Haemonchus contortus
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| Règne | Animalia |
|---|---|
| Règne | Animalia |
| Embr. | Nematoda |
| Classe | Chromadorea |
| Ordre | Rhabditida |
| Famille | Trichostrongylidae |
| Genre | Haemonchus |
Haemonchus contortus est un parasite très courant. C'est l'un des nématodes les plus pathogènes des ruminants. Les vers adultes se fixent à la muqueuse de la caillette et se nourrissent de sang. Ce parasite est responsable d'anémies et d'œdèmes chez le mouton et la chèvre, pouvant mener jusqu'à la mort de l'animal. Les animaux s'infestent principalement pendant l'été dans les climats chauds et humides[1].
Les femelles peuvent pondre plus de 10 000 œufs par jour[2], qui sortent dans le milieu extérieur par les fèces. Après l'éclosion de leurs œufs, les larves de H. contortus se transforment en larve L2, puis en larve L3. C'est cette dernière qui est infestante pour les animaux. L'hôte ingère ces larves au pâturage. Les larves L4, dernier stade de transformation de la larve, et les vers adultes sucent le sang dans la caillette de l'animal. Cela peut provoquer une anémie et un œdème, qui peut éventuellement conduire à la mort[3].
L'infection, appelée haemonchose, entraîne d'importantes pertes économiques pour les agriculteurs du monde entier, en particulier dans les pays au climats plus chauds. On utilise des anthelminthiques pour prévenir et traiter l'haemonchose, mais la résistance d’Haemonchus aux antiparasitaires augmente[4]. Certaines races, comme la chèvre naine d'Afrique de l'Ouest et les bovins N'Dama, sont moins sensibles à H. contortus[5].
Les œufs sont de couleur jaunâtre et mesurent environ 70-85 μm de long pour 44 μm de large. Les premiers stades du clivage contiennent entre 16 et 32 cellules. La femelle adulte mesure 18 à 30 mm de long et est facilement reconnaissable à sa coloration caractéristique : son tube digestif rouge est entouré par deux spirales blanches[6]. L'apparence rouge et blanche est due au fait que H. contortus se nourrit de sang et que les ovaires blancs peuvent être vus enroulés autour de l'intestin, rempli de sang. Le ver adulte mâle est beaucoup plus petit. Il mesure 10 à 20 mm de long. Il n'est reconnaissable que sous microscope : il possède une bourse copulatrice bien développée, avec un lobe dorsal asymétrique et une raie dorsal en forme de « Y ».
Cycle biologique
Le ver femelle adulte peut libérer entre 5 000 et 10 000 œufs, qui sont évacués dans les fèces. Les œufs se développent ensuite, dans les conditions humides des fèces en se nourrissant des bactéries des excréments, pour donner les stades juvéniles L1 et L2[6]. Dans les conditions optimales entre 24 et 26 °C, le stade L1 apparait généralement dans les quatre à six jours. La forme L2 perd sa cuticule et se développe en larves infestantes L3[6]. La forme L3 possède une cuticule protectrice, mais dans des conditions sèches et chaudes sa survie est réduite. Les moutons, chèvres et autres ruminants s'infestent lorsqu'ils pâturent et ingèrent les formes infestantes L3[6]. Les larves passent dans les trois pré-estomacs pour finalement atteindre la caillette. Ensuite, les formes L3 perdent leurs cuticules et pénètrent dans la couche interne de la caillette, où ils se développent en L4, ou larves pré-adultes, généralement dans les 48 heures. Les larves L4 se développent ensuite pour prendre leur forme adulte[6]. Les adultes mâles et femelles vivent et s'accouplent dans la caillette, où ils se nourrissent de sang.
Génétique
L'un des premiers projets de séquençage de génome pour un nématode a été pour H. contortus[7]. D'autres travaux pour compléter ce génome de référence sont en cours au Wellcome Trust Sanger Institute, en collaboration avec l'Université de Calgary, l'Université de Glasgow et le Moredun Research Institute[7]. Le développement de ressources génétiques et génomiques pour ce parasite permettrait d'identifier les modifications génétiques conférant à H. contortus une résistance aux anthelminthiques, et pourrait aider à concevoir de nouveaux médicaments anthelmintiques ou des vaccins pour combattre la maladie et améliorer la santé animale[8].
Pathogénicité
Les signes cliniques sont en principalement dus à la perte de sang[6]. Lors d'infection suraiguë, il est possible de ne pas observer de signes cliniques avant la mort subite de l'animal. Les signes cliniques courants incluent la pâleur, l'anémie, des œdèmes, la léthargie et la dépression. L'accumulation de liquide dans le tissu sous-mandibulaire, un phénomène communément appelé "signe de la bouteille", peut aussi être observée. La croissance et la production sont considérablement réduites.
