Henri Botey
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| Nom de naissance |
Armand Henri François Botey |
| Nationalité | |
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| Parentèle |
Marine Le Pen (filleule) |
Henri-Armand Botey (alias Monsieur Éric ou Empereur de Pigalle ou encore Rase-Mottes en raison de sa petite taille), né le à Belfort[1],[2] en Franche-Comté et mort le à Vicq-sur-Nahon[3],[4], fut une figure du proxénétisme et des établissements prisés des nuits parisiennes de 1960 à 2010.
Henry Botey a une dizaine d'années lorsque son père est fusillé par les nazis. Pupille de la nation, il devient apprenti boulanger[5].
Dans les années 1950, il rencontre Carmen Vallet, une ancienne prostituée de dix-huit ans son ainée et possédant un hôtel de passe à Pigalle. Avec le renfort d'Alain Picaud dit « le bâtard » ou « le gitan », le couple prend le contrôle directement ou indirectement, de tous les établissements du quartier : boîtes de nuit, hôtels de passe et bars à hôtesses, dont la Bohème, le Yellow Dog, le Tiffany, le Sulky, le Lautrec[5], la Lorelei, le Mucha... Son influence dans le milieu lui vaut le surnom de « premier proxénète de France » dans la presse.
Henry Botey prospère dans son activité de proxénétisme et se bâtit un réseau de connaissances multiple et varié : dans la justice qui ne l'incarcère jamais plus que pour quelques mois, dans la police qui profite de renseignements, voire de faveurs, et dans la politique où il bénéficie d'une bonne influence, dont il fait à son tour profiter ses protecteurs locaux, les frères Zemour : sa première interpellation date de [6],[7].
Ayant sympathisé avec Jean-Marie Le Pen et Pierre Durand, alors fondateurs et dirigeants actifs de la Société d'études et de relations publiques (SERP) et amateurs de voile et de virées nocturnes[pertinence contestée][8], il devient le parrain de Marine Le Pen, dont il aurait organisé le baptême en 1969[9],[10],[5],[11],[12]. Après la création du Front National en 1972, Botey prend part à la croisière de Jean-Marie Le Pen à bord du voilier Eryx II[13], un voilier qu'il convoyait de Panama vers les îles Marquises en 1975[5],[14].
Ses démêlés avec la police et la justice commencent sous le septennat de Valery Giscard d'Estaing (1974-1981). Botey est condamné pour la première fois, le , à quatre mois de prison avec sursis et à 60 000 francs d’amende après une descente de la brigade mondaine dans l’un de ses établissements. Il est condamné à une amende fiscale de 19 millions de francs, mais, après négociations, il obtient un échelonnement de cette amende à 1 000 francs par mois.
La même année, il sort indemne de l'explosion d'un colis piégé. Il est hospitalisé, avec plusieurs brûlures graves, il en gardera des marques sur la main toute sa vie.
En 1978, Botey écope de deux ans de prison dont un avec sursis. Il continue à exercer depuis sa prison avec l'aide de quelques prête-noms[15]. Après des années d'adultère, notamment avec les prostituées de ses établissements, sa femme demande le divorce.
Botey acquiert la célèbre Résidence de la Muette, ancienne propriété de la célèbre proxénète Madame Claude, dans le quartier de la Muette, dans le 16e arrondissement[10].L'établissement sera à la fois cadeau d'adieu et entreprise commune[incompréhensible]. A sa sortie de prison, la guerre des gangs va ravager Pigalle pendant plus d'une décennie.
En 1981 François Mitterrand, ayant une vision de la justice et des renseignements généraux différente de ses prédécesseurs[16], confie une enquête à Pierre Touraine, directeur de la Police judiciaire[15]. Sur commission rogatoire du juge d’instruction Jean-Louis Debré, la brigade financière et les inspecteurs de la brigade du proxénétisme et des stupéfiants, dirigée à l’époque par le commissaire divisionnaire Emmanuel Morin, contrôlent la comptabilité de Botey. Le , il est de nouveau condamné pour proxénétisme, cette fois à dix mois de prison et à 300 000 francs d’amende. Carmen Vallet est condamnée quelques mois plus tard à vingt-quatre mois de prison – dont dix-neuf avec sursis – et à 300 000 francs d’amende.
Durant la première cohabitation (1986-1988) entre la droite et la gauche, Charles Pasqua, ministre de l'intérieur, remanie à son tour les renseignements français, et leurs rapports avec la pègre. Depuis 1981, le Front National gagne en visibilité, mais à partir de 1988 Pierrette Lalanne fait des révélations sulfureuses à des interlocuteurs soigneusement sélectionnés, sur fond de son divorce d'avec Jean-Marie Le Pen. Parmi ces révélations, le fait que Pierre Durand, journaliste et militant proche de son ex-mari, aurait été le prête-nom de l'un des établissements d'Henri Botey[5],[17] attire l'attention médiatique sur ce dernier[5],[17].
A la même époque, son lieutenant, Alain Picaud est abordé par Jacques Imbert, dit Jacky le mat, qui persuade celui-ci que la place de Botey devrait lui revenir. Botey soupçonne quelque chose et fait appel à André Gau, dit Dédé Gau, alias « Dédé le gode ».
Le , rue Frochot, devant l’un de ses établissements, le Manhattan, dont il sortait, deux hommes à moto tirent sur Botey avec un 11,43 mm. Il est certes grièvement blessé, mais en réchappe[18].
Le jeudi , Botey est en compagnie de Dédé Gau et rencontre par hasard un vieil ami, Jean-Pierre Le Pape, futur leader du gang des postiches. Botey lui propose de le raccompagner mais attend un coup de fil de Picaud vers vingt heures. Botey et Gau passent l'appel depuis une cabine téléphonique à Neuilly. Picaud sort d'une voiture garée non loin et ouvre le feu sur la cabine. André Gau est tué, mais les deux autres en sortent indemnes. Arrêté quelques jours plus tard, Alain Picaud reconnait les faits. Botey décide alors de se rendre invisible.
Le , à 77 ans, il est arrêté par la police, mis en examen, puis détenu à la prison de Fleury-Mérogis pour une affaire de proxénétisme aggravé[19],[20]. La presse redécouvre ses liens avec les Le Pen, ceux-ci essayant de se distancier du parrain de leur fille Marine pour éviter le scandale[21].
Henri Botey meurt le . Il avait amassé une fortune conséquente, engrangeant environ 50 000 euros par mois et par établissement, selon un système commercial dit « au bouchon », où les clients des hôtesses se voient facturer une ou plusieurs bouteilles d'un champagne onéreux, selon les prestations attendues[10].
Références
- ↑ « Le parrain de Marine Le Pen mis en examen » sur Paris Match, 14 avril 2011.
- ↑ « Marine Le Pen : la vérité sur son parrain » sur VSD, no 1756, 21 – 27 avril 2011.
- ↑ Relevé des fichiers de l'Insee
- ↑ L'empereur de Pigalle, parrain de Marine Le Pen, est mort sur L'Union, 8 juin 2013
- 1 2 3 4 5 6 Le parrain proxo de Marine Le Pen, Bakchich.info, 11 juin 2010
- ↑ G.Moréas, « La chute d’Henri Botey, le parrain de Pigalle », sur lemonde.fr, (consulté le )
- ↑ David NOËL, « Le parrain proxo de Marine Le Pen », sur Le blog de David Noël, militant communiste, syndicaliste et défenseur des droits de l'homme du Pas-de-Calais (consulté le )
- ↑ « Dix ans de solitude », sur L'Express, (consulté le )
- ↑ « Le « parrain » de Marine », sur www.estrepublicain.fr (consulté le )
- 1 2 3 Caroline Fourest et Fiammetta Venner, Marine Le Pen démasquée, Grasset, Le Livre de Poche, 2011, p. 26-28.
- ↑ https://www.legipresse.com/media/299-02.pdf
- ↑ cf Le Point, le 23 avril 2017 - Comment Le Pen est devenue Marine
- ↑ Le yacht Eryx II, commandé par le Comte Robert-Jean de Vogüé (1896-1976) est la dernière goélette conçue par l'architecte naval britannique Charles Ernest Nicholson (1868-1954)
- ↑ « EXCLUSIF. Le testament de Jean-Marie Le Pen », sur Le Point.fr (consulté le )
- 1 2 Éric Conan et Gilles Gaetner, « Dix ans de solitude » sur L'Express, 12 mars 1992
- ↑ Sébastien-Yves Laurent, « Face aux « services » (1981-1983) : une autre leçon pour la gauche au pouvoir ? », Histoire@Politique, vol. 27, no 3, , p. 62–73 (ISSN 1954-3670, DOI 10.3917/hp.027.0062, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 « La chute d’Henri Botey, le parrain de Pigalle », Police et cetera — Blog de Georges Moréas, commissaire principal honoraire de la Police nationale, 15 avril 2011.
- ↑ « Règlement de comptes dans le milieu de la prostitution à Pigalle », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Marine Le Pen : son parrain arrêté pour proxénétisme aggravé à Pigalle », 20 minutes, 14 avril 2011.
- ↑ « Le proxénète écroué est le parrain de Marine Le Pen », Le Parisien, 14 avril 2011
- ↑ « [ EXCLUSIF] L’empereur de Pigalle, parrain de Marine Le Pen, est mort », sur Journal L'Ardennais, (consulté le )