Hau Pei-tsun
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| Hau Pei-tsun 郝柏村 | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Vice-Président du Kuomintang | |
| – (2 ans, 4 mois et 6 jours) |
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| Prédécesseur | Poste crée |
| Successeur | Chiang Pin-kung, Vicent Siew, Wu Po-hsiung, Helen Lin et Chiang Chung-ling |
| Premier ministre de la république de Chine | |
| – (2 ans, 8 mois et 26 jours) |
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| Président | Lee Teng-hui |
| Prédécesseur | Lee Huan |
| Successeur | Lien Chan |
| Ministre de la Défense nationale de la République de Chine | |
| – (5 mois et 26 jours) |
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| Président | Lee Teng-hui |
| Premier ministre | Lee Huan |
| Prédécesseur | Cheng Wei-yuan |
| Successeur | Chen Li-an |
| Chef d'état-major de l'Armée de la République de Chine | |
| – (3 jours) |
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| Président | Chiang Ching-kuo |
| Prédécesseur | Song Chang-chih |
| Successeur | Chen Hsing-ling |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Yancheng (Chine) |
| Date de décès | (à 100 ans) |
| Lieu de décès | Taipei (Taïwan) |
| Sépulture | Cimetière militaire de Wuzhi |
| Nationalité | Taïwanaise |
| Parti politique | Kuomintang (1935-1995 puis 2005-2020)
Indépendant (1995-2005) |
| Conjoint | Kuo Wan-hua |
| Enfants | 5 dont Hau Lung-bin |
| Diplômé de | Académie de Huangpu |
| Profession | Militaire |
| Distinctions | Ordre du Ciel bleu et du Soleil blanc |
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| Premiers ministres de Taïwan | |
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Hau Pei-tsun (郝柏村, pinyin : Hǎo Bǎicūn), né le à Yancheng et mort le à Taipei[1] (Jiangsu), est un général de l'armée de la République de Chine, ministre de la Défense puis Premier ministre de Taïwan.
Membre du Kuomintang, Hau devient une figure importante de la lutte pour le maintien de l'existence de la République de Chine et du rejet de l'indépendantisme taïwanais dans les années 1980 et 1990.
Un soldat du Kuomintang
Né le à Yancheng, dans le Jiangsu[2], dans une famille aisée, Hau grandit dans une Chine en pleine ébullition. Lorsqu'il a 8 ans, le mouvement nationaliste chinois, mené par Chiang Kaï-chek, prend le contrôle du Jiangsu et établit sa capitale à Nankin[3]. Choqué par l'Incident de Mukden et par l'invasion japonaise subséquente de la Mandchourie en 1931, Hau se destine à la carrière militaire[4]. À 18 ans, il s'engage à l'Académie de Huangpu, dont il sort diplômé en 1938[4].
Alors que la guerre contre le Japon bat son plein, Hau est nommé officier d'artillerie de l'Armée nationale révolutionnaire en 1938. Il participe à la bataille de Guangzhou, où il est blessé[5]. Il sert ensuite à partir de 1942 dans les forces expéditionnaires chinoises en Inde, sous le commandement du général Sun Li-jen[5]. Il participe à la reconstruction des forces chinoises réfugiées en Inde mais avant le déclenchement de la contre-offensive alliée en Birmanie, il est envoyé se former au collège de guerre de l'Université des Forces Armées (zh)[5].
Diplômé en 1946, il devient officier supérieur, rattaché au général Gu Zhutong. Il participe ainsi à la Guerre civile chinoise qui éclate rapidement après la reddition japonaise[6]. Il fuit, par Hong Kong, vers Taïwan en 1949 face aux armées communistes qui renverse la République de Chine sur le Continent. Il entre à l'état-major, après un entrainement à Fengshan sous la direction du général Sun Li-jen qui le remarque[7]. Il est ainsi sélectionné pour participer au programme d'échanges avec les États-Unis et part étudier au Command and General Staff College en 1955[8]. De même, il est formé par le Groupe Blanc (白團 ; pinyin: Báituán), des conseillers japonais[9] invités par Chiang Kai-shek à Taïwan pour former les jeunes officiers nationalistes[10].

À son retour, il est nommé colonel d'artillerie de la Troisième armée[11]. En 1958, il devient major-général de la 9e division d'infanterie et est chargé de la défense de l'île de Lieyu (Little Kinmen), l'une des îles les plus proches de la Chine continentale[11]. Pendant la deuxième crise du détroit de Taïwan, il fait face au bombardement communiste de Kinmen et de Lieyu et coordonne l'échange de tirs d'artillerie pendant 44 jours. Son commandement est remarqué et il est décoré de l'Ordre du Nuage et de la Bannière, quatrième rang[4]. Hau reste à Kinmen jusqu'en 1962, où il reste reconnu comme l'un des meilleurs généraux de la nouvelle génération nationaliste. La rumeur veut que, si le régime nationaliste avait mené une contre-offensive de reconquête de la Chine (en), Hau aurait été en première ligne et en charge de l'une des têtes de pont[12].
Il est nommé commandant de corps en 1960 et retourne à Taïwan, où il dirige le 3e Corps de 1963 à 1965. Il devient ensuite l'aide de camp présidentiel et garde du corps de Chiang Kaï-chek de 1965 à 1970[4],[6]. Le Généralissime Chiang aurait beaucoup apprécié Hau Pei-tsun, qui aurait suivi son mode de vie pendant cinq ans[6] et aurait été un compagnon de discussion important pour le chef d'État vieillisant[4].

Il a poursuit sa carrière dans l'armée en tant que commandant de la 1re Armée de campagne de 1970 à 1973, commandant en chef adjoint de l'armée de terre de la République de Chine de 1975 à 1977, chef d'état-major principal au ministère de la Défense nationale de 1977 à 1978, commandant en chef de l'armée de terre de la République de Chine de 1978 à 1981 et chef d'état-major au ministère de la Défense nationale de 1981 à 1989[4],[13]. Durant cette période, il se consacre au renforcement et à la modernisation de l'armée nationaliste, en particulier sur le plan balistique. Il est effectivement directeur de l'Institut national Chungshan de la Science et de la Technologie (en) entre 1982 et 1988, ce qui lui permet de diriger les efforts technologiques du pays. Il coordonne ainsi la recherche et le développement du missile à portée nucléaire Tianma (en)[14],[15], de l'avion de chasse AIDC F-CK-1 Ching-Kuo et du char CM-11 Brave Tiger (en), une variante du M48 Patton américain[4]. Dans le même temps, il pilote aussi en partie le programme nucléaire militaire de la République de Chine, qui se poursuit jusqu'à la défection, en 1988, du scientifique Chang Sen-i. Les États-Unis interviennent pour faire cesser les expérimentations taïwanaises[16]. Plus tard, Hau affirme que le pays était en passe de provoquer une réaction contrôlée et aurait pu devenir une potentielle puissance nucléaire[17].
En , il est chargé par le président Chiang Ching-kuo d'enquêter sur le Massacre de Lieyu[18].
L'ascension politique
Hau devient membre du Comité central permanent du Kuomintang en 1984, un rôle qu'il conserve jusqu'en 1993. Entre 1984 et 1989, il multiplie les voyages internationaux alors que la République de Chine est de plus en plus isolée. Il visite le Paraguay du dictateur Alfredo Stroessner, un allié majeur de Taipei, en puis en 1987. Il est aussi envoyé quatre fois aux États-Unis entre 1982 et 1989 et en Europe, notamment en France, en pour maintenir les relations favorables entretenues entre Taïwan et d'autres pays du Bloc de l'Ouest[4]. Déjà à l'époque, la CIA reconnaît le rôle potentiel de Hau et prédit son entrée probable dans l'administration civile alors que la santé du Président Chiang Ching-kuo se dégrade[19].

Le régime vit alors une période de crise. Chiang Ching-kuo vient de lever la Loi martiale et le pays voit la naissance d'un premier parti d'opposition, le Parti démocrate progressiste (DPP), radicalement indépendantiste. Chiang, qui a refusé qu'un autre membre de sa famille lui succède met en avant de jeunes politiciens du Kuomintang d'origine taïwanaise comme Lee Teng-hui, nommé Vice-Président et donc successeur légal et désigné en cas de mort en fonctions du Président[20]. La montée de cette faction "localiste" mécontente cependant beaucoup de monde au sein du parti. À la mort de Chiang Ching-kuo, Lee doit ainsi faire face à l'ascension d'une faction conservatrice, nommée la "Faction du Palais"[21], animée par le Premier ministre Yu Kuo-hwa, Hau et l'autre fils de Chiang Kai-shek, Chiang Wei-kuo, ainsi qu'une faction de "jeunes turcs" réformistes menée par Jaw Shaw-kong (en). Lee doit donc trouver un équilibre à l'occasion du XIIIe Congrès du Kuomintang (en) en à l'occasion duquel il doit se faire confirmer dans ses fonctions de président du parti[22],[23]. Lee est aussi ostensiblement menacé par d'autres membres de la faction localiste, dont son propre Premier ministre, Lee Huan (en)[23],[24], dont les élans réformistes lui valent d'ailleurs le surnom de "Garde rouge"[25]. Le soutien stratégique de James Soong, un membre-clé de la Faction du Palais, permet à Lee de sortir victorieux [26], Soong appelant ses camarades à soutenir Lee et à mettre fin aux délibérations, "chaque jour de délai étant une insulte à Chiang Ching-kuo"[21]. À l'époque, Hau Pei-tsun se désolidarise des efforts des membres les plus radicaux de son groupe pour empêcher l'accession au pouvoir de Lee[17]. La manœuvre se poursuit aussi lorsque l'Assemblée nationale doit élire le Président de la République en 1990 et Hau devient une pièce stratégique pour Lee dans son combat contre les ultra-conservateurs.
Premier ministre de la République de Chine
Après sa victoire au XIIIe Congrès, et en prévision de l'élection présidentielle, Lee décide donc de se rapprocher du général Hau. Il le nomme à la Défense nationale en fin d'année 1989. Loin d'être un poste placard, le ministère est une position avancée pour Taïwan, qui est de plus en plus menacée par les velléités réunificatrices de la République Populaire de Chine. Profitant des coudées franches qu'offrent les réserves de changes - parmi les plus importantes de la planète à l'époque -, Hau est chargé de trouver de nouveaux marchés d'armements. Ainsi, cette position lui permet notamment de suivre deux contrats qu'il avait commencé à négocier lors d'une visite en France en , où il avait rencontré Jacques Lanxade, celui des frégates La Fayette et celui des chasseurs Mirage 2000[27]. Hau est en particulier intéressé par le projet La Fayette de Thomson-CSF, vendus comme des navires furtifs, capable de disparaître des radars[27]. Hau et sa délégation, à cette occasion, auraient reçus des pots-de-vin pour favoriser l'achat en France de 16 frégates et annuler les négociations en cours avec des armateurs navals sud-coréens[27],[28],[29]. Les deux contrats (frégates et Mirages) deviennent par la suite le théâtre de deux tentaculaires affaires de corruption en France, en Chine, en Suisse et à Taïwan, émaillées par un grand nombre de morts suspectes, l'Affaire des frégates de Taïwan[27],[30] et l'Affaire des Mirages de Taïwan[31].

L'approche des élections présidentielles déclenche, en , une lutte politique intense, surnommée la "Lutte de Février (zh)". Menacé par un potentiel ticket alternatif à sa droite mené par Lin Yang-kang (en) et Chiang Wei-kuo, Lee Teng-hui décide de nommer le continental conservateur Li Yuan-tsu au poste de vice-président et Hau Pei-tsun à celui de Premier ministre en [24]. Cette manœuvre lui permet de l'emporter d'à la fois éliminer Lee Huan et contenter la faction conservatrice. Cette décision provoque cependant une réaction paniquée de la société civile. Le Parti démocrate progressiste s'inquiète de l'entrée au gouvernement d'un militaire et organise une manifestation qui réunit quelque 2 000 personnes contre le retour de l'ordre militaire tandis que le journal d'opposition Capital Morning News publie une une marquée du caractère "幹" (pinyin: gàn), traduisible par "merde!" en rouge[24]. En réaction, Hau est forcé de se retirer définitivement des forces armées et d'entrer au gouvernement en tant que civil. Il se déclare aussi ouvert à constituer un gouvernement avec des personnalités d'opposition, bien que cette annonce ne soit pas suivie d'effets[24].
La nomination de Hau n'en reste pas moins populaire, par rapport à Lee Huan, qui était plutôt jugé négativement dans la population. En particulier, Hau se voit confier des dossiers liés à la criminalité et à la répression du crime organisé[17]. Il doit ainsi faire face à la multiplication d'actes de violences politiques et l'infiltration de triades comme le Bambou uni dans le paysage politique du pays[32]. Le politologue Chao Yung-mao juge ainsi dans un livre de 2001 que près de 50% des politiciens taïwanais partagent des affiliations avec les groupes criminels organisés[33], un phénomène qualifié de "politique de l'or noir (en)" ( 黑金; pinyin: hēi jīn). La violence de gangs, les meurtres et les crimes d'extorsion se multiplient ainsi à l'époque, culminant dans des actions comme la série d'attaques à la bombe contre des McDonald's (en) en 1992 ou l'incendie volontaire du Carlton Barber's Shop (en)[32].

Hau Pei-tsun soutient aussi la réforme de l'Article 100 du code criminel de la République de Chine (zh), qui prévoyait des punitions lourdes à toute tentative de sédition y compris en cas d'actions non-violentes. L'Article 100 était jusque-là un outil central de la répression anti-indépendantiste et anti-communiste d'État, dénoncé par les ONG et les groupes de défense des droits de l'homme. La réforme est réalisée en , un acte jugé comme central dans l'avènement d'une démocratie respectueuse des droits fondamentaux à Taïwan[34]. La République de Chine abolit ainsi le statut de prisonnier politique, dépénalise le militantisme indépendantiste et permet le retour de figures majeures de la lutte contre la dictature de Chiang Kai-shek comme l'indépendantiste Peng Ming-min (en)[35]. À la même période, Lee Teng-hui abolit les Dispositions temporaires, l'amendement à la Constitution en période de guerre contre les communistes qui suspendait l'essentiel du texte depuis 1948. Dans la même salve, Lee et Hau abolissent le statut du Commandement de la garnison de Taïwan (en), un organe chargé de la répression des éléments communistes, indépendantistes et démocratiques sur le territoire de la République de Chine[17]. De même, le gouvernement reconnaît officiellement la mal-gouvernance de la province de Taïwan en 1946-1947 ayant aboutit au massacre de l'Incident 228 et admet une responsabilité gouvernementale dans les événements liés au conflit. Lee Teng-hui et Hau Pei-tsun rencontrent en 1992 plusieurs familles de victimes, promettant une compensation gouvernementale et une reconnaissance officielle[17]. Sous la proposition du chef du DPP, Huang Hsin-chieh (en), Hau accepte aussi d'accélérer les travaux quant au développement d'une couverture santé universelle (en) dans le pays[36]. Les travaux lancés en 1992 aboutissent en 1995 avec la création de l'Assurance santé universelle de Taïwan, l'un des organismes de sécurité sociale les plus performants du monde[37].
Économiquement, Hau poursuit les efforts de développement économique et technologique de Taïwan. Il porte le projet de ligne à grande vitesse devant le Yuan législatif et valide un plan de six ans (zh) qu'il juge crucial du fait de la situation économique chaotique provoquée par le début de la Guerre du Golfe, et qui doit permettre l'achèvement du Métro de Taipei, étendre les aéroports de Kaohsiung et de Taoyuan ou encore lancer les études de faisabilité pour la quatrième centrale nucléaire de l'île[36].
Sur le sujet de l'indépendance taïwanaise, Hau se révèle cependant comme un opposant acharné et un défenseur de l'idée de réunification avec la Chine continentale. Proche du mouvement conservateur, continental reconnu, il devient rapidement une cible pour l'opposition, qui s'engage dans un mouvement d'obstruction parlementaire à plusieurs reprises. Un scandale intervient notamment après la nomination du frère de Hau Pei-tsun, Hau Po-tsen (resté sur le Continent en 1949), à un haut poste dans la province du Guizhou, par le Parti communiste chinois[38]. Cette nouvelle inquiète notamment des députés du DPP. Accusé d'être en communications avec le PCC et de préparer la réunification en échange d'un poste confortable en Chine communiste, Hau Pei-tsun se défend, expliquant n'ayant plus eu de contacts avec son frère depuis la guerre civile et n'ayant jamais communiqué avec les communistes. Mis en défaut par une députée indépendantiste qui lui fait remarquer qu'après 40 ans de vie à Taïwan, Hau lui-même est un taïwanais, il finit par déclarer "Je suis effectivement un compatriote taïwanais" avant d'assurer que les taïwanais sont aussi des chinois[38]. Il conclut sa position avec la phrase « Je m'oppose aux communistes chinois, pas à la Chine. Je m'oppose à l'indépendance de Taïwan, pas aux Taiwanais ». Pendant la même affaire, il doit dissiper des rumeurs qui font de lui un potentiel chef pour un nouveau coup d'État et une nouvelle dictature pour empêcher l'indépendance de l'île[38].

C'est aussi à cette époque que Taïwan met en place des institutions pour discuter avec Pékin et organiser une potentielle réunification. Le Conseil d'unification nationale (en) est créé en et émet en les Lignes directrices pour l'Unification nationale (en). En , la Fondation des échanges du Détroit (en), une organisation privée financée par le gouvernement, est créée par l'entrepreneur Koo Chen-fu pour servir d'agent de liaison entre la Chine et Taïwan. Ces efforts aboutissent à la rencontre de Hong Kong de 1992 entre Koo et Wang Daohan (en), le chef de l'Association pour les relations au travers du Détroit de Taïwan (en), une organisation similaire créée en Chine en . Cette rencontre aboutit au "Consensus de 1992" entre le KMT et le PCC, établissant le principe "d'une seule Chine" mais à "chacun son interprétation"[39]. L'existence même de cet accord tacite est contesté depuis 1992 par le Parti démocrate progressiste[40], le concept de "consensus de 1992" ayant été forgé en 2000 par le député KMT Su Chi (en)[41]. Hau Pei-tsun soutient cependant largement ces efforts[42] et défend la mise en place des rencontres en format Koo-Wang qui ont lieu chaque année jusqu'en 1999.
Le tandem Lee-Hau, bien que très populaire dans la population, n'aide pas le KMT à combattre ses divisions internes. Lee est devenu le chef du "Courant Majoritaire (zh)" (主流派; pinyin: zhǔliú pài), une coalition interne au parti, réformiste, démocrate, en particulier mené par des alliés du Président Lee (notamment James Soong, Lien Chan ou Ma Ying-jeou), partisans de la politique de localisation et de l'élection du Président au suffrage universel direct. À cela s'adjoint un groupe marginal et radical connu sous le nom de "Coalition de la Sagesse" (集思會; pinyin : Jísī huì) qui milite pour des réformes encore plus étendues[23],[24]. Les membres de cette Coalition de la Sagesse se joignent souvent aux critiques du DPP contre le Premier ministre Hau.
Lee s'oppose au "Courant Minoritaire (zh)" ou "Continental", partisan d'une réunification avec la Chine et d'une prudence quant à la vitesse des réformes démocratiques et militant pour la mise en place d'un collège électoral, dans laquelle Hau joue un rôle important[23],[43]. La plupart des membres de cette faction sont nés sur le Continent et font partie de cette élite importée par le KMT en 1949 d'exilés appelés les waishengren. Aux côtés de cette faction, un groupe radical de réformistes pro-réunification, l'Alliance du Nouveau Kuomintang (en) mené par Jaw Shaw-kong (en) établit une plateforme anti-corruption, dénonçant fréquemment le Président Lee, accusé d'une dérive autoritaire à la fois au sein du KMT et au niveau de l'État[43].
Cette division aboutit à de piètres résultats lors des élections législatives de 1992 (en), . Le Kuomintang connaît un très grand recul, l'élection étant l'un des premiers suffrages réellement démocratique du pays[44] et n'obtient que 53 % des votes et 95 sièges sur 161 de la nouvelle assemblée[45],[46],[47]. Malgré le maintien de la domination du KMT, le résultat est interprété comme une victoire du DPP, qui, s'étant focalisé sur les problèmes internes, effectue une percée en raflant 30 sièges supplémentaires que lorsque des dernières élections[23].
Si la Coalition de la Sagesse est largement éliminée au sein du KMT, les membres du Courant Majoritaire restent dominants. Bon nombre de députés KMT sont des « buffles dorés » (金牛; pinyin : jīn niú), des hommes très riches, capables de dépenser beaucoup dans leurs campagnes et généralement considérés comme corrompus[24],[48]. Le Nouveau Kuomintang fait aussi de bons scores mais le Courant minoritaire est largement battu. Hau a largement été étrillé pendant cette campagne, dénoncé pour son opposition farouche à l'indépendantisme taïwanais, vue comme si radicale qu'elle en est ridicule. Une caricature le montre pointant du doigt un panneau écrit 臺中 (Táizhōng) en hurlant « Enlevez-le, Enlevez le ! Il ne peut y avoir un Taïwan et une Chine », faisant à la référence pro indépendance "d'un pays de chaque côté du Détroit" utilisant le premier caractère du nom de chaque pays (soit 臺 Tái et 中 Zhōng). À ses côtés, cependant, un assistant lui dit « Je dois vous prévenir que c'est le panneau de la gare de Taichung », le nom de la ville Taichung s'écrivant 臺中[24].
À la sortie de ces élections, le KMT se déchire sur l'élection du président du Yuan Législatif. La plupart des "buffles dorés" finissent par s'aligner avec le Courant Majoritaire qui accepte de soutenir la candidature d'un des "buffles". Le banquier Liu Sung-pan (en), plus tard accusé de corruption et d'achat de voix, est ainsi élu avec le soutien des alliés du Président Lee Teng-hui[49], au détriment du précédent Speaker, Liang Su-yung (en), un membre du Courant minoritaire et le dernier chef de l'historique Clique du Club central. Avec le soutien des "buffles dorés" et des factions locales, le Courant Majoritaire se dote de presque 60 voix au sein du parlement, contre seulement une trentaine pour le Courant minoritaire, soit à peine autant que l'opposition du DPP[24].

Immédiatement, la question se pose quant à la possibilité pour Hau Pei-tsun de se maintenir au poste de Premier ministre, le Yuan législatif devant voter une confiance au chef du gouvernement. Sachant que le DPP voterait contre lui, Hau, qui souhaite conserver son poste, décide d'essayer de négocier avec Lee pour obtenir les voix nécessaires. Après plusieurs rencontres, Hau décide en de faire démissionner son gouvernement, à titre protocolaire[23], dans l'espoir d'être renommé par la suite avec la confiance du parlement, sur le modèle du système de nombreuses démocraties occidentales lors de la prise de fonctions d'une nouvelle législature. Cependant, incapable d'obtenir le soutien de Lee, Hau est rapidement court-circuité. Son positionnement pro réunification, accusé de voir Taïwan uniquement au spectre de la Chine, lui coûte en réalité son poste[24]. Après des manifestations de soutien, il finit par définitivement quitter le pouvoir lors d'une sortie médiatique. Devant les caméras, il lève le point vers le ciel et hurle « Éradiquons l'indépendantisme taïwanais »[17]. Le Président Lee nomme alors un allié proche, le taïwanais Lien Chan au poste de Premier ministre. Hau révèle quelques années plus tard qu'il aurait été approché par d'autres membres du KMT pour mener un coup d'état et renverser Lee Teng-hui[24]. Le refus de Hau Pei-tsun et la nomination de Lien Chan est considérée par certains chercheurs comme la dernière rupture majeure dans le processus de démocratisation de Taïwan, ouvrant la voie à l'adoption du suffrage universel et à la fin du rôle dominant du KMT dans la politique de l'île[38].
Un politicien pro-réunification dans la démocratie taïwanaise
Le conflit au sein du KMT, au lendemain du divorce entre Lee et Hau, se poursuit durant le XIVe Congrès du Kuomintang (en) en . Lee y confirme cependant sa domination. Le parti élit aussi plusieurs vice-présidents, aboutissant à une égalité entre Majoritaires ( Li Yuan-zu et Lien Chan) et Minoritaires (Hau Pei-tsun et Lin Yang-kang)[43], un résultat recherché pour éviter un éclatement du parti après des débats houleux. Hau Pei-tsun et ses alliés sont cependant largement fragilisés par la sécession du Nouveau Kuomintang, dont les membres fondent le Nouveau Parti (en)[50],[51].
De plus en plus consciente de l'incapacité à contester le pouvoir interne de Lee Teng-hui, la faction minoritaire commence à se rapprocher du pouvoir communiste en Chine[52] et du Nouveau Parti. Pendant les élections législatives de 1995 (en), Hau et Lin Yang-kang décident de soutenir les candidats du Nouveau Parti, qui réalise une petite percée de 21 sièges, essentiellement capturé dans des districts KMT, le parti nationaliste étant certes encore majoritaire mais encore une fois affaibli[24]. Cette décision provoque leur expulsion du parti nationaliste, effective en [53].

La rupture entre Hau et le KMT se poursuit à la veille des élections présidentielles de 1996 (en), les premières au suffrage universel. Le Nouveau Parti décide de pétitionner les deux chefs du Courant Minoritaire, Lin Yang-kang et Hau Pei-tsun, pour qu'ils deviennent les candidats de leur ticket électoral[53]. Au final, le Parti et les deux hommes s'accordent sur une candidature indépendante, soutenue par le Nouveau Parti. Leur campagne concentre ses attaques contre Lee Teng-hui, accusé d'avoir abandonné le principe de réunification. Les deux hommes appellent au renforcement des liens économiques et politiques avec la République Populaire de Chine et un soutien national au principe « d'une seule Chine ». Les hostilités avec la Chine, illustrées par la Crise du Détroit ne favorise pas le parti[23]. Lin et Hau ne se rendent pas compte que le Nouveau Parti a enregistré de bons résultats non pas pour sa position quant aux relations avec la Chine mais pour son style jeune et réformiste. Or, les deux hommes sont des conservateurs durs, ce qui ne favorise d'ailleurs pas une mobilisation efficace d'un parti iconoclaste et appelant à tourner la page des vieux chefs du KMT[23]. Le ticket Lin-Hau n'engrange que 15 % des voix, se positionnant en troisième position et n'enregistrant d'excellents résultats que dans le comté de Nantou, la région originelle de Lin Yang-kang.
La réélection de Lee Teng-hui inaugure une période de retraite politique pour Hau Pei-tsun, qui ne retrouvera jamais de poste de premier plan dans la vie politique taïwanaise.
Lors de l'élection présidentielle de 2000 qui oppose l'indépendantiste Chen Shui-bian au KMT Lien Chan et à James Soong, qui mène une candidature dissidente, Hau décide de soutenir Soong. Il préfère l'ancien membre de la « Faction du Palais » à Lien Chan, contre qui il s'est battu de nombreuses fois au sein du KMT et Elmer Fung (en), le candidat du Nouveau Parti[54],[55]. C'est finalement Chen Shui-bian qui est élu mais la division entre Lien Chan et James Soong provoque une nouvelle scission du KMT, aboutissant à la création du Qingmingdang.
Le président élu Chen reçoit Hau Pei-tsun au palais présidentiel en avril. Les deux hommes se connaissent pour s'être battus physiquement dans le Yuan Législatif du temps où Hau était premier ministre. L'objectif de Chen est de se donner une image réconciliatrice en s'excusant auprès de Hau pour son comportement passé, pour lui avoir jeté des papiers au visage ou pour avoir jeté une table en 1989 pendant une discussion parlementaire[56].
Hau Pei-tsun, à cette époque, est cependant rapidement rattrapé par l'affaire des Frégates. Le scandale prend de l'ampleur en , poussant Hau à organiser une conférence de presse dans laquelle il dénonce les accusations portées à son encontre[57]. Il est cependant convoqué par le Yuan de contrôle en octobre pour se défendre[58]. Alors que Lee Teng-hui finit par déclarer qu'il s'inquiétait d'un coup d'État qui aurait pu être mené par Hau Pei-tsun, l'amiral Yeh Chang-tung et l'armée s'il refusait le contrat des frégates[59], Hau finit par être accusé en 2002 d'avoir usurpé l'autorité présidentielle sur le choix du contrat français, un choix qui aurait été facilité par des pots-de-vin[60]. Hau finit cependant pas être relaxé alors que l'affaire s'englue à la fois en France et à Taïwan. En 2005, il attaque en diffamation plusieurs députés du DPP qui l'accusent d'avoir été corrompu par les agents de Thomson CSF[61].
Dans l'affaire des biens mal-acquis, les députés du DPP Kuan Bi-ling (en) et Hsu Kuo-yung (en) accusent aussi Hau d'occuper illégalement une maison militaire sur la Dunhua South Road (en) de Taipei[62] et d'avoir fréquemment utilisé deux soldats pour y conduire une « femme mystérieuse »[63].
Réintégré au sein du KMT en 2005, Hau soutient surtout l'ascension politique de son fils, Hau Lung-pin (en) d'abord député du Nouveau Parti, puis ministre de l'Environnement entre 2000 et 2003 sous la présidence de Chen Shui-bian, puis maire de Taipei, la capitale du pays, sous la bannière du Kuomintang entre 2006 et 2014[64]. Lors de l'élection présidentielle de 2008, il soutient le candidat du KMT, Ma Ying-jeou, ex-maire de Taipei et ancien proche du Président Chiang Ching-kuo[65].

Il multiplie cependant les polémiques, apparaissant de plus en plus comme un conservateur déconnecté de la réalité de la société taïwanaise, de plus en plus partisane de l'indépendance. En 2004, il organise un regroupement de généraux dans le parc de Daan pour dénoncer le Président Chen, qualifié de « pécheur » luttant contre la réunification[66]. En 2011, des déclarations du général Hau, jugeant la loi martiale et les 38 ans de dictature du KMT comme « nécessaire et justifiée », provoque un tollé médiatique[67]. L'année suivante, il inaugure la « controverse des livres d'histoire » en accusant le DPP d'avoir trafiqué les livres de cours d'histoire des cycles primaires et secondaires en les rendant trop « Taïwano-centrés » entre 2000 et 2008[68]. Quelques mois plus tard, il provoque un nouveau scandale en minimisant les morts de l'Incident 228, jugeant que seules « quelques » 500 personnes auraient été tuées dans le massacre, tandis que les historiens élèvent le bilan entre 20 000 et 30 000 victimes[69]. La déclaration est condamnée par des chercheurs[70] et par les familles des victimes qui se mobilisent pour dénoncer l'ancien Premier ministre[71]. Il provoque une nouvelle polémique en 2013 en déclarant que « Taïwan n'est pas une nation souveraine » et en expliquant que le terme « Taïwan » devrait être banni du vocabulaire politique, représentant une dépréciation de la République de Chine et un « moyen populiste » d'attirer des votants[72]. Le discours est interrompu par une manifestation étudiante qui dénonce ces propos[73]. Quelques semaines plus tard, Hau déclare que Taïwan devrait établir une « démocratie de style chinois », limitant le pouvoir et les élections à quelques partis présélectionnés pour faciliter la réunification avec la Chine[74]. Face au Mouvement des tournesols durant lequel des étudiants taïwanais occupent pacifiquement le Yuan législatif pour protester contre la politique chinoise du Président Ma, il dénonce un « coup d'état » et déclare qu'un mouvement caractérisé par des « émeutes et de la violence » ne devait pas être appelé un « mouvement étudiant »[75]. Il déclare en que si la proposition du DPP de placer le destin de Taïwan entre les mains d'une population votant démocratiquement est « justifiable » mais « politiquement impraticable », expliquant que le destin de l'île devait être décidé par « l'entièreté du peuple chinois »[76]. Il qualifie alors les Taïwanais de « loyaux sujets des bandits japonais », provoquant de nouvelles manifestations contre sa personne[77]. En 2015, il mène une délégation de 100 militaires rendre hommage à Chiang Kai-shek à son mausolée de Cihu[78].
Les relations de Hau avec la Chine restent paradoxales dans ces dernières années. Il retourne en Chine continentale pour la première fois depuis 1949 en 2014, à la tête d'une délégation pour commémorer les 77 ans de l'Incident du Pont Marco Polo[78]. Il y rencontre des fonctionnaires du PCC et entonne La Marche des Volontaires, certes une chanson patriotique nationaliste mais surtout l'hymne national de la République Populaire de Chine[79]. Il y réitère des déclarations, faites en 2011, dans lesquelles il appelait le PCC à « respecter l'histoire », dénonçant la tendance de Pékin à attribuer les mérites de la résistance anti-japonaise au PCC et non aux forces de Chiang Kai-shek[80]. Au retour de ce voyage, il change de ton quant au régime communiste. Il déclare en 2015 que tout général de Taïwan participant au défilé militaire marquant les 70 ans de la victoire dans la Seconde Guerre mondiale serait un félon et devrait perdre ses droits de pension[81]. Il s'oppose, comme son fils et le Président Ma Ying-jeou, au voyage de Lien Chan en Chine à l'occasion de ce même anniversaire. Les opposants au voyage déclarent être troublés par la possibilité que des personnes qui aient pu servir la République de Chine puissent s'asseoir sur un banc et observer passivement les « mêmes missiles qui menacent Taïwan »[82]. Hau Pei-tsun et son fils s'opposent aussi à la ligne de réunification radicale de Hung Hsiu-chu qui devient présidente du KMT en 2016[83]. Celle-ci défend la signature d'un traité de paix entre la République Populaire et la République de Chine et la suppression de la mention « à chacun son interprétation » de la déclaration de Chine Unique du consensus de 1992[84]. Le mandat chaotique de Hung, candidate KMT pour l'élection présidentielle de 2016 aboutit à un fiasco généralisé qui voit Eric Chu remplacer la présidente nationaliste jugée trop pro-Pékin.
Hau effectue une dernière visite en Chine en 2017, quelques mois après l'élection de Tsai Ing-wen du DPP et que la Chine et Taïwan ne communiquent plus. Il participe à une rencontre académique à Nankin sur le sujet de la Guerre contre le Japon[85]. Hau fête ses 100 ans en 2019. En pleine pandémie de Covid-19, Hau est hospitalisé à l'Hôpital général Tri-service de Taipei (en). Il décède le de défaillance multiviscérale[86]. Sa mémoire est honorée par une citation présidentielle de la Présidente Tsai Ing-wen qui salue les contributions du général Hau, en particulier lors de la deuxième crise du Détroit de Taïwan[87].
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Liens externes
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