Henri de Rarogne
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| Évêque de Sion Diocèse de Sion | |
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Boson de Granges (d) Rodolphe de Valpelline (d) |
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Henri de Rarogne (d) |
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Ulrich de Rarogne (d) |
Henri de Rarogne (en allemand Heinrich von Raron), dit le Bon, né vers 1200 et mort le , est un évêque de Sion du XIIIe siècle.
Origines
La date de naissance d'Henri de Rarogne n'est pas précisément connu, il serait né vers 1200[1],[2]. Il appartient à une puissante famille baronnale de Rarogne, situé dans le Haut-Valais[1].
Il est le fils d'Henri († ), chevalier, seigneur de Mannenberg dans le Simmental, et considéré comme l'ancêtre des Rarogne en Valais[3],[4]. Vidomne de Rarogne et de Loèche, son père est de fait vassal de l'évêque de Sion[3].
Henri a trois frères, Amédée, Jean et Ulrich, qui sont chevaliers et qui sont les auteurs des trois principales branches de la famille[3],[4].
Au service de l'Église de Sion
Son père et son frère aîné, Amédée, sont des proches de l'évêque Landri de Mont, vers 1210[1]. Son père est notamment l'un des arbitres, en 1220, lors du règlement d'un conflit opposant l'évêque aux barons de La Tour (von Turn)[1],[5].
Henri de Rarogne est mentionné pour la première fois en 1221 comme chanoine de Sion[2]. Il devient ensuite chantre et chancelier du chapitre cathédral (1233-1237), et obtient le doyenné de Valère (1238-1243)[2].
À la mort de Boson II, en , en tant que doyen, il fait partie de l'entourage de l'évêque présent[1].
Épiscopat
Henri de Rarogne devient évêque de Sion et comte du Valais, en 1243[2]. Il est un évêque élu (« electus Sedunensis ») et mentionné comme tel dans la documentation à partir du [1]. Il semble recevoir l'ordination épiscopale au printemps suivant, puisqu'il est appelé en avril « episcopus »[1].
Son épiscopat, qui se termine à sa mort en 1271, correspond quasiment au Grand Interrègne[1],[2], c'est-à-dire la vacance du trône impérial du Saint-Empire romain. Le pape Innocent IV fait plusieurs demandes répétées pour qu'il apporte son soutien à Guillaume II de Hollande[1],[6]. Le , alors qu'il se trouve à Lyon, le pape l'exhorte d'apporter son soutien aux Kybourg, partisans de Guillaume, lui promettant par la suite la pleine possession de toutes les terres qu'il aurait conquises sur les ennemis de l'Église dans le diocèse de Lausanne[6],[1]. Profitant de l'absence du comte de Savoie, Pierre II, Henri de Rarogne entre en scène et s'empare de plusieurs qui lui seront confirmés par Guillaume II de Hollande[6]. Toutefois, les Savoie ne tardent pas à réagir en envahissant puis en soumettant le Valais[6].
En raison de ce contexte instable, il conclut, à Loèche , une alliance d'aide réciproque de dix ans avec Berne[7],[2], pour qui le Valais est stratégique[8]. L'acte est la « premier document officiel établi entre le Valais et un futur canton suisse »[8].
En raison de cette situation, mais aussi à cause de l'enchevêtrement des possessions épiscopales et savoyardes et des droits de suzeraineté et de vassalité qui en résultent, les tensions entre l'évêque et les Savoie s'accrurent[6]. Les violences sont importantes et l'évêque est contraint de demander la paix[6]. Il est obligé en cédant à la Savoie, en 1260, les possessions épiscopales dans le Bas-Valais[2], se situant de part et d'autre de la Morge[9]. Les arbitres de l'évêque sont les chevaliers Jocelin, vidomne de Sion, et Amédée de Rarogne, son frère[10]. Le traité sera toutefois annulé huit ans plus tard.
Il est l'auteur de nouveaux statuts pour la ville de Sion, en 1269[2].
En tant qu'évêque, il favorise ses neveux dans l'obtention de charges et de fiefs épiscopaux[3].
Notes et références
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Helvetia Sacra, p. 167.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Philipp Kalbermatter (trad. Clémence Thévenaz Modestin), « Henri de Rarogne » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- 1 2 3 4 Hans Kalbermatten (trad. Salomon Rizzo), « de Rarogne » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- 1 2 Louis Blondel, « Le château de de Rarogne (Raron) », dans Annales valaisannes, vol. 8, t. 27, Sion, , 141-153 p. (lire en ligne [PDF]).
- ↑ Victor van Berchem, Guichard Tavel, évêque de Sion, 1342-1375 : étude sur le Vallais au XIVe siècle, Zurich, Impr. Berichthaus, , 369 p. (lire en ligne), p. 287.
- 1 2 3 4 5 6 Hilaire Gay, Histoire du Valais depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours, Genève, A. Jullien, , 214 p. (lire en ligne [PDF]), p. 77-85.
- ↑ Helvetia Sacra, p. 168.
- 1 2 « Exposition : Le Valais, Berne et les Confédérés (13e-18e s.) » (consulté en ), Traité d'alliance entre l'évêque de Sion Henri Ier de Rarogne et la ville de Berne.
- ↑ Bruno Galland, « Les papes d’Avignon et la maison de Savoie (1309-1409) », Publications de l'École française de Rome, vol. 247, , p. 29 (lire en ligne).
- ↑ Louis de Charrière, Les sires de La Tour, mayors de Sion, seigneurs de Châtillon, en Vallais, et leur maison ; Le vidomnat de Morges et ses attributions, Lausanne, Impr. G. Bridel, , 256 p. (lire en ligne), p. 70.
- ↑ Helvetia Sacra, p. 169.
Voir aussi
Bibliographie
- Patrick Braun, Brigitte Degler-Spengler, Elsanne Gilomen-Schenkel, Helvetia Sacra : Section I, vol. 5 : Archidiocèses et diocèses V, Bâle, Helbing Lichtenhahn Verlag, , 564 p. (ISBN 3-7190-1595-5, lire en ligne [PDF]).
- Bruno Galland, « Les papes d’Avignon et la maison de Savoie (1309-1409) », Publications de l'École française de Rome, vol. 247, , p. 351, 353-355.
Articles connexes
Liens externes
- Ressource relative à la religion
: - Hans Kalbermatten (trad. Salomon Rizzo), « de Rarogne » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- Dossier, « Sion (évêché) » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du