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Henné

plante du genre Lawsonia de la famille des salicaires (Lythraceae) From Wikipedia, the free encyclopedia

Lawsonia inermis

Le henné (Lawsonia inermis), également connu sous les noms de mehndi, mendhi, mehendi (ou mehandi), ḥenna, lḥenni ou anella, est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Lythracées. C'est un arbuste épineux pouvant atteindre plusieurs mètres de haut. Ses feuilles sont principalement utilisées comme colorant ou tatouage mais la tradition lui octroie également d'autres vertus, notamment des propriétés médicinales.

Généralités

Détail d'un buisson de henné (à Hyderabad, en Inde).
On extrait des feuilles du henné différentes qualités de poudres également dites « henné », ici vendues au Marché d'Istanbul en Turquie.

Le henné pousse à l'état naturel dans les régions tropicales et subtropicales d'Afrique, d'Asie du Sud et d'Australasie, sous des latitudes comprises entre 15 et 25° (N et S) de l'Afrique au Pacifique.

Il était cultivé extensivement en haies vives en Afrique, mais l'est plutôt en champs aujourd’hui pour une culture de rente (récolte plus facile).

Les feuilles du henné réduites en poudre contiennent une molécule particulière (2-hydroxy-1,4-naphthoquinone ; dite lawsone, du nom scientifique de l'arbuste). Elles produisent des teintes rouges, jaunes et orangées, utilisées en teinture textile et corporelle (coloration et entretien des cheveux, tatouages éphémères de la peau).

Le mot henné désigne également ce colorant dont l'usage est très ancien puisqu'on en retrouve la trace sur les momies égyptiennes.

Un henné naturel est toxique pour les enfants et le henné noir synthétique ou partiellement synthétique peut provoquer de graves allergies chez l'enfant comme chez l'adulte.

Sacs de henné naturel séché, marché de Gabès (Tunisie).

Dénominations

Le henné est appelé mehndi, mendhi, mehendi (ou mehandi) ou marudhani (en tamoul)[1] en Inde, ḥenna en arabe[2], lḥenni ou anella en berbère[3].

Sa désignation INCI est Lawsonia inermis, du nom du médecin écossais Isaac Lawson.

Description

Le henné est un arbuste ou un petit arbre, d’une hauteur de 1,8 à 7,6 m[n 1],[4].

Sur les tiges, les feuilles sont opposées, subsessiles, elliptiques, lancéolées (longues et plus larges au milieu, de 1,5–5,0 cm de largeur et de 0,5–2 cm de longueur, acuminées, et ont des nervures déprimées sur la face dorsale.

Les fleurs de henné possèdent 4 sépales vert pâle, 4 pétales fins, onguiculés, d’une couleur allant du blanc au rouge violacé, 8 étamines saillantes, disposées par paires entre les pétales, et un style central.

Les fruits enchâssés dans le calice, sont des capsules globuleuses à 4 loges surmontées d’une courte pointe.

La pâte de henné de tatouage est constituée de poudre de henné (feuilles broyées) et de liquide (de l’eau, des huiles ou du jus de citron),qui permet la malléabilité nécessaire à son application.

Origine

Il serait originaire du sud de l'Iran et de la Mésopotamie[5],[6]. Il aurait été introduit en Égypte sous la XXe dynastie.

Histoire

Il est cultivé au Maghreb depuis longtemps, en Inde ainsi que dans une grande partie de l'Afrique tropicale (Kawar et Tchad) apporté par les Égyptiens qui l'ont ensuite répandu en Afrique subsaharienne, en Mauritanie jusqu’au Mali et en Espagne andalouse selon l'« aire d’emploi de la racine arabe de ce mot et les vertus qu’on lui accorde en pays musulman »[7] où la fleur du henné (l'arbre « qui pousse au paradis »[8]) a aussi une connotation religieuse puisque « Sa fleur passe pour avoir été la favorite du Prophète » (Mahomet), notait E.-G. Gobert en 1961[9] et qu'en Mauritanie, on dit que cet arbre aurait « poussé à l’intention de la fille du Prophète et qu’elle fut la première femme à faire de sa teinte rouge une parure »[10].

Plusieurs indices laissent penser que le henné a depuis longtemps un usage cosmétique et/ou médicinal :

  • les Égyptiens coloraient de henné les ongles et les cheveux de leurs momies, il y a plus de 5 000 ans, ou les pieds et mains (momies de Ramsès II et III[11],[12],[13]) ;
  • des textes datant de plus de 2 500 ans le citent comme cosmétique[13],[14] ;
  • il est évoqué dans le livre biblique du Cantique des cantiques (Cant. 6, 14) pour ses vertus odoriférantes avec le terme grec : "κύπρος" (kupros) dans la septante et latin "cyprus" dans la Vieille Latine et la Vulgate ;
  • la légende syrienne de Baal et Anath (écrite vers 2 100 avant Jésus-Christ) évoque le henné sur les mains de la femme lors du rite du mariage[15] ;
  • les Vietnamiennes se laquaient les dents en noir avec un produit noircissant contenant notamment du henné[13],[15] ;
  • dans l'Assyrie antique, les paumes et ongles des futures mariées étaient décorés de dessins faits au henné[15].

Répartition

Meule à henné à Yazd en Iran.

La région d'origine du henné correspond à la savane tropicale et aux régions arides des zones aux latitudes comprises entre 15° et 25° aussi bien Nord que Sud, depuis l'Afrique jusqu'à la zone ouest Pacifique, elle a les meilleures qualités tinctoriales quand elle est cultivée dans les températures comprises entre 35 °C et 45 °C. Pendant la saison humide, la plante croît rapidement en émettant de nouvelles pousses, puis croît ensuite plus lentement. Dans les régions du Sahara, elle monte jusqu’à un mètre de hauteur, mais elle est absente du Sahara central en raison de ses besoins en eau[6].

Les feuilles deviennent jaunes petit à petit, et tombent pendant les périodes sèches ou fraîches. Le henné ne prospère pas lorsque les températures minimales sont inférieures à 11 °C, la plante meurt si la température est inférieure à 5 °C.

La plante est produite pour être vendue aux Émirats arabes unis, au Maroc, en Algérie, au Yémen, en Tunisie, en Libye, en Arabie saoudite, en Égypte, en Inde occidentale, en Irak, en Iran, au Pakistan, au Bangladesh, en Afghanistan, en Albanie, en Turquie, en Érythrée, en Éthiopie, à Djibouti, en Somalie et au Soudan. Actuellement[Quand ?], la région de Pali au Rajasthan est la plus grande zone de production en Inde avec plus de 100 producteurs dans la ville de Sojat.

Utilisation

Faits en bref Pays *, Liste ...
Le henné : rituels, esthétique et pratiques sociales *
Image illustrative de l’article Henné
Mains d'une mariée de l'île de Djerba décorées au henné (tatouage temporaire, proche du « harqûs » qui utilise une encre noire à base de divers produits carbonisés : « encre de Chine, galle pilée, suie, laurier-rose carbonisé, cendre de bois, épices, goudron, sève de ceps de vigne flambés, feuilles de noyer, noir de fumée, huile, alun, souak, khul, jâwi (encens) »[16]).
Pays * Drapeau de l'Algérie Algérie
Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite
Drapeau de Bahreïn Bahreïn
Drapeau de l'Égypte Égypte
Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unis
Drapeau de l'Irak Irak
Drapeau de la Jordanie Jordanie
Drapeau du Koweït Koweït
Drapeau du Maroc Maroc
Drapeau de la Mauritanie Mauritanie
Drapeau d'Oman Oman
Drapeau de la Palestine Palestine
Drapeau du Qatar Qatar
Drapeau du Soudan Soudan
Drapeau de la Tunisie Tunisie
Drapeau du Yémen Yémen
Liste Liste représentative
Année d’inscription 2024
* Descriptif officiel UNESCO
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Le henné est utilisé à de multiples fins :

  • cosmétique : il est réputé embellir la peau (par coloration) et en l'adoucissant ; au hammam, le henné est encore fréquemment utilisé pour adoucir la peau où on le mélange au savon noir pour le répartir sur l'ensemble de la peau avant le rituel du gommage.
    Certains produits bronzants en contiennent, au Brésil par exemple[15] ;
  • dermatologique : Il était réputé purifier, nettoyer la peau et faciliter la cicatrisation ;
  • teinture capillaire et soin capillaire : le henné est appliqué sur les cheveux pour les teindre ou leur apporter des nuances ; il est réputé anti pelliculaire et anti séborrhéique[6]. Le résultat de son application dépend de l'origine géographique de la plante utilisée, de la couleur initiale du cheveu et du temps de pose de la pâte.
Cérémonie de mariage, illustrant un rituel social de passage et d’union au sein de la communauté. Sénégal.
  • tatouage : le henné fait partie, dans le Maghreb[16], au Maroc, en Algérie, en Tunisie; en Mauritanie mais aussi au Tchad, aux Comores pendant les mariages et en Inde, de l'arsenal de la séduction féminine, sous forme de tatouages définitifs ou éphémères constitués de signes traditionnels réputés protecteurs, magiques ou prophylactiques[16] (agencement d'idéogrammes et signes pictographiques) et plus ou moins symboliques, autrefois notamment appliqués par des femmes sur des femmes sur le dos et/ou la poitrine[16] et aujourd'hui, sur les pieds et les mains (sous forme de tatouage traditionnel ou de tatouage de fantaisie[16]. Le mehndī (mot d'origine indienne - de l’hindi ou de l’ourdou) est l’art de réaliser des tatouages au henné à base de cette pâte; le visage des femmes, berbères notamment, était tatoué depuis la période pré-islamique de manière à éloigner le mauvais sort ou à afficher un statut social, celui d'épouse par exemple. Il servait également à se démarquer culturellement des Arabes ;
Éthiopienne aux cheveux teints au henné.

Le henné et les rituels qui y ont trait dans les pays arabes, ont intégré, en , le patrimoine immatériel de l’UNESCO. Candidature qui a été défendue par: le Maroc, l'Egypte, l'Algérie, l'Arabie saoudite, le Bahreïn, l'Émirats arabes unis, l'Irak, la Jordanie, le Koweït, la Mauritanie, Oman, l'État de Palestine, Qatar, le Soudan, la Tunisie, et le Yémen.

« Le henné symbolise le cycle de vie d’un individu, de la naissance à la mort, et il est présent lors des grandes étapes de la vie de celui-ci », poursuit le texte défendant son inscription au patrimoine immatériel. Son utilisation, souvent accompagnée de manifestations orales, est liée à des règles et des traditions sociales vieilles de plusieurs siècles[26],[27],[28],[29],[30].

Le henné : rituels, esthétique et pratiques sociales est inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'UNESCO en 2024 à l'initiative de 16 pays[26].

Toxicité

Henné naturel

Le henné ingéré contient des composés cytotoxiques in vitro[31] et se montre toxique pour les enfants[32], mais il n'est pas réputé toxique pour l'adulte en bonne santé, en usage externe et sur une peau saine. Toutefois, il peut se montrer hémotoxique (toxique pour le sang) chez le jeune enfant[33]. On s'en est rendu compte dans les régions où du henné est traditionnellement appliqué par des Bédouins sur la peau du garçon premier-né après la naissance. En 10 ans, l’hôpital d'Al-Jahra[Où ?] a reçu 15 très jeunes garçons souffrant d'une hémolyse aiguë quelques jours après l'application de henné sur le corps[33],[34]. Les analyses de laboratoire ont dans tous ces cas révélé une anémie, une hyperbilirubinémie et une réticulocytose indirecte. Les nouveau-nés montraient un déficit en G6PD et l'hémolyse (destruction des globules rouges) induite par l'application de henné se traduisait par une hyperbilirubinémie et réticulocytose plus grave que dans les cas habituels d'hémolyse[33].
L'absorption percutanée de henné est probablement plus importante sur la peau du bébé, et des essais cliniques ont confirmé que le henné cause un déficit en globules rouges et en G6PD[33], peut être en raison d'un effet de stress oxydant[35] de la lawsone contenue dans la poudre de henné[36]. Un programme d'éducation de santé local a été mis en place pour empêcher l'utilisation de henné dans la petite enfance[33].

L'administration de lawsone à des rats de laboratoire induit également une réponse hémolytique, associée à des dommages oxydatifs aux érythrocytes, mais curieusement, des érythrocytes isolés exposés in vitro à la lawsone ne présentent pas ces dommages oxydatifs, ce qui suggère qu'in vivo, la lawsone ne devient toxique pour le sang qu'après avoir subi une métabolisation ou « bioactivation » extra-érythrocytaire[36].
La lawsone pourrait en fait n'être que faiblement hémolytique, sauf chez des personnes dont les défenses antioxydantes sont dégradées[36].

La lawsone a un effet hémolytique chez les sujets victimes d'un déficit en G6PD[37].

Henné synthétique

Un henné noir synthétique ou partiellement synthétique, de plus en plus utilisé pour le tatouage éphémère peut être source de graves allergies[38],[39],[40],[41] nécessitant un traitement médical et de marques permanentes[42]. La molécule active du henné, la lawsone (2-hydroxy-1,4-naphthoquinone) semble aussi pouvoir être toxique pour les jeunes enfants recevant un tatouage éphémère au henné[43]. Ces allergies peuvent être durables[44] et ne sont pas uniquement dues à l'additif p-Phénylènediamine (PDD), (à juste titre) incriminé[45].

Compositions multiples

Henné naturel ou Lawsonia inermis en poudre.

Le henné naturel sans aucun mélange, ni additif est composé de 100 % de Lawsonia inermis. Pour nuancer sa couleur (éclaircissement, reflets, assombrissement, etc.) d'une teinture au henné naturel, ce dernier se mélange à d'autres extraits végétaux comme la senna ou cassia (dit « henné neutre » non-colorant), l'indigo, le brou de noix, le rhapontic, le curcuma, la camomille, etc. Ces mélanges ou associations restent naturels.

En revanche, d'autres paquets de henné vendus dans le commerce mélangent le Lawsonia inermis naturel à des composants chimiques tels que des sels métalliques (indiqués « sodium picramate ») ou du p-phénylènediamine (PPD)[46],[n 2] qui peuvent être allergènes, toxiques ou dangereux pour la santé selon leurs proportions ou utilisations[47].

Il appartient donc aux acheteurs de vérifier la composition de leur henné en fonction de leur exigence[48].

Galerie d'images (botanique)

Galerie d'images (tatouages éphémères)

Notes et références

Voir aussi

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