Un soir d'août 1132, un groupe d'une quinzaine de jeunes nobles allemands vient demander le refuge à l'abbaye de Morimond, située aux frontières de la Lorraine et de la Champagne, dans lequel se trouvent Henri, fils du comte de Carinthie, Herbert de Moravie, Conrad de Thuringe, et surtout Otton de Freising, fils de LéopoldIII d'Autriche et d'Agnès de Franconie. Ceux-ci sont frappés par la forte sérénité qui se dégage du lieu, aussi le frère chargé de l'accueil fait appeler l'abbé GauthierIer, proche de Bernard de Clairvaux, et ils lui font part de leur volonté d'intégrer le monastère. Ces jeunes nobles ont reçu une formation solide, aussi l'abbé prend la décision de les faire poursuivre leurs études à Paris dans ce qui devient peu à peu le collège des Bernardins[2]. Otton deviendra en 1138 abbé de Morimond puis évêque de Freising en Bavière. L'exemple de ces jeunes nobles ouvrira la voie à la noblesse allemande[2].
Il constate que l’abbaye de Boulancourt s’est relâchée de sa ferveur passée, aussi il se rend sur les lieux et met les religieux sous la conduite de saint Bernard qui rappelle à cette maison la bonne odeur de la piété[3].
Il est présent à la consécration et à la dédicace de l’église du monastère de Neuvesbourg, diocèse de Strasbourg, où il fait la cérémonie avec Burchard, évêque de Strasbourg[3].
La légende raconte qu'en sa présence, en son palais épiscopal de Troyes, Bernard de Clairvaux opéra un miracle sur une fille courbée et si faible qu’elle ne pouvait se tenir debout[3].
En 1159, en tant qu'évêque diocésain, il prononce un jugement sur le mariage de Robert et de la fille de Hugues de Broyes. Il y eut appel au pape qui commit les évêques de Meaux et d'Amiens pour juger de l'appel sans pouvoir juger du fond, dont la connaissance appartenait à celui de Troyes. Il donna son témoignage comme présent à l'arrêt authentique qui régla les prétentions réciproques d'Alain de Larrivour, évêque d'Auxerre, et de GuillaumeIII[3], comte de Nevers, et beau-frère d'Henri car époux de sa sœur: Ide de Carinthie[1].
Patrick Corbet, «Henri de Carinthie, évêque de Troyes (1145-1169). Un cistercien entre France et Empire», Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol.157, no1, , p.469–488 (DOI10.3406/crai.2013.95337, lire en ligne).