Guerre civile burundaise
conflit s'échelonnant de 1993 à 2005 au Burundi
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La guerre civile burundaise est une guerre civile et ethnique qui débute au Burundi le à la suite d'un coup d'État contre Melchior Ndadaye. Comme la guerre civile et le génocide des Tutsis au Rwanda de 1994, elle est marquée par l'opposition entre deux ethnies, les Hutu et les Tutsis[2].
(11 ans, 6 mois et 24 jours)
Accords de paix de 2005
Le Burundi participe depuis à la guerre du Kivu| Date |
- (11 ans, 6 mois et 24 jours) |
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| Lieu |
|
| Issue |
Accords de paix de 2005 Le Burundi participe depuis à la guerre du Kivu |
Forces armées du Burundi (FAB) |
| • Melchior Ndadaye • Sylvie Kinigi • Cyprien Ntaryamira • Sylvestre Ntibantunganya • Pierre Buyoya • Domitien Ndayizeye |
• Hussein Radjabu • Pierre Nkurunziza • Agathon Rwasa |
| Forces armées burundaises 6 000 hommes (en 1993) 40 000 hommes (en 2000) |
inconnues |
Cette guerre a des répercussions avec les pays voisins (combats, camps d'entrainement et de réfugiés, embargo) et se termine officiellement en 2005 avec néanmoins des violences sporadiques après cette date.
Histoire
En 1972, un premier génocide avait causé la mort de 200 000 hutu par l'armée tutsie. En 1993 sont organisées les premières élections libres et pluralistes depuis l'indépendance du Burundi en 1962. Ces élections sont remportées par Melchior Ndadaye, candidat hutu du Front pour la démocratie du Burundi (Frodebu). Cette victoire cristallise la tension entre les deux ethnies, les Tutsis acceptant mal la victoire d'un Hutu à la tête du pays.
Le , le gouvernement est victime d'un coup d'État mené par l'armée (constituée majoritairement de Tutsis). Melchior Ndadaye et plusieurs membres du Frodebu sont tués. Rapidement, des Tutsis sont massacrés par des Hutus, dans le centre, le nord et l'est du pays. En réaction, des militaires tutsis contre-attaquent en massacrant des milliers de Hutu. Quelques mois après cette tragédie, les Forces nationales de libération (FNL) et les Forces de défense de la démocratie prennent les armes[3],[4].
Un accord en , sous l'égide de l'ONU, établit un partage du pouvoir entre Hutus et Tutsis. Le Hutu Cyprien Ntaryamira devient Président tandis que le Tutsi Anatole Kanyenkiko (en) devient Premier ministre. La mort de Cyprien Ntaryamira dans l'attentat du au Rwanda complique le processus de paix. Au mois de septembre, le Hutu Sylvestre Ntibantunganya est nommé à la présidence. Les massacres ethniques continuent pourtant, poussant à l'exil les Hutus vivant dans la capitale Bujumbura, tandis que les deux guérillas hutu s'en prennent à des camps de réfugiés tutsis et les forces armées burundaises (FAB) aux populations civiles hutu.
Les Tutsis reprennent le pouvoir lors de deux coups d'État : en , Antoine Nduwayo (en) devient Premier ministre, et le , à la suite d'un massacre visant les Tutsis, Pierre Buyoya devient Président. En réaction à ce coup d'État, le chef d'État tanzanien Julius Nyerere impose un embargo, bientôt suivi par les autres pays voisins du Burundi. Malgré quelques progressions durant l'année 1996, les Forces nationales de libération (FNL) et les Forces de défense de la démocratie (FDD) perdent peu à peu leurs bases arrière à la suite des opérations des Forces armées burundaises contre les camps de réfugiés et de déplacés hutu. En 1998, de nouveaux pourparlers de paix sont entamés sous l'égide des présidents tanzaniens et sud-africain, Julius Nyerere et Nelson Mandela, et le gouvernement s'ouvre aux Hutu. À la suite de l'ouverture de ces négociations, l'embargo est levé en [3],[4].
En , un premier accord est signé, mais sans les Forces nationales de libération (FNL) et les Forces de défense de la démocratie (FDD). Une nouvelle Constitution, de transition, est promulguée le , établissant une alternance « ethnique » du pouvoir, la présidence et la vice-présidence changeant tous les 18 mois, alternants Tutsis et Hutus. Malgré une activité militaire soutenue des groupes armés hutus, une partie des FNL dépose les armes le et les FDD acceptent de participer au processus de paix le , un accord final étant trouvé le . Les FDD se transforment en parti politique. Alors que ses militants doivent être intégrés à l'armée régulière, ils continuent à être actifs dans le pays contre les FNL et à recruter. En , l'Union africaine envoie une mission de maintien de la paix, chargée du désarmement des groupes armés, pris en charge à partir du par l'ONU dans le cadre de l'Opération des Nations unies au Burundi (ONUB). La dernière faction des FNL, menée par Agathon Rwasa entame des négociations en [3],[4]. Un accord de paix est signé le [5]. Des violences éclatent malgré ce traité, les FNL étant accusées de renforcer leur branche militaire[6],[7].
Le , le chef des FNL, Agathon Rwasa, annonce renoncer à la lutte armée[8].
Après la fin du conflit
Le 18 avril 2009, le chef des Forces nationales de libération (FNL)[9], Agathon Rwasa, annonce officiellement la fin de la lutte armée et la transformation du mouvement en parti politique légal. Cette déclaration marque la conclusion formelle de la guerre civile burundaise, qui avait débuté en 1993[2].
Dans les années qui suivent, le Burundi connaît une période de transition politique marquée par [2]:
- L’intégration des FNL dans la vie politique : le mouvement participe aux élections de 2010, bien que celles‑ci soient contestées et suivies d’un boycott[10].
- La réforme des institutions : les accords d’Arusha et les négociations ultérieures conduisent à une nouvelle Constitution en 2005, instaurant un partage du pouvoir entre Hutu et Tutsi[11].
- La démobilisation et réintégration des combattants : plusieurs programmes soutenus par l’ONU et la Banque mondiale visent à réinsérer les anciens combattants dans la société civile[12].
- Les défis sécuritaires persistants : malgré la fin officielle du conflit, des tensions politiques et des violences sporadiques continuent d’affecter le pays, notamment lors des élections de 2015[13].
Héritage
La guerre civile burundaise a laissé un héritage durable [14]:
- Conséquences humaines : plus de 300 000 morts et des centaines de milliers de déplacés internes et réfugiés dans les pays voisins[15].
- Impact régional : le conflit a contribué à déstabiliser la région des Grands Lacs, en lien avec les guerres en RDC et le génocide rwandais[16].
- Mémoire et réconciliation : des commissions vérité et réconciliation ont été mises en place pour documenter les crimes et favoriser le dialogue intercommunautaire.Rôle des femmes : des dirigeantes comme Sylvie Kinigi ont marqué cette période en assumant des responsabilités politiques majeures dans un contexte de crise[17].