Henri de Corbie
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Henri Joseph Marie Antoine de Corbie |
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Charles de Gaulle (cousin germain) Jeanne Maillot (d) (tante) |
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Henri de Corbie, né le à Lille dans le Nord et mort pour la France à Œuilly dans le département de l'Aisne, le , est un cousin germain de Charles de Gaulle et poète français du début du XXe siècle. Son nom est inscrit au Panthéon parmi les 560 écrivains morts au combat pendant la Première Guerre mondiale.
Henri Joseph Marie Antoine de Corbie, né le au 9 rue Princesse à Lille[1], est le fils de Louis Joseph Gustave Adolphe de Corbie (1860-1947), professeur de droit et de Noémie Julie Apolline Maillot (1861-1939)[2]. Du côté de sa mère, il est le cousin germain de Charles de Gaulle[3], qui a trois ans à sa naissance et est né comme lui dans la maison de leurs grands-parents maternels[4].
Il commence ses études à l'école libre Saint-Joseph de Lille[1] où il est lauréat d'un des prix d'humanités en [5], les poursuit chez les jésuites au Touquet et prépare ensuite la licence ès lettres[1]. Début 1914, il écrit dans L'Escholier, la revue des étudiants de l'Université catholique de Lille[6] et appartient au groupe d'étudiants d'Action française[7].
En , quelques mois après le début de la Première Guerre mondiale, il est incorporé avec la classe 1914 au 151e régiment d'infanterie[1],[8] et prend part à la bataille de Champagne où il est blessé en [9]. Passé au 137e régiment d'infanterie en , il combat sous Verdun et est de nouveau blessé[9]. Nommé caporal en , puis sergent en [8], il suit un stage d'élève-aspirant au centre d'instruction de Joinville[9], avant d'être promu aspirant en [10],[4].

Quand il rejoint son régiment, celui-ci est engagé dans la bataille du Chemin-des-Dames[9]. Henri de Corbie sert à la 3e compagnie de son régiment lorsqu'il est grièvement blessé à l'assaut du ravin de Bovelle le [3]. Transporté à l'ambulance 12/20 à Œuilly, il meurt de ses blessures le même jour[11],[12].
Sa citation à l'ordre de l'armée en précise les circonstances : « a contribué le à la prise du blockhaus qui arrêtait la progression de son bataillon, conduisant avec héroïsme le combat de sa section. Est tombé mortellement blessé »[13].
Il est inhumé à la nécropole nationale d'Œuilly (tombe 484)[14].
Œuvres principales
- Antoine Redier rapporte dans La Revue française politique et littéraire qu'on a trouvé ces vers dans son carnet[15] :
Le corps percé de douze balles
Je veux mourir un matin gris
Sans une plainte, sans un râle…
A quoi bon les plaintes, les cris ?
Et que ce soit pour ma patrie,
Pour son visage de beauté
Si cruellement insulté,
Pour sa douce face meurtrie !
J’aurai vécu, lutté, souffert
Pour une cause juste et belle
Et donné tout mon sang pour elle
D’un cœur généreux, libre et fier.
J'ai connu l'affreuse amertume
Des soldats meurtris et broyés
Car un fer rouge sur l'enclume
Par le feu des lourds obusiers.
Voici la fin, voici le Rêve
Qui ne lasse et ne déçoit pas,
Mais qui vous prend entre ses bras
Pour vous bercer sans fin ni trêve.
Ah ! Sur l'âpre sol dévasté
Être une forme qui repose,
Dans ce décor d'immensité,
Un cadavre est si peu de chose !
Et je serai ce jeune mort
Qui n’a ni linceul, ni demeure,
Et qui laisse couler les heures ;
L’heure est douce à celui qui dort.
Distinctions
- I
Médaille militaire, à titre posthume, arrêté du [13]
Hommages
- Le nom de Henri de Corbie est inscrit au Panthéon dans la liste des 560 écrivains morts pour la France[16].
- Son nom figure sur la plaque commémorative 1914-1918 aux étudiants en droit morts pour la France de l'université de Lille et sur le monument aux morts de Wismes[17].
- En , l'actrice Madeleine Barjac lit des poésies de Henri de Corbie et Georges Pancol lors d'une séance des matinées poétiques de la Comédie française[18].
