Henry VIII (opéra)
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Henry VIII est un opéra en quatre actes et six tableaux de Camille Saint-Saëns sur un livret de Léonce Détroyat et Armand Silvestre[1], inspiré par le Schisme d'Angleterre (La Cisma de Ingalaterra) de Pedro Calderón de la Barca et créé à Paris le à l'Opéra Garnier à Paris[1].


| Rôle | Type de voix | Distribution lors de la première, le (Chef d'orchestre : Ernest Altès) |
|---|---|---|
| Henry VIII, roi d'Angleterre | baryton | Jean Lassalle |
| Catherine d'Aragon | soprano | Gabrielle Krauss |
| Anne Boleyn | mezzo-soprano | Alphonsine Richard |
| Susan Clarencieux (en) | soprano | Mlle Nastorg |
| Don Gomez de Féria, ambassadeur d'Espagne (es) | ténor | Étienne Dereims |
| Cardinal Campeggio, légat du pape | basse | Auguste Boudouresque |
| Le duc de Norfolk | basse | Eugène Lorrain |
| Le Comte de Surrey | ténor | Étienne Sapin |
| Cranmer, archevêque de Cantorbéry | basse | M. Gaspard |
| Garter, roi d'armes | ténor | M. Malvaut |
| Un huissier de la cour | basse | M. Boutens |
| Quatre seigneurs | 2 ténors, 2 basses | |
| Un officier | ténor | |
| Seigneurs, juges, membres du Parlement, officiers et soldats, pages, dames d'honneur, hommes et femmes du peuple, etc. |
Autres premières
- Milan : à la Scala
- Moscou: au théâtre Bolchoï
- Londres : à Covent Garden
- Monaco : au théâtre de Monte-Carlo
Argument
Le roi Henry VIII veut divorcer de la reine Catherine d'Aragon pour pouvoir épouser Anne Boleyn. Or il lui faut l'accord de la papauté qui rejette une telle décision.
Acte I
Londres, 1533. Dans les coulisses du palais du roi Henry VIII, les intrigues, soupçons et accusations diverses vont bon train. Les uns sont déchus, tel le comte de Buckingham qui vient d’être condamné à mort, tandis que les autres sont élus, tel Don Gomez qui fête son accession au poste d’ambassadeur d’Espagne, honneur qu'il doit à sa bien-aimée, Anne de Boleyn. Le roi aurait l'intention d’épouser cette dernière et la nomme dame de compagnie de la reine Catherine d’Aragon, qu'il voudrait répudier. Mais le mariage est sacré et l'accord de l'Eglise est indispensable pour le faire annuler.
Catherine d'Aragon essaye en vain d'obtenir la grâce de Buckingham tandis que Don Gomez s'inquiète de la passion du roi pour Anne de Boleyn.
Acte II
Plus tard, dans les jardins de Richmond, Anne de Boleyn est venue seule avec le roi pour une fête en son honneur, alors que la reine demeure à Londres. Don Gomez, inquiet et fébrile, reproche à Anne de négliger leur relation. Cette dernière tente de le détromper, mais Henry surprend leur conversation. Resté seul avec celle qu'il convoite amoureusement, le roi cherche à la séduire, mais elle se refuse. Il lui promet alors de rompre son mariage avec Catherine, engagement qui conduit Anne Boleyn à accepter l'union. Elle est heureuse de cette bonne fortune, mais Catherine arrive depuis Londres et lui reproche ouvertement son ambition. Henry fait alors comprendre à la reine que leur mariage est terminé. Le légat du Pape est également de la fête où Anne triomphe. Les festivités commencent.
Le ballet
Acte III
Premier tableau
Henry se met dans une colère noire à l'égard de l’autorité papale qui refuse toujours le divorce. Il réaffirme sa passion pour Anne, tandis que celle-ci le supplie de renoncer à leur union malgré leur amour réciproque. Henry la soupçonne de ne pas être sincère puis reçoit enfin le légat du pape qu'il a fait attendre. L'entrevue est orageuse, Henry reprochant à l'envoyé de Rome de ne pas obéir à ses ordres, ce dernier proclamant sa foi et l'impossibilité d'accepter ce divorce. Malgré les risques de schisme avec l'Eglise, Henry s'obstine et annonce qu'il s'en remettra à son peuple, ce qui provoque une grande inquiétude du légat.
Deuxième tableau
Et c'est au Parlement que le roi Henry demande officiellement de prononcer l’annulation de son mariage avec Catherine. Don Gomez se range du côté de la reine qui supplie le roi de ne pas trahir leur union. Le jeune ambassadeur craint que la décision du roi ne provoque une guerre, mais le roi parvient à obtenir l'assentiment de l’assemblée parlementaire. Les menaces du légat d'annuler toute décision remettant en cause le mariage du roi, conduisent ce dernier à faire appel ouvertement au peuple qui soutient sans hésiter le souverain. Le roi annonce son mariage avec Anne de Boleyn et est immédiatement excommunié.
Acte IV
Premier tableau
Anne et Henry sont mariés depuis quelque temps quand Anne s’inquiète de l’humeur de son époux lorsqu'arrive l'ambassadeur d'Espagne, Don Gomez avec un message de la reine répudiée. Anne craint qu'il ne la trahisse en révélant au roi leur ancienne relation mais ce dernier lui jure avoir brûlé toutes leurs lettres. Le roi qui surprend leur rencontre, voit en Don Gomez un possible rival dans le cœur de sa femme mais ce dernier lui transmet le message désespéré de Catherine et le roi décide d'aller la voir avec l'ambassadeur.
Deuxième tableau
Mourante, Catherine donne à Don Gomez son livre de prières qui contient la lettre envoyée par Anne Boleyn sollicitant les faveurs de la reine d'alors pour lui accorder les honneurs de ce poste. Face à Anne, Catherine lui reproche de n'avoir jamais aimé Don Gomez tandis qu'Anne riposte en lui parlant de la fameuse missive qu'elle veut récupérer. Catherine menace de la donner au roi, moment précis où Henry arrive persuadé qu'il tient la preuve de l'infidélité d'Anne mais Catherine jette la lettre compromettante au feu et meurt. Le roi, fou de rage, menace de la hache tous ceux qui l’ont trahi.
Airs principaux et aspects musicaux
Henry VIII représente une illustration musicale du grand opéra à la française, aux références historiques précises, avec ses quatre actes et son ballet, et ses emprunts dès le prélude « à quelques pages inspirées du répertoire musical de la Renaissance (par exemple une pièce de William Byrd à l’acte IV, pour accompagner les divertissements organisés dans les appartements d’Anne Boleyn » comme le souligne le site du Palazzetto Bru Zane[2].
Citons parmi les airs les plus célèbres :
« Ô mon maître et Seigneur vous m'avez demandée » (Catherine d'Aragon) - (Acte I, Scène V)
« Reine ! Je serai reine ! » (Ann Boleyn) - Acte II
« Anne triomphe! » (Octuor) - Acte II, Scène X
« Au nom de Clément sept, pontife souverain » - Acte III, Le Synode
« Bravo! du divertissement » - Acte IV, Premier Tableau, Scène I:
« Ô cruel souvenir » (Catherine d'Aragon) - Acte IV