Guerre anglo-espagnole (1796-1808)
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- Victoire espagnole (1802)
- Victoire finale britannique (1808)
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| Première guerre (1796-1802) Seconde guerre (1804-1808) |
Soutiens |
La guerre anglo-espagnole de 1796-1808 est un conflit armé opposant l'Empire espagnol et la France au Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande, entre 1796 et 1802, puis de 1804 à 1808.
En 1796, l'Espagne rentre en guerre au côté de la France, poussée par les victoires militaires retentissantes de la jeune république. La puissante flotte espagnole va néanmoins se montrer inefficace à concurrencer la Royal Navy, et sa destruction lors de la bataille de Trafalgar en 1805 enterre les espoirs de Napoléon d'envahir la Grande-Bretagne. Après cet évènement, les relations entre la France et l'Espagne vont se détériorer. Le gouvernement espagnol se rapproche peu à peu de la Couronne britannique, obligeant Napoléon à intervenir militairement en Espagne en 1808, mettant fin à la guerre entre le Royaume-Uni et l'Espagne.
Lors de la guerre de la première coalition, l'Espagne déclare la guerre à la toute nouvelle République française et rejoint la Coalition dans le but de restaurer la maison de Bourbon. L'armée espagnole menée par Antonio Ricardos ne parvient pas à obtenir de victoire décisive, malgré des succès initiaux. Pendant ce temps, les forces françaises remportent de grandes victoires ailleurs : elles envahissent rapidement les Pays-Bas autrichiens après la bataille de Fleurus en 1794. L'Espagne connaît elle aussi une série de revers. La marine espagnole se montre peu active, à l'exception de sa coopération avec la flotte britannique lors du siège de Toulon. Après la bataille de la Sierra Negra, les forces républicaines françaises prennent un net avantage, et en 1795, le traité de Bâle est signée, contraignant l'Espagne et la Prusse à quitter la Coalition. En 1796, encouragé par les immenses succès français dans la campagne du Rhin et d'Italie, le premier ministre espagnol Manuel Godoy signe le traité de San Ildefonso, établissant une alliance franco-espagnole et une guerre commune contre la Grande-Bretagne[1], cette dernière menaçant les intérêts espagnols en Amérique. Cette alliance poursuit la longue coopération entre la France et l'Espagne instaurée par le premier pacte de famille de 1733[2], seulement rompue par la Révolution française.
Guerre
1796-1802 : première partie du conflit
La guerre s'avère désastreuse pour l'Espagne et pour les revenus de la Couronne, car le blocus britannique réduit fortement les richesses arrivant des colonies. Une importante flotte espagnole commandée par José de Córdoba y Ramos et comptant vingt-sept vaisseaux de ligne, prévoit de rejoindre la flotte française pour protéger les convois de marchandises arrivant en Europe. La flotte britannique de Méditerranée ne possède que quinze vaisseaux de ligne, ce qui la pousse à se retirer de Corse et d'Elbe en 1797. Cependant, la marine espagnole se montre incapable de coordonner ses opérations avec ses alliés français républicains et subit une lourde défaite à la bataille du cap Saint-Vincent, seulement quelques mois plus tard. Cette défaite place l'Espagne en position de faiblesse sur mer pour le reste de la guerre, même si elle parvient à repousser deux assauts britanniques sur Cadix et Tenerife, ainsi qu'une expédition britannique ultérieure contre Ferrol (en).
La guerre s'étend jusqu'au Pacifique, où, au début de 1797, les Espagnols capturent plusieurs navires marchands et baleiniers britanniques. En réaction, une force britannique dirigée par le général Ralph Abercromby lance l'invasion de Trinité. Son escadre franchit les Bocas et jette l'ancre au large de Chaguaramas. Le gouverneur espagnol Chacón décide de capituler sans combattre. Trinité devient alors une colonie de la Couronne britannique, peuplée d'une population francophone et régie par le droit espagnol. Par la suite, Abercromby prend possession des établissements de Demerara et d'Essequibo en Amérique du Sud. Une attaque majeure contre le port de San Juan de Porto Rico en échoue après de violents combats, au cours desquels les deux camps subissent de lourdes pertes. La même année, la Compagnie britannique des Indes orientales, basée à Calcutta, affrète plusieurs Indiaman et navires locaux pour servir de transports lors d'une attaque planifiée contre Manille.
1804-1808 : reprise des hostilités
La paix d'Amiens, signé en 1802, établit une trêve temporaire des hostilités[1], mais celle-ci est rompue en 1804 lorsque, par surprise et sans déclaration de guerre, des navires britanniques attaquent une escadre espagnole de frégates transportant de l'or et de l'argent vers Cadix. La frégate espagnole Nuestra Señora de las Mercedes explose, et les Britanniques capturent le reste du convoi.
L'année suivante, les Français prévoient une invasion de la Grande-Bretagne, et la flotte espagnole doit jouer un rôle essentiel dans cette opération. Malheureusement, lors de la bataille de Trafalgar en 1805, une flotte franco-espagnole combinée, qui tente de rejoindre les forces françaises stationnées au nord pour préparer l'invasion, est attaquée par la flotte britannique et subit une défaite décisive[1]. La victoire britannique met fin à la menace immédiate d'une invasion de la Grande-Bretagne par Napoléon. Elle ébranle aussi la détermination du gouvernement espagnol, dirigé par le très impopulaire Manuel Godoy, qui commence à douter de l'utilité de son alliance incertaine avec Napoléon. Pendant ce temps, une campagne britannique menée entre 1806 et 1807 pour conquérir la région stratégiquement importante du Río de la Plata, en Amérique du Sud espagnole, se solde par un échec[3],[4].
Godoy se retire ensuite du blocus continental que Napoléon a mis en place pour combattre la Grande-Bretagne, avant d'y adhérer à nouveau en 1807, après la victoire de Napoléon sur la Prusse. Cependant, Napoléon n'a plus confiance ni en Godoy[5],[6] ni en le roi Charles IV d'Espagne. Parallèlement, un soutien croissant se manifeste en faveur du fils du roi, Ferdinand, qui s'oppose à Godoy. Ferdinand, toutefois, est favorable à une alliance avec la Grande-Bretagne, et Napoléon a toujours douté de la fiabilité de tout membre de la royauté bourbonienne.