Histoire de Digne-les-Bains

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Blason de Digne-les-Bains
Les Armoiries de Digne-les-Bains se blasonnent ainsi :
D’azur à la fleur de lys d’or accompagnée en chef d’une croisette de gueules, aux flancs de deux lettres L capitales affrontées d’argent et en pointe d’une lettre D capitale aussi d’or.
Ces armories dans leur forme actuelle remontent à 1693[1].
La croix symbolise l'évêché, la lettre D est l'initiale de la ville, la fleur de lys rappelle Charles Ier d'Anjou, comte de Provence, les lettres L ont été ajoutées sous Louis XIV, roi de France, comte de Provence et de Forcalquier[2].

La ville de Digne-les-Bains a une histoire qui remonte à la période gauloise, à la fin du Ier millénaire av. J.-C.

Nommée Dinia, elle est constituée comme chef-lieu de la civitas des Bodiontiques sous l’Empire romain. Son nom évolue ensuite assez peu, jusqu’au changement de nom vers Digne-les-Bains en 1988.

Au Moyen Âge, elle est le siège d’un évêché, la présence d’une sénéchaussée renforçant son rôle administratif, qui est confirmé à la Révolution française lorsqu’elle devient le chef-lieu du nouveau département des Basses-Alpes, dont elle est toujours préfecture. En 1862, trois communes voisines lui sont rattachées, Courbons, Gaubert et Les Sièyes, puis Digne s’agrandit encore en 1974 avec Les Dourbes.

Dès la préhistoire, les hommes se sont installés à l’emplacement actuel de Digne.

La présence de trois rivières (la Bléone, le Mardaric, et les Eaux-Chaudes, en a fait un endroit idéal pour l’implantation humaine. Avant la conquête romaine, elle est la capitale des Bodiontici (ou Brodiontii) dont le nom est retrouvé sur le trophée des Alpes à La Turbie.

Antiquité

La ville devient une cité romaine nommée Dinia au Ier siècle, puis Digna en 780[3], appréciée pour ses eaux thermales.

On retrouve quelques établissements ruraux tout autour de la ville, comme aux Hôtelleries de Gaubert (sud-est de la ville), où le bâtiment fouillé est occupé du début du Ier siècle à la fin du IVe siècle[4]. Dans ce secteur, au pied du Cousson, le sol a été cultivé de façon continue depuis l’Antiquité jusqu’au reboisement récent[5].

Moyen Âge

Haut Moyen Âge

Au VIe siècle, des fortifications sont élevées sur deux hauteurs de la ville afin de résister aux invasions barbares.

Deux quartiers distincts se forment : le Bourg et la Cité. Le bourg, site antique, se voit doublé d'un castrum autour du château épiscopal construit sur le Rochas. Ces deux quartiers fonctionnaient comme deux villes indépendantes l’une de l'autre et ce dès leur création : le bourg restait sous la tutelle du prévôt du chapitre alors que la cité ou castrum relevait de l'évêque[6].

Moyen Âge classique

L'arrivée des Angevins à la tête du comté de Provence en 1246 accélère le processus de récupération des droits comtaux usurpés pendant la période précédente par les seigneurs laïcs ou ecclésiastiques. Ainsi Charles Ier, comte de Provence, fait établir un paréage à Digne en 1257 et prend sous sa tutelle la cité, l’évêque voyant ses droits restreints[7][réf. incomplète]. Ces seigneurs prélevaient des péages, l’un à Digne, et l’autre à Gaubert, sur la route rejoignant la vallée de l’Asse[8]. Dans le troisième quart du XIIIe siècle (entre 1250 et 1274), une maison des frères du Sac s’implante à Digne, avant de devoir fermer peu après lorsque l’ordre est dissous[9].

Le retour du pouvoir comtal dans la cité entraîne une modification dans les rapports entre pouvoirs locaux et communauté : en 1260, la cité de Digne se voit reconnaître le droit de nommer des cominaux, chargés de veiller à la gestion de la ville[10][réf. incomplète]. De même, la présence de consuls est attestée au bourg, manifestant clairement la séparation des deux lieux de peuplement. Le regroupement des deux sites se fait administrativement en 1385 lors de l'institution de syndics, remplaçant les cominaux, chargés de représenter à la fois la cité et le bourg. L'évolution de l'institution permet d'observer une rationalisation administrative au début du XVe siècle[11][réf. incomplète]. La mort de la reine Jeanne Ire ouvre une crise de succession à la tête du comté de Provence, les villes de l’Union d'Aix (1382-1387) soutenant Charles de Duras contre Louis Ier d'Anjou. La communauté de Digne soutient les Duras jusqu’au 18 septembre 1385, puis change de camp pour rejoindre les Angevins grâce aux négociations patientes de Marie de Blois, veuve de Louis Ier et régente de leur fils Louis II[12]. Le seigneur de Courbons, Jean Isoard (également seigneur d’Entrages), se rallie aux Angevins en juillet 1386[13].

Bas Moyen Âge

Une épidémie de peste touche la ville de septembre 1451 à juillet 1452[14].

À partir de 1475, la prédication des franciscains provoque plusieurs émeutes antijuives meurtrières. Ces meurtres, pillages, et les départs qu'ils entraînent font passer la communauté juive de Digne de 20 feux (soit plus de cent personnes) en 1468 à trois seulement en 1493[15].

Époque moderne (XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles)

Comme le reste de la France, Digne est prise dans les guerres de religion. Dès 1562, les huguenots pénètrent dans la cathédrale, lacèrent les tableaux et brisent les statues, retirent les reliques et les font brûler avec les ornements du chœur sur le parvis[16]. Elle est attaquée par les protestants en 1574[17]. En 1575, c’est l’église Saint-Jérôme qui est saccagée[16]. Dans les années suivantes, la ville reste sous pression : en 1579, c'est le capitaine d'Archal qui occupe les campagnes alentour[18].

En 1589, à l’avènement d’Henri IV, les ultras-catholiques de la Ligue catholique prennent le pouvoir dans la ville, jusqu’en 1591. Cette année, la ville tombe devant les armées royales de Lesdiguières : la cathédrale est fortifiée et attaquée : elle est bombardée avec des catapultes, puis prise d’assaut[19]. C’est aussi pendant cette période que les habitants s’emparent du château des évêques, sur le Rochas, et le détruisent, pour éviter qu’il ne tombe aux mains d’un parti ou de l’autre[19].

Digne est touchée par une épidémie de peste (1629), qui fait tomber la population de la ville de dix mille à mille cinq cents habitants[20] ; l’épidémie revient en 1631.

Le fief de Gaubert est érigé en marquisat en 1717[21].

Un bureau de la poste royale est installé à Digne à la fin de l’Ancien Régime[22].

Époque contemporaine

Notes et références

Voir aussi

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