Caroline Fourest

journaliste, essayiste et réalisatrice française From Wikipedia, the free encyclopedia

Caroline Fourest, née le à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), est une journaliste, essayiste, polémiste et réalisatrice française.

Faits en bref Directrice de la rédaction Franc-Tireur, depuis avril 2022 ...
Caroline Fourest
Caroline Fourest en avril 2025.
Fonction
Directrice de la rédaction
Franc-Tireur
depuis
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Naissance
Nom de naissance
Caroline GuillemotVoir et modifier les données sur Wikidata
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France Inter (-)
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Le Monde (-)
Charlie Hebdo (-)
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Figure médiatique depuis les années 2000, « polémiste controversée »[1], elle milite pour le féminisme, les droits des homosexuels et la laïcité et contre les fondamentalismes religieux chrétiens, juifs et musulmans, l'antisémitisme et les extrémismes politiques.

Elle est éditorialiste à Marianne, rédactrice en chef de la revue ProChoix et directrice de la rédaction du magazine Franc-Tireur. En 2018, après vingt et un documentaires, elle réalise son premier film de fiction, Sœurs d'armes.

Biographie

Enfance, adolescence

Caroline Fourest est née Caroline Guillemot[2], d'un père négociant en vin et d'une mère antiquaire  dont elle a pris le nom de famille. Elle a grandi, selon Jean Birnbaum, dans « la bonne bourgeoisie provinciale »[3].

Études

Après avoir étudié à Aix-en-Provence dans un collège privé catholique, Caroline Fourest s'installe à Paris avec sa mère à l'âge de 14 ans après le divorce de ses parents[3]. Elle découvre durant l'adolescence son homosexualité[3].

Diplômée en histoire et en sociologie de l'EHESS, elle est également titulaire d'un DESS de communication politique et sociale, obtenu à la Sorbonne. Elle y a étudié la communication de crise[4],[5].

Journalisme et engagement

Années 1991-2000

Caroline Fourest débute dans le journalisme en 1994 par un stage à France 3 dans l'émission Français si vous parliez[réf. souhaitée]. De 1995 à 1997, elle est journaliste au magazine Transfac, trimestriel distribué gratuitement aux étudiants, pour lequel travaille également Fiammetta Venner[6],[7]. Renvoyées car considérées comme trop militantes[réf. nécessaire], les deux femmes se spécialisent sur l'extrême droite catholique[6]. Caroline Fourest devient pigiste dans ce domaine à L'Événement du jeudi, puis au magazine à destination de la communauté gay Têtu et au magazine catholique de gauche Golias, de 1996 à 2000[7].

En 1997, elle fonde la revue ProChoix avec Fiammetta Venner et Moruni Turlot[8]. Éditée par l'association du même nom, la revue se donne pour objet de publier des analyses "au service de la défense des libertés individuelles menacées par l’essentialisme, le racisme, l’intégrisme et toute idéologie totalitaire ou anti-choix". Ses thèmes de prédilection incluent notamment la protection de la laïcité, les droits des femmes et des homosexuels[8]. La revue ne se limite pas à la question de l’IVG, menant aussi un travail de veille sur l’intégrisme religieux et les mobilisations anti-LGBT[8].

En 1999, Caroline Fourest publie avec Fiammetta Venner Les Anti-PACS ou la dernière croisade homophobe, une enquête sur les mouvements anti-PaCS, leurs liens avec la droite catholique radicale, et Christine Boutin. En annexe, l'association ProChoix rend publique la liste des maires ayant signé la pétition contre le PaCS. Il s'avère que plus de 15 000 maires de France l'ont signée (soit 41 %), mais qu'elle n'a jamais été publiée. Cette pétition a directement conduit à ce que les PaCS ne soient pas signés en mairie (au même titre que le sont les mariages et les déclarations de concubinage)[9].

Elle préside le Centre gay et lesbien de Paris de à pendant le débat sur le PaCS[réf. nécessaire].

Années 2001-2010

Caroline Fourest en 2011 à l'université de la Terre.

Elle dénonce régulièrement l'extrême droite et l'intégrisme chrétien, qui comptent parmi ses principaux objets d'étude[10].

Dans Frère Tariq, Caroline Fourest se livre à une analyse des écrits et des propos de Tariq Ramadan, et conclut que ce dernier tient un « double discours », relativement libéral lorsqu'il s'exprime dans les médias et fondamentaliste et réactionnaire quand il s'exprime devant ses partisans musulmans. Tariq Ramadan affirme qu'elle multiplie les approximations, les erreurs historiques et les mensonges, tandis que d'autres vantent sa rigueur, lui attribuant d'avoir été la première à analyser toutes ses déclarations. Catherine Coroller de Libération compare l'essai aux « charges qui, par leur violence et leur parti pris, affaiblissent le propos de leurs auteurs »[11].

La Tentation obscurantiste obtient le prix du livre politique 2006 de l'Assemblée nationale[12].

La même année, au moment de l'affaire sur les caricatures de Mahomet au Danemark, elle rédige le dans Charlie Hebdo avec Mehdi Mozaffari, intellectuel iranien exilé au Danemark, un manifeste intitulé « Ensemble contre le nouveau totalitarisme », qui est repris dans une pétition « Contre un nouvel obscurantisme » soutenue par douze intellectuels (depuis, menacés de mort) rejoints par bien d'autres, et repris dans de nombreux pays européens, également au Canada, en Colombie et en Iran[13],[14].

En , Caroline Fourest et Fiammetta Venner quittent la rédaction de Charlie Hebdo dans le contexte de l'affaire Siné[15][source insuffisante].

Caroline Fourest à Paris en 2008.

En 2010, elle prend position contre la Loi du 20 novembre 2007 relative à la maîtrise de l'immigration, à l'intégration et à l'asile et l'amendement Mariani sur l’immigration autorisant le recours aux tests d'ADN et aux statistiques ethniques[réf. nécessaire].

Elle est chroniqueuse dans l'édition du samedi du journal Le Monde de 2007 à [16] et repérée par Ali Baddou, qui apprécie « sa voix dissonante et rafraîchissante » pour les radios France Culture dans une matinale[1] et France Inter. Elle anime ensuite, en 2012, 2013 et 2014, la chronique de France Inter Ils changent le monde[17].

Depuis 2011

En , Caroline Fourest prend position contre la circulaire Guéant menaçant d'expulsion les étudiants étrangers, et elle parraine un de ces étudiants[18].

Fin 2012, elle prépare pour France 2 un documentaire sur les militantes féministes ukrainiennes Femen. Le , filmant une action militante non autorisée contre une manifestation autorisée de l'Institut Civitas opposée au projet de légalisation du mariage et de l'adoption pour des couples de même sexe, elle est prise à partie et insultée[19] par des participants au défilé, est « tabassée et rouée de coups », ce que confirment les vidéos tournées lors de cette manifestation[20], recevant également des injures sexistes et homophobes[21],[22]. À la suite de la plainte qu'elle dépose, cinq individus (dont un colonel de l'Armée, un membre du service d’ordre de Civitas et d'autres militants d’extrême droite[23],[24]) sont placés en garde à vue et poursuivis pour « violences volontaires en réunion »[25],[20]. Au procès, seul l'un d'entre eux reconnaît avoir frappé Caroline Fourest, et dit le regretter[26] ; les prévenus seront condamnés à la prison avec sursis et des amendes[27].

Depuis fin 2016, Caroline Fourest écrit une chronique intitulée « Sans détour » dans l'hebdomadaire Marianne.

En 2020, selon Arrêt sur images, Caroline Fourest aurait tenté d'influencer la rédaction du magazine Marianne au sujet d'une enquête de cette dernière sur Thomas NLend, faux infiltré mais vrai membre d'égalité et réconciliation selon Arrêt sur images, dont Caroline Fourest avait préfacé l'ouvrage Les bouffons de la haine. Caroline Fourest, à la fois « chroniqueuse à Marianne et membre du conseil de surveillance du groupe CMI qui possède le magazine, aurait fait pression sur un journaliste de la rédaction, Gabriel Libert, afin qu’il ne publie pas une enquête sur Thomas NLend » selon Europe 1, ce qui provoque la protestation de la société des rédacteurs de Marianne qui dénonce des « pressions intolérables » et que la position de Caroline Fourest au sein du journal « paraît intenable »[28],[29]. En , Caroline Fourest reconnaît avoir tenté d'influencer Marianne selon Arrêt sur images et annonce se retirer du conseil de surveillance de CMI ainsi que son intention de cesser de collaborer avec Marianne, tout en contestant avoir exercé des pressions directes sur la rédaction[30],[31].

En 2018, elle réalise le long-métrage Sœurs d'armes, son premier film de fiction, sur la lutte des combattantes kurdes durant la guerre civile syrienne. Le film reçoit un accueil mitigé de la presse française[32], certains lui reprochant un film de propagande[33],[34],[35] ou maladroit[36], quand d'autres, au contraire, saluent un film politique et engagé[37],[38],[39],[40]. Il subit un échec commercial[41].

À la rentrée 2020, elle intègre l'équipe des chroniques de l'émission 24 h Pujadas, l'info en questions, sur LCI[42].

Depuis , elle est directrice de la rédaction de l'hebdomadaire Franc-Tireur[43].

Vie privée

Elle épouse le , après trente années de vie commune, Fiammetta Venner, avec qui elle a écrit de nombreux textes[44],[45].

Engagements

Laïcité et opposition à l'islamisme

Initialement orientée vers des causes de gauche radicale, Fourest réoriente selon Éric Fassin ses thématiques vers la critique de l'islam au début des années 2000[46]. En 2001, la conférence de Durban et les attentats du 11 septembre marquent un tournant dans son engagement. Avec Fiammetta Venner, elle dénonce l'antisémitisme à Durban[47],[48] et analyse le comme une déclaration de guerre de l'islamisme aux démocraties laïques. Dans leur livre Tirs croisés, bien qu'elles traitent de tous les intégrismes religieux, elles identifient désormais l'islamisme comme présentant un « surcroît de dangerosité » occupant « la pôle position chez les intégristes »[3],[46].

Depuis la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques[46], Fourest s'oppose au port du voile, qu'elle considère comme incompatible avec sa conception de la laïcité[6], conception qu'elle oppose au modèle « anglo-saxon » et que la Revue du crieur qualifie de « maximaliste »[46]. Elle estime qu'une femme voilée est une militante politique et que porter le voile dans un pays laïc constitue un « choix plus régressif et réactionnaire » que dans un pays musulman[46]. Elle développe dès 2003 dans sa revue ProChoix une critique de ce qu'elle appelle une « gauche antiraciste qui devient antiblasphème », et théorise ainsi une « ligne de fracture » politique au sein de la gauche française. Influencée par Pierre-André Taguieff, elle reprend son terme d'« islamo-gauchisme »[46]. Un portrait publié par Le Monde en 2006 décrit toutefois son engagement comme relevant d’une tradition universaliste de gauche, inscrite dans une critique des intégrismes et en dialogue avec des intellectuels démocrates du monde arabo-musulman[3].

À partir de 2005, elle rejette le concept d'islamophobie, qu'elle considère comme un terme dangereux car selon elle forgé « par les mollahs iraniens et relayé par les courants islamistes » pour neutraliser la critique laïque de la religion. Sa thèse est réfutée en 2013 par les chercheurs Marwan Mohammed et Abdellali Hajjat qui établissent que le concept remonte aux administrateurs coloniaux français du début du XXe siècle[46],[49].

Alors journaliste à Charlie Hebdo, elle défend la publication des caricatures de Mahomet en 2006 aux côtés de Philippe Val, considérant cet acte comme relevant de l'« égalité » plutôt que de l'« humiliation »[46].

Elle s'oppose régulièrement à diverses organisations comme la Ligue de l'enseignement, l'Observatoire de la laïcité, le Collectif contre l'islamophobie en France ou la Commission nationale consultative des droits de l'homme, qu'elle accuse de complaisance envers l'islamisme[46].

Caroline Fourest s'oppose également à certains chercheurs, comme François Burgat[50] et Raphaël Liogier[51],[52],[53].

Pour Philippe Corcuff, « la tendance Venner-Fourest tend à amalgamer islamisme politique et islam »[49],[54].

Fethi Benslama, tout en exprimant des désaccords avec certaines analyses de Caroline Fourest, insiste sur la nécessité, pour la gauche, de distinguer critique de l’islamisme et stigmatisation des musulmans[3].

Tariq Ramadan

Depuis la publication en 2004 de son livre Frère Tariq, Caroline Fourest entretient un conflit public avec l'islamologue Tariq Ramadan. Dans cet ouvrage, elle dénonce ce qu'elle présente comme un double discours de la part de Ramadan, qu'elle accuse d'être modéré en public mais conservateur intégriste en privé, ce qu'il réfute. En 2017, dans le contexte des accusations de viol visant Ramadan, elle déclare avoir été en contact depuis 2009 avec des femmes se présentant comme victimes de l'islamologue[55].

Féminisme

Caroline Fourest, que certains médias présentent comme une « militante féministe »[3],[56],[57], a fondé avec Fiammetta Venner, redoutée des associations anti-avortement, la revue ProChoix, que Le Monde qualifie de « feuille féministe »[3].

Elle a été proche de l'association Ni putes ni soumises, mais critique ensuite Fadela Amara, alors présidente de l'association, lorsque celle-ci rejoint le ministère de Christine Boutin, que Fourest qualifie d'« intégriste chrétienne, provie, antiféministe »[49].

Par la suite, elle s'engage aux côtés des Femen, et participe activement à la diffusion de leurs actions en coréalisant le documentaire Nos seins, nos armes avec Nadia El Fani, sorti en 2012. Elle publie en 2014 un livre intitulé Inna, hommage à la dirigeante mouvement Inna Chevtchenko, mais que Fourest qualifie également de « livre de rupture » avec la leader des Femen, ayant pris ses distances avec l'organisation à la suite d'un tweet du mouvement décrivant la religion musulmane comme « laide ». Elle continue cependant d'affirmer ne pas regretter son soutien initial aux Femen, estimant qu'elles « tiennent tête au sexisme, à la dictature et à l'obscurantisme » malgré « leur jeunesse et leurs maladresses »[49].

En 2024, elle publie Le Vertige MeToo. Dans ce livre, elle estime que MeToo est une « belle révolution », mais qui a pu s'accompagner d'« excès » : elle appelle à ne pas mettre sur le même plan un viol et un geste déplacé, déclarant qu'il faut « graduer » et statuer « au cas par cas »[58]. Elle essuie des critiques de féministes qui estiment qu'elle affaiblit leur combat[58]. Selon Caroline Fourest, il est normal que son livre dérange les tenantes d'un féminisme politique "puisqu'il remet en question leur appropriation de ces luttes et leur façon de les mener". Elle réaffirme notamment un "féminisme universaliste" et "anti-essentialiste"[58],[56],[59],[60].

Politis estime que Caroline Fourest, qui préconise la nuance, n'a rien compris au continuum sexiste, et la qualifie d'« antiféministe »[61]. Mediapart qui voit également son livre comme un « antiféminisme », estime qu'elle a une posture surplombante et qu'elle s’emploie à démonter l’idée d’un continuum dans les violences sexistes et sexuelles[62]. Arrêt sur images lui reproche des erreurs factuelles sur des affaires #MeToo et le travail journalistique de Mediapart[63]. D'après Le Monde, Caroline Fourest « reconnaît qu’il existe un continuum entre les offenses sexistes et les violences sexuelles », mais elle considère qu'une distinction est nécessaire, afin de répondre de façon proportionnée[64]. Pour Les Inrocks, Caroline Fourest remet en cause les fondements du mouvement MeToo dans ce livre qualifié de « brûlot réactionnaire », et le journal lui reproche de soutenir une réaction « anti-féministe », et de minimiser la responsabilité des agresseurs[65]. Pour L'Express, le livre est un « vibrant plaidoyer pour que le féminisme continue à fabriquer des « guerrières, et pas seulement des victimes » »[66]. Télérama estime que Caroline Fourest a une posture du type « Toutes des geignardes… sauf elle », et son livre est une « condamnation déplacée »[67]. Pour La Tribune du Dimanche, Caroline Fourest est une militante féministe « brillante mais clivante » qui s'efforce d'incarner la nuance face aux extrémismes du #MeToo[68]. Challenges loue la recherche d'un équilibre « féministe et juste » - entendre la parole des victimes tout en préservant la présomption d'innocence - et salue « le travail d'un intellectuel digne de ce nom »[69]. Sud-Ouest remarque que leVertige MeToo est « parfois présenté à tort comme un brûlot contre la libération de la parole » et que ses détracteurs lui font dire « le contraire de ce qu'il exprime »[60]. Selon le magazine Transfuge, l'ouvrage est "précis, pondéré, ferme face aux abus sexuels, sans amalgame ni invective" et plaide pour une "présomption de véracité (...) mais avec discernement"[70].

Défense de l'universalisme républicain

Dans son ouvrage La Dernière Utopie, menace sur l'universalisme, Caroline Fourest soutient que l'universalisme républicain traverse une crise contemporaine. Elle examine comment le multiculturalisme mal compris et le différentialisme culturel remettraient en question les principes universels établis par la Déclaration universelle des droits de l'homme. L'auteure dénonce la justification de certaines pratiques comme l'excision ou le port de la burqa et du tchador au nom de la tolérance culturelle, le « communautarisme », ainsi que l'instrumentalisation des droits fondamentaux par les États selon leurs intérêts. Son analyse se concentre principalement sur les modèles français et anglo-saxons[71],[72].

Prises de position sur la guerre à Gaza depuis 2023

D'après Politis, Orient XXI et Daniel Schneidermann, Caroline Fourest reprend au sujet de la guerre à Gaza le narratif du gouvernement israélien, notamment en déclarant qu'on ne peut « comparer le fait d'avoir tué des enfants délibérément en attaquant comme le fait le Hamas, et le fait de tuer des enfants involontairement en se défendant comme le fait Israël »[73],[74] et en ayant repris la désinformation sur les prétendus bébés décapités par le Hamas diffusée par une journaliste israélienne[75].

Fourest conteste les bilans de victimes fournis par le ministère de la Santé de Gaza, déclarant que le nombre réel de victimes devrait être divisé « si ce n'est par cinq, au moins par dix », bien que les chiffres avancés par le ministère du Hamas soient jugés crédibles par plusieurs institutions et organisations non-gouvernementales internationales ainsi que par plusieurs enquêtes journalistiques[76],[77], et qu'ils ne divergent pas significativement des chiffres provenant des autorités israéliennes[78]. Fourest justifie cette position par l'absence de journalistes sur place pour vérifier les données[76],[77].

En , dans une chronique consacrée au traitement médiatique de la guerre, Caroline Fourest dénonce ce qu'elle considère comme « deux ans de manipulations » pro-palestiniennes. Selon Libération, si elle relève justement plusieurs erreurs — comme l'utilisation de photos de la guerre civile yéménite pour illustrer la famine à Gaza par certains médias ou celle d'une image d'un otage israélien pour critiquer les conditions de détention des prisonniers palestiniens par la militante Greta Thunberg —, son intervention contient également des inexactitudes factuelles. Elle accuse ainsi le journaliste gazaoui Saleh al-Jafarawi d'être « un des acteurs de Pallywood » en se basant sur un montage erroné du ministère israélien des Affaires étrangères, et prétend faussement que l'Organisation des Nations unies aurait changé ses critères de mesure pour pouvoir déclarer Gaza comme étant en situation de famine[78].

Polémiques

Pour Le Monde, son positionnement d'essayiste ultramédiatique séduit autant qu'il irrite, à l'extrême droite comme à gauche[79]. Selon Éric Lioret de Libération, on lui reproche « tout et son contraire, ce qui plaide plutôt en sa faveur »[80].

En , le jury des Indivisibles décerne un prix satirique à Caroline Fourest[81],[1]. Celle-ci s'en indigne[82] et indique son intention de porter plainte « pour diffamation et injure, voire pour incitation à la haine »[83]. En , Caroline Fourest est de nouveau distinguée par le jury des Indivisibles[84],[85].

Décisions judiciaires

  • À la suite de la publication de l'ouvrage Marine Le Pen, cette dernière dépose plainte et, le , le tribunal correctionnel de Paris condamne Caroline Fourest, sa coautrice Fiammetta Venner et son éditeur pour diffamation[86],[87] « pour certains de ses extraits, les relaxant pour les autres »[88]. Caroline Fourest commente et détaille ce jugement ainsi que les raisons qui les ont poussées à ne pas faire appel[87].
  • Le , Caroline Fourest est condamnée en première instance par la 17e chambre du tribunal de grande instance de Paris pour avoir diffamé une jeune fille musulmane voilée, Rabia Bentot, victime d'une agression à Argenteuil[89],[90]. Fourest fait appel et, en , la cour d'appel de Paris constate la prescription de l'action de 2014 contre Fourest, l'annulation de la condamnation précédente[91],[92] et condamne la partie adverse à lui verser 4 000 euros de frais de procédure[93].
  • En , Caroline Fourest est déboutée de sa plainte contre Nordine Saïdi, ancien porte-parole du parti belge « Égalité ». Elle avait déposé plainte contre lui à la suite de son partage d’une vidéo faisant le rapprochement entre l’essayiste et Anders Behring Breivik[94].

Publications

Filmographie

Documentaires

  • Sœur Innocenta, priez pour nous !, moyen-métrage documentaire (coréalisé avec Fiammetta Venner)
  • Safia et Sarah, court-métrage, 18 minutes (écriture et réalisation ; produit par Pixelum, 2004)
  • Hymen : certifiées vierges (Envoyé spécial, 2008)
  • La Bataille des droits de l'homme (Arte, )
  • Des petits soldats contre l'avortement (Canal+, )
  • Marine Le Pen, l'héritière, documentaire (coréalisé avec Fiammetta Venner), diffusé sur France 2 le [95]
  • 100 femmes musulmanes se racontent, série documentaire de 20 épisodes sur France 24 depuis le (coréalisé avec Fiammetta Venner)
  • Nos seins, nos armes !, documentaire sur Femen coréalisé et écrit avec Nadia El Fani, diffusé sur France 2 le [96]
  • Les Réseaux de l'extrême, série documentaire en quatre parties, diffusée sur France 5 en 2013 Titres des quatre épisodes : Les Obsédés du complot, Les Radicaux de l'islam, Les Enragés de l'identité et Les Naufragés de Sion.
  • Cahiers de Doléances, série documentaire en neuf épisodes contre les préjugés, diffusée sur LCP[97] en 2014 et 2015. Titres des épisodes : « La Laïcité, jusqu'où ? », « Homos, des familles comme les autres ? », « Le blasphème en danger ? », « Haro sur les Roms ? », « Touche pas à mon genre ? », « Anti-Islam, la France ? », « Minorités : deux poids deux mesures ? », « Trop d'immigrés ? », « Trop d'incivilités ? »[98],[99].
  • Parcs de la paix. Le dernier rêve de Nelson Mandela, diffusé sur Arte, le [100].

Fiction

Documentaires audio

  • Tariq Ramadan et son double, France Culture, 2009.
  • Les Urnes d'Odessa, France Culture, 2014[101].

Distinctions

Décorations

Récompenses


Notes et références

Annexes

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