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Groupes d'action révolutionnaires internationalistes

Groupe antifranquiste et anarchiste From Wikipedia, the free encyclopedia

Les Groupes d'action révolutionnaires internationalistes (GARI), aussi appelés Groupes autonomes d'intervention (GAI), ont été actifs en France au cours de l'année 1974.

ObjectifsLibération de prisonniers antifranquistes
StatutInactif
Date de formation1973
Faits en bref Idéologie, Objectifs ...
Groupes d'action révolutionnaires internationalistes
Idéologie Anarchisme
Antifranquisme
Anarcho-syndicalisme[1]
Objectifs Libération de prisonniers antifranquistes
Statut Inactif
Fondation
Date de formation 1973
Pays d'origine France
Actions
Mode opératoire Attaque à main armée
sabotage
attentat par explosifs[2]
Victimes (morts, blessés) 6 blessés au consulat d'Espagne à Toulouse le 28 juillet 1974
Zone d'opération Espagne, France, Belgique, Andorre
Période d'activité 1974
Organisation
Financement Hold-up
Groupe relié Movimiento Ibérico de Liberación
Comité Libertaire Anti-Répressif
Groupe d’Action Révolutionnaire Occasionnellement Terroriste (GAROT)
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Formés en solidarité à la suite de l'arrestation en Catalogne, en , de membres de l'ex Movimiento Ibérico de Liberación (MIL ou 1000) et de l'exécution de Salvador Puig i Antich en , les GARI mènent des actions clandestines contre le franquisme pour obtenir la libération des membres de l'ex MIL et éviter que deux d'entre eux soient condamnés à mort.

Moins qu'un groupe structuré, les GARI semblent avoir fonctionné comme une coordination de groupes affinitaires autonomes (le terme coordination se retrouvant dans leurs communiqués).

Pour Libération en 1980, les GARI ont « été l’ultime survivance de la lutte libertaire anti-franquiste en France »[3]. Pratiquant principalement des attentats à l'explosif, les GARI « ont toujours évité autant que possible que leurs opérations s'accompagnent d'effusion de sang »[4].

Contexte historique

En , plusieurs militants du Movimiento Iberico de Liberacion (MIL ou 1000) sont interpellés à Barcelone.

Le , l'amiral Luis Carrero Blanco, présenté comme le dauphin de la dictature franquiste, meurt dans un attentat à Madrid organisé par le groupe révolutionnaire basque ETA.

Début à Barcelone, trois activistes du MIL sont condamnés : Salvador Puig Antich condamné à la peine de mort pour le meurtre d'un policier, Joseé Luis Pons LLobet à 30 ans de prison, son amie Maria-Augustias Mateos Fernandez, lycéenne de 17 ans à 5 ans de prison.

En , des attentats sont perpétrés contre les consulats d'Espagne de Turin (Italie) et Zurich (Suisse) alors que les premiers tracts informant sur la situation des incarcérés du MIL sont diffusés en France.

Le , Salvador Puig Antich est exécuté par strangulation, à l'aide d'un garrot (garrote vil en espagnol).

Enlèvement du banquier Angel Baltasar Suazez

Le , Angel Baltasar Suazez, directeur de la Banque de Bilbao à Paris, est enlevé, action revendiquée de Barcelone par les Groupes d’action révolutionnaires internationalistes qui exigent : « La publication dans la presse espagnole des communiqués du mouvement révolutionnaire ; la mise en liberté de M. Santiago Sole Amigo, militant du Mouvement ibérique de libération, auquel appartenait Salvador Puig Antich, et qui serait gravement malade ; la publication du réquisitoire contre des militants du Front révolutionnaire antifasciste et patriote (FRAP) arrêtés le et qui peuvent être condamnés à mort ; la mise en liberté conditionnelle de tous les prisonniers politiques pouvant en bénéficier »[5],[6].

Les GARI naissent de la solidarité avec les prisonniers du MIL. Dans une lettre au journal Le Monde, ils précisent : « L'enlèvement de M. Suarez, directeur de la Banque de Bilbao, est notre réponse à la répression actuelle contre le mouvement révolutionnaire espagnol. Après l'assassinat de Salvador Puig-Antich, nous ne permettrons en aucune façon une nouvelle exécution. »[7] Selon eux : « Si dénoncer le régime fasciste espagnol suffit pour certains à se prétendre de gauche, nous savons, quant à nous, que les protestations, les déclarations, ainsi que les manifestations humanitaires des démocrates de gauche et des « gauchistes » en tout genre, ont fait une fois de plus, dans le cas de Salvador Puig-Antich la preuve de leur parfaite inefficacité. »[8]

Coordination des groupes affinitaires, formée lors de multiples réunions, échanges, débats entre janvier et , les GARI décident leur auto-dissolution en .

Procès d'assises

Cinq séries d'arrestations sont opérées en mai, juillet, septembre, octobre et en direction de militants ou de soutiens présumés des GARI, neuf d'entre eux sont inculpés par la Cour de sûreté de l'État, notamment pour destruction d'édifices, vols, entreprise individuelle ou collective tendant à porter atteinte à la sûreté de l'État.

En janvier et en , deux procès d'assises sont organisés à Paris dans le dossier des GARI. La plupart des accusés sont acquittés. Aucune preuve n’ayant convaincu le jury, personne n'est condamné pour l’enlèvement du banquier Suazez. Les inculpés jugés par contumace sont amnistiés par François Mitterrand qui devient président de la République au mois de mai de cette année.

Chronologie

  • En , la coordination va revendiquer avec des sigles différents (GAI, GARI) diverses séries d'actions.
  •  : mitraillage de la voiture du chancelier d’Espagne à Toulouse.
  •  : attentats dans le sud de la France sur des routes reliant la France à l'Espagne. Plusieurs ponts sont endommagés. Les actions sont revendiquées GAI (Groupes Autonomes d'intervention).
  •  : un commando du GARI braque la banque Courtois de Montesquieu Volvestre près de Toulouse.
  •  : enlèvement à Paris du directeur de la Banque de Bilbao, Angel Baltasar Suarez (libéré le [9]), le même jour « El Banco Español de Crédito » à Bruxelles est braquée.
  •  : incendie de L'Est républicain par le « commando Puig Antich », une voiture piégée explose contre les locaux de la compagnie Iberia à Bruxelles, deux autres voitures sont désamorcées à Anvers et à Liège.
  •  : une caisse d’épargne à Toulouse est attaquée.
  •  : attentats à Andorre-la-Vieille contre la Viguerie épiscopale et la caisse d’épargne espagnole. Attentat contre la gare d’Austerlitz dans les toilettes du train Paris-lrun-Madrid à Paris. À Ille-sur-Têt et à Brialou Plusieurs lignes à haute tension reliant la France et l’Espagne sont plastiquées.
  •  : attentats contre des véhicules du Tour de France à Saint-Lary-Soulan, plusieurs arbres sont abattus sur la route entre Barèges et le col du Tourmalet, 13 cars de pèlerins sont incendiés à Lourdes[10].
  •  : attentat contre la Banque Populaire d’Espagne à Nîmes.
  •  : attentat contre le consulat d’Espagne à Toulouse, 6 personnes sont blessées[11]. Une charge explosive détruit une partie de la consigne automatique de la gare d’Hendaye.
  •  : attentats contre deux autocars de la SEAFEP à Paris, une autre charge est désamorcée, attentats aux voitures piégées contre les postes-frontières franco-espagnol du Perthus et de Bourg-Madame.
  •  : fausses alertes à la bombe contre deux trains venant d’Hendaye.
  •  : attentats contre deux bateaux de plaisance à La Grande-Motte, fausse alerte à la bombe dans le train Madrid-Paris.
  •  : attentats aux voitures piégées contre la compagnie aérienne Iberia et deux succursales du Banco Espanol à Bruxelles.
  • Courant août auto-dissolution de la coordination GARI. Plus aucune action ne sera revendiquée sous ce sigle.
  •  : fausse alerte à la bombe dans la Grotte de Massabielle.
  •  : braquage d'un Crédit lyonnais à Béziers.
  •  : braquage de la BREC à Toulouse.
  • , sept membres ou sympathisants des GARI entament une grève de la faim illimitée pour d'obtenir le régime spécial accordé aux détenus politiques : Michel Camilleri, Floréal Cuadrado, Raymond Delgado, Mario Inès, Jean-Michel Martinez, Victor Menrique et Jean-Marc Rouillan[12].
  • À partir de en solidarité avec les membres des GARI incarcérés diverses actions sont menées. En dehors de l'information classique (créations de divers comités de soutien : tracts, affiches...) quelques actions spectaculaires vont être menées.
  •  : fumigène contre une exposition espagnole au Musée de la marine à Paris[13].
  •  : attentat contre le Palais de Justice de Toulouse.
  •  : attentat contre le Palais de justice de Paris[14].

Suites judiciaires et politiques

Un membre des GARI, Jean-Marc Rouillan (ex-militant du Mouvement ibérique de libération) participera à la création du groupe Action directe (1979-1987).

Sources

  • Rapto en Paris, GARI, 1974, lire en ligne.
  • Dossier GARI, AAEL, 1975, lire en ligne.
  • Comité de Défense des Inculpés de l’Affaire Suarez, La Lanterne Noire, n°1, juillet - , lire en ligne.
  • Les lendemains des GARI, La Lanterne Noire, n°2, - , lire en ligne.
  • GARI, in Il y a des prisonniers politiques en France. Voici ce qu'ils ont à dire, , pp. 4-8.

Notes et références

Voir aussi

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