Mohamed Azerkan
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| Ministre de Affaires étrangères et de la Marine de la République du Rif |
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| Naissance | |
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| Nom dans la langue maternelle |
ⵎⵓⵀⴰⵎⴻⴷ ⴰⵣⴻⵔⴽⴰⵏ |
| Surnom |
Pajarito |
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| Appartenance ethno-culturelle |
| Religion | |
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| Conflit |

Mohamed (ou Si Muhand n-Muhand) Azarqan, originaire d'Ajdir (surnommé en espagnol à la fois Pajarito, « Petit Oiseau », et Punto, « Bout de cigarette » — les Espagnols disaient que, lorsqu’il était enfant, il ramassait et fumait les mégots de cigarettes abandonnés), était le ministre des Affaires étrangères et de la Marine de la République du Rif, ainsi qu’assistant, émissaire de Abdelkrim et il était également le beau-frère de celui-ci. Grâce à son rôle central dans la diplomatie rifaine et à sa proximité avec le leadership de la résistance, il était une figure bien connue auprès de l’armée coloniale espagnole[1].
Début de la guerre
Azerkan est né en 1892 à Ajdir, et a été élevé par son oncle, une figure notable de la tribu des Aït Ouriaghel. C’est ainsi qu’il apprit à lire et à écrire, et qu’il pratiqua le pastoralisme et le commerce. Entre 1907 et 1918, il avait l’habitude de fréquenter la ville de Melilla et alla même jusqu’à visiter l’Andalousie. En , il fut arrêté par les Espagnols, et c’est Abdelkrim qui écrivit une lettre au colonel Manuel Civantos, commandant militaire d’Al Hoceïma, pour demander sa libération[2].
Mohamed Azerkan était le beau-frère du leader rifain Abdelkrim El-Khattabi. Il participa à la guerre du Rif contre l’Espagne dans le Maroc espagnol en tant que second chef d’Abdelkrim, prenant en charge un grand nombre d’affaires liées à la campagne de 1921. Il bénéficiait de la pleine confiance de son beau-frère et se distingua par le commandement de plusieurs harkas[3].
Indépendance du Rif
Fort de l’écrasante victoire remportée face aux Espagnols, Abdelkrim unifia toutes les tribus et fonda, le , la République du Rif, déclarant qu’ils n’accepteraient aucun type de protectorat. Mohamed Azerkan a donc fait partie du gouvernement de cette nouvelle république et fut alors nommé ministre des Affaires étrangères et de la Marine.
« Le gouvernement rifain, établi selon les idées modernes et les principes de la civilisation [occidentale], se considère également comme indépendant, tant sur le plan politique qu’économique, avec le privilège de jouir de notre liberté comme nous en avons joui pendant des siècles, et de vivre comme vivent les autres peuples. » — Mohamed Azerkan, Ministre des Affaires étrangères de la République du Rif[4].
Fabrication de drapeaux rifains
Après le désastre d’Annual en et la déclaration d’indépendance qui suivit, Azerkan se rendit à Tlemcen dans le but de faire fabriquer environ 500 étendards militaires rifains. L’arrivée de ces drapeaux au Rif, une fois leur fabrication achevée, se fit en plusieurs étapes, et ils furent distribués notamment aux colonels et aux commandants[5].
Voyage à Paris
Mohamed Azerkan se rendit en France en pleine guerre, à la tête d’une délégation rifaine composée également du caïd Haddou ben Hammou et d’Abdelkrim ben Ziane. Cette mission passa par Oran (Algérie française), la deuxième grande ville où les représentants rifains avaient l’habitude de séjourner. Depuis Marseille, la délégation se rendit à Paris, où elle resta une dizaine de jours afin de rencontrer des hommes d’affaires français, notamment Jean du Taillis et Henri Letelier.
Par ailleurs, le , Azerkan eut un entretien avec le chef du renseignement marocain et directeur des affaires indigènes, le colonel Charles Huot, qui promit de faire le nécessaire pour résoudre de manière extrajudiciaire les derniers différends avec la France. Le retour de cette délégation se fit via Tlemcen, qui finit par devenir une sorte de seconde capitale diplomatique du Rif, après Ajdir[6].
Fin de la guerre et exil
Après la défaite rifaine du , marquée par le débarquement d'Al Hoceïma — une opération conjointe hispano-française — Mohamed Azerkan demanda l’aman (la garantie de sécurité) aux Français en 1926. Ces derniers le placèrent en résidence surveillée dans la ville d’El Jadida, située dans le protectorat français du Maroc, le rendant dépendant des subsides que lui versait la France pour subvenir à ses besoins.
Pour voyager, que ce soit à l’intérieur du pays ou à l’étranger, il lui fallait une autorisation spéciale délivrée par la Résidence générale de France à Rabat. Son exil dura 30 ans, de 1926 jusqu’en 1956, année où le Maroc accéda à l’indépendance[7].
