Guerre polono-turque (1633-1634)
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Date | 1633-1634 |
|---|---|
| Lieu | Ukraine actuelle |
| Issue | Statu quo |
| Abaza Mehmed Khan Temir |
Stanisław Koniecpolski |
| 55 000 (1633) | 11 000 (1633) 30 000 (1634) |
La guerre polono-turque de 1633-1634 est un conflit qui opposa l'Empire ottoman à la république des Deux Nations (Pologne-Lituanie) et leurs vassaux durant les années 1633 et 1634.
Abaza Mehmed Pacha, esclave abkhaze affranchi[1], était parvenu en 1632[2] au poste de beylerbey de la province de Silistrie, territoire qui recouvrait une partie de l'actuelle Bulgarie, de la Roumanie et de l'Ukraine. À la mort du roi de Pologne Sigismond Vasa, le tsar Michel Ier, faisant fi de l’armistice de Déoulino, provoqua la guerre de Smolensk (1632–1634). Abaza mobilisa à la demande du tsar[3] ses contingents turcs de Silistrie, renforcés d'autres vassaux de la Sublime Porte : Moldaves, Valaques et Horde Nogaï du Yedisan et du Boudjak. Le sultan Mourad IV n'avait alors aucune intention d'agresser la Pologne-Lituanie, préoccupé qu'il était par la frontière orientale de son empire[4]. Il est vraisemblable que certains dignitaires de la Sublime Porte ont couvert l'initiative du beylerbey, quoique l'on n'en ait aucune preuve[5].
La campagne de 1633
Vers le , une troupe d'environ 2 000 Nogaïs[6] du Boudjak s'empara de Kamianets-Podilskyï, place-forte de Podolie. On ignore si les Nogaïs ont effectué ce coup de main de leur propre initiative, ou comme sipahis d'Abaza. Deux jours plus tard, ces Tatars, chargés de butin, retrouvaient la principauté de Moldavie, vassale de l'Empire Ottoman, amenant avec eux leurs prisonniers (jasyr).
Dès qu'il apprit la razzia des Tatars, Koniecpolski, en position à Bar, entreprit immédiatement de les pourchasser avec environ 3 000 cavaliers. Il franchit la frontière naturelle du Dniestr et parvint sans attirer l'attention à investir le bassin de la Moldava qui, quelques décennies plus tôt, avait été l'enjeu d'une longue guerre entre Polonais et Ottomans. Les Tatars, qui s'y croyaient désormais en sécurité, s'y reposaient ce qui permit au hetman Koniecpolski de les intercepter le [7] dans les environs de Sasowy Róg, au bord du Pruth. Il en tua beaucoup, fit quelques prisonniers (dont quelques chefs nogaï, comme le gendre du Khan Temir, ou « Kantymir » en polonais) et recouvra la plus grande partie du butin, mais une partie des Tatars parvint à s'enfuir.
Koniecpolski, qui entretenait un dense réseau d'espions dans la région, et qui avait compétence diplomatique pour tout le Sud de la Pologne, était sans doute informé des projets d'invasion d'Abaza Pacha. Il remonta la rive gauche du Dniestr et établit son camp dans les environs de Kamieniec-Podolski. Il demanda des renforts, car son armée ne comptait encore que 3 000 hommes, et reçut l'appui de 8 000 cosaques et mercenaires d'Ukraine. Abaza lança sa campagne dans la seconde quinzaine de septembre avec environ 30 000 soldats turcs[8] et 10 000 hommes[8] de Valaquie et de Moldavie. Il reçut l'appoint de 15 000 Tatars Nogaïs du Yedisan et du Boudjak[8], envoyés par Kantymir. À la mi-octobre, il se trouva aux abords de Khotyn et apprit les préparatifs de Koniecpolski. Abaza tenta d'abord de jouer la carte diplomatique pour gagner du temps. Ce fut en vain ; il décida alors de modifier ses plans et passa le Dniestr. La bataille de Kamieniec-Podolski ou de Paniowce[9] s'ouvre par la charge de Kantymir contre le camp retranché du général polonais, le . Le 22, Abaza jette toutes ses forces dans la bataille[10] ; mais malgré une supériorité numérique écrasante, son armée ne parvient pas à percer les lignes polonaises. Ayant subi de lourdes pertes, Abaza Paşa donna l'ordre de retraite, abandonnant le terrain aux Polonais[11].