L’Oberscharführer Stengrittest un collaborateur de Klaus Barbie, qui a participé à l'arrestation de Jean Moulin à Caluire. Il est interrogé sur les conditions de celle-ci le , à Stuttgart. Il est de nouveau entendu à Paris le . Il déclare que l'évasion de Hardy ne s'est faite qu'avec la complicité de Barbie.
Procès Hardy
Originaire de Berlin, il est mobilisé en [1]. Il suit les cours de l'école de la Geheime Feldpolizei à Altenburg puis est affecté en France occupée, au SD d'Alençon[1]. A la mi janvier 1943, il travaille pour le SD de Lyon où il est chef de la 6e section (Information et renseignements) et où il fréquente Klaus Barbie, chef de la 4e section (Gestapo)[1]. Il permet l'arrestation de résistants et résistantes, dont Madeleine Raisin[2]
Présenté comme témoin à charge au second procès contre Hardy, son témoignage contribue à l'acquittement, car il explique que la police française lui a presque dicté son premier témoignage. Selon Pierre Péan (La Diabolique de Caluire, Paris, Fayard, 1999), Stengritt et Hardy se sont concertés avant le procès et Stengritt aurait accepté de livrer un faux témoignage contre une promesse d'aide si Hardy était acquitté. Lydie Bastien aurait été sa maîtresse avant d'être celle de Hardy[3].
Malgré les garanties avancées pour sa venue à Paris, il est condamné à mort, mais gracié après 15 ans de prison[4]. Selon le livre de Jacques Gelin L'Affaire Jean Moulin. Trahison ou complot ( page 61), Stengritt, jugé en 1954 , a été libéré au début de 1955. Il a fait deux ans de prison avant le procès Hardy et quatre ans après. L'aide promise par Hardy a été effective ( il était quand même condamné à mort ), même si Hardy a été libéré avant.
Notes et références
1234Marc André, Une prison pour mémoire: Montluc, de 1944 à nos jours, Lyon, ENS Editions, coll.«Sociétés, espaces, temps», , 572p. (ISBN979-10-362-0573-6, lire en ligne), «Commémorer et réprimer», p.36.