Grotte d'Ebbou
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| Coordonnées | |
|---|---|
| Pays |
France |
| Département | |
| Vallée | |
| Localité voisine |
| Type | |
|---|---|
| Altitude de l'entrée |
94 m |
| Longueur connue |
260 m |
| Occupation humaine | |
| Patrimonialité |
La grotte d'Ebbou, ou grotte du Château d'Ebbo, est une grotte ornée située sur la commune de Vallon-Pont-d'Arc, dans le département de l'Ardèche, en région Rhône-Alpes. La grotte comporte 69 gravures, représentant essentiellement des animaux, attribuées par comparaison au Magdalénien.
La grotte est fouillée depuis la fin du XIXe siècle[1]. Jules Ollier de Marichard mentionne brièvement la grotte une première fois dès 1867, puis en 1870 il signale l'existence de « signes du zodiaque » au fond de la grotte[2]. En 1873, Marichard y observe des « griffures profondes d'ours des cavernes ainsi que des silhouettes animales esquissées sur les parois d'un grand couloir »[2]. Ces gravures pariétales sont redécouvertes par les spéléologues A. Bonnaud et G. Saussac en 1945[3]. André Glory les étudie en 1946 et en réalise les premiers relevés[1].
La grotte est classée au titre des monuments historiques en 1947[4].
En 1964, la grotte, qui jusqu'à cette date était ouverte au public, doit être fermée compte tenu des dégradations qu'elle a subi : le sol a été décaissé pour faciliter la circulation, des concrétions ont été brisées et de nombreux graffitis modernes ont été juxtaposés aux représentations pariétales préhistoriques[1]. De 1964 à 1968, plusieurs campagnes d'étude permettent d'en réaliser la topographie, de fouiller l'entrée de la grotte, d'en réaliser un inventaire et un relevé photographique des figures. De 1994 à 1999, une nouvelle série d'études portent sur les techniques de réalisation des œuvres pariétales[3],[5].
Toponymie
La grotte est connue sous le nom complet de « grotte du château d'Ebbo ». Elle doit son nom à l'existence au XVIe siècle d'une maison forte appelée « Ebb » qui avait été construite pour surveiller le trafic sur l'Ardèche qui était alors assez important. Des ruines de cette construction sont encore visibles sur un petit terre-plein à gauche de l'entrée de la grotte[2].
Description
La grotte d'Ebbou est située sur la rive droite de l'Ardèche, au pied d'une falaise de calcaire urgonien de 100 m de hauteur[2], à 1 200 m en aval du Pont d'Arc au niveau du méandre du Pas de Mousse. La grotte comporte plusieurs entrées mais la plus vaste est située à 23 m au-dessus de la rivière (soit à 94 m d'altitude)[2]. L'ensemble de la cavité mesure 260 m de long environ et peut être divisé en cinq parties distinctes[2]. Au-delà du vaste porche, la première partie est constituée d'une galerie rectiligne qui bifurque vers l'est près d'une colonne en calcite. La seconde partie correspond à une galerie courbe très concrétionnée d'une trentaine de mètres de longueur[2] qui débouche, à 110 m de l'entrée, sur une salle où sont concentrées les gravures[1],[3],[5]. Le développement de la grotte se poursuit au-delà de cette salle par une vaste salle haute de plafond qui comportaient autrefois de hautes stalagmites dont beaucoup sont désormais brisées, aucune gravure n'y a été signalée[2]. La dernière partie de la grotte se compose d'une succession de puits et de salles colmatées d'argile qui après une forte déclivité redescend au niveau de la rivière[2].
Art pariétal
Le recensement le plus récent comptabilise 69 gravures authentiques attribuables au Paléolithique correspondant à des signes, à un riche bestiaire (19 chevaux, 10 aurochs, 6 bouquetins, 4 cerfs, 2 bisons, 1 mammouth, 1 félin, 1 ours probable) et à 12 autres animaux indéterminés dont la représentation est très schématique[5]. Les gravures ont été réalisées sur tous les emplacements disponibles de la salle et correspondent à sept à huit panneaux distincts (panneau du Grand Taureau, panneau des Chevaux, paires de chevaux aux extrémités de la salle ou au centre du plafond)[3] souvent situés sur des parois face à face[2]. Les gravures sont d'un style très dépouillé et ont été réalisées sur des surfaces au relief marqué[5].
Les détails anatomiques sont réduits au minimum. Les pattes des animaux sont souvent réduites à l'extrême et se terminent en « V, X ou Y ». Dans de nombreux cas, c'est uniquement la représentation réaliste d'un trait anatomique discriminant (crinière, ramure, encornures) qui permet d’authentifier une silhouette[3]. Le relief naturel a été habilement utilisé pour restituer les volumes corporels des animaux. Un avant-train de bison peut stylistiquement être attribué au Magdalénien mais le style assez homogène des gravures semble indiquer qu'elles se rattachent à une seule et même période paléolithique mais avec des phases successives[1],[3],[5].
On peut observer certaines similitudes stylistiques (encornures d'aurochs) avec les représentations de la grotte Chauvet voisine, datées de l'Aurignacien et du début du Gravettien[3].