Grande catastrophe ferroviaire de 1918 à Nashville
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| Grande catastrophe ferroviaire de 1918 à Nashville | ||||
| Caractéristiques de l'accident | ||||
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| Date | ||||
| Coordonnées | 36° 07′ 46″ nord, 86° 50′ 53″ ouest | |||
| Caractéristiques de l'appareil | ||||
| Morts | 101 | |||
| Blessés | 171 | |||
| Géolocalisation sur la carte : Tennessee
Géolocalisation sur la carte : États-Unis
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La grande catastrophe ferroviaire de 1918 à Nashville a eu lieu le dans la banlieue ouest de Nashville (Tennessee) lorsque deux trains de voyageurs du Nashville, Chattanooga and St. Louis Railway (NC & StL) sont entrés en collision frontale. Plus d'une centaine de personnes y ont perdu la vie, et presque le double ont été blessées. Même si le nombre de ses victimes fut sensiblement identique à celui de la catastrophe de Malbone Street (en) la même année, celle de Nashville est aujourd'hui considérée comme le pire accident ferroviaire survenu aux États-Unis. Toutefois, à l'époque son retentissement national fut sensiblement atténué par les préoccupations liées à la Première Guerre mondiale, dans laquelle le pays était entré en .
Deux trains en sens contraire
Le matin du , le train de voyageurs no 4 du Nashville, Chattanooga et Saint-Louis (NC & StL), qui aurait dû quitter à 7 heures Union Station à Nashville (en) à destination de Memphis, était parti avec sept minutes de retard. Il était tiré par la locomotive no 282 (mécanicien Dave C. Kennedy, chauffeur Luther L. Meadows) et comprenait deux fourgons, l'un postal, l'autre à bagages et six voitures à caisse en bois, dont un fumoir.
Pendant ce temps, le train de voyageurs no 1 venant de Memphis et Saint-Louis, tiré par la locomotive no 281 (mécanicien William F. Loyd, chauffeur Tom Kelly), se dirigeait vers Nashville, où son arrivée était normalement prévue à 7 heures 10. Il était composé d'un fourgon à bagages, de six voitures à caisse en bois, et de deux voitures-lits Pullman en acier, et transportait notamment de nombreux Noirs et leurs familles, majoritairement en provenance de l'Arkansas venant travailler à l'énorme poudrerie ouverte quelques jours plus tôt à Nashville dans le faubourg de Old Hickory (en) par la firme DuPont pour les besoins de la guerre[1]. Il avait quitté McKenzie quatre heures plus tôt, et était passé à Bellevue à 07h09 avec trente-cinq minutes de retard.
Engagés sur une voie unique
Après Union Station, la ligne vers Jackson et Memphis était à double voie sur environ seize kilomètres, puis passait à voie unique à partir de la bifurcation dite des Ateliers[2], avec des évitements répartis au long du parcours, le premier situé à Harding, environ six kilomètres plus loin.
À l'approche de la bifurcation, Kennedy, le mécanicien du no 4, siffla réglementairement pour avoir la voie, et Johnson, l'agent de service au poste d'aiguillage lui donna d'abord le feu vert, mais, prenant le registre des circulations pour y noter son passage, s'aperçut que celui du no 1 n'avait pas encore été inscrit, ce qui signifiait sans doute qu'il se trouvait encore sur la voie unique. Après en avoir eu confirmation par le répartiteur de trains, il déclencha le sifflet d'alerte afin de stopper le no 4 qui venait de passer sans arrêt et s'engageait déjà sur l'itinéraire, mais sa tentative fut vaine. En effet, personne dans le convoi ne l'entendit, et le train poursuivit sa route.
La collision
Les deux trains roulaient à une vitesse estimée entre 80 et 95 km/h lorsque leur rencontre eut lieu à trois kilomètres de la bifurcation, dans une courbe accentuée environnée de champs de maïs, dite du Hollandais[3]. Selon le témoignage d'un passager, le mécanicien du train no 1 fit longuement retentir son sifflet avant la collision[4]. Dans le choc, les deux locomotives versèrent chacune d'un côté de la voie et les premières voitures des deux trains se télescopèrent, les lourds châssis métalliques pénétrant et disloquant les caisses en bois. Ainsi, la voiture-fumoir du train no 4 fut-elle défoncée par le fourgon à bagages du train no 1, dont l'une des voitures à compartiments fut littéralement laminée par la suivante[5]. Du foyer d'une des machines, le feu gagna les débris et détruisit deux voitures. Seules les trois dernières voitures du no 4 et les quatre dernières du no 1, dont les deux Pullman, demeurèrent intactes sur les rails[6], leurs occupants sortant indemnes de l'accident, à l'exception de deux vieilles femmes fortement contusionnées[7].
