Helen MacGregor Todd ( – ) est une suffragiste et militante américaine pour les droits des travailleuses et des travailleurs. Elle commence sa carrière comme enseignante, puis devient inspectrice du travail dans les usines. Elle écrit sur le travail des enfants dans les usines et s'insurge du manque de droits de vote des travailleuses. Elle mène campagne pour le suffrage féminin à travers les États-Unis et elle est envoyée pour participer à la tournée spéciale pour le suffrage organisée par l'Union du congrès pour le droit de vote des femmes. Après l'obtention du droit de vote par les femmes, elle continue de défendre les droits des immigrés, des travailleurs et des femmes.
Enseignante et inspectrice du travail
Hélène Todd naît le . Elle reçoit son diplôme de l'université de Californie. En 1896, elle se rend à Paris et passe plusieurs mois à Berlin et en Suède[1].
Au début de sa carrière, Todd travaille comme enseignante de l'école élémentaire à Chicago[2]. Elle s'engage ensuite dans le travail social au côté de Jane Addams à Hull House[2]. Elle devient inspectrice du travail dans les usines de l'État de l'Illinois[2]. Son expérience d'enseignante l'oriente vers l'étude des conditions de travail des enfants[1]. Durant son mandat,elle les interroge sur leur perception du travail et de l'éducation[3]. Elle interviewe 800 enfants travaillant en usine et publie ses conclusions dans le numéro d' du McClure's Magazine[4]. Elle est également préoccupée par la situation des travailleuses. Elle lie leur absence de pouvoir au fait qu'elles ne disposent pas du droit de vote[2]. C'est ce qui l'amène à s'intéresser au mouvement pour le suffrage féminin[2].
Rosalie Jones, Helen Todd, Mme Gordon Norrie et AG Hays en en tournée automobile
Suffragiste
En 1910, elle participe à une tournée en automobile pour soutenir le suffrage féminin auprès des ouvriers d'usine[5]. Vers 1911, elle contribue à populariser le slogan du mouvement ouvrier : « Du pain et des roses »[6],[7]. En octobre de la même année elle participe à un meeting de soutien au suffrage féminin devant des hommes d'affaires de San Francisco. Elle y décrit la situation des femmes et des enfants au travail[8]. Les femmes de San Francisco lui demandent de les aider à organiser la campagne de soutien qui encourage les femmes à voter en Californie[9]. Todd exhorte les Californiennes à exercer leur droit de vote afin d'obtenir de meilleures conditions de travail pour les ouvriers et surtout les ouvrières[10],[11].
Helen Todd mobilise les électeurs en s'adressant à l'auditoire sur Grass Hill, 2 septembre 1911
Todd poursuit son action à travers d'autres États pour obtenir le suffrage féminin, mais finit par considérer qu'un amendement constitutionnel au niveau fédéral est indispensable[2]. En 1913, elle témoigne devant la Chambre des représentants sur la question du suffrage féminin[12]. Elle s'entretient avec des hommes à New York, les exhortant à soutenir le droit de vote des femmes en 1915[13].
En Arizona, elle fait la connaissance de Iris Calderhead qui fait une tournée dans les États qui ont déjà accordé le suffrage pour mobiliser le soutien en faveur d'un amendement fédéral pour le suffrage des femmes.
En 1916, elle est l'envoyée spéciale de l'État de New York pour la «tournée spéciale» pour le suffrage organisée par l'Union du congrès pour le droit de vote des femmes. Cette tournée à travers différents États vise à promouvoir le suffrage féminin à l'échelle de la fédération des États-Unis[14]. Lorsque les Sentinelles silencieuses qui manifestent devant la Maison-Blanche sont arrêtées et maltraitées en prison, Todd s'efforce d'enquêter sur les abus dont elles ont été victimes[15]. Elle représente le Comité des 1 000 femmes qui milite pour leur libération[15],[16].
Militante sociale
Après l'obtention du droit de vote par les femmes, Todd continue de défendre les droits des femmes et des travailleurs. En 1920, elle créée un comité « De femme à femme » destiné à encourager le dialogue entre les travailleuses immigrées et les Américaines[17]. Lors de la première peur rouge, au moment de l'expulsion à New York des communistesrusses[18], elle se mobilise pour venir en aide à leur 100 enfants et épouses[19]. Todd milite également pour le droit des femmes à l'information sur la contraception, en collaboration avec Margaret Sanger[20],[21]. Elle contribue à la création de logements sociaux destinés aux artistes, appelés Twin Oaks, à Greenwich Village, en partenariat avec Otto H. Kahn et Samuel Untermyer[20],[22].
Helen Todd meurt le à l'hôpital Columbus de New York[23].
123456(en-US) «Noted Woman Suffragist Coming to Flagstaff», The Coconino Sun, , p.3 (lire en ligne, consulté le )
↑(en-US) Herbert M. Kliebard, The Struggle for the American Curriculum, 1893-1958, New York, Routledge Falmer, , 6p. (ISBN978-0-415-94890-6, lire en ligne)