Guillaume Dasquié
Auteur français
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Guillaume Dasquié est un auteur[1] français et un réalisateur de documentaires télé[2]. Ses livres[3], récits et documentaires portent sur des sujets géopolitiques et des sujets touchant l'industrie de la tech[4] (détaillés ci-dessous).
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Son dernier livre, Les recruteurs[5] (roman)[6], est paru en 2022 aux éditions Grasset. Son dernier documentaire, Sky ECC la messagerie du crime[7], est diffusé en France sur Canal + depuis mai 2025.
Origines
Biographie
Après des débuts à Canal +[10], il s’oriente vers l’écriture de livres d’enquête. Le premier, Secrètes affaires[11], parait en 1999 chez Flammarion[12]. Il y décrit le fonctionnement de l’agence de renseignement privé américaine Kroll[13] ainsi que diverses opérations de déstabilisation[14]. De 1999 à 2003 il exerce comme rédacteur en chef[15] de la lettre Intelligence Online, une publication spécialisée sur le renseignement[16].
Deux mois après le 11 septembre 2001, aux éditions Denoël, il publie Ben Laden la vérité interdite[17] (traduit aux États-Unis sous le titre Forbidden Truth[18]). Le livre dévoile que la première note Interpol contre Oussama ben Laden a été délivrée par la Libye[19], que les États-Unis menaient des tractations avec les Taliban jusqu’au mois d’août 2001[20], et que des hommes d’affaires saoudiens ont soutenu le fondateur d’Al Qaida[21].
En juin 2002, aux éditions La Découverte[16], il publie (avec Jean Guisnel) L'effroyable mensonge[22], une enquête critiquant les théories conspirationnistes sur le 11 Septembre[23], selon lesquelles aucun avion ne se serait crashé sur le Pentagone, ou que l’attentat aurait été organisé par des groupuscules américains[24].
Le 5 février 2003, avant le déclenchement de la guerre en Irak, il met en doute en direct sur France 2 l’authenticité des images satellite produites quelques heures plus tôt par l’administration américaine[25], et supposées montrer les armes de destruction massive que détiendrait Saddam Hussein.
La même année, il rejoint un groupe formé par l’éditeur Guy Birenbaum et l’entrepreneur Alban Sauvanet qui se donne pour objectif[26] de faire revivre, pour quelques numéros, le magazine Minotaure[27] (en référence à une revue autrefois créée par les surréalistes).
Entre 2004 et 2006, il travaille comme consultant sur les questions de terrorisme, en tant que directeur de recherche[28] à l’IRIS (Institut de recherches internationales et stratégiques) et consultant de la société de Jean-Charles Brisard[29] (basée à Lausanne en Suisse). Guillaume Dasquié abandonne ensuite sa collaboration avec ce dernier, dont il critique les méthodes[29] et les liens avec les services de sécurité français[30].
En 2007, il renoue avec la presse et publie une enquête dans Le Monde décrivant ce que les services secrets français et américains savaient sur Al Qaida avant le 11 Septembre[31]. Ce récit d’enquête s'appuie sur 320 pages classifiées de la DGSE obtenues et vérifiées par l’auteur. L’article révèle une note de janvier 2001 montrant que Français et Américains savaient qu’Al Qaida cherchait à organiser une action terroriste contre les États-Unis utilisant des avions de ligne[32]. Le livre Histoire politique des services secrets français[33], paru six ans plus tard, revient sur l'importance de cette note[34].
L’article provoque le dépôt d’une plainte pénale du ministère de la Défense[35], pour violation du secret-défense, et entraîne en décembre 2007 une perquisition de la DCRI au domicile de Guillaume Dasquié[36] et sa garde à vue[37]. Plusieurs organisations expriment alors leur soutien à l’auteur, telle l’ONG Reporters sans frontière[38], le Syndicat national des journalistes[39] et le Bureau chargé de la défense de la liberté de la presse[40] auprès de l’OSCE. Les premiers éléments montrent que les services chargés de l’enquête cherchent à identifier la ou les sources de l’auteur[41] (Guillaume Dasquié reste sept ans sous contrôle judiciaire avant d’obtenir une relaxe totale[42]).
Dans les mois qui suivent, cette procédure favorise des débats à l’Assemblée nationale au sujet d’une nouvelle loi sur la protection des sources des journalistes[43], en particulier lors de la séance du 15 mai 2008 où son cas est cité à de nombreuses reprises[44]. Guillaume Dasquié est en outre auditionné[45] par les députés chargés de rédiger ce texte[46].
Entre 2008 et 2011 il publie régulièrement des enquêtes dans le quotidien Libération [47] et dans l’hebdomadaire Charlie Hebdo[48] sur des affaires de terrorisme, principalement sur l'attentat de Karachi, commis en 2002. L'affaire est alors relancée grâce au rapport d'un enquêteur privé avec lequel Guillaume Dasquié a eu plusieurs échanges[49]. L'auteur conteste la version initiale du Parquet de Paris et des services de sécurité français, attribuant cet attentat à Al Qaida, et privilégie une action de représailles ordonnée par un intermédiaire saoudien[50]. Il signe par ailleurs la préface du livre[51] On nous appelle les Karachi[52], des représentantes des familles des victimes de l’attentat.
De 2011 à 2013, il est directeur de la publication d’un site consacré aux cultures numériques, Owni.fr[53]. Dans les années qui suivent, il publie des récits d'enquêtes dans Vanity Fair[54] ou Le journal du dimanche[55], consacré à l’attentat[56] contre le Premier ministre libanais Rafic Hariri[9] ou à l’affaire Lafarge[57]. Sur ce dernier sujet, relatif aux compromissions de cet industriel pendant la guerre en Syrie, ses articles révèlent que la DGSI savait que Lafarge versait des fonds aux milices djihadistes et qu’elle s’est abstenue de le dénoncer[58].
À partir de 2018, il écrit pour l’édition et réalise principalement des documentaires ou des reportages pour la télé[2]. Ceux-ci explorent à Bagdad la réalité de la justice irakienne[59]. En 2021, son reportage à Sanaa au nord du Yémen dévoile la vie à l’intérieur de l’enclave tenue par le régime des Houthis[60]. Ce documentaire est diffusé en Allemagne sur Deutsche Welle[61] et en France sur M6[62]. En octobre 2022, à Potsdam il est sélectionné au Prix Europa de l’Union européenne (catégorie Best European TV Current Affairs)[63] et il reçoit le Prix du documentaire sur les droits de l'homme au Festival Life after oil[64] qui se tient en Sardaigne[62].
Jusqu’en 2023, il réalise un documentaire de 55’ sur l’affaire Lafarge en Syrie[65] qui dévoile comment des salariés et des conseillers de la cimenterie syrienne ont collaboré avec les services secrets français[66]. Le principal intermédiaire syrien de la cimenterie, l’homme d’affaires Firas Tlass, que la justice française n’a jamais pu auditionner[67], s’y exprime face caméra et explique qu’il a effectué des missions pour la DGSE alors que l’usine fonctionnait encore[68]. Plus tard, cette enquête conduit Guillaume Dasquié à être appelé à témoigner devant le Tribunal de Paris, lors du procès Lafarge qui se déroule au mois de décembre 2025[69].
De 2023 à 2025, il réalise (avec Nicolas Jaillard) un documentaire de 90’ sur l’affaire Sky ECC, du nom d’une messagerie privée ayant fait l’objet d’une interception de masse de la part des services de police[7]. Pendant des mois, les polices française, belge et néerlandaise ont pu intercepter des communications entre criminels sur cette messagerie, Sky ECC, dite inviolable, mais au prix d'une surveillance de masse[70] qui a visé des dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux innocents[71]. Ce travail, initié à travers la société de production StudioFact[72], s’appuie sur un consortium de journalistes d’investigation[73] qui rassemble Paper Trail Media, CBC, Telerama, OCCRP[74]. Le film (coproduit par la ZDF, la RTBF et Canal +) est diffusé en France sur Canal + depuis mai 2025[75].
Débats
Certains de ses travaux ont eu un impact sur des dossiers judiciaires notamment sa participation dès 2002 à l'enquête dénommée Nautilus, qui a permis de relancer l'affaire de l'attentat de Karachi et de remettre en cause la piste d'un attentat islamiste aveugle qu'a longtemps privilégiée la direction centrale du Renseignement intérieur (DCRI). Certaines enquêtes ou reportages de Guillaume Dasquié ont fait l'objet d'attaques diverses menées par des membres des services secrets, des fonctionnaires du ministère français de la Défense, du fondateur du Réseau Voltaire ou du banquier saoudien Khaled bin Mahfouz :
- Les poursuites pour une enquête publiée dans Le Monde
Dans un article du journal Le Monde du [76], Dasquié détaille sa garde à vue. Il précise qu'il n'a pas révélé le nom de la personne qui lui avait remis les documents ; mais qu'il a confirmé que ses documents étaient sortis de la DGSE par la voie officielle, c'est-à-dire à l'initiative du directeur Jean-Claude Cousseran[77], qui en avait remis des copies à une trentaine de membres du gouvernement français[78]. Les investigations judiciaires, qui durent près de sept ans, sont confiées à la DCRI. En 2013, les juges découvrent que la DCRI avait lancé dès 2006 une opération de provocation à l'égard du journaliste, en demandant à un enquêteur privé d'initier une négociation financière sur des documents qu'il détenait dans le but de le compromettre et d'identifier ses sources[79]. Dans l'ordonnance de non-lieu dont il bénéficie le , les magistrats critiquent les méthodes des services de sécurité dans cette affaire[42].
- Les divergences avec Jean-Charles Brisard
Un article du site Mediapart de , évoque la possibilité que Guillaume Dasquié aurait tenté de vendre ces documents de la DGSE à un cabinet d'investigation suisse, géré par Jean-Charles Brisard, selon des déclarations effectuées par ce dernier. Or, un an plus tard, en 2013, des documents déclassifiés ont montré qu'il s'agissait d'une opération de provocation visant le journaliste[79]. Et le , les juges Marc Trévidic et Nathalie Poux ont dénoncé les méthodes de la DCRI[80], chargée de l'enquête, affirmant que ce service avait organisé de toutes pièces cette opération de vente visant à compromettre Guillaume Dasquié, sans y parvenir. Le principal témoin à charge, Jean-Charles Brisard, apparait comme un correspondant de la DCRI mandaté pour mener cette opération. Les recherches des juges révélaient en outre que Guillaume Dasquié lui avait bien remis ces documents, mais gracieusement[81]. Pour l'ensemble de ce dossier, les magistrats ont rendu en conséquence une ordonnance de non-lieu[82].
- L’effroyable mensonge, thèses et foutaises sur le
À propos de L'effroyable mensonge (La Découverte, 2002), l'ouvrage qui conteste la version de Thierry Meyssan selon laquelle, lors des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, aucun avion n'aurait percuté le Pentagone. Il a été poursuivi en justice par Thierry Meyssan, principal animateur du Réseau Voltaire, ainsi que, en 2002, par Hubert Marty-Vrayance, commissaire à la direction centrale des Renseignements généraux[83]. La contre-enquête de Guillaume Dasquié et Jean Guisnel consistait à apporter des preuves confirmant l'information relative au crash de l'avion contre le Pentagone. Elle mettait également en évidence les liens entre Thierry Meyssan et un commissaire des renseignements généraux (RG), Hubert Marty-Vrayance et critiquait sur un ton pamphlétaire « certaines dérives » du Réseau Voltaire. Hubert Marty-Vrayance a été débouté jusqu’en appel de ses demandes contre le livre[84].
- Ben Laden, la vérité interdite
Un chapitre du livre Ben Laden, la vérité interdite, publié en , coécrit par Guillaume Dasquié et Jean-Charles Brisard a été l'objet d'un contentieux judiciaire à Londres, sur la base d'une plainte pour diffamation de la part du banquier saoudien Khalid Bin Mahfouz. Jean-Charles Brisard a formellement reconnu être l'unique auteur du chapitre contesté, dans une attestation signée pour les tribunaux américains[85]. Au mois d', ce contentieux a donné lieu à une transaction signée entre les avocats de ce banquier et les deux auteurs, sous la forme d'une lettre d'excuses mentionnant que les sources à l'origine du chapitre litigieux s'étaient rétractées postérieurement à sa publication. Guillaume Dasquié a cenpendant poursuivi le contentieux et, en janvier 2012, la Cour de cassation lui a donné raison et a débouté Khaled bin Mahfouz et ses héritiers[86].
Documentaires et reportages télé
Livres
- Secrètes affaires Les services secrets infiltrent les entreprises, Flammarion, 1999[11]
- Ben Laden, la vérité interdite, avec Jean-Charles Brisard, Denoël, 2001
- L’effroyable mensonge avec Jean Guisnel, La Découverte, 2002[87]
- Les nouveaux pouvoirs, Flammarion, 2003
- Al-Qaïda vaincra, Flammarion/Privé, 2005[88]
- La Ville des mensonges, roman, Robert Laffont, 2009[89]
- Les recruteurs, roman, Grasset, 2022[90]