Grigny 2

quartier de la commune française de Grigny From Wikipedia, the free encyclopedia

Grigny 2 est un quartier de la commune française de Grigny dans le département de l’Essonne, en Île-de-France. C’est la deuxième plus grande copropriété d’Europe après Parly 2, conçue par le même promoteur. Placée dans le dispositif de quartier prioritaire[1] au même titre le quartier voisin de La Grande Borne, elle ne dispose néanmoins pas du même profil : cette copropriété est d'abord habitée par des ménages relativement aisés comme des cadres ou des personnels de l'aéroport d'Orly, une situation qui change très fortement avec la dégradation de l'habitat et l'arrivée des marchands de sommeil[2].

Faits en bref Administration, Pays ...
Grigny 2
Grigny 2
Vue d’un ensemble d’immeubles.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Essonne
Ville Grigny
Arrondissement Évry
Canton Grigny
Démographie
Population 14 361 hab. (2009)
Densité 22 094 hab./km2
Revenu moyen 10 896 
Fonctions urbaines Résidentiel
Étapes d’urbanisation 1969
Géographie
Coordonnées 48° 39′ 16″ nord, 2° 23′ 38″ est
Altitude Min. 48 m
Max. 85 m
Superficie 65 ha = 0,65 km2
Transport
Gare RER D à Grigny-Centre
Bus Évry Centre Essonne 402, 420, 510, DM4 et DM22
Noctilien N135 et N144
Localisation
Géolocalisation sur la carte : France
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Grigny 2
Géolocalisation sur la carte : Essonne
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Grigny 2
Liens
Site web www.grigny2.fr/
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    Présentation

    La copropriété Grigny 2, seconde copropriété d’Europe par la taille[3], a été conçue par le promoteur Robert Zellinger de Balkany dans les années 1960, qui avait développé à la même période Parly 2, première copropriété européenne[4]. Le quartier, totalisant 4 985 appartements, cinquante commerces, 4 105 places de parking, est composé de deux ensembles, les Tuileries au sud, de petits immeubles de cinq étages nommés des noms des maréchaux Lauriston, Berthier, Victor et Lefebvre ; les Sablons au nord, de grands immeubles de huit à quinze étages nommés Bonaparte, Bernadotte, Cambacérès, Davout, Sablons, Villaret, Vlaminck, Renoir, Junot, Lannes et Ney[4]. L’ensemble est géré par un syndicat de copropriété principal et vingt-sept syndicats secondaires. Contrairement à une idée reçue, le quartier compte moins de 10 % de logements HLM[5]. En 2010, trois cent quarante-huit établissements d’industrie, de commerce ou de service étaient installés dans le quartier[6].

    Géographie

    La copropriété a été construite sur le coteau surplombant la rive gauche de la Seine et le lac de Viry-Châtillon, sur un terrain typique du bassin parisien composé de couches successives de calcaire, d’argile et de marne[7], en bordure du plateau du Hurepoix à une altitude comprise entre 85 m à proximité de l’autoroute A6[8] et 48 m d’altitude à proximité du centre-ville[9].

    Démographie

    Le quartier de Grigny 2 comptait 11 706 habitants en 1999, 13 205 habitants en 2006 et 14 361 habitants lors du dernier recensement de 2009[6], soit une densité de population de 22 094 habitants au kilomètre carré. Les habitants de moins de vingt-cinq ans représentaient en 1999 41,5 % de la population du quartier, les étrangers représentaient 30,1 % de la population et le taux de chômage culminait à 19,9 %[5]. En 2008, sur les 3 949 foyers fiscaux, 60,8 % étaient non-imposables et 2 462 habitants relevaient du régime de la couverture maladie universelle[6] (CMU).

    Histoire

    Naissance

    Lancé par arrêté du ministre de l’Équipement Albin Chalandon en 1968[10], le quartier fut construit dans le cadre de la première zone d'aménagement concerté de France à partir de 1969[11],[12]. L’église Notre-Dame-de-Toute-Joie fut construite en 1973, la gare de Grigny-Centre fut mise en service en 1974.

    Décadence

    En 1996, le quartier est classé zone urbaine sensible (ZUS) pour bénéficier d’attentions particulières au titre de la politique de la Ville, avant de devenir un quartier prioritaire en 2015[13]. En 2001, le quartier a bénéficié d’un plan de sauvegarde de cinq ans[14]. En 2007, le quartier bénéficia de la signature d’une convention de financement de rénovation par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine[15] (ANRU) à hauteur de 7 426 456  sur les 16 502 818  prévus pour le projet de rénovation[16], faisant du quartier le bénéficiaire d’un des plus grands projets de France de l’agence[17].

    À partir de la fin des années 2000, le prix des logements à Grigny 2 a commencé à chuter, à mesure que les occupants se paupérisaient, qu’ils ne pouvaient plus payer leurs charges et que les immeubles se dégradaient. Grigny 2 s’est ainsi progressivement retrouvée asphyxiée par les dettes, dans une ville ou près des deux tiers des habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Des marchands de sommeil ont ensuite mis à profit la situation de grande vulnérabilité sociale de nombreuses personnes[18].

    Malgré ces efforts le quartier, perdant petit à petit ses commerces, comme le supermarché E.Leclerc en 2007[19], fut gagné par l’insécurité avec des agressions contre les forces de l’ordre en 2005[20], pour partie endiguée par la vidéosurveillance installée en 2011[21], la réouverture du supermarché à l’enseigne Casino[22]. Le supermarché a fermé en 2016 pour des raisons économiques[23].

    Difficultés financières

    En 2011, le syndic de gestion du grand ensemble en difficultés financières[24] fut placé sous administration judiciaire après le constat de quasi-faillite, la dette cumulée en septembre 2010 atteignant 6 820 000  pour un budget de fonctionnement de 8 000 000 [25], poussant nombre de propriétaires à quitter le quartier[26], à cause de la forte hausse des charges[27],[28], du sentiment latent d'insécurité et d'un turn-over important de résidents non propriétaires.

    Les marchands de sommeil participent également à la dégradation de l'ensemble, que ce soit en subdivisant les logements, créant ainsi de la surpopulation, ou en ne payant pas leurs charges[29],[30].

    Depuis 2019, l’ensemble des actifs ont été vendus à l’EPFIF, à la municipalité et au département ainsi qu'au diocèse (pour l’Église Notre-Dame-de-Toute-Joie)[31].

    En , la copropriété, fortement paupérisée depuis sa construction, est en situation de faillite, ce qui pousse l'État à racheter 1 320 de ses 5 000 logements. D'ici 2026, il prévoit d'en transformer en logement social 400 et d'en détruire 920. Un propriétaire déclare obtenir une offre d'achat de 60 000 euros pour un appartement de 70 mètres carrés acheté 95 000 euros quinze ans auparavant[32],[2].

    Le , le protocole de liquidation du syndicat principal est signé. Il sera divisé en 33 copropriétés plus petites. Les copropriétaires ont obtenu le remboursement des frais avancés en 2012 pour la rénovation[31].

    Nouvelle dynamique

    Depuis la signature du protocole de liquidation, une dynamique de renouveau s’est progressivement installée. La division de l’ancienne copropriété a permis une gestion plus souple et adaptée aux besoins spécifiques de chaque bâtiment, facilitant les prises de décision et l’implication des habitants dans la vie collective[33].

    Plusieurs copropriétés ont ainsi pu engager des travaux de rénovation géothermique et des parties communes[34]. Parallèlement, des initiatives citoyennes ont vu le jour pour recréer du lien social. Des activités locales et des fêtes de quartier ont favorisé la mixité sociale et renforcé le sentiment d’appartenance des résidents[35].

    L’État, les collectivités locales et l’EPFIF ont poursuivi leurs efforts pour encadrer la requalification urbaine, avec notamment l’organisation officielle depuis 2025 des chantiers jeunes[36].

    Équipements

    Le quartier est équipé des écoles maternelles du Chat botté, Cendrillon, du Chaperon rouge, de la Petite sirène, de la Belle au bois dormant, des écoles élémentaires Langevin, Perrin, Elsa Triolet, Gérard Philipe, des écoles primaires Lucie Aubrac, Georges Charpak, du collège Pablo Neruda, du centre de loisirs la Ribambelle, de la salle de sport Jean-Louis Henry[37], d’un centre commercial en zone franche urbaine[38], d’un commissariat de police qui sert de dépôt pour CRS et autres, de l’église Notre-Dame-de-Toutes-Joies[39], de la gare de Grigny-Centre desservie par la ligne D du RER d'Île-de-France, d’un centre de protection maternelle et infantile[40]. Le quartier est implanté en bordure de l’autoroute A6, accessible par la sortie 7.1 en direction de la province et 7 en direction de Paris. Il est coupé par la route départementale 310 et par la route nationale 441. Le quartier est desservi par la ligne D du RER, par les lignes 402, 420, 510, DM4 et DM22 du réseau de bus Évry Centre Essonne et par les lignes N135[41] et N144[42] du réseau Noctilien.

    Références

    Articles connexes

    Liens externes

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