Grand Israël

terme biblique et revendication sioniste irrédentiste From Wikipedia, the free encyclopedia

Le Grand Israël (en hébreu : ארץ ישראל השלמה, Eretz Yisrael HaShlema) est un terme biblique et politique en Israël relatif à la terre d'Israël dans ses frontières historiques, et à celles du royaume antique d'Israël. En hébreu le terme désigne une notion d'entièreté territoriale. Ces revendications, historiquement sionistes, prônent l'extension de l'État d'Israël sur l'ensemble ou une partie de la région.

Un logo de l’Irgoun : un fusil brandi devant une carte des territoires revendiqués par l’organisation : la Palestine mandataire et la Transjordanie, l'un et l'autre mandats britanniques en .

Histoire

« Terre promise »

Le terme fait référence à la « Terre promise aux enfants d'Israël », qui s'étend « du fleuve d'Égypte à l'Euphrate » dans la Genèse 15:18-21. Selon la tradition et en particulier selon Rachi, le « fleuve d'Égypte » correspond à l'oued el-Arich (wadi el-Arish)[1]. Différentes délimitations sont également citées dans d'autres livres bibliques, notamment Livre de l'Exode 23, Livre des Nombres 34 et Livre d'Ézéchiel 47.

Utilisation moderne du concept

En hébreu, le terme Eretz Israel hashlemah (ארץ ישראל השלמה) signifie l'entière Terre d'Israël et n'implique pas l'idée d'expansion impliquée par le terme anglophone Greater Israel[1].

Dans le contexte de la chute de l'Empire ottoman à la fin de la Première Guerre mondiale et des négociations entre Britanniques, Français et la dynastie hachémite pour l'établissement du mandat britannique sur la Palestine, l'organisation sioniste proposa à la Conférence de la paix de Paris « l'établissement d'un foyer national juif » sur un territoire recouvrant le bassin aquifère du Jourdain. En comparaison avec les frontières actuelles, la proposition comprenait les territoires de l'État d'Israël, du Sud-Liban, le Golan, la Cisjordanie et une bande de territoires d'environ 20 km à l'est du Jourdain en Jordanie actuelle.

Les sionistes révisionnistes rejetèrent la scission du mandat britannique en Palestine (Palestine mandataire) en [2] en deux entités, l'Émirat de Transjordanie (Jordanie actuelle) sur la rive Est et le territoire d'établissement pour un « foyer national juif » sur la rive Ouest. Ils soutiennent que seuls les accords de San Remo de , garantissant l'entièreté du territoire à l'État juif, devraient être appliqués. Ils refusèrent de reconnaître la Jordanie comme légitime sur la rive Est du Jourdain. Estimant avoir été dépouillés par les pays arabes, l'entièreté du territoire de la rive Ouest serait légitime selon eux à l'établissement d'un État juif. En , ils rejetèrent de même la ligne de cessez-le-feu comme étant illégale[2]. Dans le monde sioniste, les plus fortes revendications territoriales venaient des sionistes révisionnistes et se bornaient à la Jordanie et à des parties de la Syrie et du Liban. Ces revendications ont maintenant disparu[1] à l'exception du plateau du Golan.

Abdelaziz ibn Saoud, le roi d'Arabie, semble être le premier homme politique à adopter le concept de Grand Israël, du Nil à l'Euphrate. Il craignait en effet une invasion de son territoire par les sionistes[1]. Ce concept a été popularisé par Gamal Abdel Nasser, les Syriens puis Yasser Arafat[1].

Après la guerre, un mouvement politico-religieux[Lequel ?] à caractère messianique revendiqua la conservation des territoires conquis.

Le Mouvement pour le Grand Israël (en) (התנועה למען ארץ ישראל השלמה, HaTnu'a Lema'an Eretz Yisrael HaSheleima) est formé en et parvient à faire élire un parlementaire aux élections législatives de , avant sa dissolution en . Des courants marginaux soutenant un Grand Israël existent encore[Quand ?], principalement au sein de petites implantations israéliennes de la Cisjordanie.

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich se prononce en 2024 pour l’annexion petit à petit de l’Égypte, le Liban, la Jordanie, la Syrie, l’Arabie Saoudite et l’Irak et pensant à étendre dans un proche avenir les frontières israéliennes jusqu‘à la capitale syrienne, Damas[3].

Controverse

Critique de « la politique israélienne »

Selon certaines critiques de « la politique israélienne », Israël envisagerait ou aurait mené des guerres de conquête territoriale en vue de former un Grand Israël. Israël mène de fait une politique colonisatrice, puisqu'elle étend ses possessions en Cisjordanie continuellement. Les revendications territoriales israéliennes en Cisjordanie ainsi que la promesse de terre promise de la Bible, sont désignées dans les milieux antisionistes comme une politique d'un Grand Israël.

Drapeau d'Israël

Drapeau d'Israël.

Dans une interview pour le magazine Playboy en [4], Yasser Arafat expose une théorie[5],[6],[7],[8],[1],[9] selon laquelle les deux bandes bleues du drapeau israélien représentent le Nil et l'Euphrate. Cette idée est reprise par exemple en par Fathi Hamad (en), membre du Conseil législatif palestinien sous les couleurs du Hamas[10]. Pour le journaliste Meïr Waintrater, « le mythe des deux bandes bleues représentant le Nil et l’Euphrate appartient à la vaste famille des mythes paranoïaques antisionistes »[6].

En réalité le drapeau sioniste puis israélien, avec ses deux bandes bleues, a été conçu en pour le congrès sioniste en référence au talit, le châle de prière juif[11].

Pièce de 10 agourot

Avers de la pièce de 10 agourot de 1985.
Avers de la pièce de 10 agourot de .

Le , à l'occasion de son discours devant le Conseil de sécurité des Nations unies spécialement déplacé de New York à Genève[8],[1], Yasser Arafat présente la « carte du Grand Israël » sur la pièce de monnaie israélienne de 10 agourot émise en . Cette information demeure niée par la Banque d'Israël qui indique que le style de la pièce a été choisi pour sa valeur historique, réplique de la pièce frappée par Antigone II Mattathiah, roi de Judée et grand-prêtre d'Israël au Ier siècle av. J.-C.[12],[13],[14].

Notes et références

Annexes

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