Guillaume Couture

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Décès (à 83 ans)
Québec, Drapeau de la Nouvelle-France Nouvelle-France
Découvertes principalesLac Mistassini
Première expéditionHuronie
Guillaume Couture
Image illustrative de l’article Guillaume Couture
Ancien monument de Guillaume Couture du Vieux-Lauzon à Lévis.

Naissance
Rouen, Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Décès (à 83 ans)
Québec, Drapeau de la Nouvelle-France Nouvelle-France

Découvertes principales Lac Mistassini
Première expédition Huronie
Dernière expédition Nouvelle-Néerlande
Hommage Voir la section ci-dessous
Autres activités Explorateur, colon, capitaine de milice, juge

Guillaume Couture, né le à Rouen et mort le à Québec, est un explorateur, interprète et colon de la Nouvelle-France.

Il arrive en Nouvelle-France vers 1638 comme « donné » auprès des Jésuites. En 1647, il est le premier Européen à s'installer sur la seigneurie de Lauzon (aujourd'hui Lévis), située au sud de la ville de Québec, dans le secteur de Pointe-Lévy[1]. Il est l'ancêtre de tous les Couture de l'Amérique du Nord.

Héros méconnu de la Nouvelle-France, Couture devint le premier juge sénéchal et capitaine de milice de la Pointe-Lévy (ou Pointe-de-Lévy). Il n'a jamais obtenu un titre seigneurial. Cependant, par ses initiatives et ses habiletés, il a contribué au développement de la seigneurie de Lauzon et fut aussi un explorateur en Nouvelle-France. On peut lui donner le titre de « premier roturier bâtisseur » de la seigneurie de Lauzon. Il siégea aussi à quelques occasions au Conseil souverain de la Nouvelle-France à titre de remplaçant.

Origines

À l'époque de la Nouvelle-France, le patronyme « Couture » s'écrivait Cousture (de même que Coûture). Le nom de famille actuel, dit « Couture », trouve son origine dans la France médiévale. Ainsi, une cousture, costure ou couture, en ancien français, signifiait « un champ labouré » ou « une terre cultivée et ensemencée ». Le nom est issu du mot latin cultura qui a fait naître également le terme d'ancien français colture, écrit plus tardivement au XIVe siècle "culture", mais qui subsiste sous la forme ancienne dans les coutumiers[2]. Les Couture sont originaires essentiellement de la Normandie (précisément dans le Nord-Ouest de la France), mais on en retrouve également au centre et au sud-ouest de la France (où d'ailleurs il est plutôt la francisation du terme gascon cultura).

Le nom de famille Couturier a une origine différente puisqu'il a le même sens que le nom commun actuel. Dans certains cas, rares toutefois, Couture a pu désigner aussi, par ellipse, le couturier[3].

Racines normandes

Né le à Rouen. Il a été baptisé en l'église Saint-Godard de Rouen et sa famille aurait résidé ensuite à Hauville, un village situé dans l'actuel département de l'Eure à 35 km de Rouen[4]. Il était le fils de Guillaume Couture Sr. et de Madeleine Mallet[5]. Son parrain et sa marraine se nommaient Henry (Herembourd ou Hérambourg) et Marie Regneaul. Il y a très peu d'informations sur l'enfance de Guillaume fils. Cependant, nous savons qu'il a appris le métier de charpentier de son père, car celui-ci était maître menuisier attitré de la fabrique de Saint-Godard de 1624 à 1632. Guillaume Couture Sr. serait mort quelques années avant le départ de son fils Guillaume pour la Nouvelle-France. Pierre Couture, frère de Guillaume Sr., devint le tuteur des enfants et l'administrateur des biens de la famille Couture à Saint-Godard.

La famille de Guillaume Couture (père) était composée de cinq enfants :

  • Guillaume, né le (ancêtre des Couture d'Amérique du Nord)
  • Geneviève, né le
  • Marie, née le
  • Alexandre, née le
  • Anne, née le

Arrivée en Nouvelle-France

Selon l'historien québécois Marcel Trudel, qui a consulté le testament de Couture signé en 1638, celui-ci serait arrivé en Nouvelle-France en cette même année. Il n'existe aucune information précise sur ses occupations pendant l'année 1637-1638. Dès son arrivée en Nouvelle-France, il devint un 'Donné' fonctionnant comme interprète des Jésuites et contact exceptionnel auprès des peuples amérindiens, notamment les Hurons et les Iroquois. Le , il légua à sa mère (Madeleine Mallet) et à sa sœur Marie les quelques terres qu'il avait héritées de son père (Guillaume) en France[6]. Il effectua son premier grand voyage en Huronie, précisément à Sainte-Marie-au-pays-des-Hurons, près de l'actuelle ville de Midland en Ontario. Il fut chargé de faire parvenir certains objets aux missionnaires jésuites et d'escorter, au retour, des chefs Hurons jusqu’à Québec.

En Huronie

Le , il quitta Trois-Rivières pour une nouvelle expédition vers la Huronie, en compagnie du chef huron Ahatsistari (baptisé Eugène) et de quelques Français, dont le père jésuite Isaac Jogues, le 'donné' René Goupil, ainsi que dix-neuf Hurons répartis dans 12 canots. Le , une escarmouche eut lieu contre des Agniers (environ 80 Iroquois) lors d'une embuscade aux Îles à l'entrée du lac Saint-Pierre. Un des chefs iroquois fut tué à l'arquebuse par Couture. En tout, 22 personnes tombèrent entre les mains des Agniers, notamment Ahatsistari, le père Jogues, Goupil et Couture. Ils furent capturés près des îles de Sorel dans ce qui est aujourd'hui la municipalité de Lanoraie[7]. Ahatsistari fut martyrisé. Il fut privé de ses deux pouces et on lui enfonça un bâton pointu jusqu’au coude par l’une des plaies béantes. Le , il sera assassiné. Les chefs agniers décidèrent de laisser la vie sauve à tous les captifs hurons, sauf à trois qu’ils condamnèrent à mourir dans les flammes. Ahatsistari était l’un de ces trois Hurons. Il fut supplicié au village de Tionontoguen (Teonontogen). Sur le bûcher, au lieu de lancer le cri habituel des autres captifs mourants : « Que quelqu’un se lève de nos os pour nous venger! »[8], Ahatsistari pria ses compatriotes hurons qui assistaient à la scène de ne pas permettre que le souvenir de son sort influence le moins du monde la conclusion de la paix avec les Iroquois. Le , après treize jours de marche, ils arrivèrent dans le village iroquois d'Ossernenon (situé à plus de 10 km à l'ouest de l'actuelle ville d'Auriesville, dans l'État de New York). Le « donné » René Goupil fut assassiné le par un Iroquois, à la vue du père Jogues. Guillaume Couture ainsi que le père Jogues survécurent aux supplices malgré d'atroces souffrances. Un Iroquois arracha la moitié de l'index de la main droite de Couture. Ses ongles et ses doigts seront brûlés, écrasés, pressés et tordus mais, par son courage, il eut ensuite la vie sauve grâce à une iroquoise influente qui avait demandé son adoption au village. Il fut libéré pour avoir résisté à la douleur. Le père Jogues fut gardé captif au village jusqu’en [9].

Implication dans le traité de la Grande Paix

  • En juillet 1645, Guillaume Couture réapparaît à Trois-Rivières. Il est accompagné d'un grand chef Agnier (Iroquois) diplomate de sa nation, qui vient assister à un Grand Conseil pour la paix convoqué par le gouverneur Charles Jacques Huault de Montmagny. Le retour inattendu de Couture provoqua une grande joie et on lui fit une grande réception, aussi bien à Trois-Rivières qu'à la mission huronne de Sillery (Québec). À la fin de l'été 1645, Couture retourne chez les Agniers d'où il reviendra le printemps suivant, et comme il a l'intention de se marier, il demande d'être relevé de ses engagements envers les Jésuites. Le père Jérôme Lalemant, supérieur des Jésuites à Québec, accède à la demande de Couture.
  •  : Guillaume Couture fut un des responsables du traité de la Grande Paix (premier traité de paix entre Français et Iroquois) qui eut lieu dans la région de Trois-Rivières (le second et dernier traité de paix (la Grande Paix de Montréal eut lieu le ). Couture servira d'interprète au cours de ces pourparlers de paix pour le gouverneur de Montmagny. Ce premier traité mit fin temporairement aux conflits qui opposaient les Français et les Agniers. Elle ne durera qu’un an.

À la suite de ses exploits en Nouvelle-France et de la réussite de la signature de ce traité de paix, le gouverneur de Montmagny lui concéda une terre (ou lot) à la seigneurie de Lauzon, le , par un décret signé à Québec.

À la seigneurie de Lauzon

Premier colon

Il est fort probable que Guillaume fit son arrivée le à la Pointe-Lévy pour le début de son installation, mais aucun document ne confirme la date de son arrivée. Cependant, on sait qu'il est arrivé en canot au « Trou Jolliet » (Grève Jolliet), de la côte de Lauzon pour s'y installer. La seigneurie vierge appartenait à Jean de Lauzon depuis 1636, mais celui-ci ne l'a jamais visitée. Couture fut donc le premier colon français de la seigneurie. Plus tard, ce lieu deviendra la paroisse Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy de la seigneurie de Lauzon en 1694. Sa concession mesurait cinq arpents de front par quarante arpents de profondeur. Celle-ci se situait dans le secteur Est de Lévis (anciennement Ville de Lauzon), entre la rue Bourassa et l'église Saint-Joseph, jusqu'au sud près de l'actuel chemin des Forts. Le , il signera un acte, devant le notaire Claude Lecoutre, dit Lachaisnée, par lequel il s'engagea à bâtir un corps de logis temporaire situé près de la grève Jolliet, au bénéfice de sieur François Bissot de la Rivière. Un bourgeois de Québec. De plus, pour une somme de deux cents livres, Couture s'engagea aussi à défricher la terre de Bissot tout en construisant sa maison située sur une partie surélevée au-dessus de la grève Jolliet[10]. Il habitera ce petit corps de logis jusqu'au jour de la Saint-Michel, le , le temps de terminer la construction de sa maison. Cela lui permettait de se protéger des intempéries et des vents du fleuve Saint-Laurent. Il avait notamment une vue sur le fleuve qui lui permettait de surveiller les allées et venues sur sa concession.

Un ruisseau situé dans la cour du couvent Jésus-Marie (construit en 1855) délimite la terre de Couture et celle de Bissot. Selon une carte du cartographe Robert de Villeneuve datée de 1685-1686, il semble que la maison de Couture était située approximativement à quelques mètres au nord-est de l'actuelle église Saint-Joseph[11]. C'est-à-dire approximativement entre l'entrée de la cour de l'actuelle école primaire Saint-Joseph et l'entrée de la rue Saint-Narcisse, près de la piscine municipale Davie.

Le ruisseau traversait l'actuelle rue Saint-Joseph et passait entre la maison de Couture et l'église pour se déverser dans un bassin (localisé au-dessus du chantier maritime Davie) qui aboutissait au fleuve Saint-Laurent. Cette section du ruisseau n'existe plus depuis la fin du XIXe siècle car elle fut condamnée pour aménager la rue Saint-Joseph. Des fouilles archéologiques pourraient se faire dans le secteur de la maison de Couture, car il ne semble pas avoir été extrêmement altéré depuis cette époque. Aucun colon français n'a pu s'établir dans la seigneurie de Lauzon avant 1647, en raison de la présence hostile des Iroquois.

Ainsi, Guillaume Couture est le premier colon français qui s'est établi devant Québec (trente-neuf ans après la construction de l'Abitation de Champlain)[12].

Arrivée de François Bissot

Le Sieur François Bissot de la Rivière (1613-1673) fut le premier voisin de Couture. Il s'installa à la côte de Lauzon (ou Pointe-Lévy) pour défricher sa concession et quelques années plus tard, soit en 1655, il fit construire le premier moulin de la seigneurie de Lauzon. Ce moulin était situé sur un bassin situé près de la falaise de la grève Jolliet et c'est aussi dans ce bassin qu'il va installer la première tannerie de la Nouvelle-France[13]. La délimitation de leurs terres est établie par un ruisseau dont une partie (toujours existante) est située derrière l'ancien presbytère sur le terrain des religieuses du couvent Jésus-Marie. Le ruisseau était relié au bassin qui se déversait dans le fleuve Saint-Laurent.

Le , le père Pierre Bailloquet (jésuite) célébra la première messe de la seigneurie de Lauzon (ou de la Rive-Sud de Québec), le jour de la Pâques, dans la maison quasi terminée de Couture.

Le , Guillaume Couture et François Bissot deviennent officiellement les premiers censitaires de la seigneurie de Lauzon par la signature de l'acte de concession signée à Paris par Jean de Lauzon.

Le , François Bissot épousa Marie Couillard (fille de Guillaume Couillard et de Guillemette Hébert et petite-fille de Louis Hébert) à Québec et ils s'installèrent à Pointe-Lévy, sur la côte de Lauzon, en cette même année. Il semble qu'ils auraient habité le corps de logis que Guillaume Couture avait construit pour Bissot près de la grève Jolliet en 1647.

Mariage

Le , il épousa Anne Aymard, née le , dans la paroisse Saint-André de Niort dans le Poitou (ou Poitou-Charentes). La cérémonie eut lieu dans la maison de Couture, qu'il avait lui-même construit. Le mariage fut célébré par Messire Jean Le Sueur de Saint-Sauveur, aumônier des hospitalières de Québec. Le contrat de mariage fut signé le à Pointe-Lévy en présence de Guillaume Audouart de Saint-Germain. Couture promit de donner à son épouse un lit de plume garni et une vache à lait. Ils auront dix enfants entre 1650 et 1670.

Les dix enfants de Guillaume Couture fils :

  • Jean-Baptiste dit Lamonde (1650-1698)
  • Anne (1652-1684)
  • Louis (1654-1694)
  • Marguerite (1656-1690)
  • Marie (1658-1702)
  • Charles dit Lafresnaye (1659-1709)
  • Guillaume (III) (1662-1738)
  • Louise (1665-1751)
  • Eustache dit Sieur de Bellerive (1667-1745)
  • Joseph-Odger dit La Cressonnière (1670-1733)

Parmi les six fils de Guillaume, un seul conservera le nom de famille « Cousture » (dont le « S » est aujourd'hui disparu), et il s'agit de Guillaume (III) (1662-1738). L'aîné, Jean-Baptiste, deviendra l'ancêtre des familles Lamonde. Charles prit le nom de Lafrenaye, Eustache celui de Bellerive et Joseph-Odger celui de La Cressonnière (certains de ses descendants se nomment toujours Couture). Les filles de Guillaume (II) (Anne, Marguerite, Marie et Louise) vont se marier et de là vont naître les ancêtres des familles Côté, Couillard, Marsolet (Marguerite Couture ayant épousé un fils de Nicolas Marsolet) et Bourget. Certains descendants de Couture se sont installés aux États-Unis au XIXe siècle et ils écrivent maintenant leur nom de famille « Cutcher ».

Ses diverses fonctions administratives

En 1657, il servit d'interprète auprès de la nation des Onondagas (Iroquois).

En 1658, il était propriétaire d'un lot situé dans la Basse-ville de Québec jusqu'en 1668. On ignore s'il y vécut, mais on sait qu'il entreprit d'y construire une maison en 1667 sur le lot #2285 situé au 53, rue Sous-le-Fort dans le quartier Petit-Champlain. Il la vendit en 1668. Une boutique d'art amérindien occupe actuellement ce lot dans une bâtisse qui ne date pas de cette époque.

Expédition terrestre vers la Baie d'Hudson

Au printemps 1661, sur l'ordre du gouverneur d'Argenson, il tente d'atteindre la Baie d'Hudson par la voie terrestre, en compagnie des Pères Dablon et Druillettes, ainsi que de Denis de la Vallière, Denis et François Guyon, François Pelletier. L'expédition fut un échec[14].

Découverte du lac Mistassini

En 1663, Pierre du Bois d'Avaugour, gouverneur de la Nouvelle-France, le nomma commandant d'une expédition qui avait pour but de découvrir l'emplacement de la mer du Nord. Il était accompagné de deux Français (Pierre Duquet et Jean Langlois) et de plusieurs Amérindiens qui prendront place dans 44 canots. Le groupe remonta le Saguenay, pour atteindre le lac Mistassini et Couture devint le premier européen qui découvrit ce lac. Le groupe poursuivit son exploration et arriva à une rivière « qui se jette dans la mer du nord » qui deviendra la rivière Rupert. Celle-ci coule en direction de la baie d'Hudson. Les guides amérindiens refusèrent d'aller plus loin et l'expédition reprit la route du sud. Cependant, Couture établit des contacts avec les peuples amérindiens du nord, qu'il trouva beaucoup plus pacifiques que les Iroquois et les Hurons du sud. Un lac du Grand Nord québécois porte aujourd'hui le nom lac Couture.

Dernière expédition en Nouvelle-Néerlande

Le , à Québec, on décide de renvoyer dans son pays un amérindien Onneyout, accompagné de Couture, pour le « droit à la Nouvelle-Hollande ». Couture sera envoyé en Nouvelle-Néerlande à titre d'ambassadeur par le gouverneur Daniel de Rémy de Courcelles pour protester contre le meurtre de deux officiers français, dont le lieutenant Chazy, pour « faire plainte du coup arrivé nonobstant les assurances de trêve qu'ils nous avaient données ». (tiré du Journal des jésuites). Il se présenta dans le village iroquois et ordonna qu'on lui remette les assassins sans quoi la France organiserait une expédition punitive. Ces Agniers affrontèrent sept officiers au fort de Sainte-Anne, près de la décharge du lac Champlain. Parmi eux, il y avait notamment Louis de Canchy de Lerole et M. de Chasny, cousin et neveu de Tracy. Une embuscade s'engagea et Agariata tua Chazy et aussi un capitaine du nom de l'Aumônier Traversy.

Fin , le « Bâtard » Flammand, autre chef agnier, amena, Lerole à Québec dans le but de passer un traité de paix. Agariata accompagnait Bâtard. Les deux chefs agniers reçurent une chaude hospitalité de la part de Tracy qui les invita même à sa table. Agariata se vanta, lors de son séjour à Québec, d'avoir été l'auteur du meurtre de Chazy. Cette nouvelle eut l'effet d'une bombe. À l'annonce de cette nouvelle, Tracy entra en colère et voulu exécuter sur le champ le meurtrier. Les Agniers, sous les menaces et la pression de Tracy, remirent Agariata entre les mains de la Justice.

Le , Couture revient avec deux Agniers, dont l'un est Agariata.

L'exécution de ce dernier aurait eu lieu le premier jour de novembre (on parle même du )[15].

Retour à la Pointe-Lévy

Vers 1667, il fut nommé capitaine de la milice de la Pointe-Lévy. En cette même année, on indique qu'il possède six bestiaux et vingt arpents de terre en valeur[16].

Pièce autographe signée de Guillaume Couture le . Il s'agit d'un billet de 100 livres tournois à Charles Couture dit Lafrenet (Lafresnaye).

Le , Couture fut nommé juge sénéchal de la côte de Lauzon par Claude Bermen, sieur de la Martinière. Il fut aussi juge sénéchal de la côte de Lauzon de 1682 jusqu'au (date de son décès).

En 1681, Guillaume Couture possède quatre fusils, sept bêtes à cornes et vingt arpents de terre en valeur[16]. Il était charpentier à la seigneurie de Lauzon. On suppose qu'il devait aider les premiers habitants qui s'installaient à la côte de Lauzon.

À titre de capitaine de la milice de la seigneurie de Lauzon, il repoussa l'invasion anglaise de l'amiral Phips à la Pointe-Lévy. Celui-ci voulait conquérir la Pointe-Lévy en vue de la bataille de Québec (1690). Couture était âgé de 72 ans.

En 1690, Couture demanda à Henri de Bernières, premier curé de Québec et grand vicaire du diocèse de Québec, d'assurer une célébration à tous les dimanches et les jours de fêtes à la « cabane des pères » de la Pointe-Lévy. La première chapelle sera construite en 1675 (et terminée en 1677) sur un terrain concédé par François Bissot, sieur de la Rivière, voisin ouest de la terre de Couture. En 1690, grâce à son initiative, il fit la demande auprès de Mgr Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier, évêque de l'archidiocèse de Québec, pour obtenir le premier curé de la paroisse Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy. L'abbé Philippe Boucher sera nommé curé à l'âge de 24 ans et il sera en poste jusqu'en 1721 (année de son décès à l'âge de 58 ans).

Décès d'Anne Aymard

Elle est décédée le , d'une cause inconnue, à l'âge de 72 ans. Guillaume Couture perdit son épouse Anne Aymard, au lendemain de son 82e anniversaire de naissance. Elle fut inhumée au cimetière de Pointe-Lévy qui était situé autour de la petite église sur les terrains de l'actuelle l'église Saint-Joseph. Ce cimetière fut le lieu de sépulture de près de 16 000 défunts pendant plus de 200 ans. Malheureusement, la dépouille d'Anne Aymard aurait peut-être été transférée dans l'actuel cimetière Mont-Marie en 1874-1875. On ne connaît pas l'emplacement précis de sa sépulture.

Décès de Guillaume Couture

Le , il fut hospitalisé à l'Hôtel-Dieu de Québec. Contrairement à ce qui a été écrit par l'historien Joseph-Edmond Roy, son décès n'a pas été causé par la petite vérole car cette épidémie a eu lieu dans la région de Québec entre 1702 et 1703. Il serait décédé lors d'une épidémie de grippe sévère le à l'âge de 83 ans[17].

Plusieurs historiens ont supposé qu'il est inhumé dans le cimetière des Picotés à Québec car on croyait qu'il était décédé lors d'une supposée épidémie et on l'a inhumé rapidement. Cependant, ce cimetière a ouvert officiellement en 1702, mais il est fort possible qu'il fut inhumé à cet endroit dans une fosse commune. Il existe une hypothèse selon laquelle il aurait été inhumé dans l'un des trois cimetières suivants : le cimetière Sainte-Famille, Sainte-Anne ou Saint-Joseph qui ceinturent la cathédrale de Québec. Aucune registre d'inhumation existe et cela explique qu'il aurait été inhumé très rapidement à Québec et non à Pointe-Lévy. La paroisse Saint-Joseph de Lévis ne possède aucune information pour une possible inhumation à Pointe-Lévy.

L'inventaire de ses biens fut fait le par le notaire Michel LePailleur (connu sous le nom de Michel Lepailleur De LaFerté)[18]. En cette même année, le second traité de paix (la Grande paix de Montréal) eut lieu avec les cinq nations iroquoises des Grands Lacs[19].

L'inventaire a été effectué dans la maison du « bon Guillaume » par Michel LePailleur de LaFerté. Ses possessions démontrent qu'il était un simple colon français qui vivait selon ses moyens sans être un noble.

  • Deux petits lits de plume couverts de coutil avec trois couvertes de Normandie.
  • Cinq vieilles chemises rompues et hors service (déchirées et bonnes à jeter).
  • Dans l'étable : trois bœufs, une vache, deux cochons d'un an.
  • Des plats, bassins, assiettes, pots, cuillers, sont en vieil étain.
  • Dans la cuisine : un gril, une poêle à frire, une marmine, une passoire de cuivre, un petit mortier de fonte, deux vieilles chadières percées, une grosse pelle à feu.
  • Un petit compas de cuivre.
  • Un fusil estimé à huit livres.
  • Une grande hache.
  • Une scie de long.
  • Une moyenne tarière.
  • Un vieux soc.
  • Une serpe.
  • Un vieux van à vanner.
  • Trois chaînes de traînes[20].

Deux fondateurs dont le lieu de sépulture est inconnu

Ironiquement, les fondateurs de la Rive-Sud et de la Rive-Nord, Guillaume Couture (premier colon de la seigneurie de Lauzon) et Samuel de Champlain (fondateur de Québec), ont actuellement un lieu de sépulture inconnu[21]. On peut affirmer que Couture est le « fondateur » de la Rive-Sud de Québec puisque Jean de Lauzon, premier propriétaire et seigneur, n'a jamais habité sur sa seigneurie et ne l'a jamais visité. Il en confia l'administration au « Bon Guillaume » (comme le nommaient les Jésuites, dans leurs « Relations »). Notez qu'il y a un écart de 39 ans entre la fondation des deux rives de la région de Québec.

Hommages

Notes et références

Voir aussi

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