Grafton Tanner
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Grafton Tanner est un auteur et universitaire américain. Ses travaux portent sur les géants de la tech, la nostalgie, le néolibéralisme et l'éducation[1],[2],[3]. Tanner est chargé de cours au département de communication de l'université de Géorgie[4].
Babbling Corpse
Le premier livre de Tanner, Babbling Corpse: Vaporwave and the Commodification of Ghosts, est écrit en 2016 pour Zer0 Books Publishers. Tanner y analyse le vaporwave, un genre musical lo-fi inspiré de l'esthétique Internet et du consumérisme des années 1980, à travers le prisme du réalisme capitaliste de Mark Fisher, en réponse au capitalisme dans un monde post-. Babbling Corpse est globalement bien accueilli par les critiques[5]. Dans Broken Pencil, Joel Vaughan affirme que le livre est le plus convainquant lorsqu'il traite d'esthétique, mais «perd un peu de son élan lorsqu'il plonge dans les méandres de la théorie»[4]. Le magazine vaporwave Private Suite publie une critique du livre en couverture.
Après la publication en anglais du troisième ouvrage de Tanner, The Hours Have Lost Their Clock, Babbling Corpse est traduit en espagnol en 2022 par Cristóbal Durán pour les éditions Holobionte, sous le titre Un cadáver balbuceante, El Vaporwave y los fantasmas electrónicos[6]. Eduardo Almiñana, de Culturplaza, apprécie l’ouvrage pour sa manière de présenter l’hyperconsumérisme comme une maladie de la culture contre laquelle le vaporwave lutte. Il écrit: «des tendances comme YouTube Poop et bien d’autres formes d’expression qui incluent l’appropriation, l’altération et le recyclage prospérent comme des champignons éphémères dans l’ombre de feux artificiels et au milieu d’un poltergeist généralisé[7]».
Foreverism
Selon Grafton Tanner, la culture contemporaine est obsédée par le passé, mais cette “nostalgie” est surtout une stratégie commerciale : le foreverism recycle et actualise sans fin œuvres, franchises et souvenirs pour maintenir un présent perpétuel[8]. En rendant tout disponible en continu (plateformes, reboots, hologrammes, rééditions), on supprime la rareté et donc le manque, ce qui nous empêche paradoxalement d’éprouver une nostalgie authentique[9]. Cette obsession du passé se prête facilement à des récupérations politiques (par exemple avec le slogan « Make America Great Again »)[10].
