. Il finit par démissionner le et laisse sa place à Louis-Olivier Taillon à la veille de la première session de la 6e législature[3]. Le gouvernement Taillon sera renversé quatre jours plus tard par une motion de non confiance, et les conservateurs n'auront d'autre choix que de laisser le pouvoir à Mercier.
Chronologie
- : assermentation du cabinet Ross devant le lieutenant-gouverneur Théodore Robitaille. Comme Ross est membre du Conseil législatif, c'est Taillon qui agit comme leader du gouvernement à l'Assemblée législative.
- : début de la troisième session de la 5e législature. Ross refuse d'accorder une enquête sur la vente du Québec, Montréal, Ottawa et Occidental, qu'il réclamait pourtant à l'époque de Mousseau et de Chapleau.
- : l'Assemblée législative adopte un projet de loi accordant au curé Labelle un projet de loterie devant subventionner la colonisation. Le Conseil législatif, à prédominance ultramontaine, vote cependant contre.
- : la quatrième session de la 5e législature est marquée par l'inquiétude concernant l'insurrection des Métis de Louis Riel dans l'Ouest du Canada.
- 1885 : adoption de l'Acte des manufactures (48 Vict., ch. 32), première loi québécoise réglementant les conditions de travail dans les usines[2].
- : pendaison de Louis Riel à Regina[3].
- : assemblée du Champ-de-Mars à la suite de l'exécution de Louis Riel. Wilfrid Laurier et Honoré Mercier y prononcent des discours accusant John A. Macdonald de l'avoir abandonné à la haine des fanatiques. Les conservateurs québécois sortent ébranlés de la crise car plusieurs d'entre eux, déçus de l'attitude de leur chef, abandonnent leur parti pour tenter une alliance avec les libéraux de Mercier.
- : cinquième session parlementaire de la 5e législature. Les attaques de Mercier contre le gouvernement Ross se font cinglantes, l'accusant de n'avoir fait aucune représentation au gouvernement fédéral afin d'empêcher l'exécution de Riel.
- : Mercier annonce la création d'un Parti national, unissant les libéraux et les conservateurs qui blâment leur parti d'avoir permis l'exécution de Riel.
- : élections générales. Les libéraux remportent 33 circonscriptions, les conservateurs 26 et les conservateurs nationaux 3. Malgré la majorité libérale, les conservateurs tentent de rester au pouvoir car ils espèrent le ralliement des nationaux.
- : démission du cabinet Ross. Le lieutenant-gouverneur Louis François Rodrigue Masson demande à Louis-Olivier Taillon de former le nouveau gouvernement. Le cabinet Taillon, pratiquement identique au cabinet Ross sauf pour Henry Starnes qui devient commissaire de l'Agriculture et des Travaux publics, est assermenté la même journée.
- : début de la première session de la 6e législature.
- : l'opposition vote une motion de non confiance. Taillon démissionne.
- : le lieutenant-gouverneur Masson demande à Honoré Mercier de former le prochain gouvernement.
Lois marquantes
- 1885 : Acte des manufactures (48 Vict., ch. 32), première loi québécoise réglementant les conditions de travail dans les usines, interdisant l'emploi des garçons de moins de 12 ans et des filles de moins de 14 ans, et limitant la journée de travail à 10 heures[2].
- 1885 : Loi concernant les asiles d'aliénés (48 Vict., ch. 34), réformant la surveillance des établissements psychiatriques en imposant la nomination d'un surintendant médical et de médecins internes pour chaque asile de la province[4].
Composition
Ross siège au Conseil législatif et cumule la fonction de commissaire de l'Agriculture et des Travaux publics. Louis-Olivier Taillon agit comme leader du gouvernement à l'Assemblée législative.
- Premier ministre et président du Conseil exécutif : John Jones Ross[Note 1]
- Agriculture et travaux publics : John Jones Ross[Note 1]
- Terres de la Couronne : William Warren Lynch
- Chemins de fer : Edmund James Flynn
- Procureur général : Louis-Olivier Taillon
- Secrétaire et registraire : Jean Blanchet
- Trésorier : Joseph Gibb Robertson
- Solliciteur général : Edmund James Flynn (1885-1886)