Henri Chassaing
homme politique français
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Henri Chassaing est un ancien résistant français, militant et élu communiste né le à Meyssac et mort le à Bordeaux.
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Cany Poirier, Martine et Dominique, filles |
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Tauba Berkovitch Ossipovitch dite Thérèse Osbert Régine Allo |
Biographie
Henri nait le à Meyssac (Corrèze)[1] dans une famille de paysans très modestes[2].
Ce sont les manifestations de 1927 pour Sacco et Vanzetti auxquelles il participe qui le poussent à s'engager au Parti communiste français, au sein duquel il assume rapidement des responsabilités politiques et de formation dans la région parisienne, notamment celle d'encadrant de la Main-d’œuvre immigrée dans la direction régionale du parti[3].
En , il contracte un mariage blanc avec une immigrée juive et communiste née à Odessa, Tauba Berkovitch Ossipovitch pour lui éviter d'être expulsée de France[3].
Fin 1936, il devient secrétaire fédéral de Gironde[2]. De sa compagne Régine Allo[N 1] il a cette année là une fille, Henriette, dite Cany, qui deviendra en 1979 députée européenne sur la liste du Parti communiste.
La Résistance
À l'approche de la guerre, Henri met en place le "triangle de direction" clandestin qui assurera la gouvernance locale du parti dans l'illégalité[4]. Mobilisé en 1939[2], il est capturé par les Allemands et interné successivement dans plusieurs camps de prisonniers où il organise la résistance[2], notamment Rawa-Ruska[5]. Il s'évade au printemps 1944, pour gagner tout d'abord Nancy, où il s'implique dans la Résistance[2].
En juin, de retour à Bordeaux, il crée la branche girondine des Amis de l'Humanité[2].
Carrière politique
À la Libération, il est réélu secrétaire fédéral du Parti communiste en Gironde, poste qu'il occupe jusqu'en 1949. Il reprend alors son travail d'ouvrier, et s'implique dans le syndicalisme à la CGT[2].
Deux autres filles viennent au monde, Martine et Dominique. Il est conseiller municipal de Bordeaux[réf. souhaitée].
Le , alors secrétaire de l'Union locale de la CGT, il prononce à la Bourse du travail de Bordeaux un discours hostile à l'Algérie française à l'occasion des obsèques des personnes tuées le 8 février à la station de métro Charonne. Ce même soir, l'OAS lance une bombe contre son appartement, qui fait un blessé léger[6].
Il est maire de Bassens de 1971 à 1977[2].
Ses responsabilités l'emmènent à interpeller plusieurs dirigeants politiques de premier plan, comme Philippe Henriot, qu'il accuse en public en 1936 d'être un « vieux fasciste, d'approuver Mussolini et Hitler et de traiter la France de pourrie dans ses conférences à l'étranger » [7], ou Jacques Chaban-Delmas en 1946, qu'il qualifie de « général de la trève » pour critiquer son attitude à la libération de Paris[8].
En 1998 à plus de 90 ans, il témoigne à sa demande au procès de Maurice Papon, pour évoquer « ce qui est un peu absent de ces débats, la résistance populaire à la montée du fascisme et à la répression de l'époque »[9]. Il y nie toute appartenance à la Résistance de l'ancien secrétaire général vichyste de la préfecture de la Gironde[2] et clame à l'accusé : « Vous n'avez pas fait ce que vous auriez pu. Un soldat a le devoir de refuser un ordre contraire à la loi ou à l'honneur. Le numéro 3 de la préfecture régionale s'est dispensé de cette formule, il doit être condamné »[10].
Il meurt le à Bordeaux des suites d'un accident de voiture[1],[2],[11].
Récompenses
Henri Chassaing a été fait chevalier de la Légion d'honneur. Il est décoré de la Médaille militaire, de la Croix de guerre 1939-1945 et de la Croix de Combattant volontaire de la Résistance[11].