Harry Grunitzky

entrepreneur colonial allemand From Wikipedia, the free encyclopedia

Harry Grunitzky, de son nom complet Fritz August Harry Grunitzky, né en en Pologne et mort le à Lomé, Togoland, est un commerçant polono-allemand et officier au service de l'administration coloniale allemande, installé sur la côte du golfe de Guinée à la fin du xixe siècle. Il est principalement connu pour être le père de Nicolas Grunitzky, président de la République togolaise entre 1963 et 1967[1].

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Harry Grunitzky
Biographie
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Biographie

Origines et arrivée en Afrique

Fritz August Harry Grunitzky, né en et mort à Lomé le , est un commerçant allemand actif dans la colonie du Togoland entre 1897 et 1912. Installé principalement à Lomé, il représente la société d’import-export hambourgeoise Boedecker & Meyer, où il occupe la fonction de signataire autorisé. Célibataire en Allemagne, il fonde au Togoland plusieurs familles avec six femmes originaires de différentes régions du territoire, dont naissent onze enfants. Parmi eux figure Nicolas Grunitzky (1913-1969), qui deviendra le deuxième président de la République togolaise après l’indépendance.

Grunitzky réside surtout à Lomé, mais séjourne aussi à Quitta et voyage régulièrement dans le protectorat, notamment pour ses activités commerciales et ses collectes ethnographiques. À partir de 1907, il est nommé membre honoraire du Conseil du Gouvernorat de Lomé, ce qui lui confère un rôle consultatif dans l’administration coloniale.

En métropole, son nom apparaît également en 1911 lors d’un événement du Club africain de Hambourg, où se retrouvent négociants, explorateurs et figures liées au système colonial allemand[2],[3],[4],[5].

Activités commerciales

Entre 1904 et 1912, Fritz August Harry Grunitzky représente la société hambourgeoise Boedecker & Meyer, active dans le commerce colonial, notamment l’import-export de produits tropicaux dont il participe activement au commerce colonial, dans un contexte de forte présence allemande dans la région du golfe de Guinée (Afrique occidentale allemande, c'est-à-dire : Kamerun, Togoland). Son statut de signataire autorisé lui permet de conduire des transactions commerciales importantes et d’occuper une place notable dans l’économie coloniale.

En 1910, il s’associe à Karl Boedecker et Ernst Wilhelm Meyer pour fonder la Hotel-Aktien-Gesellschaft Lomé, une société hôtelière dont il est également membre du conseil de surveillance. Cette participation illustre son intégration parmi les acteurs économiques allemands du Togoland. Grunitzky est par ailleurs membre de la Société allemande du Togo, association regroupant des colons et commerçants influents de la région. Son activité dans le commerce et son insertion dans les réseaux coloniaux lui permettent de tirer un bénéfice important du système administratif allemand au golfe de Guinée[6],[7],[8].

Collectionneur ethnographique et relations avec les musées allemands

En parallèle de ses activités commerciales, Grunitzky agit comme collecteur indépendant d’objets ethnographiques destinés aux musées allemands. Il entretient une correspondance régulière avec le Musée ethnographique de Leipzig (GRASSI, en allemand : Grassimuseum, en minuscules), à qui il vend de nombreuses pièces. Une lettre datée du montre qu’il prépare alors un voyage à travers le protectorat afin d’acquérir de nouveaux objets. En 1911, le musée GRASSI achète 75 objets provenant de ses collectes, dont plusieurs seront perdus durant la Seconde Guerre mondiale. En 1917, après son décès, le musée acquiert 203 autres objets via l’intermédiaire du marchand Julius Konietzko. Les lieux d’origine des objets collectés, tout comme les régions d’origine des femmes avec lesquelles il fonde des familles, témoignent de l’étendue de ses déplacements et de son implication dans la circulation de biens ethnographiques depuis l’Afrique vers l’Allemagne[6],[9].

Héritage

Figure représentative des commerçants allemands impliqués dans la colonisation du Togoland, Grunitzky occupe une position ambivalente dans l’histoire: à la fois acteur économique bénéficiant de la structure coloniale et intermédiaire dans la constitution de collections ethnographiques aujourd’hui conservées en Allemagne. Son nom reste également associé à l’histoire politique du Togo, à travers son fils Nicolas Grunitzky, président de la République togolaise entre 1963 et 1967[6],[10].

Vie familiale

Au Togo, Harry Grunitzky fonde une famille nombreuse avec plusieurs femmes d’origines locales. Les archives coloniales recensent onze enfants, nés de six femmes différentes. Parmi eux:

  • Walter Grunitzky (1906)
  • Maria Grunitzky (1900)
  • Dina Grunitzky (1903)
  • Felix Grunitzky (1905)
  • Friedrich-Franz Grunitzky (1907)
  • Pazian Grunitzky (1912)
  • Paulina Grunitzky (1912)
  • Victoria Agnès Grunitzky (1905)
  • Nicolas Grunitzky (1913)

La mère du futur président togolais Nicolas Grunitzky est Sossimè, originaire d’Atakpamé[11],[12],[5].

Contexte des métis allemands au Togo

Harry Grunitzky fait partie de ces commerçants allemands établis durablement dans la colonie et ayant fondé des familles métisses. La situation de leurs enfants fait l’objet, au début du xxe siècle, d’une réglementation spécifique. Ainsi, une ordonnance impériale du , publiée après la mort de Grunitzky, interdit aux « indigènes » de porter un nom allemand sans autorisation du gouverneur. Cette législation témoigne de la gestion coloniale des identités métisses dans l’Empire allemand[13],[14],[5].

Décès

Harry Grunitzky meurt à Lomé le . Sa succession est répertoriée dans les archives coloniales allemandes (BArch R 150/833)[15].

Postérité

L’un de ses fils, Nicolas Grunitzky (1913-1969), devient une figure politique majeure du Togo. Premier ministre du territoire autonome dès 1956 puis président de la République entre 1963 et 1967, il reste l’un des métis germano-togolais les plus connus du pays[5].

Notes et références

Voir aussi

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