Hans Aumeier

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Hans Aumeier (né le et mort par pendaison le ) était un officier allemand de la Schutzstaffel (SS) au grade de sturmbannführer, impliqué dans les crimes nazis commis durant la Seconde Guerre mondiale par son rôle de commandant du camp de concentration Auschwitz I, de Vaivara et du complexe concentrationnaire de Kaufering.

Décès (à 41 ans)
Cracovie, Pologne
OrigineAllemagne
Allégeance Allemagne nazie
Faits en bref Naissance, Décès ...
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Né à Amberg, il a tenté en vain de rejoindre la Reichswehr, puis devenait membre du parti nazi en , avant de gravir les échelons des sturmabteilung (SA) et des SS.

Après la guerre, Aumeier fut capturé, jugé à Cracovie, condamné à mort et exécuté par pendaison en .

Avant la Seconde Guerre mondiale

Les premières années

Né dans la petite ville bavaroise Amberg le , Hans Aumeier grandit dans un contexte de bouleversement politique et marqué par la Première Guerre mondiale ainsi que ses répercussions socio-économiques.

C’est ainsi qu’après quatre années d’école primaire (de à ) et trois années de secondaire, en , qu’il met un terme à son parcours scolaire. Sans qualification, il suit le même itinéraire que son père, il devient apprenti tourneur et ajusteur dans la manufacture de fusils locale[1].

En , Aumeier quitte la manufacture locale pour commencer à travailler dans une plus grande usine d’armement à Munich.

Au travers de la crise économique

Deux ans plus tard, en , il tente en vain de s’engager dans la Reichswehr.

Il retourne alors à l’usine d’armement, à Munich. Il ne parvient toutefois pas à s’y installer, et, après avoir occupé des postes similaires dans d’autres usines d’armement à Berlin ou Cologne, il se retrouve au chômage.

Entre et , il enchaîne des emplois à un autre, parfois partiel, qui lui permettent à peine de subvenir à ses besoins. Cette période de précarité est due à la crise sociale et économique qui secoue l’Allemagne nazie[2].

Au sein du parti

En , il adhère au parti nazi (sous le numéro 164755)[3] et rejoint la sturmabteilung (SA) dans la foulée (en ). Il devient alors chauffeur au siège du parti[4].

Il rejoint la schutzstaffel (SS, no 2700) en , même s’il ne correspond pas aux « standards de recrutement » ; par son apparence, Aumeier est petit, non éduqué, à une démarche négligée, une voix gutturale et des manières grossières[4]. Dès son intégration à la SS, il travaille au garage comme chauffeur et fait partie intégrante de l’équipe du reichsführer Heinrich Himmler[3].

Ses services lui permettent de gravir les échelons : en il est nommé oberscharführer et en , hauptscharführer[5].

Le , il rejoint la Totenkopfverband et est envoyé à « l’entrainement » pendant trois mois au camp de concentration de Dachau[4],[6]. À nouveau, il gravit les échelons et est nommé untersturmfürher, en obersturmfürher et en hauptsturmführer[3],[4],[5].

Durant l’été , il est affecté au camp de concentration de Flossenbürg, aux activités de garde et de surveillance. Alors que la guerre est à l'horizon, il tente de se faire transférer vers le front, dans une unité combattante, mais ses requêtes sont refusées. Il est contraint de rester dans son rôle au sein des Totenkopfverbände[4].

Pendant la Seconde Guerre mondiale

Pré Auschwitz I

Après avoir servi au camp de concentration de Flossenbürg de à , où il est responsable des opérations de surveillance et de gestion du camp, Hans Aumeier est transféré à Auschwitz I, où il va jouer un rôle central dans l'administration du camp.

Auschwitz I

Le [7], Aumeier est transféré à Auschwitz, en tant que commandant du camp principal d'Auschwitz I, sous les ordres de Rudolf Höß.

Dans cette fonction, Hans Aumeier joue un rôle prépondérant dans l’instauration de la terreur au sein du camp numéro un en développant le recours aux méthodes les plus brutales contre les détenus et se distingue par sa brutalité et son zèle répressif, et est connu pour sa violence physique envers les détenus ; Aumeier introduit une atmosphère de peur dès les premiers jours de son mandat n'hésitant pas à ordonner des exécutions arbitraires, que ce soit par pendaison ou fusillade, appliquant des punitions, souvent de manière arbitraire.

« Aumeier instaura un régime à l'encontre des prisonniers qui était bien pire que celui de Fritzsch, bien que ce dernier ne manquât pas de cruauté non plus. Alors que Fritsch ne battait jamais lui-même les prisonniers, Aumeier le faisait et se promenait avec un fouet. »[8]

 Maliszewski Stefan

En plus de son rôle répressif quotidien, Hans Aumeier est personnellement impliqué dans de nombreux assassinats sommaires en supervisant et exigeant l'exécution de détenus. Aumeier se distingue par son zèle à appliquer la violence, même au-delà des attentes de ses supérieurs. Il est directement responsable de l'assassinat de 144 femmes fusillées le et de 168 prisonniers le .

« Le , se produit un événement exceptionnel à la compagnie disciplinaire.

Une révolte avec tentative d’évasion à la faveur d’un instant de confusion créée par une brusque averse. Revenus de leur surprise, les SS ouvrent le feu et, secondés par les kapos, tuent 13 détenus ; neuf réussissent néanmoins leur évasion.

Au cours de l’enquête qui suit, 20 sont mis à` mort par Hans Aumeier et Franz Hössler, et les 320 derniers sont finalement envoyés en chambre à gaz.

De nouveaux effectifs les remplacent aussitôt. »[9]

 Fondation pour la mémoire de la déportation, Mémoire Vivante

Le [10], Aumeier est reconnu coupable de corruption et de vol d'or aux victimes du gazage[11] et est évincé d'Auschwitz sur ordre du commandant Rudolf Höß.

Après Auschwitz I

Selon un rapport d'interrogatoire[4], Aumeier déclare qu'en mai, juin , alors qu'il est encore attaché à Auschwitz, il reçoit l'ordre de se présenter au chef supérieur de la SS et de la police « Ostland », l’obergruppenführer Friedrich Jeckeln.

Il est rattaché à la brigade de construction SS du 5e corps de panzers SS. Cette unité est chargée de construire des fortifications dans la région d'Oranienbaum-Leningrad et est placée sous le commandement de l'Organisation Todt.

Aumeier commande une unité de construction juive de quelque 7 000 hommes avec pour ordre de construire le camp de concentration de Vaivara en Estonie. Il en est nommé commandant jusqu'en [12],[11]. Sous Aumeier, la direction du camp a procédé à des sélections dont ont été victimes des hommes, des femmes et des enfants[13].

Après l'évacuation du camp, il est transféré, le , au groupe de combat (en allemand : Kampfgruppe) Friedrich Jeckeln, qui opère dans les environs de Riga. Il y fait sa seule expérience de combat sur le front, sur laquelle on ne dispose d'aucun détail.

En , Aumeier est envoyé au rapport auprès du gruppenführer Richard Glücks à Oranienburg, au camp de concentration d'Oranienbourg-Sachsenhausen. Il est ensuite nommé responsable du complexe concentrationnaire de Kaufering, une série des camps annexes au camp de concentration de Dachau.

Hospitalisé en raison d'une ancienne blessure à l'œil, Aumeier ne peut rejoindre son ancienne unité et sa famille à Dachau. À sa sortie de l'hôpital, en , il est muté en Norvège, comme responsable d'un nouveau camp de concentration à Mysen. Il semble y avoir fait preuve d'une attitude totalement différente de celle qu'il avait à Auschwitz, en collaborant avec la Croix-Rouge et en libérant les prisonniers, le .

Arrestation, procès et exécution

Aumeier est arrêté le [14] et extradé vers la Pologne en . Il y est jugé par le Tribunal suprême de Pologne à Cracovie, lors d'un procès qui se déroule du au . Au cours de celui-ci, il affirme que ni lui, ni les hommes sous ses ordres, n'ont jamais tué personne à Auschwitz et qu'il n'a jamais eu connaissance de l'existence des chambres à gaz[14] : il estime être jugé en tant que bouc émissaire de l'Allemagne.

Le , Aumeier est condamné à mort pour crime de guerre. Il est exécuté par pendaison dans l'enceinte de la prison de Montelupich[15] le .

Notes et références

Bibliographie

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