Génération de 50
From Wikipedia, the free encyclopedia

Génération de 50, en espagnol : Generación del 50, et également appelée « del medio siglo » — de la moitié du siècle — ou « de los niños de la guerra » — des enfants de la guerre —, est la dénomination attribuée, dans l'histoire de la littérature espagnole, à la génération littéraire des écrivains nés aux alentours des années 1920 et qui publiaient dans les années 1950, une fois la guerre civile espagnole terminée, et qui sont alors considérés comme les « enfants » de celle-ci.
La « génération de 50 » se manifesta surtout au travers de la poésie, qui, à partir du réalisme social de la critique des aspects les plus sordides de la vie politique et sociale de l'Espagne après la guerre civile (et donc pendant la dictature de Franco), accentuait le caractère d'expérience sentimentale de la poésie et revendiquait pleinement son aspect esthétique : une nouvelle lyrique, la préoccupation pour le langage, ainsi que sa condition d'art de l'humain, en incluant des réflexions métaphysiques et philosophiques avaient élevé la poésie contemporaine à une littérature de grande qualité. C'est en ces caractéristiques que ces écrivains ne suivent pas la ligne académique. Ils sont liés par leur condition d'« intimiste », héritage de poètes tels que Gustavo Adolfo Bécquer et de la plupart des poètes de la génération de 27 comme Luis Cernuda et surtout Antonio Machado, comme ici :
«
[...]
Pero ha pasado el tiempo
y la verdad desagradable asoma:
envejecer, morir,
es el único argumento de la obra.
»
« [...]
Mais le temps est passé par là
et la désagréable vérité se révèle :
vieillir, mourir,
c'est le seul thème de la pièce. »
La ligne revendicatrice de leur poésie sociale, étaient elle inspirée par celle de la génération de 98, même s'ils évitaient le registre familier et le prosaïsme caractéristiques de cette génération. Dans la deuxième étape de cette époque, les romanciers considèrent que leur rôle d'écrivain les oblige à dénoncer la misère et l'injustice sociales.
Cette époque coïncide avec une certaine ouverture du régime franquiste et avec la traduction pour la première fois de beaucoup d'œuvres d'auteurs étrangers comme T. S. Eliot ou Paul Celan (et à laquelle les propres membres de la génération de 50 participent en traduisant ou en éditant, comme c'est le cas de Carlos Barral). La plupart de ces auteurs se regroupent en cercles d'amis dans les villes de Madrid ou Barcelone.
