Guillaume de Caën

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Nationalité Français
Famille
Famille de Caën
Guillaume de Caën
Naissance Dieppe (Royaume de France)
Nationalité Français
Famille
Famille de Caën

Guillaume de Caën (mort après 1643) est un armateur, marchand et administrateur colonial français du XVIIe siècle. Grand explorateur, il se rend notamment aux îles de la Sonde en passant par Madagascar[1] lors d'expéditions vers l'Asie entre 1616 et 1618. Figure centrale du commerce maritime sous le règne de Louis XIII, il est notamment général de la flotte de la Compagnie de Montmorency et titulaire du monopole de la traite des fourrures en Nouvelle-France avant la création de la Compagnie des Cent-Associés[2].

Au lendemain des guerres de religion, alors que l'Angleterre, la France et la Hollande cherchent à s'imposer sur de nouvelles routes maritimes vers l'Asie et l'Amérique, ces pays restent minés par de profonds conflits religieux internes, dont, en France, la Contre-Réforme qui engendra une répression très dure des protestants français, époque rapidement marquée par les conflits, les guerres et les massacres, dont le Siège de La Rochelle[3].

Profitant de ce contexte initialement ambigu, de puissantes dynasties maritimes marchandes, calvinistes, vont se créer, et vont devenir ensuite, un rouage essentiel des royaumes, même catholiques, pour profiter des échanges commerciaux qui se dessinent à l'horizon[1]. L'historien Andrew D. Nicholls souligne d'ailleurs que l'océan Atlantique « brouille les conceptions traditionnelles de l'allégeance nationale et permet aux individus de réimaginer les possibilités de l'identité coloniale » [4].

En Angleterre, le roi protestant Charles Ier peine à maintenir son autorité, et calmer les ardeurs anglicanes dans son royaume comme celles catholiques de ses voisins[5].

C'est ainsi que Guillaume de Caën, deviendra un personnage clé pour le Cardinal Richelieu, pour ses ambitions en Nouvelle France, malgré les différences confessionnelles[6].

Origines et formation

Issu d'une lignée d'armateurs protestants de Dieppe (Royaume de France) établie à Rouen, Guillaume de Caën est le fils de Guillaume de Caën et de Marie Langlois[7]. Durant sa jeunesse, il est envoyé en Belgique pour apprendre le néerlandais, langue d'usage de la très importante Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC). Son expertise est telle que les agents de la compagnie le prennent « quasi pour Flaman »[1].

Expéditions vers l'Asie (1616-1618)

En 1616, il s'associe à la Compagnie des Moluques et participe à une expédition vers les Indes orientales comme commis général sur la flotte de Charles de Nets et d'Augustin de Beaulieu, (Beaulieu, plus tard, préconisera avec enthousiasme la colonisation de Madagascar par la France). En , après avoir recruté des marins néerlandais et mené une tentative de sédition pour prendre le contrôle du navire, il est mis aux fers par son capitaine. À Batam, il se propose comme otage et négocie un dénouement favorable auprès de la VOC [1].

La Nouvelle-France et le monopole des fourrures (1620-1627)

En 1620, avec son oncle Ézéchiel de Caën, il prend la tête de la Compagnie de Montmorency (plus tard la Compagnie de Caën) et obtient le monopole de la traite en Nouvelle-France. Le , il est nommé général de la flotte de la compagnie. En , il reçoit le titre de baron du Cap-Tourmente[7].

Lors de l'arrivée à Québec, d'une demi-douzaine de Jésuites, fer de lance de la Contre-Réforme, ils sont refusés à l'Habitation de Québec et aucun habitant ne veut les loger. Les jésuites sont alors forcés de s'installer chez les Récollets, plus précisément, hors de la ville et de l'autre côté de la rivière St-Charles, rappelant le sort subi en en France par les protestants, qui sont tenus d'installer leurs temples hors des villes (voir Édit de Nantes.) C'est le monde à l'envers[8].

Face à cette crise diplomatique, il en est tenu responsable et Richelieu le bannit de Québec sous menace de sa vie et la Compagnie de Caen sera dissoute[7].

En 1627, la création de la Compagnie des Cent-Associés, strictement catholique, révoque ses privilèges et entraîne sa ruine financière, du moins à court terme[9].

Conflits et restitution de Québec (1629-1632)

Après la prise de Québec par les Frères Kirke (voir David Kirke et Prise de Québec par les frères Kirke) en 1629, il tente de récupérer ses investissements et ses stocks de pelleteries. En 1632, Richelieu le charge, malgré tout, d'organiser la reddition de la colonie après l'occupation anglaise. Il délègue cette mission à son cousin Émery de Caën, ne pouvant toujours pas s'approcher de Québec[9].

Dernières années

En dédommagement de ses pertes, il reçoit en 1633 la propriété de cinq îles des Petites Antilles. En 1640, il porte le titre de baron des Bahamas. Jusqu'en 1643, il poursuit plusieurs actions en justice contre les frères Kirke puis les Cent-Associés, obtenant finalement un dédommagement de plus de 300 000 livres[9].

Titres

Références

Voir aussi

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