Haddou Ben Hammou
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| Naissance | Rif (Maroc) |
|---|---|
| Décès | |
| Surnom |
Haddou Lakhal |
| Nationalité |
Marocaine |
| Allégeance | |
| Activité |
Caïd; diplomate; chef du renseignement; pionnier de l'aviation |
| Conflit | |
|---|---|
| Distinction |
Considéré comme le premier aviateur marocain |
Haddou Ben Hammou Lakhal (né à Izemmouren en 1888 et mort à Mogador en 1950) est un chef rifain, diplomate, officier du renseignement et pionnier de l’aviation au Maroc. Figure majeure de la République du Rif (1921-1926), il est souvent présenté comme le premier aviateur marocain[1],[2].
Jeunesse et formation
Originaire d’Izemmouren dans le Rif, Haddou Ben Hammou grandit dans un milieu modeste. Jeune adulte, il séjourne en Algérie où il apprend plusieurs langues, fréquente les milieux portuaires d’Oran et commence à tisser des liens avec des réseaux politiques rifains[1].
Engagement dans la République du Rif
Après la victoire rifaine lors du désastre d’Annual (), Mohamed ben Abdelkrim El Khattabi proclame la République du Rif. Haddou Ben Hammou y occupe plusieurs postes : caïd des Ibaqouyen, attaché politique, chef du service de renseignement et, en 1923, ministre de l’Aviation chargé d’esquisser une capacité aérienne rifaine. Des sources le disent initié au pilotage à Oran et actif dans des missions diplomatiques et logistiques entre le Rif, l’Algérie et le Maroc sous protectorat[1],[2].
Relations avec Mohamed Azerkan et rôle de Tlemcen
Les relations entre le caïd Haddou Ben Hammou et Mohamed Azerkan, beau-frère d'Abdelkrim El Khattabi et ministre des Affaires étrangères de la République du Rif, étaient complexes et parfois tendues[1].
La ville de Tlemcen en Algérie joua un rôle stratégique pendant la Guerre du Rif. Située à proximité de la frontière marocaine, elle servait d’arrière-base diplomatique et logistique pour les Rifains. Des réseaux rifains y organisaient l’acheminement d’armes, la levée de fonds et la préparation de contacts avec les autorités françaises.
En , une délégation rifaine conduite par Mohamed Azerkan et comprenant le caïd Haddou Ben Hammou et Abdelkrim ben Ziane partit de Tlemcen pour rejoindre Oran, Marseille et enfin Paris. L’objectif était de rencontrer des responsables français, dont le colonel Charles Huot, ainsi que des hommes d’affaires susceptibles de soutenir la République du Rif.
Malgré cette coopération, plusieurs sources signalent des tensions personnelles et politiques entre Haddou et Azerkan. Selon María Rosa de Madariaga, Haddou reprochait à Azerkan son autoritarisme et sa proximité avec Abdelkrim, tandis qu’Azerkan voyait en Haddou un rival politique[1]. Ces divergences fragilisèrent la cohésion du gouvernement rifain, même si les deux hommes furent contraints de travailler ensemble dans le cadre des efforts diplomatiques internationaux.
Arrestation et exil
À la chute de la République du Rif (1926), Haddou Ben Hammou est arrêté à Targuist puis interné à Azemmour avant d’être placé en résidence surveillée à Mogador (actuelle Essaouira) où il demeure jusqu’à sa mort en 1950[1].
Postérité
Plusieurs travaux récents ont ravivé l’intérêt pour son parcours, dont l’étude de M. R. de Madariaga et un roman biographique de Mhamed Lachkar[1],[3]. Des articles de presse popularisent également l’image d’un diplomate-aviateur, figure marquante de la Guerre du Rif[2].