Henri de Bourgogne (évêque de Lausanne)
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| Évêque de Lausanne Diocèse de Lausanne (d) | |
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Eginolfus de Lausanne (d) |
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Adélaïde de Bourgogne (tante) |
Henri, dit de Bourgogne, mort le , à Lausanne, est un évêque de Lausanne de la fin du Xe siècle et du début du siècle suivant, proche parent de la famille royale de Bourgogne.
Origines
Les origines d'Henri ne sont pas précisément connues. La Helvetia Sacra indique que d'après l'analyse de la documentation il y a des liens étroits avec la famille royale de Bourgogne[1]. Il est considéré comme le neveu de l'impératrice Adélaïde, épouse d'Otton Ier[2],[3].
Tout comme lui, Hugues, évêque de Genève (993-1020), est mentionné comme neveu de l'impératrice, dans un acte de 999 (Quibus in locis [Genève et Lausanne] a rege et ab episcopis, suis videlicet nepotibus, honorabiliter suscepta), toutefois les auteurs du Régeste genevois (1866) indiquaient que cette parenté n'était pas établie[4].
Épiscopat
Henri est ordonné évêque de Lausanne, en 985[2],[3]. Il est mentionné dans plusieurs du diplômes entre 993 et 1018[3].
Il assiste, en 993, au sacre du nouveau roi, Rodolphe III, neveu d'Adélaïde[2].
Il est témoin lors de la confirmation, en 993/994, de l’élection d'Odilon, abbé de Cluny[2]. Il est présent lors de la fondation du prieuré de Bevaix (998), de la donation de l'abbaye de Moutier-Grandval (1000) ou encore à une donation de bien au couvent de Romainmôtier[2]. En 1007, il participe au concile de Francfort[3].
En 999, Adélaïde, veuve, se rend à Genève où elle visite l'église de Saint-Victor, en présence du roi, de ses deux neveux (voir ci-dessus)[4].
Il est à l'origine de la reconstruction de la cathédrale de Lausanne[3].
Obtention des droits sur le comté de Vaud
En 1011, le roi lui donne, à Vevey, le comté de Vaud[3], c'est-à-dire la charge de comte et les droits régaliens[5],[6] (droits publics exercés à l'origine par le roi), sur l'étendue du comté, le protégeant ainsi des convoitises des seigneurs laïcs[7].
Même si l'acte reste peu précis, l'évêque semble avoir obtenu le droit de frapper monnaie[7],[8]. La première monnaie de Lausanne lui a été attribuée, notamment avec l'interprétation des lettres CIVS sur le revers de la pièce, à partir desquelles certains ont voulu en faire la fin de [HENRI]CIVS, alors qu'il pourrait également s'agir CIV(ITA)S[7],[8]. La seule certitude concernant cette pièce reste qu'elle appartient au royaume de Bourgogne (Raemy Tournelle), mais son émteur peut autant etre peut aussi bien être le roi Rodolphe III, que les évêques de Lausanne Henri ou Hugues, dits de Bourgogne[7].
Mort et sépulture
Henri meurt assassiné, le , à Lausanne[2],[3]. Les raisons précises ne sont pas connues[2], mais Gilbert Coutaz considère que cela pourrait être mis en lien avec les « tensions brutales, mais momentanées, entre Rodolphe III et l'empereur Henri II »[3].
Son corps est inhumé dans de la cathédrale de Lausanne[2]. Son gisant a été ancienne identifiée[2], notamment au XVIIIe siècle avec l'historien vaudois Abraham Ruchat (1680-1750) et reprise par Albert de Montet (1880)[9],[10]. La « Pierre tombale de l'évêque Henri » se trouve placée dans « dans la nef, devant le crucifix »[9].
Concernant le gisant Gaëtan Cassina, professeur associé d'Histoire de l'art monumental régional, rappelle cependant « que le doute plane toujours — sinon plus que jamais… — au sujet de la dalle funéraire intégrée au sol du déambulatoire dans l'axe du choeur. […] longtemps considéré comme celle du bâtisseur de l'église de l'An Mille, Henri de Bourgogne […] »[11]. Montet réfutait en 1880[10] la prudence apportée par la légende du plan Ritter (1786) indiquant « tombeau suposé de Henri Premier Evêque et Fondateur de l'Eglise »[10], et ne relevant pas le questionnement de Grégoire Champseix (1855)[12].
Références
- ↑ Helvetia Sacra, p. 102-103.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Helvetia Sacra, p. 103.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Gilbert Coutaz, « Henri de Bourgogne » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
- 1 2 Paul Lullin et Charles Le Fort, Régeste genevois : Répertoire chronologique et analytique des documents imprimés relatifs à l'histoire de la ville et du diocèse de Genève avant l'année 1312, Société d'histoire et d'archéologie de Genève, , 542 p. (lire en ligne), p. 40-41.
- ↑ Gilbert Coutaz, « Vaud » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
- ↑ Paul Lullin et Charles Le Fort, Régeste genevois : Répertoire chronologique et analytique des documents imprimés relatifs à l'histoire de la ville et du diocèse de Genève avant l'année 1312, Société d'histoire et d'archéologie de Genève, , 542 p. (lire en ligne), p. 43.
- 1 2 3 4 Carine Raemy Tournelle, « Les monnaies épiscopales de Lausanne, un long chemin de l'anonymat à la signature », dans Yvan Louskoutoff, Héraldique et numismatique IV - Moyen Âge, temps modernes, Mont-Saint-Aignan, Presses universitaires de Rouen et du Havre, , 292 p. (lire en ligne), p. 53-76.
- 1 2 Anne Geiser, « Les débuts du monnayage de l'Evêché de Lausanne et un denier inédit d'Henri de Lenzbourg », Bulletin de l'Association des amis du Musée monétaire cantonal, no 20, , p. 78-85 (lire en ligne).
- 1 2 Albert de Montet, « Les tombeaux d'évêques de la cathédrale de Lausanne », Société vaudoise d'histoire et d'archéologie, no 38, , p. 107-120 (lire en ligne)
- 1 2 3 Claire Huguenin, Serge Volken, Marquita Volken, « L'énigme Roger de Vico Pisano », dans Claire Huguenin, Gaëtan Cassina, Dave Lüthi (dir.), Destins de pierre. Le patrimoine funéraire de la cathédrale de Lausanne, Lausanne, coll. « Cahiers d'archéologie romande », , 296 p. (lire en ligne), p. 67-76.
- ↑ Gaëtan Cassina, « Avant-propos », dans Claire Huguenin, Gaëtan Cassina, Dave Lüthi (dir.), Destins de pierre. Le patrimoine funéraire de la cathédrale de Lausanne, Lausanne, coll. « Cahiers d'archéologie romande », , 296 p. (lire en ligne), p. 7.
- ↑ Grégoire Champseix, Notre-Dame de Lausanne, Bruxelles, (lire en ligne), p. 33-34.
Voir aussi
Bibliographie
- Patrick Braun, Helvetia Sacra : Section IV : Le diocèse de Lausanne (VIe siècle–1821), de Lausanne et Genève (1821–1925) et de Lausanne Genève et Fribourg (depuis 1925), Bâle, Helbing Lichtenhahn Verlag, , 564 p. (ISBN 3-7190-0998-X, lire en ligne [PDF]).
Articles connexes
Liens externes
- (en) Charles Cawley, « Burgundy kingdom, Kings — Chapter 2. Kings of Upper Burgundy », sur Medieval Lands, Foundation for Medieval Genealogy, 2006-2025.