Gouvernement Morrison II

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Gouvernement Morrison II
(en) Second Morrison Ministry

Commonwealth d'Australie

Description de cette image, également commentée ci-après
Le Premier ministre Scott Morrison en 2021.
Gouverneur général Peter Cosgrove
David Hurley
Premier ministre Scott Morrison
Vice-Premier ministre Michael McCormack puis
Barnaby Joyce
Élection 18 mai 2019
Législature 46e
Formation
Fin
Durée 2 ans, 11 mois et 27 jours
Composition initiale
Coalition Libs-Nats
Ministres 29
Femmes 8
Hommes 21
Moyenne d'âge 48 ans
Représentation
Chambre des représentants
77  /  150
Chef de l'opposition Anthony Albanese
Drapeau de l'Australie

Le gouvernement Morrison II (en anglais : Second Morrison Ministry) est le gouvernement du commonwealth d'Australie entre le et le , sous la 46e législature de la Chambre des représentants.

Il est dirigé par le libéral Scott Morrison, après la victoire de la Coalition à la majorité absolue lors des élections fédérales de 2019.

Majoritaire à la Chambre des représentants, il est constitué à la fois du Parti libéral et du Parti national.

Son mandat est particulièrement marqué par une succession de remaniements ministériels et différentes polémiques, notamment l’inaction de l’exécutif contre le réchauffement climatique, la gestion des feux de brousse de 2019-2020 et le fait que le Premier ministre parte en vacances à Hawaï en pleine crise, ou encore la crise des sous-marins australiens, ce qui entache fortement la réputation de la Coalition.

Il succède au premier gouvernement Morrison et cède le pouvoir au premier gouvernement du travailliste Anthony Albanese, après la victoire de ceux-ci aux élections fédérales de 2022.

Formation

Ce gouvernement est dirigé par le Premier ministre sortant Scott Morrison, au pouvoir depuis . Il est constitué et soutenu par une coalition de centre droit entre le Parti libéral (Libs) et le Parti national (Nats), informellement surnommée « la Coalition ». Ensemble, ils disposent de 77 représentants sur 150, soit 51,4 % des sièges de la Chambre des représentants.

Il est formé à la suite des élections fédérales du 18 mai 2019.

Il succède donc au gouvernement Morrison I, constitué de la seule Coalition mais minoritaire au Parlement et dépendant du soutien d’élus indépendants [1].

Alors que les élections fédérales anticipées de 2016 donnent la victoire à la Coalition avec un nombre de voix cependant réduit, Malcolm Turnbull, Premier ministre sortant, conserve le pouvoir et forme un second gouvernement. Il doit cependant faire face à une fronde interne au sein de son parti à partir d', lancée par Peter Dutton, son ministre de l'Intérieur. Alors que son remplacement est de plus en plus envisagé depuis 2017 à la suite d'une baisse de popularité face aux travaillistes, Malcolm Turnbull finit par démissionner. Au terme du scrutin, c'est Scott Morrison, alors son ministre des Finances, qui l'emporte et forme le prochain gouvernement.

Les élections suivantes sont ainsi convoquées normalement pour le , au cours desquelles la Coalition parvient à l'emporter sur le Parti travailliste (ALP) de Bill Shorten avec 77 sièges contre 68, un résultat inattendu étant donné la position de favoris qu'occupaient les travaillistes dans les sondages[2].

La composition du nouvel exécutif est présentée une semaine plus tard et voit simplement la nomination de quatre nouveaux ministres et huit autres changent d’attribution [3].

Évolution

Le Premier ministre procède au total à cinq remaniements ministériels, le premier d’entre eux intervenant le 6 février 2020, qui voit le remplacement du ministre des Ressources, de l'Eau et de l'Australie du Nord, Matt Canavan, qui a démissionné trois jours plus tôt pour soutenir Barnaby Joyce à la présidence du Parti national, par Keith Pitt et la transformation du ministère des Services régionaux, de la Décentralisation et des Collectivités locales en ministère de la Décentralisation et de l'Éducation régionale, qui sera confié à Andrew Gee. David Littleproud et Marc Coulton se voient confier de nouvelles attributions, respectivement l'Agriculture, la Sécheresse et de la Gestion des catastrophes et la Santé régionale, les Communications régionales et les Collectivités locales.

Un nouveau remaniement survient le 22 décembre 2020, qui voit l’arrivée de Janet Hume et Zed Sesejla à l’exécutif, tandis que six ministres voient leurs attributions modifiées.

Le 30 mars 2021, le gouvernement est remanié une troisième fois, cependant, cette fois-ci personne ne quitte l’exécutif, seuls six ministres se voient confier de nouveaux ministères.

Le 2 juillet 2021, quatre ministres changent d’attribution et Bridget McKenzie rejoint l’exécutif, se voyant confier deux ministères.

Le 8 octobre de la même année, Ben Morton intègre le gouvernement et prend la charge des Services publics et Angus Taylor voit son portefeuille élargi avec l’ajout de l’Industrie à l’Énergie et la Réduction des émissions. Il s’agit du cinquième et dernier remaniement de l’exécutif.

Crises et polémiques

En , et jusqu’au , des feux de brousse se déclenchent, touchant principalement les États de Nouvelle-Galles du Sud et du Victoria, avant de sortir des forêts fin décembre, ce qui entraîne l’établissement de plusieurs états d’urgences. Il s’agit alors des pires incendies de végétation de l’histoire de l’Australie. Le Premier ministre sera pointé du doigt, à la fois pour son apathie et manque d’action contre le réchauffement climatique, ainsi que son départ en vacances à Hawaï alors que deux pompiers volontaires sont morts. Le bureau du Premier ministre n’avait pas d’ailleurs pas communiqué la date de son retour de voyage, pour « raisons de sécurité » [4]. Plusieurs manifestations sont menées dans les grandes villes, dénonçant l’apathie du Premier ministre et l’ingérence des incendies, tout en réclamant la mise en place de plus de moyens de lutte contre le réchauffement climatique. Les manifestants réclament également la démission de Scott Morrison, avec le hashtag #SackScomo (virez Scott Morrison, son nom n’étant désormais réduit qu’à ce diminutif) [5].

La même année, le Premier ministre s’attribue en secret cinq postes ministériels (Santé, Finances, Ressources, Intérieur et Trésor public). La plupart des ministres eux-mêmes n’avaient d’ailleurs pas été informés que leurs portefeuilles ont été doublonné. Cela ne sera révélé qu’en 2022, après les élections fédérales [6].

En 2021, Scott Morrison laisse entendre qu'il songerait à viser une réduction à zéro des émissions nettes de carbone de l'Australie pour 2050, sous la pression du Royaume-Uni de Boris Johnson et des États-Unis de Joe Biden, pour agir contre le réchauffement climatique. La Coalition accueille cependant cette déclaration de façon négative : le Parti national limoge alors son propre chef, le vice Premier-ministre Michael McCormack. Scott Morrison annonce donc finalement ne pas fixer d’objectifs en matière de neutralité carbone, estimant sa politique en la matière déjà « suffisante » [7].

Le de la même année, l’Australie rejoint l’AUKUS, pacte de défense régionale qu’elle a signé avec le Royaume-Uni et les États-Unis, mettant ainsi brusquement fin aux contrats de partenariat signés avec la France, notamment en termes de défense sous-marine nucléaire. Le ministre français des Affaires étrangères alors en fonction, Jean-Yves Le Drian, considère cette rupture comme un coup dans le dos, tandis que le président de la République Emmanuel Macron accuse publiquement Morrison d’être un menteur [8]. Les ambassadeurs français en Australie et aux États-Unis sont rappelés dans la foulée, décision sans précédent à l’égard de deux alliés français historiques, dans le contexte de cette rupture qui provoque un véritable tollé diplomatique [9].

Succession

En 2022, année des prochaines élections fédérales, la Coalition souffre toujours de son impopularité après les successions de crises politiques et de scandales. Le , date des élections, les travaillistes d’Anthony Albanese remportent la majorité absolue avec 77 sièges sur 151 et retrouvent donc le pouvoir, après neuf ans dans l’opposition. Outre la dégringolade de la Coalition, le scrutin est également un succès pour les Verts australiens et les Teal Independants. Scott Morrison reconnaît sa défaite avant même l’annonce des résultats officiels et félicite Albanese pour sa victoire [10]. Il annonce dans la foulée sa démission de la direction du Parti libéral et est replacé par Peter Dutton, alors ministre de La Défense et des relations avec la Chambre des représentants.

Le mandat de Morrison s’achève officiellement le , lorsque Anthony Albanese prête serment en tant que 31e Premier ministre.

Composition

Notes et références

Voir aussi

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