Histoire de l'USM Alger (1937-1962)
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Debout : Hamid Bahri - Mohamed Hamdi - Youssef Choudar - Benhora - Franck (GB) - Driss.
Accroupis : Smain - Mokrane - Nasri - Ortula - Houari.
L’histoire de l’Union Sportive Musulmane Algéroise entre 1937 et 1962, communément appelée USM Alger ou simplement USMA, est celle d’un club algérien de football professionnel basé à Alger, créé en tant que club musulman sous la domination coloniale française. Il devient rapidement un symbole d’identité nationale et de fierté pour les Algériens. L’USMA évolue alors dans les divisions inférieures de la Ligue d’Alger. La Seconde Guerre mondiale perturbe les activités footballistiques. Malgré des ressources limitées et la répression coloniale, le club survit et conserve un fort soutien populaire.
Ce fut une période difficile marquée par la discrimination envers les clubs musulmans. L’USMA parvient parfois à atteindre la première division de la Ligue d’Alger, mais reste désavantagée par rapport aux équipes européennes. Elle devient un point de rassemblement pour la jeunesse nationaliste.
En 1954, la guerre d’indépendance algérienne éclate. Plusieurs joueurs et dirigeants rejoignent ou soutiennent le FLN (Front de libération nationale). L’USMA se retire de toutes les compétitions officielles à la suite d’une directive du FLN, comme d’autres clubs musulmans, en signe de protestation contre le contrôle colonial. Le club entre alors dans une période de résistance silencieuse.
De 1956 à 1962, il n’y a plus d’activité officielle. Cependant, l’USMA reste vivante dans la mémoire collective. De nombreux anciens joueurs et dirigeants participent à la lutte pour l’indépendance ; certains sont emprisonnés ou deviennent des martyrs. Le , l’Algérie obtient son indépendance. L’USMA renaît et réintègre les compétitions nationales, devenant un acteur de la nouvelle ère du football algérien.
De 1937 à 1962, l’USM Alger fut bien plus qu’un simple club de football : elle incarna un puissant symbole de résistance, d’identité culturelle et de fierté nationale durant l’époque coloniale, jouant un rôle discret mais essentiel dans la marche de l’Algérie vers l’indépendance.
À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, le football commença à se développer et à se répandre à l’échelle mondiale. La première fédération internationale de football (la FIFA) fut fondée à Paris en 1904, suivie par la création de plusieurs instances régionales en Europe. Son influence atteignit rapidement les pays du Maghreb : l’Algérie, la Tunisie et le Maroc. En Algérie, le football fut introduit pour la première fois par les associations européennes coloniales, qui créèrent des clubs tels que le Club des Joyeusetés en 1894, le Club de la Chapelle Blanche en 1904, l’Association Sportive de Blida en 1905, le C.S.C. Philippeville en 1910, et l’Association Gymnastique de la Vieille Garde Algérienne fondée en 1917, parmi d'autres clubs exclusivement gérés par des Européens[1].
La jeunesse musulmane était interdite de pratiquer le football, qui restait l’apanage d’une petite élite composée de colons européens et d’administrateurs coloniaux. Cependant, un groupe restreint de jeunes Algériens tenta de créer des clubs qui leur permettraient de jouer au football de manière organisée. Leur objectif n’était pas seulement récréatif, mais aussi social et politique : affirmer leur identité et résister à l’exclusion coloniale. Malgré les restrictions, plusieurs clubs dirigés par des musulmans virent le jour, portés par une orientation réformiste et nationaliste : le Mouloudia Club Algérois en 1921, le Club sportif constantinois en 1926, l’Union Sportive Musulmane Oranaise en 1926, l’Union Sportive Musulmane de Sétif en 1933, l’Union Sportive Musulmane Blidéenne en 1936[1]
À peine les quatre premières décennies du siècle écoulées, le nombre de clubs algériens à caractère national et islamique avait déjà considérablement augmenté dans tout le pays. Ce nombre continua de croître régulièrement jusqu’au milieu des années 1950, période à laquelle toutes les activités sportives furent suspendues sur ordre de la Révolution de Libération[1].
Ces premiers clubs étaient bien plus que de simples institutions sportives. Ils constituaient des plateformes d’éveil national, de résistance culturelle et de réforme sociale. Leurs joueurs et membres provenaient souvent de milieux réformistes des élèves d’écoles coraniques et des disciples des mouvements islamiques de réforme. Ces clubs étaient profondément enracinés dans l’identité islamique et la cause nationale de l’Algérie, incarnant une fusion unique entre sport et conscience politique[1]
Sous le régime colonial, le football était organisé par la Fédération Française de Football Association (F.F.F.A.), qui imposait des règles strictes et excluantes. Pourtant, dès le milieu des années 1930, plusieurs clubs algériens étaient devenus suffisamment solides pour participer à cinq ligues régionales (Alger, Oran, Constantine, Tunisie et France), menant à des finales nationales à Alger. Les clubs étaient ensuite répartis sous la tutelle de la Fédération sportive et gymnique du travail (F.S.G.T.), qui les classait selon les critères coloniaux[1]
Premières années

En , Omar Aichoun et Mustapha Kaoui, tous deux commerçants de sacs en jute, décidèrent de créer une association sportive exclusivement musulmane, dans laquelle aucun Européen ne figurerait. À cette époque, le Mouvement National, dirigé par l'Étoile nord-africaine d'émir Khaled, petit-fils de l'émir Abdelkader, s’essoufflait, tandis que la création du PPA (Parti du Peuple Algérien), père spirituel du FLN, était en préparation. Aichoun et Kaoui rejoignirent cette effervescence populaire. Ils fréquentaient les militants du mouvement national, nombreux dans le quartier de la Casbah, et entendaient parler de la nécessité de créer des clubs sportifs, considérés comme le cadre idéal pour rassembler la jeunesse algérienne. Le mouvement national, de plus en plus aguerri, encourageait la création d’associations sportives[2].
En 1935, ces deux hommes déterminés intensifièrent leurs contacts, avec le soutien d’Arezki Meddad, père de la future martyre Ourida Meddad[3]. Leur choix pour diriger cette future association se porta sur Ali Lahmar, dit Ali Zaid, futur martyr de la guerre de Libération, ainsi que sur Sid Ahmed Kemmat. Ces hommes formèrent le tout premier comité exécutif de l’USM Alger, avec Ali Zaid comme président. La présidence d’honneur fut confiée à Omar Aichoun et Arezki Meddad[2].

En plus de leur engagement sportif et nationaliste, Omar Aichoun et Mustapha Kaoui étaient membres actifs du Nadi Ettaraki (Cercle du Progrès), une association créée sous la loi française de 1901 sur les associations. Son siège se trouvait au 9, place du Gouvernement à Alger (aujourd’hui place des Martyrs). Le Cercle était étroitement lié au mouvement réformiste islamique (El Islah), dirigé par le cheikh Tayeb El Okbi. Il est à noter que son fils, Djamel El Okbi, deviendra plus tard gardien de but à l’USM Alger[2].
Craignant que la pratique sportive ne soit en contradiction avec les principes de l’islam, les fondateurs consultèrent le cheikh Tayeb El Okbi, qui non seulement les rassura, mais bénit également la création du club et leur offrit son plein soutien. Pour accomplir les formalités administratives et obtenir l’agrément des autorités coloniales, les fondateurs s’adressèrent au secrétaire général du Mouloudia Club d’Alger, qui leur remit généreusement une copie des statuts du club pour leur servir de modèle[2].
À cette époque, la jeunesse algérienne était privée de la liberté de pratiquer le football ou tout autre sport selon ses préférences. Les occasions de s’entraîner étaient rares, les terrains vagues étaient les seuls espaces d’expression. Personne ne semblait vouloir prendre la responsabilité d’ouvrir des perspectives aux jeunes. La seule wilaya d’Alger ne pouvait répondre à la demande du grand nombre de jeunes avides d’activités sportives. Des figures bien connues du sport comme Ahmed Kemmat, Ali Zaid et Arezki Meddad achetaient souvent eux-mêmes des ballons et du matériel pour permettre à ces jeunes de continuer à pratiquer leur passion sans interruption. Comme le raconte M. Ahmed Kemmat :
En 1937, Alger ne comptait que le Mouloudia, ou plutôt, la Casbah ne comptait que le Mouloudia. Le reste d’Alger appartenait à des clubs comme le Red Star, l’AS Saint Eugène, le RU Alger, l’Union Sportive d’Alger, et d'autres, majoritairement composés de colons français. Rue Salluste, derrière l’église Saint-Vincent-de-Paul (aujourd’hui Mosquée Ketchaoua), les jeunes du quartier erraient, désœuvrés par l’inactivité forcée. Les rues de la Casbah n’étaient pas encore bouclées par des barbelés : on pouvait y entrer, en sortir, jouer Et peut-être était-ce l’apparition d’un homme comme Kemmat, avec sa proposition de créer un autre club musulman à Alger, un club porteur de valeurs, qui ouvrit la voie à l’engagement futur dans la lutte[4].
Dans une interview accordée à la revue AFRIC Sports, numéro 18 (juin–), Ahmed Kemmat évoqua sa foi profonde en cette cause. En tant que l’un des fondateurs de l’USM Alger, il raconta la naissance de l’idée, apparue vers 1937, et comment elle s’était progressivement concrétisée, partant de la rue Salluste vers d’autres quartiers[4].
« Il y avait une équipe de quartier, le club sportif de la rue Salluste, qui nous impressionnait. Nous étions Lahmar, dit Ali Zaid, Zemmouri Ali, Slimani Ali, Bennour Saïd, Meddad Arezki et moi-même un groupe d’amis du quartier vivant les temps difficiles de la colonisation. Nous discutions souvent de tout, de la vie en général, et peu à peu, nous avons été attirés par le sport. L’exemple des clubs musulmans de l’époque nous inspirait, notamment l’Union Sportive Musulmane Oranaise, fondée en 1928, surtout pour son nom. Nous avions un désir ardent de faire quelque chose de semblable, et ce désir grandissait chaque fois que le sujet revenait dans nos discussions.
Je connaissais tous les rouages d’une telle démarche. Mes contacts fréquents avec Mouloud Djazouli, dirigeant actif du Mouloudia Club Algérois, m’avaient beaucoup appris. Je me suis aussitôt mis au travail. Il fallait rédiger les statuts et déposer une demande auprès de la préfecture. Aussitôt dit, aussitôt fait : le dossier fut soumis et enregistré sous le numéro 1687, si ma mémoire est bonne ! Le seul point qui posait problème à l’administration coloniale était le mot « musulman » il était mal vu. Nous avons débattu, échangé des arguments des deux côtés, et finalement, l’autorisation fut accordée. Le 5 juillet 1937, le club fut officiellement créé : l’USMA était née.
Son siège se trouvait rue du Divan. Le premier conseil d’administration comprenait les noms déjà cités, auxquels vinrent s’ajouter plus tard Amrani Abdelkader, Hammaz Omar, Zennagui Mohamed, Lakhal Omar, Basta Mohamed Ouali et Cherifi Ali. Le premier président fut Meddad Arezki, le propriétaire du café du quartier. Quand on lui annonça la nouvelle, cher Arezki, il était aux anges ![4]. »
Naissance de l'USM Alger : entre mémoire orale et archives officielles


Malgré les divergences concernant l'identité du premier président de l'USM Alger, le document officiel daté du , adressé à la préfecture d'Alger, confirme clairement qu'Ali Zaid, qui deviendra plus tard martyr de la guerre d'indépendance algérienne, fut le premier président officiel et administratif du club. Ce même document indique qu'Arezki Meddad occupait le rôle de président d'honneur, ce qui suggère une influence symbolique et sociale sans fonction administrative formelle. Cependant, des sources de presse, en particulier le journal Alger républicain dans son édition du , affirment que le club fut fondé grâce aux efforts d'Arezki Meddad (frère de Saïd Meddad, un futur président), du martyr Ali Zaid, et de l'ancien joueur Mohamed Hamdi. Cette version repose largement sur des témoignages oraux d’anciens membres du club et fut rédigée près de 29 ans après la fondation du club, reflétant ainsi l’influence de la mémoire post-indépendance et la construction d’un récit national. À la lumière de ces éléments, il apparaît clairement que la fondation du club s’est déroulée en deux phases distinctes[5].
Une phase officieuse et populaire, entamée au début de l’année 1937, menée principalement par Arezki Meddad, dont le café situé rue Salluste (Casbah d'Alger) servait de quartier général informel pour les réunions fondatrices. Et une phase formelle, juridiquement reconnue, commencée avec l’enregistrement officiel du club auprès des autorités coloniales en , sous la présidence d’Ali Zaid, conformément aux exigences légales françaises en vigueur pour les associations. La plupart des membres fondateurs et premiers militants du club étaient de jeunes hommes de la Casbah, âgés entre 16 et 20 ans. Leur unité reposait sur des convictions sociales et politiques partagées, ainsi que sur le désir collectif de créer un club sportif algérien musulman, reflet de leur identité et en résistance face à la domination des institutions sportives coloniales[5].
Bien que l’USMA fasse partie des clubs fondés en Algérie, il ne fut pas le premier à avoir été créé dans le pays. Plusieurs clubs sportifs à orientation musulmane ou mixtes musulmans-européens l’avaient précédé durant l’ère coloniale, notamment : Union Sportive d'Alger (USA), fondée en 1919 par un groupe d’Algériens et de colons français, dont le siège était situé rue du Soudan à Alger ; Union Athlétique (UA), fondée en 1921 par des Algériens musulmans et des Européens, et basée près de la pente Valièze (Pente Valièze), à Alger ; Union Sportive Musulmane (USM), créée en 1927 exclusivement par des Algériens musulmans, avec son siège près de la rue de Lyon, à Alger[5].
En dépit des similitudes dans les appellations Union, Sportive, Musulmane il n’existe aucune preuve concluante d’un lien organisationnel, juridique ou historique direct entre ces anciens clubs et l’USMA, fondée officiellement en . L’USMA semble avoir été fondée de manière indépendante, bien qu’inspirée par l’esprit nationaliste et social commun à ces clubs antérieurs. Cette question a été abordée dans un article publié dans le magazine Algérie Actualité (édition du 13 au ), sous le titre : « L'Union Sportive Musulmane : pour éveiller l’esprit national ». L’article mettait en lumière le fait que, si les similitudes dans les noms étaient fréquentes durant la période coloniale en partie pour exprimer une identité musulmane dans un environnement juridique restreint, l’USMA avait bel et bien sa propre genèse, portée par un groupe de jeunes de la Casbah en 1937, notamment Ali Zaid, Arezki Meddad et d’autres, sans lien confirmé avec les organisations plus anciennes[5].
Couleurs des clubs : de la variété au symbolisme national
Lors de sa fondation, les créateurs de l'USM Alger ont choisi le rouge bordeaux clair (rouge violacé) et le noir comme couleurs officielles du club. Ce choix stylistique était en accord avec les tendances observées dans plusieurs clubs de football de l’époque, symbolisant à la fois l’élégance et la force. Cependant, en raison des réalités complexes de l’Algérie coloniale marquée par la répression politique, la rareté des matériaux et les restrictions administratives l’USMA ne jouait pas toujours avec ses couleurs d’origine. À différentes périodes, l’équipe a adopté des tenues alternatives selon les disponibilités et les circonstances[6].
Parmi ces variations, on retrouve : le rouge et blanc, le rouge et noir, le rouge uni, ou d'autres combinaisons temporaires. Ces choix n’étaient pas idéologiques, mais dictés par des considérations pratiques, liées au manque de moyens et aux difficultés financières que rencontraient les clubs musulmans sous le régime colonial. Un tournant majeur dans l’identité visuelle du club a eu lieu à la suite des manifestations du à Alger, en particulier dans les quartiers de Soustara et de la Basse Casbah, où plusieurs membres de la communauté de l'USMA ont perdu la vie. Ces événements faisaient partie d’un mouvement plus large de résistance nationale et ont précédé les massacres du 8 mai 1945, au cours desquels des dizaines de milliers d’Algériens furent tués à travers le pays[6],[7].
En hommage aux martyrs issus de sa propre communauté et de tout le pays, l'USM Alger a pris la décision consciente de renforcer son identité visuelle. Dès lors, le club adopta officiellement : le rouge, symbole du sang versé et du sacrifice, et le noir, représentant le deuil et la résistance. Ensemble, le rouge et le noir dépassaient le simple cadre esthétique : ils devinrent une déclaration de dignité nationale, de mémoire et de lutte. Ces couleurs incarnent depuis l’âme du club et demeurent un puissant symbole pour les joueurs comme pour les supporters[6].
Saisons (1937-1962)
Saison 1937-1938
L’émergence de l’Union Sportive Musulmane Algéroise sur la scène footballistique fut comparable à un coup de tonnerre : le club se fit rapidement un nom grâce à l’arrivée d’un grand nombre de joueurs algériens, notamment issus d’autres clubs, en particulier de formations européennes actives en Algérie à l’époque. Cependant, cette ascension rapide rencontra une opposition de la part des autorités de la ligue coloniale de football, qui refusèrent d’accorder à ces nouveaux joueurs la licence A, indispensable pour participer aux matchs officiels. À la place, on ne leur attribua qu’une licence B, les limitant à des matchs amicaux. Cet obstacle administratif retarda l’intégration officielle du club en Troisième Division jusqu’à la saison suivante, conformément aux règlements en vigueur[9].
En attendant la régularisation de son statut légal et sportif, l’équipe disputa sa première saison dans une compétition expérimentale organisée par l’Association Sportive Ouvrière, qui gérait des ligues alternatives destinées aux clubs à caractère national ou populaire. Durant cette période, le club joua donc sa première saison compétitive de football dans ce que l’on appelait le Championnat d’Alger de la F.S.G.T., également connu sous le nom de Championnat du Comité Directeur à Alger. Cette compétition, placée sous l’autorité de la direction de la ligue coloniale d’Alger, équivalait en pratique à une Quatrième Division[9].
Au cours de cette saison, l’USM Alger fut placée dans un groupe comprenant les équipes suivantes : JSL Belfort, JS Blida, U Saloumbier FM, JSO Hussein Dey, CP Harrach, PS Orléanvilles et JSO Maison Carrée. Conformément au règlement de la compétition, chaque club devait participer avec deux équipes : une équipe première et une équipe réserve, les deux devant disputer leurs rencontres le même jour. Lors de cette saison inaugurale, l’USM Alger disputait ses matchs à domicile soit au stade de Bainem, soit au stade de Belfort, selon les disponibilités et les considérations logistiques[8]. Le premier match officiel eut lieu le contre la JSO Hussein Dey et se solda par un match nul.
Grâce aux bonnes performances de l’équipe dans ce championnat expérimental avec une deuxième place à la clé et un total de points jugé respectable et en raison des réformes structurelles mises en place par la Ligue d’Alger de football et la Fédération Française de Football Amateur (FFFA), qui élargissaient le nombre d’équipes à travers les différents niveaux de compétition, l’USM Alger obtint une promotion méritée en Troisième Division la saison suivante[10].
L’USM Alger fut également autorisée à participer à cette compétition en s’acquittant de cotisations symboliques pour les tournois de coupe suivants : la Coupe de la F.S.G.T., la Coupe SAFRAN (réservée aux entreprises), et la Coupe SENDRA (destinée au groupe des réserves B). Ce groupe pouvait également prendre part aux compétitions regroupant des équipes issues des championnats corporatifs et institutionnels affiliés à l’« Algérie Ouvrière ». L’ensemble de ces compétitions était considéré comme des coupes locales, organisées sous l’égide d’équipes corporatives, avec un droit de participation fixé à 10 francs[8].
Saison 1938-1939
Grâce aux bonnes performances réalisées la saison précédente, l’USM Alger a officiellement intégré la compétition dans le Groupe B du Championnat de Troisième Division de la Ligue d’Alger. L’équipe a abordé ce nouveau défi avec un moral élevé et une grande détermination à poursuivre son ascension dans le football algérien. Le Groupe B était composé des six équipes suivantes : SC Miliana, RC Koléa, ECS Cherchell, ALB Olympique, JS Rovigo et USM Alger[11].
En préparation du championnat à venir, plusieurs réunions ont été organisées par le conseil d’administration du club et la commission de football. Ces rencontres avaient pour but de renouveler les structures de gestion et de corriger les lacunes constatées lors de la saison précédente. Des séances ont également été tenues avec les nouveaux joueurs ainsi que les anciens, pour signer les licences annuelles et planifier les préparations physiques et techniques nécessaires. Une série de matchs amicaux a aussi été programmée dans le cadre de la préparation d’avant saison[11].
À la fin de la saison, l’USM Alger a terminé à la deuxième place avec un total de 24 points en 10 journées. Ces bons résultats ont permis au club de se qualifier pour les barrages d’accession, organisés pour désigner le champion général de la Troisième Division (toutes poules confondues) et décider des montées au niveau supérieur. Dans ce cadre, l’USM Alger a affronté successivement les équipes suivantes : ECS Cherchell, Bouira AC et Club d’Alger. L’USMA a réalisé d’excellentes performances en barrage : victoire contre ECS Cherchell, succès face à Bouira AC, et match nul contre le Club d’Alger. Grâce à ces résultats, le club a terminé vice-champion de la Troisième Division de la Ligue d’Alger, ce qui lui a officiellement ouvert les portes de la Deuxième Division une avancée majeure dans son parcours sportif[12].
Il convient de signaler que la rencontre contre ECS Cherchell, initialement programmée au Stade de Blida, a été marquée par des incidents révélateurs des intentions hostiles des autorités coloniales envers le club. Le match a été annulé une première fois, malgré la présence des deux équipes, sur décision du commissaire du match. Ce dernier a invoqué un règlement issu de la législation coloniale française, affirmant que l’USM Alger ne comptait pas trois joueurs européens comme l'exigeait prétendument la réglementation. À la suite d’une plainte officielle déposée par l’USMA et de l’examen du rapport du commissaire, la ligue a été contrainte de reporter la rencontre, qui fut reprogrammée à plusieurs reprises avant d’être finalement disputée à Alger, au stade Le Bon[12].
Période de la Seconde Guerre mondiale
Toutes les compétitions étaient censées commencer normalement, et l’USM Alger devait entamer un nouveau chapitre en participant au championnat de Deuxième Division. Tout le monde attendait le calendrier de la ligue, qui était sur le point d’être publié ou l’avait déjà été. Cependant, les choses ne se déroulèrent pas comme prévu, car la Seconde Guerre mondiale éclata un événement qui eut un impact profondément négatif sur tous les secteurs, en particulier sur la gestion des clubs et des équipes. Cela s’expliquait principalement par la pénurie de ressources humaines : la situation des équipes devint instable à la suite de la déclaration de mobilisation générale par le gouvernement colonial et l’enrôlement massif des jeunes, y compris des joueurs de plusieurs clubs participant à la Ligue d’Alger et à d’autres ligues régionales[13].
En conséquence, le championnat des seniors en particulier, et les autres compétitions en général, furent complètement paralysés. Ces compétitions débutaient habituellement avant la mi-septembre, mais jusqu’au , seules quelques tournées ou tournois amicaux furent organisés, principalement pour encourager l’effort de conscription en cours. Ces manifestations furent essentiellement disputées entre les équipes de la Division d’Honneur et les catégories de jeunes jusqu’au niveau intermédiaire. Avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, les conditions devinrent encore plus difficiles qu’auparavant. Les compétitions officielles furent suspendues et remplacées par un championnat symbolique ou fictif, dans lequel l’USM Alger se retrouva confronté à des équipes de très haut niveau[13].
Saison 1939-1940
Au cours des mois de septembre et octobre, la Ligue d’Alger (L.A.F.A.) a tenu plusieurs séances, réunions et discussions avec les représentants des clubs afin d’évaluer la possibilité de poursuivre les compétitions, d’envisager des réformes organisationnelles adaptées à la nouvelle situation et de trouver des solutions appropriées, y compris l’adoption de nouveaux règlements. Il fut décidé de maintenir l’activité footballistique sous la forme d’un championnat transitoire unifié, baptisé Championnat de guerre de la Ligue d’Alger. Cette compétition réunirait des équipes issues des trois divisions. Division d’Honneur, Première Division et Deuxième Division ayant exprimé et confirmé leur volonté d’y participer[13].
| R | Équipe | Pts | J |
|---|---|---|---|
| 1 | RU Alger | 33 | 12 |
| 2 | AS Saint-Eugène | 30 | 12 |
| 3 | Olympique de Tizi-Ouzou | 28 | 12 |
| 4 | O. Rouïba | 27 | 12 |
| 5 | RS Alger | 19 | 12 |
| 6 | USM Alger | 19 | 12 |
| 7 | US Alger | 12 | 12 |
Au , seuls 42 clubs avaient confirmé leur participation aux compétitions de football (seniors, juniors et catégories de jeunes). Conformément aux décisions de la ligue, l’USM Alger annonça sa volonté de continuer à participer aux compétitions de niveaux juniors et jeunes le , et soumit une demande pour prendre part au championnat seniors au début du mois d’octobre. Un comité spécial fut également créé au sein de la ligue pour rédiger des règlements exceptionnels destinés à organiser et superviser ce championnat transitoire[13].
Les équipes participantes furent divisées en trois groupes, dont les vainqueurs disputeraient des matchs de barrage (rencontres de barrage) pour désigner le champion de la Ligue d’Alger. Le tirage au sort plaça l’USM Alger dans le groupe A, composé de sept équipes : RU Alger, AS Saint Eugène, Olympique de Tizi-Ouzou, Olympique de Rouïba, RS Alger, US Alger et USM Alger[13].
D’après les comptes rendus des matchs et les commentaires de la presse sportive de l’époque, l’USM Alger jouait ses matchs à domicile au Stade Le Bon, et portait soit un maillot violet et noir, soit un maillot rouge et blanc, selon les journalistes sportifs ayant couvert la saison dans diverses pages sportives. Les joueurs les plus remarqués furent le gardien Abderrahman Ibrir, également sélectionné dans l’équipe de la ville d’Alger et qui devint professionnel au Toulouse FC en France, ainsi que le brillant Mohamed Hamdi, dont le nom était souvent scandé par les supporters, et l’excellent Mokrane Karassane. L’USM Alger aborda le championnat d’Alger avec une expérience modeste, affrontant des équipes chevronnées et bien établies, et livra au final une saison très moyenne en termes de résultats[14].
Saison 1940-1941
À partir du mois de , la ligue a entamé une série de réunions et de rencontres avec les représentants des clubs, en vue d’examiner les questions liées à la nouvelle saison et les mesures à prendre en amont. Dans ce contexte, l’USM Alger a lancé ses préparatifs pour la compétition dès le mois d’août. Les licences ont été ouvertes à la signature au bureau de Belcourt, dans le café Alcazar situé rue de l’Union, ainsi qu’au siège officiel du club, rue Devon, chez Monsieur Meddad. Le club a également annoncé la reprise des entraînements à partir du . Ceux-ci se sont déroulés au Stade de Bainem, dans une Salle de sport à Belcourt, ainsi qu’à la Salle de la P.C.M.A. à Alger[15].
Parmi les faits marquants de cette période, on note le départ du gardien de but de l’USMA, Abderrahmane Ibrir, transféré au club de la AS Saint-Eugène, où il s’est illustré grâce aux meilleures conditions dont bénéficiait ce club par rapport à l’USM Alger. Le , la direction de l’USMA a tenu une assemblée générale au Stade de Bainem, en présence de presque tous les joueurs et d’un grand nombre de supporters. Lors de cette assemblée, plusieurs nouveautés ont été annoncées, et certaines lacunes d’ordre organisationnel ont été corrigées, dans une volonté affirmée d’assurer la continuité et de poursuivre le travail sérieux entrepris[15].
Après plusieurs réunions et consultations, la ligue a décidé, en se basant sur le nombre d’équipes répondant aux critères requis, de modifier le système des différents championnats amateurs en Algérie, par rapport à la saison précédente connue sous le nom de championnat de guerre. Les changements ont conduit à la création des compétitions suivantes : le Critérium de division d'honneur, le Critérium de 1re division et le Critérium 2e et 3e division. L’USM Alger a été intégrée dans le groupe B du Critérium 2e et 3e division, aux côtés des équipes suivantes : US Alger, Club Cherchell, CA Paté, SC Algérois, FC Kouba et USM Alger[16].
L'USM Alger a enregistré de bons résultats au cours de cette saison, terminant à la troisième place de son groupe, ce qui lui a permis de conserver sa position pour les compétitions de la saison suivante. Le bilan final, après 10 journées, fait état de cinq victoires pour un total de 22 points. Comme la saison précédente, celle-ci était considérée comme expérimentale. L’objectif principal était de favoriser le contact avec la compétition et d’acquérir de l’expérience en matière de gestion et de formation. Le club comptait alors un grand nombre de jeunes joueurs, notamment dans la catégorie des minimes. Quant à l’équipe première, les dirigeants en particulier la commission de football se sont concentrés sur l’évaluation des joueurs et leur ont donné davantage d’opportunités de se montrer, dans le but de construire une équipe solide capable de représenter dignement les couleurs du club à l’avenir[17].
Saison 1941-1942

La saison s’est déroulée dans l’ombre d’un conflit mondial qui ne cessait de s’aggraver. La Seconde Guerre mondiale faisait toujours rage et avait gagné en intensité, notamment après l’occupation de la majeure partie de la France. La conscription militaire restait pleinement en vigueur, ce qui compliquait davantage la situation des clubs de football, en particulier ceux de petite taille, aux ressources et capacités limitées. La gestion des compétitions par les différentes ligues devenait de plus en plus chaotique, suscitant de nombreux doutes aussi bien dans les milieux officiels qu’informels quant à la possibilité d’organiser la saison et aux modalités de son déroulement[17].
Malgré ce contexte difficile, il fut confirmé en août que le nombre de clubs prêts à poursuivre la compétition était, dans l’ensemble, similaire à celui de la saison précédente dans les différentes régions. Après de nombreuses concertations, la ligue décida de lancer les compétitions du championnat et de la coupe pour la saison 1941–1942 à partir du . Les règlements en vigueur lors de la saison 1938–1939 furent réinstaurés, notamment ceux relatifs à l’organisation des matchs de barrage pour désigner les champions, ainsi qu’à la répartition des recettes et aux aspects logistiques. Dans le cadre de cette réorganisation, l’USM Alger fut intégrée au championnat unifié des deuxième et troisième divisions, dans le Groupe C, aux côtés des huit équipes suivantes : ASPTT Alger, AS Aïn Taya, AS Rovigo, AS Rivet, RC Fondouk, US Alger, USM Maison-Carrée et USM Alger[17].
L’USM Alger entama ses préparatifs pour la saison assez tôt, en abordant à la fois les aspects administratifs et techniques. La direction du club procéda au renouvellement des licences des joueurs, à l’enregistrement de nouveaux éléments, ainsi qu’au départ de certains anciens qui ne faisaient plus partie des plans de l’équipe. Le groupe reprit ses entraînements physiques et techniques au stade de Bainem, tout en utilisant également les salles d’éducation civique dans le cadre du programme de préparation. La composition de l’équipe pour cette saison ne connut pas de changements majeurs par rapport à l’année précédente. Elle comprenait plusieurs joueurs bien connus tels que : Franck Bailek (gardien de but), Ismaïl Mahmoudi, Mustapha Choudar, Mohamed Bouaroub, Ali Slimani, Mohamed Hamdi, Ramon Bergès, Abdelkader Zouani, Mokrane Hadj Rabia et Mokrane Karassane[18].
Pour ses matchs à domicile, l’USM Alger évoluait soit au stade de Kouba, soit au stade de Bainem, selon la programmation et la disponibilité des terrains. Toutefois, les résultats de l’équipe furent décevants au regard du potentiel de l’effectif. Sous la conduite de Mohamed Hamdi, l’USMA disputa 14 matchs de championnat, mais n’en remporta que trois. En Coupe de la Ligue, l’USM Alger fut éliminée prématurément, subissant une lourde défaite au deuxième tour contre l’équipe du Stade de Guyotville. La rencontre eut lieu le au stade de Bainem, et se solda par une lourde défaite 5–0[19]. Cette saison difficile fut marquée par un autre événement tragique : le , le président du club, Arezki Meddad, s’éteignit après avoir contracté le typhus, une maladie qui sévissait dans le pays à cette époque. Il laissait derrière lui un vide immense, lui qui avait été le premier président d’honneur du club, le tout premier trésorier du conseil d’administration, et un membre central du conseil exécutif. Ses funérailles eurent lieu le lendemain, en présence d’une foule nombreuse venue lui rendre un dernier hommage[20],[18],[21].
Saison 1942-1943
Les membres de la ligue se sont réunis le afin de discuter de l’organisation des compétitions pour la nouvelle saison. Ils sont convenus de publier le calendrier durant la première quinzaine du mois d’août. L’USM Alger a entamé sa préparation en procédant au renouvellement des licences, en lançant les entraînements physiques et techniques, et en disputant plusieurs matchs amicaux. La saison a débuté avec les matchs de Coupe de la Ligue, qualificative pour la Coupe d’Afrique du Nord. Au premier tour, l’USMA s’est imposée face à l’US Alger sur le score de 2 à 0[22]. Au deuxième tour, le tirage au sort l’a opposée au Club US Fort de l'Eau, évoluant en première division. L’USMA a réussi à se qualifier une nouvelle fois, grâce à une victoire 1 à 0 au Stade de Maison Carrée. Cependant, en huitièmes de finale, le parcours du club s’est arrêté après une lourde défaite 4 à 1 contre le célèbre club Gallia Sports d'Alger, considéré comme l’un des meilleurs du Division Honneur. Le match s’est joué le sur le terrain de Saint Eugène[22].
Le championnat de la saison 1942–1943 avait débuté au niveau des divisions supérieures, mais fut soudainement interrompu fin en raison du contexte politico-militaire mondial, notamment le débarquement des forces alliées en Algérie. La compétition n’a repris qu’au début de , avec la publication d’un premier calendrier, rapidement modifié en raison du grand nombre de forfaits enregistrés parmi les clubs. Ces désistements étaient dus à plusieurs difficultés, notamment le manque d’effectif disponible et la pauvreté extrême dans laquelle se trouvaient la majorité des équipes, à l’image du reste de la population algérienne de l’époque. Le , une nouvelle répartition fut publiée pour un championnat regroupant les divisions I et II, réparti en trois groupes. L’USM Alger fut intégrée dans le groupe B, qui comprenait les clubs suivants : CA Paté, AS Douéra, SC Menerville, US Palestro, OM Ruisseau, USM Maison Carré et USM Alger[22].
Peu avant le lancement officiel, l’équipe de SC Menerville a annoncé son retrait de la compétition, réduisant le nombre de clubs dans le groupe à six. Malgré le contexte difficile, l’USM Alger a réalisé une saison globalement satisfaisante, compte tenu des nombreuses difficultés rencontrées, tant par le club lui-même que par les autres équipes du groupe. Plusieurs formations ont déclaré forfait ou se sont abstenues de se déplacer, ce qui a perturbé le déroulement normal du championnat. Cependant, grâce à l'engagement de ses dirigeants, la solidarité entre les membres du club et le soutien fidèle de ses supporters, l'USMA a su préserver une certaine stabilité et afficher de bonnes performances sportives. Le club a terminé la saison à une honorable troisième place du groupe, avec un total de 29 points obtenus en 12 rencontres[23].
Saison 1943-1944
Le bureau de la Ligue d'Alger de football a tenu une réunion le pour examiner les conditions entourant le lancement de la nouvelle saison footballistique, dans un contexte de désordre et d’instabilité ayant marqué la saison précédente en raison de la situation générale causée par la guerre. Malgré l’importance de cette réunion, aucune décision immédiate n’a été prise, en raison du manque de clarté concernant la situation des clubs susceptibles de participer aux différentes compétitions. Il a donc été décidé de reporter la prise de décision sur la composition des championnats jusqu’au début des préparatifs annuels habituels des équipes. Dans ce cadre, la Ligue a annoncé, le , avoir invité tous les clubs qui lui sont affiliés et souhaitant prendre part aux compétitions, à déposer leurs demandes d’inscription. Celles-ci devaient préciser le terrain sur lequel le club recevra ses matchs ainsi que le nombre d’équipes qu’il compte engager dans les différentes divisions. La date limite pour transmettre ces informations a été fixée au , afin de permettre à la Ligue d’établir la programmation des compétitions conformément aux règlements en vigueur en temps de guerre[24].
En prévision du lancement de la nouvelle saison sportive, le club de l’USM Alger a organisé une manifestation sportive pluridisciplinaire sur le terrain de Stade municipal, revêtant un caractère humanitaire et caritatif. L’événement a comporté plusieurs compétitions dans différentes disciplines : football, basketball, cyclisme et athlétisme, sous le slogan : « Le sport au service des œuvres de bienfaisance » Les recettes de cette initiative ont été entièrement versées au profit du Comité international de la Croix-Rouge et de l’œuvre caritative islamique. Cette manifestation a connu une grande affluence du public ainsi que la présence de nombreuses personnalités civiles et sportives. Elle a été unanimement saluée pour sa parfaite organisation et l’ambiance chaleureuse et solidaire qui l’a animée, faisant d’elle un exemple à suivre en matière d’engagement sportif au service des causes humanitaires[24].
Il ressort de la programmation des rencontres de la nouvelle saison que l’USM Alger recevait ses adversaires en alternance sur les terrains du Stade municipal et Stade de Saint Eugène, conformément au calendrier établi par la Ligue, qui a tenu compte de la disponibilité des stades. L’USM Alger a été intégré au Critérium des équipes inférieures en raison de la restructuration des divisions opérée durant cette période. La Ligue a fixé le début du Championnat Honneur au , suivi immédiatement par le lancement du Critérium, auquel participent l'USM Alger ainsi que d'autres clubs, dont certains engagés avec leurs équipes réserves. USM Alger, USM Maison Carré, USM Blida, MC Alger, RU Alger, AS Saint-Eugène, GS Alger, CA Paté, ASPTT Alger, AS Menerville, RAS Algérois, RS Alger et O Hussein Dey[24].
Pour la première fois, l'USM Alger a disputé un nombre aussi important et intense de matchs au cours d'une seule année, affrontant un ensemble d'équipes redoutables et bien établies. Malgré la difficulté du défi, le club est parvenu à obtenir des résultats honorables, conformes à sa réputation dans le milieu footballistique. L'équipe compte dans ses rangs plusieurs joueurs jouissant d'une certaine notoriété, tels que les frères El Kamal (Mostefa, Ahmed et Youssef), Mohamed Hamdi, Amar Kacib et Mokrane Karassane qui ont largement contribué à cette performance. Ces efforts ont permis à l'USMA de terminer à la troisième place du classement général du groupe des équipes inférieures[25].
Saison 1944-1945
Après de nombreuses discussions au sein de la Ligue, et grâce à la bonne volonté manifestée par un nombre appréciable de clubs souhaitant participer à la compétition cette saison un chiffre en hausse par rapport à la saison précédente il a été décidé de reconduire le format des compétitions de l’an dernier, avec quelques ajustements : Le Critérium d'Alger sera organisé pour les catégories seniors et jeunes et Le Critérium des équipes inférieures concernera également les seniors et les jeunes, et sera divisé en deux groupes. Les équipes qualifiées de chaque groupe s’affronteront lors de barrages en vue de décrocher le titre de Champion d'Alger des équipes inférieures. L’USM Alger a été versée dans le groupe B, qui ne comprend aucune équipe réserve des clubs de division d’honneur. Toutes ces équipes réserves ont été regroupées dans le premier groupe. Il est à noter que l’appellation de cette division a évolué au fil du temps, et qu’on la désigne désormais plus couramment comme le championnat de première division. Enfin, une coupe a été mise en place, ouverte à toutes les équipes, appelée la Coupe départementale (La Coupe Départementale)[26].
Le groupe de l’USM Alger est composé de huit équipes, à savoir : CA Paté, AST Alger, AS Montpensier, ASPTT Alger, RAS Algérois, RC Maison Carré, USM Maison Carré et USM Alger. L’USM Alger a entamé la saison avec une formation mixte, combinant certains anciens joueurs à de nouvelles recrues jeunes. Parmi les renforts notables figure Rabah Zouaoui, un avant-centre et ancien joueur du SC Algérois et MC Alger[26].
On peut conclure de ce qui précède que le bon niveau atteint par l'USM Alger cette saison est le fruit de plusieurs facteurs, parmi lesquels se distingue la détermination des hommes chargés de la gestion de cette jeune formation, ainsi que leur volonté constante de faire flotter haut les couleurs du club. Ces derniers ont su surmonter les nombreuses difficultés et conditions difficiles entourant l’équipe et le football en général, dans un contexte marqué par la guerre, la pauvreté et les dures réalités de la vie quotidienne. L’engagement des supporters et des amoureux du club autour de cette jeune équipe a également joué un rôle essentiel, en lui apportant un soutien précieux dans les moments les plus critiques, notamment face à des adversaires expérimentés, forts d’un passé riche dans le football et disposant d’un niveau de gestion et de pratique respectable[27].
Durant la période précédente, que nous appelons l’époque de la Seconde Guerre mondiale une période extrêmement difficile, marquée par le chaos, la transition et de nombreux problèmes, les portes de l’USMA sont néanmoins restées grandes ouvertes à toutes les catégories de jeunes, qui y ont trouvé accueil et considération. Le club a alors joué un rôle noble dans l’éducation, la formation ainsi que l’orientation sportive et culturelle authentique. À propos de cette période, l’ancien joueur Mouloud Lazizi témoigne dans le journal OLYMPIC (numéro du 19 au ) en ces termes : « L’USMA a toujours œuvré dans le sens positif des compétitions, à savoir : éduquer, former et aider les jeunes à se hisser culturellement, compte tenu de la situation qui prévalait durant cette période (Deuxième Guerre mondiale)[27]. »
Carrière d'après-guerre
Comme de nombreux clubs algériens, l’USM Alger a été profondément affectée pendant la Seconde Guerre mondiale. Les activités footballistiques officielles furent interrompues, et seuls des matchs informels étaient organisés sous la stricte supervision de l’administration coloniale française. Après la fin de la guerre, les joueurs musulmans algériens ainsi que les dirigeants de clubs, y compris ceux de l’USM Alger, ont subi une forte répression. Beaucoup se sont vu interdire de reprendre leurs activités sportives, en particulier ceux soupçonnés d’implication politique ou de soutien au mouvement nationaliste[28]. L’USM Alger a été directement touchée par les massacres du 8 mai 1945, qui ont laissé une profonde cicatrice au sein du club. Certains de ses membres ont été tués ou blessés lors de la violente répression menée par les autorités françaises. En mémoire de ces événements tragiques, le club a adopté ses couleurs emblématiques, le rouge et le noir, comme symbole durable de sacrifice et de deuil, selon les témoignages de dirigeants et de contemporains du club[28].
Saison 1945-1946
L’USM Alger a entamé ses préparations physiques et techniques de manière anticipée, tout en disputant plusieurs matchs amicaux. Le club s’est engagé à participer au championnat et à la coupe, et a demandé son inscription aux compétitions des jeunes et des juniors. Ainsi, la Ligue a pu connaître le nombre d’équipes appelées à prendre part à la coupe et aux championnats des divisions inférieures. En début de saison, le joueur expérimenté El Kamal Mostefa a été désigné pour suivre un stage de formation des entraîneurs, organisé par la Ligue d’Alger sous la supervision de la Fédération Française de Football Amateur (FFFA). Il a terminé à la quatrième place avec une moyenne de 52,5, obtenant ainsi son certificat d’entraîneur. Il s’est vu ensuite confier la mission de manager de l’équipe de l’Union durant la saison en cours et pour les saisons suivantes, avant de devenir un entraîneur reconnu dans le milieu sportif[29].
Étant donné que l’USM Alger a terminé vice-champion lors de la saison précédente après avoir enregistré des résultats positifs, la direction du club a décidé d’aborder la saison en cours en conservant la majorité des anciens joueurs tout en recrutant quelques nouvelles recrues. L’effectif se compose de : le gardien Bazile Nival, Rezki Izgouti, Miri Salvador, Abdelkader Chaouane, Mostefa El Kamal, Abdelkader Tchico, Mohamed Hachlaf, Mahmoud Ismaïl, Rabah Zouaoui, Abdelkader Boufaras, Ahmed l Kamal, Mohamed Elouardi, Rabah Bedarane, Youssef l Kamal, Allel Ouaguenouni, Mustapha Ouaguenouni. Le manager de l’équipe n’est autre que le joueur chevronné Mostefa El Kamal. La Ligue d’Alger annonce le système de répartition des clubs affiliés au championnat des divisions inférieures pour la saison en cours. Il a été décidé d’adopter cinq groupes géographiques, à savoir : Groupe Ouest, Groupe Est, Groupe du Littoral, Groupe Centre I, Groupe Centre II. L’USM Alger appartient au Groupe Centre II, qui regroupe les sept clubs suivants : AST Alger, AS Kouba, US Ain-Taya, CC Alger, RAS Alger, OM Ruisseau et USM Alger[29].
La pénurie de terrains se fait cruellement sentir, un problème dont souffrent particulièrement les ligues à Alger et dans les grandes villes. Comme le soulignait La Dépêche Algérienne, la crise des terrains est générale, mais elle est d’autant plus marquée dans les grands centres urbains, où, à l’image d’Alger, les pouvoirs publics ne lui ont pas toujours accordé l’attention qu’elle méritait. Dans la Coupe Forconi en cours cette saison, l’Union Sportive Musulmane d’Alger entra en lice dès le deuxième tour, où elle parvint à écarter le GS Orléansville sur le score de deux buts à un, au Stade de Boufarik. Une prestation équilibrée et un grand enthousiasme permirent à l’Union de décrocher sa qualification pour le tour suivant. Au troisième tour, l’USM affronta le Olympique Littoral. La rencontre, disputée dans une atmosphère de vive compétition, fut tranchée par un but précieux de Rabah Zouaoui, qui offrit à son équipe le billet pour les quarts de finale. À ce stade, l’Union se heurta au FC Blidéen et s’inclina par deux buts à zéro[30].
Cependant, la rencontre ne s’acheva pas sans controverse. Un chroniqueur de la presse coloniale accusa l’Union de « brutalité délibérée », tout en évoquant des jets de pierres attribués à certains supporters algérois. Ces allégations conduisirent la Ligue d’Alger à ouvrir une enquête, sanctionnant le club de la capitale d’une amende de 500 francs. Dans le même temps, la Ligue réexamina le dossier des réserves déposées par le Olympique Littoral et ordonna la reprogrammation du match au Stade de Saint-Eugène. L’Union confirma sa supériorité en s’imposant une nouvelle fois par un but à zéro. Mais l’adversaire ne s’avoua pas vaincu et déposa une nouvelle réclamation. Cette fois, la décision fut rendue en sa faveur : le O. Littoral fut déclaré qualifié à la place de l’USM, qui écopa par ailleurs d’une seconde amende de 500 francs. Ainsi s’acheva l’aventure de l’Union dans cette édition de la Coupe : une élimination administrative doublée de deux sanctions financières pour un total de 1 000 francs[30].
Saison 1946-1947
L'USM Alger a clôturé sa saison précédente par une réunion du conseil d'administration tenue à la fin du mois de juin, et a entamé la nouvelle saison par une assemblée générale le , en présence de tous les membres actifs et honoraires. Cette rencontre fut consacrée à l’examen du bilan de la saison écoulée ainsi qu’à la discussion des perspectives pour la saison à venir, notamment avec l’annonce du retour à un format de compétition normal, tel qu’il était en vigueur avant le déclenchement de la guerre[31]. Dans cette optique, et dans le but de ramener la compétition footballistique à son niveau d’avant-guerre voire à un niveau supérieur la Ligue a tenu sa première réunion au début du mois d’. Il a été décidé que l'organisation de la saison 1946–1947 tiendrait compte de plusieurs éléments : les recommandations de la saison précédente, les classements finaux des championnats de 1938–1939, le classement de la saison 1941–1942, ainsi que les résultats de la saison 1945–1946[32].
Dans le cadre de la reprise de l’activité footballistique après la fin de la Seconde Guerre mondiale, la Ligue a tenu une réunion importante le , consacrée à l'organisation de la saison sportive 1946–1947. Plusieurs décisions majeures y furent prises, notamment la fixation de la date de reprise des compétitions au , avec un début marqué par les éliminatoires de la Coupe d’Afrique du Nord, et la fixation des frais de participation à ces éliminatoires à 100 francs. L’USM Alger a entamé sa saison en prenant part aux éliminatoires de la Coupe d’Afrique du Nord. Comme à l’accoutumée, le club a affronté l’Olympique Littoral au premier tour, qu’il a réussi à dépasser avec succès. Cependant, son parcours s’est arrêté au deuxième tour, à la suite d’une défaite face à l’AS Saint-Eugène[32].
En analysant le déroulement des matchs à domicile au cours de la saison, il apparaît clairement que l’USM Alger préférait accueillir ses adversaires soit au stade de Kouba, soit au stade d’El Biar. Cependant, le choix du terrain revenait souvent à la Ligue, en raison du manque de stades disponibles au sein de la Ligue d’Alger. Lors de l’assemblée générale tenue dans la seconde moitié du mois d’août, la Ligue a décidé sur proposition de la commission d’organisation des compétitions et conformément aux recommandations précédentes d’organiser la saison selon la structure suivante : Division d’Honneur, Première Division, Deuxième Division (divisée en deux groupes, l’USM Alger étant placé dans le groupe B), et Troisième Division[32].
Le groupe de l’USM Alger en Deuxième Division comprenait huit équipes : l’US Aïn-Taya, l’AS Rivet, l’ASPTT Alger, l’US Arabaa, la JSI Issers, l’US Rovigo, le SC Algérois et l’USM Alger. L’un des événements les plus marquants de la saison fut la réception organisée par l’USM Alger le en l’honneur de l’ancien joueur Mostapha El Kamal, revenu de France avec un diplôme d’entraîneur de niveau supérieur. La cérémonie s’est déroulée dans une ambiance chaleureuse et conviviale, en présence des joueurs, des dirigeants du club et de plusieurs invités un geste qui témoigne de la profonde reconnaissance du club envers ses anciens membres[33].
Saison 1947-1948

À la fin du mois de , l’Assemblée générale de la Ligue d’Alger a clôturé ses travaux et a décidé ce qui suit : le règlement des compétitions en vigueur reste applicable jusqu’en 1949, où il devra être modifié en vue de la saison 1950-1951. Il a été procédé à la constitution des deux groupes de la Première Division. L’USM Alger est versée dans le groupe II, qui se compose de dix clubs : SCU El Biar, US Blida, O Rouiba, O Tizi Ouzou, AS Trèfle Alger, US Fort de l'Eau, SA Belcourt, US Ain-Taya, AS Rivet et USM Alger[34].
Le , l’USM Alger inaugura officiellement son nouveau siège et sa salle omnisports situés au 5, rue de Bône (Alger). La cérémonie se déroula en présence de nombreuses personnalités, ainsi que de dirigeants et membres honoraires du club. Le vaste complexe comprenait plusieurs salles de culture physique, dotées de vestiaires et de douches, un terrain de basket-ball, un ring de boxe, une salle de gymnastique et des espaces pour les soins médicaux. À l’étage supérieur se trouvaient des bureaux et des salles de réunion. L'Écho d'Alger rapporta les propos du dirigeant Mohamed Zenagui, qui affirma : « Les projets de l’Union ne s’arrêtent pas, nous continuerons sur la voie tracée, inch’Allah[34]. »
Selon le dirigeant Abdelkader Omrani, le local avait été auparavant un ancien étable pour animaux, situé dans une ruelle menant vers le quartier de Soustara. Le club en obtint l’usage et entreprit des travaux de transformation. Ceux-ci furent réalisés grâce à des chantiers bénévoles, mobilisant dirigeants, membres, sympathisants et supporters. Le fils de l’ancien joueur Hassan Rabah rapporte dans un témoignage que son père, exerçant le métier de maçon, participa activement aux travaux de construction et de rénovation, encadrant plusieurs étapes du chantier[35]. La presse souligne l’importance de l’événement. Ainsi, le quotidien L’Égalité écrit :
« Dernièrement, en présence de nombreuses personnalités musulmanes et européennes, le sympathique club musulman omnisports, l’U.S.M. Alger, inaugurait sa salle de culture physique. Située au 5 de la rue de Bône, ce vaste local comprend plusieurs salles munies de vestiaires et de douches où basketteurs, boxeurs, gymnastes et athlètes pourront effectuer dans les meilleures conditions leurs entraînements. Au cours de la manifestation, diverses allocutions ont été prononcées et divers dons ont été faits pour encourager les dirigeants de l’U.S.M.A. à faire toujours mieux dans l’avenir[35]. »
l’USM Alger prend part à la Coupe départementale, une compétition officielle qui réunissait les clubs d’Alger et de ses environs. Exemptée du premier tour, l’USMA fait son entrée en lice lors du deuxième tour. Le , au Stade de Hydra, les Rouge et Noir affrontent le SCU El Biar et s’imposent (2–1). Deux semaines plus tard, le , ils se déplacent à Palestro pour y défier Bouira AC. Dans une rencontre dominée de bout en bout, l’USMA l’emporte largement (4–0), devant un public nombreux qui avait fait le déplacement pour encourager son équipe[35].
Le , au Stade de Guyotville, l’USMA confirme sa belle dynamique en battant le ÉS Zéralda sur le score de (3–1), validant ainsi son billet pour le tour suivant. Puis, le au Stade de Saint-Eugène, le club affronte le SC Algérois et s’impose difficilement (1–0), grâce à un but décisif de l’ailier droit Abdelkader Djaknoun. Malgré les réclamations déposées par le Sporting après la rencontre, le résultat est homologué et l’USMA accède au tour qualificatif final[36].
Ce dernier acte restera historique : le , au Stade d’Alger, l’USM Alger croise pour la première fois en match officiel la route du MC Alger. Devant environ 3 500 spectateurs, la rencontre tourne à l’avantage des Vert et Rouge, vainqueurs (2–0). Même si l’USMA est éliminée de la compétition, ce match marque la naissance officielle du premier Derby algérois entre l’USM Alger et le MC Alger, prélude à une rivalité qui deviendra l’une des plus emblématiques du football algérien[36].
La Ligue d’Alger, avec l’approbation de la F.F.F.A., décida d’ajouter une autre équipe à la liste des qualifiés pour la Coupe d’Afrique du Nord. Selon le tirage au sort, le Stade Guyotville devait affronter l’ASPTT Alger, et le vainqueur rencontrerait l’USM Alger dans un match de barrage décisif. Le , la rencontre très attendue entre l’USM Alger et le Stade Guyotville eut lieu au Stade de Saint-Eugène. Le match débuta dans une atmosphère tendue en raison de son importance, et la nervosité se traduisit rapidement par un jeu dur et violent sur le terrain. L’USMA ouvrit le score en première mi-temps grâce à El Kamal, avant que Rabah Bedarane ne double la mise en début de seconde période. La domination se poursuivit lorsque Rabah Zouaoui inscrivit un superbe coup franc direct pour porter le score à 3–0, et à ce moment-là, l’USMA semblait promise à la qualification[36].
Cependant, la rencontre prit une tournure dramatique lorsque le joueur Chaouane Ammar fut blessé à la suite de tacles rugueux des défenseurs adverses, l’obligeant à quitter le terrain. Dès lors, la situation devint incontrôlable : le Stade Guyotville réduisit l’écart avec deux buts rapides, puis égalisa à 3–3 quelques minutes plus tard. La tension monta davantage lorsque l’arbitre accorda un penalty controversé contre l’USMA, accompagné de l’expulsion de Chaouane Abdelkader. Incapable d’accepter ce qu’il considérait comme une injustice flagrante, Chaouane tenta de discuter avec l’arbitre, en vain[36].
Submergé par la colère, il perdit son sang-froid et frappa violemment l’arbitre. Le match fut alors interrompu vingt minutes avant le coup de sifflet final, dans un climat chaotique marqué par l’envahissement du terrain par les supporters et l’intervention de la police. À la suite de ces incidents, la Ligue remit son rapport et prononça de lourdes sanctions: l’USM Alger fut exclu de la compétition, et ses points annulés, Chaouane Abdelkader fut radié à vie du football en raison de son agression sur l’arbitre, l’USMA fut condamnée à une amende de 1 000 francs pour le comportement de ses supporters, le Stade Guyotville fut déclaré qualifié pour le tour suivant[36].
Saison 1948-1949
Le , l’USM Alger célébra son anniversaire annuel, comme à l’accoutumée, lors d’une soirée festive organisée dans la nouvelle salle des fêtes de la mairie. Un grand nombre de sportifs et de sympathisants étaient présents pour encourager cette jeune institution. La soirée fut animée et riche en divertissements, avec notamment la représentation de la pièce « Si Meziane » par Madame Hattab, ainsi que la participation de l’artiste en pleine ascension Mahieddine Bachtarzi, qui commençait alors à se faire un nom sur la scène culturelle. Quelques jours plus tard, le , la Ligue lança un appel aux clubs afin de régler leurs engagements pour les compétitions de championnat et de coupe. Elle annonça également la composition des deux groupes de première division. L’USM Alger fut versé dans le groupe B, qui comptait dix équipes : Stade Guyotville, Olympique Rouiba, Olympique Littoral, SC Algérois , US Blida, ÉS Zéralda, AS Montpensier, ÉS Cherchell et USM Alger[37].
Le , l’USM Alger organisa une assemblée générale réunissant les anciens et les nouveaux joueurs dans les locaux du club, afin de préparer la nouvelle saison et de renforcer la cohésion du groupe. Quelques jours plus tard, à partir du , les entraînements physiques et techniques reprirent, se déroulant dans la nouvelle salle de sport ainsi que sur différents terrains disponibles. Pour cette saison, il fut décidé que l’USMA accueillerait ses adversaires lors des matches de championnat au stade de Bab El Oued, alors appelé la Consolation (anciennement Stade d’Alger). Cette décision permit au club de disposer enfin d’un terrain de référence pour ses rencontres officielles[37]. L’USM Alger entama ses compétitions officielles par la Coupe Forconi, une habitude bien ancrée chez ses supporters. Fort de ses bons résultats de la saison précédente, le club fut exempté du premier tour et se prépara directement à affronter son premier adversaire au deuxième tour. Le tirage au sort l’opposa à la JSM Algérois, dans une rencontre disputée au Stade de la Consolation. Dès le coup d’envoi, l’USMA afficha une grande détermination, imposant sa supériorité sur le terrain, et s’imposa finalement par deux buts à zéro inscrits par Abdelkader Djaknoun, offrant la qualification à ses coéquipiers[38].
Au troisième tour, le , l’USMA se déplaça à Blida pour affronter le SC Affreville. Le match, très tendu, vit les Rouge et Noir ouvrir le score grâce à Hassan Chabri. Mais après seulement une demi-heure de jeu, l’atmosphère s’envenima : les protestations de l’adversaire devinrent incontrôlables. L’arbitre, qualifié par la presse de faible et incapable de gérer la situation, se résolut à arrêter la partie, déclarant ainsi la victoire de l’USMA dans des conditions exceptionnelles. Mais l’aventure prit fin prématurément. Au quatrième tour, le , l’USM Alger se heurta à un adversaire redoutable de la division d’honneur : l’AS Saint-Eugène. Le club algérois subit une lourde défaite (0–3), mettant un terme à son parcours en coupe malgré des débuts prometteurs[38]. L’USM Alger connut une saison difficile dans un championnat de première division marqué par une grande rivalité. Après 18 journées, le club totalisa six victoires, contre cinq défaites et sept matches nuls, récoltant ainsi 35 points. Sur le plan offensif, l’équipe inscrivit 31 buts, tandis que sa défense en encaissa 24. Un bilan jugé moyen, mais suffisant pour permettre à l’USMA de terminer à la sixième place et d’assurer son maintien en première division[39].
Saison 1949-1950

Après une saison moyenne à plusieurs niveaux, l'USM Alger se prépare à retrouver les compétitions de première division, en entamant ses préparatifs dès les premiers jours, tant sur le plan administratif que sportif. Dans ce cadre, l’assemblée générale du club s’est tenue le au siège officiel, où ont été abordées les dernières actualités relatives à l’organisation et à la gestion sportive. À l’issue de cette réunion, les responsables ont procédé au dépôt des demandes d'engagement pour le championnat de première division et la Coupe de la Ligue d'Alger, après la date du [40].
Sur le plan de l’effectif, le club a ouvert la période de signature et de renouvellement des licences dès le . Le , une rencontre de présentation a été organisée entre les anciens et les nouveaux joueurs en présence de l'entraîneur El Kamal Mostefa. Les entraînements physiques et techniques ont officiellement débuté le , marquant ainsi le lancement de la préparation pour la saison à venir. La direction de l'USM Alger a décidé de disputer ses matchs officiels cette saison au stade « la consoltation », qui portera plus tard le nom de « Stade Marcel Cerdan ». Cette décision s’inscrit dans le cadre des préparatifs organisationnels en vue du début de la saison[40].
De son côté, la Ligue d'Alger a publié, en date du , la liste officielle des clubs composant la première division, groupe A, qui comprend dix équipes : US Fort-de-l'eau, O. Tizi Ouzou, OM Saint Eugène, AS Kouba, SCU El Biar, JS Birtouta, Olympique Rouiba, AS Rivet, AS Douéra et l’USM Alger[40]. Dans une ambiance festive et chaleureuse, l’USM Alger a organisé sa grande célébration annuelle dans la soirée du , à la salle de cinéma « Majestic », en présence d’un large public. Pour l’occasion, la célèbre troupe tunisienne dirigée par l’artiste Ali Sriti a été invitée, apportant une touche maghrébine raffinée à l’événement. Le public a également apprécié la célèbre pièce comique Chakchouk, ainsi qu’un programme varié de divertissements, faisant de cette soirée une véritable fête culturelle, à quelques jours seulement du coup d’envoi de la nouvelle saison footballistique[41].
Saison 1950-1951

Debout: Hamid Akliouat (entraîneur), un supporter, Kamal Benhaddad, Mustapha Ouaguenouni (c), Zitouni, Allel Ouaguenouni, Zoubir Bouadjadj, Cherif.
Accroupis: Naït Kaci, Zouaoui, Chabri, Bedaréne, Hamadouche « Bisco », Hamid Rekkal (soigneur).
Dans le cadre de la préparation pour la nouvelle saison, l’USM Alger a entamé ses activités très tôt en ouvrant la porte au recrutement de nouveaux joueurs et en renouvelant les licences de plusieurs anciens dès le début du mois de , afin de préserver l’expérience et la stabilité de l’équipe, malgré l’âge avancé de certains joueurs[42]. Les séances de préparation physique ont débuté dans la salle du club située à la rue Bone, tandis que les entraînements techniques ont été organisés sur différents terrains dès le début du mois d’août, dans le but de préparer les joueurs physiquement et tactiquement pour la saison à venir. Sur le plan technique, l’ancien entraîneur du club, M. Mustapha El Kamal, a rejoint l’OM Saint Eugène, et il a été remplacé par M. Hamid Akliouat, qui a été présenté officiellement aux joueurs de toutes les catégories le au siège officiel du club[42].
À cette époque, les dirigeants insistaient sur le suivi médical des joueurs à tous les niveaux, conformément à ce que prévoyaient les règlements de la Fédération et de la Ligue d’Alger. Pour cette raison, un grand nombre de joueurs furent convoqués pour subir un examen médical général et spécialisé au Stade d’Alger les 5 et , en application de certaines décisions émises par la Ligue environ cinq ans auparavant, relatives à des modifications du système de compétition. Ainsi, les équipes qualifiées pour évoluer en Première Division furent réparties en trois groupes, et l’USM Alger fut versée dans le deuxième groupe, composé de dix clubs : OM Saint Eugène, O. Tizi Ouzou, U.S.A. Fort de l'Eau, SC Alger, O. Rouïba, AS Rivet, JS Kabylie, GS Alger-Hydra, USM Maison Carrée et USM Alger[43].
Le tirage au sort du premier tour de la Coupe de la Ligue « Forconi » a opposé l’USM Alger à une équipe de deuxième division, la JSI Issers, sur le Stade de Rouiba le . La rencontre fut largement dominée par l’USMA, qui s’est qualifiée grâce à une victoire nette 3–0. Le premier but a été inscrit contre son camp par un joueur d’Issers, avant que Rabah Zouaoui ne double la mise dès le début de la seconde période. Dahmane Hamadouchi, latéral droit, scella ensuite le succès en marquant le troisième but dans les dernières minutes du match, permettant ainsi à son équipe d’accéder au tour suivant[43].

Au deuxième tour, l’USM Alger poursuivit sur sa lancée en affrontant une autre formation de deuxième division, l’US Ben Aknoun, au Stade de Hussein Dey le . Les Rouge et Noir ont livré une prestation offensive éclatante, s’imposant sur le large score de 6–1. Les buts furent signés Rabah Zouaoui, Rabah Bedaréne et Ouaguenouni, tandis que Hacène Chabri s’illustra en réalisant un triplé, offrant ainsi une qualification méritée pour le troisième tour. Au troisième tour, le parcours de l’USMA s’arrêta après son élimination face à l’OM Saint Eugène, dans un match disputé sur le Stade de Saint-Eugène le . La rencontre fut à sens unique, dominée de bout en bout par l’équipe locale, qui s’imposa 4–1. Zoubir Naït Kaci sauva l’honneur en inscrivant l’unique but des Usmistes[43].
L’USM Alger a bouclé la saison sur une note décevante, loin des ambitions affichées en début d’exercice. Considéré comme un sérieux prétendant au titre, le club n’a finalement pas tenu ses promesses. Au terme des 18 matchs disputés, les Rouge et Noir ont enregistré 6 victoires, 5 matchs nuls et 7 défaites, récoltant un total de 35 points[44]. L’équipe a inscrit 27 buts et en a encaissé 24. Avec ce bilan mitigé, l’USMA a dû se contenter de la 7éme place de son groupe, assurant simplement son maintien en Première Division au lieu de jouer les premiers rôles. Malgré des conditions favorables, une préparation insuffisante en début de saison a lourdement pesé sur le rendement global de l’équipe. Ainsi, les coéquipiers de Mustapha et Allel Ouaguenouni ont une nouvelle fois manqué le rendez-vous avec le titre, en dépit des pronostics qui les voyaient déjà champions[44].
Saison 1951-1952

Debout: Hamid Akliouat (coach), Allel Ouaguenouni, Bouhraoua, Benbouha, Bouadjadj, Bedjani, Chabri.
Accroupis: Benhaik, Hamadouche, Zouaoui, Messat, Azzouz.
À la clôture de la saison sportive précédente, le club de l’Union a tenu son assemblée générale annuelle le . Le conseil d’administration s’est réuni le en présence de tous les membres afin d’évaluer les résultats de la saison écoulée et de prendre les mesures nécessaires pour réorganiser le bureau du conseil ainsi que les différentes commissions. D’autres réunions ont également eu lieu le en soirée et le pour examiner diverses questions relatives à la préparation de la nouvelle saison sportive. La Ligue a publié, le , la composition des trois groupes du championnat de Première Division. L’USM Alger a été versée dans le groupe I, qui comprend les dix formations suivantes : RC Maison Carrée, US Ouest Mitidja, O. Tizi Ouzou, O. Rouïba, US Blida, JS El Biar, RC Kouba, NA Hussein Dey, GS Alger-Hydra, USM Alger[45].
La compétition a débuté, comme à l’accoutumée, par les éliminatoires de la Coupe Forconi qualificatives pour la Coupe d’Afrique du Nord. L’USM Alger s’est qualifiée au premier tour en éliminant le CS Algérois grâce à une victoire 2 à 0 au Stade Marcel Cerdan le . Boualem Bedjani a ouvert le score, avant que Mohamed Messat ne double la mise. Cependant, le parcours de l’Union s’est arrêté au deuxième tour après une défaite face au ES Zéralda le au Stade Guyotville, sur le score de 2 à 0. Les Rouge et Noir n’ont pas montré grand-chose malgré les efforts de leurs joueurs, notamment Krimo Rebih, très en vue, mais le score est resté inchangé jusqu’au coup de sifflet final[46].
L’Union Sportive Muslmane Algéroise a assuré la première place du groupe A, en terminant en tête du classement avec 49 points en 18 matchs, totalisant 14 victoires, 3 matchs nuls et une seule défaite. L’attaque de l’équipe a inscrit 51 buts, tandis que la défense n’en a concédé que 15, en attendant de connaître l’issue des matchs de barrage. Il s’agit là du meilleur bilan réalisé par l’Union depuis sa montée en première division, au point que beaucoup affirment désormais que la place naturelle de l’Union Sportive Muslmane Algéroise est en Division d’honneur. Ce parcours remarquable est considéré comme le fruit d’un grand travail et d’efforts équilibrés ayant permis de former une équipe solide, crainte et respectée par tous. Le comité directeur du club s’est réuni le au siège de l’équipe, en présence de tous les membres, afin d’examiner les affaires en suspens qui continuent d’affecter l’équipe, et de se préparer du mieux possible pour les matchs de barrage[47].
| R | Équipe | Pts | J |
|---|---|---|---|
| 1 | USM Alger | 49 | 18 |
| 2 | RC Maison Carrée | 47 | 18 |
| 3 | US Ouest Mitidja | 43 | 18 |
| 4 | RC Kouba | 39 | 18 |
| 5 | Olympique de Tizi-Ouzou | 33 | 18 |
Lors de la première rencontre, l’Union s’est inclinée face au SCU El Biar, champion du deuxième groupe, sur le score de trois buts à deux, dans un match disputé au Stade de La Kouba le . Cette confrontation s’est déroulée dans une ambiance digne des grandes affiches, puisque le Stade de La Kouba était bondé de spectateurs, au point que certains ont dû louer ou apporter leurs propres chaises pour s’installer en dehors des tribunes déjà saturées. L’Union a réussi à réduire l’écart en inscrivant deux buts dans les 20 dernières minutes de la deuxième mi-temps grâce à Hacène Chabri et Krimo Rebih, mais l’équipe a finalement été battue[47].
Lors du deuxième match, l’Union s’est inclinée face à l’O. Marengo sur le score inattendu de 3 à 0, lors de la rencontre disputée au Stade de Blida le , et qui a vu une domination totale de l’O. Marengo sur l’ensemble du jeu. À la fin du match, des altercations ont éclaté entre les joueurs des deux équipes, et plusieurs joueurs, dont Ahmed Azzouz et Boualem Bedjani, ont été sanctionnés, tandis que les deux clubs ont écopé d’une amende de 1000 francs, en raison de l’envahissement du terrain par certains supporters et des incidents qu’ils ont provoqués après la rencontre. Ainsi, l’Union a gâché une occasion très rare, difficilement reproductible à l’avenir, de décrocher la montée en Division d’honneur, et ce malgré toutes les conditions favorables, car cette saison est considérée comme exceptionnelle par rapport aux précédentes[47].
Saison 1952-1953
À la fin de la saison, l'USM Alger, en coordination avec ses principaux supporters, a organisé une sortie récréative à la plage de Sidi Fredj le , au profit des joueurs et des fidèles du club, dans une ambiance conviviale et détendue. Pendant le mois sacré de Ramadan, le club a également organisé des soirées musicales animées par le doyen de la chanson populaire, Cheikh El Hadj Mohamed El Anka, un artiste emblématique qui a souvent chanté pour l'USMA à diverses occasions, renforçant ainsi les liens culturels entre le club et son environnement. Le Conseil d'administration s'est réuni les 12 et , en préparation de l'assemblée générale extraordinaire qui s'est tenue le , sous la présidence de Mohamed Zenagui, en présence des membres actifs, honoraires et bénéficiaires, au siège social du club. Enfin, l'assemblée générale constitutive a eu lieu les 6 et , et s'est conclue le même jour par la première réunion du nouveau Conseil d'administration, marquant ainsi le début d’une nouvelle étape dans l’organisation du club[49].
Un nouveau rassemblement du Conseil d’administration de l’USM Alger s’est tenu le , marquant une étape importante dans les préparatifs de la nouvelle saison. À cette occasion, les anciens et nouveaux joueurs ont été présentés à l’entraîneur, qui a aussitôt entamé les séances de préparation physique et technique, dès la première semaine du mois d’. Parallèlement, la Ligue d'Alger de football a tenu une assemblée générale le , afin d'examiner les divers problèmes auxquels fait face le football à Alger et dans ses environs. Elle a réuni les présidents de la plupart des clubs, en particulier ceux évoluant en Division d’Honneur, qui ont soumis leurs propositions et revendications à la Ligue. Parmi celles-ci figuraient notamment : La création d’une division intermédiaire entre la Division d'Honneur et la Première Division (appelée « Pré honneur ») La révision du système des matchs de barrage. Cependant, aucune décision concrète n’a été prise à ce sujet[49].
Le , la Ligue a publié la composition des groupes de Première Division pour la saison à venir. L'USM Alger a été placé dans le groupe 3, qui comprend un total de dix équipes : GS Alger, ES Zéralda, OCB Oued-Fodda, ASPTT Alger, OM Saint Eugène, AS Kouba, WA Boufarik, NA Hussein Dey, Olympique de Médéa et USM Alger[49]. La compétition a débuté comme à l’accoutumée par les éliminatoires de la Coupe de la Ligue Coupe Edmond Forconi, qualificative à la Coupe d’Afrique du Nord. L’USM Alger s’est qualifiée au premier tour sans jouer, à la suite du forfait de l’Olympique Pointe-Pescade. Au second tour, l’USMA a affronté l’équipe de l’AS Montpensier-Berre et s’est imposée largement sur le score de 6-2 lors d’un match facile disputé le au Stade de Kouba, malgré un vent défavorable durant la première mi-temps. Le club algérois a poursuivi son parcours en se qualifiant pour le troisième tour grâce à une courte victoire 1-0 contre la JSM Algérois, dans une rencontre jouée au Stade Marcel Cerdan le , devant un public nombreux. Ce succès a été arraché dans un match difficile face à une forte opposition[50].
Le parcours de l'USMA s’est arrêté au quatrième tour, après une défaite contre l’Olympique Hussein Dey, l’un des clubs phares de la division d’honneur et champion d’Algérie de la saison régulière. Le match s’est déroulé le au Stade municipal et s’est soldé par une victoire 2-0 de l’O Hussein Dey, acquise durant la prolongation, après un score nul et vierge à l’issue du temps réglementaire[50]. L'USMA a réalisé une mauvaise saison, avec des résultats modestes qui ont failli la mener vers une issue fâcheuse. Il est difficile d’identifier les raisons qui ont empêché l’équipe de jouer les premiers rôles, malgré la présence de bons éléments et le renfort de plusieurs jeunes, qui n’ont pu faire mieux que d’assurer le maintien en première division. L’USMA a terminé le championnat à la septième place, avec un total de 34 points, enregistrant quatre victoires, huit matchs nuls et six défaites en 18 rencontres[51].
Saison 1953-1954
La Ligue d'Alger de football a annoncé très tôt la composition des groupes de la première division pour la nouvelle saison, et cette composition a connu plusieurs changements. Le groupe 3, auquel appartient l’USM Alger, comprend dix équipes, à savoir : OCB Oued-Fodda, Olympique Littoral, SC Algérois, US Blida, JS El Biar, RC Kouba, GS Alger Hydra, USM Marengo, OM Ruisseau et USM Alger. Dans le cadre des préparatifs pour la saison, l’USM Alger a tenu une assemblée générale élective le au siège du club, en présence des membres, des joueurs et des nouveaux candidats. Elle a abouti à l’élection d’un nouveau conseil d’administration, qui a tenu sa première réunion dès le lendemain () pour finaliser les aspects organisationnels[52].
Le conseil a ensuite tenu plusieurs réunions successives, dont la plus marquante le , au cours de laquelle il a été décidé d’ouvrir le renouvellement des licences des anciens joueurs et de débuter la signature des licences pour les nouveaux joueurs à partir du lundi . Le , le conseil s’est de nouveau réuni avec les anciens et nouveaux joueurs, en prévision de leur présentation à l’entraîneur le , après avoir passé une visite médicale préliminaire le , avec un accent particulier sur les nouveaux joueurs. Les séances d’entraînement physique ont débuté le , à la salle d’éducation physique du club ainsi que sur le Stade Marcel Cerdan, dans le cadre d’un programme de préparation complet en vue du démarrage du championnat[52].
Comme à l’accoutumée, l’USM Alger a entamé sa saison par les éliminatoires de la Coupe Forconi, une compétition très suivie à l’époque. Le club a été exempté du premier tour et a débuté directement au deuxième tour, où il a largement battu l’équipe de Djendel CA sur le terrain de Médéa le , sur le score sans appel de 7 à 0. Au troisième tour, disputé le , l’USMA a affronté l’Olympique Littoral. Dans une rencontre palpitante, les Rouge et Noir ont livré une prestation brillante et spectaculaire, s’imposant 3 buts à 2 et validant ainsi leur billet pour le tour suivant. Malheureusement, l’aventure s’est arrêtée au quatrième tour, après une défaite 2 à 1 face à la JS Isserville les Issers, lors d’un match disputé au Stade de Fondouk le . La rencontre s’est déroulée devant une importante affluence de supporters usmistes, qui ont effectué le déplacement en masse pour soutenir leur équipe à l’extérieur, en vain[53].
Alors que tous les espoirs étaient placés sur une éventuelle montée vers la nouvelle division d’accession à l’Honneur, l’USM Alger a frôlé la relégation en Deuxième Division. Finalement, les coéquipiers de Rabah Zouaoui ont dû se contenter de sauver leur place en Première Division, laquelle sera rétrogradée à un troisième niveau hiérarchique à partir de la saison suivante, avec l’instauration d’une nouvelle pyramide des compétitions. Ce championnat est unanimement considéré comme le pire de l’histoire du club depuis sa fondation en 1937. Le parcours de l’équipe a été marqué par l’instabilité, le désordre tactique, ainsi qu’une incapacité chronique à dégager un onze titulaire régulier tout au long de la saison. L’USMA a manqué de constance, d’efficacité, et a affiché un visage méconnaissable, décevant autant ses supporters que ses dirigeants[54].
Révolution de libération
Lorsque la guerre de libération algérienne éclata le 1er novembre 1954, les compétitions sportives, en particulier le football, ne furent pas épargnées par les événements qui secouaient le pays. Dès les premiers mois de la révolution, alors que la saison footballistique débutait, de nombreux jeunes Algériens, y compris des athlètes et des footballeurs, répondirent à l’appel de la révolution et rejoignirent ses rangs. Ces jeunes étaient actifs dans différentes compétitions organisées à l’époque sous l’autorité du système colonial français. Les joueurs et dirigeants de l’USM Alger (Union Sportive Musulmane d’Alger) ne firent pas exception. À l’instar de nombreux Algériens issus de divers milieux, ils embrassèrent la cause nationale et s’engagèrent dans la lutte révolutionnaire certains dès le début de la guerre, d’autres au fur et à mesure de son évolution, notamment après le retrait du club du championnat de deuxième division, en réponse à la montée en puissance de la révolution[55].
Parmi les figures les plus marquantes, on peut citer : Ali Zaid, dit Lahmar, l’un des fondateurs et dirigeants historiques de l’USMA, qui rejoignit la révolution et tomba en martyr. Yacef Saâdi, grand militant de la cause nationale et chef emblématique de la Zone autonome d'Alger (ZAA), également lié au club et Mustapha Ouaguenouni, qui suivit le même chemin de résistance et mourut en martyr sur le champ d’honneur. La décision de l’USM Alger de se retirer des compétitions coloniales fut un acte de défi clair et un symbole fort de solidarité avec le mouvement de libération. Elle témoigne de l’enchevêtrement profond entre le sport et la lutte nationale, et de la volonté des sportifs algériens de ne pas servir les intérêts du régime colonial[55].
Saison 1954-1955
Après la fin de la saison 1953–1954 marquée par des résultats très modestes, voire franchement médiocres, l'USM Alger n’est pas parvenue à accéder à la nouvelle Division d’Honneur Promotionnelle, récemment créée au niveau de la Ligue d’Alger. En conséquence, le club est resté en Première Division pour une saison supplémentaire. Dans ce contexte, le conseil d’administration du club a tenu une réunion ordinaire le au siège de l’équipe, en présence de tous les membres. Plusieurs points importants ont été abordés, notamment : La libération de plusieurs joueurs de différents niveaux, Le recrutement de nouveaux joueurs pour renforcer l’effectif, La mise en œuvre de décisions précédemment prises par la ligue en début de saison passée, et la discussion des conditions de la poursuite de la compétition lors de la saison à venir, dans un climat politique de plus en plus tendu avec l’émergence imminente de la Révolution algérienne[56].
L’USM Alger a commencé à enregistrer les licences des anciens et nouveaux joueurs dès le début du mois d’. Le comité du club a rencontré les joueurs et les a présentés à l’entraîneur le . L’équipe a repris les entraînements physiques et techniques à partir du . Conformément aux règlements en vigueur à l’époque, qui obligeaient les clubs à parrainer et former un certain nombre d’arbitres, l’USM Alger a respecté cette directive et a formé un groupe d’arbitres compétents, dont plusieurs ont ensuite joué un rôle important après l’indépendance de l’Algérie[56].
Le conseil d’administration s’est réuni de nouveau le pour finaliser les préparatifs avant le début de la compétition, conformément aux décisions prises avant le début de la saison précédente, notamment celles concernant la réorganisation des compétitions et l’intégration de la nouvelle Division d’Honneur Promotionnelle. La Ligue d’Alger a publié une nouvelle structure du championnat de Première Division, incluant le Groupe III, composé de dix équipes : SC Alger, Olympique de Rouiba, US Oumale, WA Revet, US Fort-de-l’Eau, ASM Barre, AST Alger, USM Maison-Carrée, RC Kouba et USM Alger[57].
La saison s’est terminée par la relégation de l’USM Alger en deuxième division, après une campagne très mauvaise, due aux circonstances de la révolution, au début de l’exode de ses meilleurs joueurs, ainsi qu’à d’autres raisons connues des dirigeants du club. Une analyse du parcours de l’équipe montre qu’elle a occupé la dernière place durant presque toute la saison. Elle a perdu plusieurs matchs à domicile et a fait de nombreux matchs nuls. À l’extérieur, les résultats ont été très faibles malgré un niveau de jeu globalement acceptable. On remarque également que l’équipe a constamment changé de composition d’un match à l’autre, sans jamais parvenir à stabiliser un onze titulaire jusqu’à la fin du championnat. L’équipe s’est aussi distinguée par une défense fragile et un manque de coordination entre les différents secteurs du jeu[58].
Saison 1955-1956
L'U.S.M.A n'a pas encore fait parvenir son engagement à la Ligue de football pour la saison 1955-1956 les délais sont pourtant expirés. il est donc à craindre que l'engagement des musulmans algeroise ne serait pas retenu si leurs dirigeants se décidaient à l'adresser »
Dans le cadre de la préparation de la saison 1955-1956, l'USM Alger a tenu plusieurs réunions importantes, notamment une assemblée générale le suivie d’une réunion du nouveau conseil d’administration, présidé par Ali Chérifi, le . Cependant, malgré ces démarches, le club a été confronté à une profonde crise interne, menaçant son existence même. Cette instabilité s’est traduite par un retard dans les procédures administratives essentielles, notamment l'absence de dépôt de la fiche de renseignements auprès de la Ligue d'Alger, signalée dès le . Face à cette inaction, la Ligue a réagi fermement. La presse a relayé les mises en garde de la Ligue : La Dépêche a annoncé que l’USMA était considérée en "non activité", et risquait une relégation automatique. L'Écho d'Alger, quant à lui, a publié un avertissement de la commission de discipline soulignant que le club risquait l’exclusion si sa situation n’était pas rapidement régularisée[59].
En , après des discussions internes entre les membres du conseil d'administration, l'USM Alger confirma sa participation au championnat de deuxième division pour la saison 1955–1956. Cette décision fit suite à une audition auprès de la ligue, au cours de laquelle le président du club, Chérifi, assura de l'engagement total de l'équipe à terminer la saison. La ligue accepta cette position, précisant qu’un seul match était en retard et serait reprogrammé rapidement. Par la suite, les joueurs furent convoqués au siège du club pour renouveler leurs licences, et des négociations individuelles furent engagées avec certains éléments clés comme Slimane Ghanem, Mustapha Kouiret, Chouchane et Kouroufi concernant leur avenir au sein de l’équipe[60].
Le départ des joueurs vétérans et expérimentés de l'USM Alger, ceux qui avaient défendu les couleurs du club lors des saisons précédentes, s'explique par plusieurs raisons. Les principales étant : la décision d'arrêter définitivement la pratique du football, le ralliement à la Révolution algérienne en réponse à l'appel du devoir national, ou encore le transfert vers un autre club. La ligue publia le programme du championnat de deuxième division, réparti en quatre groupes. L'USM Alger fut placée dans le groupe III, qui comprenait les équipes suivantes : US Hospitaliers Alger, AS Rivet, AS Douéra, CC Algérois, SCM Blida, JS Birtouta, JU Algéroise, FC Sidi Moussa, RAS Algéroise[60].
Alors que le mouvement révolutionnaire prenait de l’ampleur en Algérie, les clubs sportifs musulmans commencèrent à se retirer des compétitions officielles organisées par les autorités coloniales françaises, en réponse à l’appel du Front de Libération Nationale (FLN). Le FLN exhortait tous les athlètes et clubs algériens à cesser leur participation, en signe de rejet du contrôle colonial et de soutien à la cause nationale. Le , Le Journal d’Alger rapportait : « Le tableau de la compétition s’est trouvé amputé du retrait de l’USM Alger et du CC Alger, qui ont déclaré abandonner l’épreuve[61]. » Cette décision devint officielle à partir du match prévu le au Stade Marcel Cerdan, où l’USM Alger devait affronter la JS Birtouta. L’absence du club à cette rencontre confirma son retrait de la compétition, aux côtés de plusieurs autres clubs musulmans à tendance nationaliste, en obéissance aux directives du FLN. Bien que la saison n’ait pas été achevée, l’USMA fut classée à la 8e place au classement final, témoignant du niveau compétitif du club avant son retrait[61].
Présidents officiels et honoraires, managers et influence culturelle
| # | Nom | Années |
|---|---|---|
| 1 | 1937 – 1938 | |
| 2 | 1938 – 1942 | |
| 3 | 1942 – 1943 | |
| 4 | 1943 – 1946 | |
| 5 | 1946 – 1948 | |
| 6 | 1948 – 1950 | |
| 7 | 1950 – 1953 | |
| 8 | 1953 – 1956 |

Depuis sa fondation officielle en 1937, l'USM Alger a été dirigée par une succession de présidents qui ont encadré le club durant ses premières années sous la domination coloniale française, ainsi que pendant la période difficile de la Seconde Guerre mondiale. Voici un résumé chronologique des présidents ayant dirigé le club de 1937 à 1953 : Le premier président de l'USM Alger fut Ali Zaid, qui prit ses fonctions le , à la suite de la création du club. Il resta en poste jusqu’en . Il fut remplacé par Meddad Arezki, qui assuma la présidence à partir d’. Meddad dirigea le club durant les premières années éprouvantes de la Seconde Guerre mondiale, et occupa ses fonctions jusqu’à son décès en , alors qu’il était encore en exercice[62],[20].
Le , Abderrahmane Boulendjas fut élu président. Son mandat dura une année, prenant fin le . Il fut alors remplacé par Mohamed Aïchoun, qui assura la présidence du jusqu’au , menant le club durant l’immédiate après-guerre. Mohamed Zenagui fut ensuite élu président le , et son premier mandat se poursuivit jusqu’en . Il fut alors remplacé par Mohamed Bensiam, président de à 1950. Mohamed Zenagui revint à la tête du club pour un second mandat en 1950, qu’il conserva jusqu’au . À cette date, Ali Chérifi prit la présidence de l'USM Alger. Son mandat s’étendit au-delà du milieu des années 1950, bien que la date exacte de la fin de son mandat ne soit pas précisément connue[62].
Depuis sa fondation, l’USM Alger a entretenu un lien étroit avec de nombreux artistes et musiciens algériens qui ont soutenu le club tant sur le plan moral que financier. Des figures emblématiques telles que El Hadj M’Hamed El Anka et El Hadj Mahfoud Mahieddine étaient connues pour leur attachement au club, se produisant souvent lors d’événements organisés par les supporters de l’USMA dans les années 1930 et 1940. En 1937, un concert célébrant la création du club comprenait des prestations de plusieurs artistes, dont un jeune El Anka. Durant une crise financière survenue dans les premières années du club, des artistes comme Farid Oujdi organisèrent des concerts de soutien afin d’aider l’équipe à survivre. El Anka composa également la célèbre chanson « L’Union L’USMA » au début des années 1940, considérée comme le premier chant sportif patriotique algérien[63].
Elle célébrait les victoires du club et rendait hommage à ses athlètes, renforçant ainsi les liens culturels entre l’USMA et la communauté artistique algérienne. Cette chanson est considérée comme la première œuvre artistique nationale à aborder le thème du sport en Algérie. Elle occupe une place particulière dans l’histoire culturelle du pays en raison de son caractère pionnier et de sa large reconnaissance. La chanson fut publiée avant celle interprétée par Hadj M'rizek à propos du Mouloudia d’Alger, ce qui en fait le tout premier chant national connu ayant pour thème le sport en Algérie[63]. Le premier verset de la célèbre chanson « L’Union L’USMA »
Dans le dialecte de la capitale algérienne
لُيُونُيُونَ لُويَاسْمَا
يَارَبِّي سَهَلِّي نَنْشَدْ ……… يَا نِعْمَ الْقَيُّومُ
نَفْخَرْ بَلْسَانِي وَانْجَدَّدْ ……… حَرْبُ التَّقَدُّمُ
شَايَن لسبور بتعناد ……… خُصُوصُ للْهَمَّة
عَلَىالْفَحْشِ وَالْخَمْرُ تُبَاعَدْ ……… بُشْرَى للأُمَّة
رَانِي فَارَحْ بُشَبَانُ الْيُومُ ……… يَفْجِيوُ الْغُمَّة
مُوجُودِينْ يَضْوِيوْ كَنْجُومْ ……… في ليلت ظلمة
اتَّقَدِّمُو وَاجَبْي نَشْكُرْهُمْ ……… لِّيُونُيُونِ لُويَاسْمَا
حَدَّادُ او زايد أَو مَدَّادُ ……… رَايَسُ الْقُومَانُ
الْهَاشْمِي لَحَرِيزِي مَعَ كَمَّاتُ ……… العَبْدَ الرَّحْمَانُ
بُودِيرْ أَوْ بَأَسْطَةً مَعَ بَخْتِي ……… لَعْدُوهُمْ نَقْمَة
الْعَاقَلْ بَاسَمْهُمْ يَرْتِي ……… فُخُرْ بُلا حَشْمَة
رَانِي فَارَحْ لُيُونُيُونَ لُويَاسْمَا
En français
L’Union L’USMA
Ô mon Seigneur, facilite-moi le chant ……… Ô Toi, le Sublime et l’Éternel
Je m’enorgueillis de ma langue et je renais ……… c’est la guerre du progrès
Nous pratiquons le sport avec persévérance ……… surtout avec courage
Loin de la débauche et de l’alcool ……… bonne nouvelle pour la nation
Je suis heureux des jeunes d’aujourd’hui ……… qui dissipent la tristesse
Ils sont présents, brillent comme des étoiles ……… dans la nuit obscure
Ils avancent et je dois les remercier ……… l’Union, l’USMA
Haddad ou Zayed ou Meddad ……… le chef des vaillants
El Hachemi Lahreizi avec Kammat ……… Abdelrahmane
Boudir et Basta avec Bekhti ……… leur adversaire en a souffert
L’homme sage prononce leurs noms ……… une fierté sans honte
Je suis heureux, L’Union, L’USMA
Le nom de l’USM Alger est étroitement lié à l’un des plus grands artistes de chaâbi que l’Algérie ait connus : El Hachemi Guerouabi, fervent supporter du club depuis l’époque coloniale. Sa fidélité envers l’équipe est restée intacte après l’indépendance, et il fut plus tard nommé membre d’honneur du club en reconnaissance de son soutien indéfectible. Guerouabi rendit hommage à l’USM Alger à travers plusieurs représentations, et l’une de ses chansons les plus emblématiques devint un hymne culturel repris par les supporters du club. Les paroles du couplet d’ouverture disent[64] :
لياسما هوما لبطال ……… حومت غزلان وفوتبال
كحل واحمر يشرح البال ……… يوالم كي يلبسوه
L’USM Alger est la championne ……… Un quartier de gazelles et de ballon
Le noir et le rouge élèvent les passions ……… Ces couleurs leur vont à la perfection
Ces paroles reflètent la profonde affection de Guerouabi pour le club et illustrent le lien puissant entre la musique algérienne et le football. Sa voix est devenue une composante de la mémoire collective des supporters de l’USM Alger, mêlant art et sport dans un héritage culturel commun[64].
Dans ses premières années, l’USM Alger s’appuyait sur des sources de financement modestes, reposant principalement sur les dons et l’aide de commerçants locaux, de personnes aisées et de sympathisants du club. Certains propriétaires de magasins mirent même à disposition une partie de leurs établissements pour les besoins du club, comme le Café Ben Kanoun, le Café Ouaguenouni et d’autres encore, qui faisaient office de lieux de soutien informel[65].
Malgré ces initiatives, le club dut faire face à de lourdes charges financières, notamment un loyer particulièrement élevé de 5 000 francs pour la location du stade, une somme considérable à l’époque. Face à ces difficultés, plusieurs supporters se mobilisèrent pour venir en aide au club, parmi lesquels le célèbre artiste El Hadj M’Hamed El Anka, qui fit don des recettes de plusieurs concerts qu’il donna, soit pour célébrer la fondation de l’équipe, soit pour lui apporter un soutien financier[65].
USM Alger et la guerre de libération nationale
L'USMA est aussi une école de Nationalisme, dit M. Kemmat, au début de l’année 1955, la Révolution battait son plein. M. Ali Chérifi, alors président du club, ayant eu vent de comportements déplacés de la part de certains jeunes joueurs, convoqua les minimes, cadets et juniors pour leur donner une leçon de morale. Il leur dit[66] :
« Mes enfants, je n’ai pas le droit de vous traiter de voyous, même si vous vous comportez comme tels, parce que je sais que vous venez de bonnes familles et je connais vos parents. Écoutez bien ce que je vais vous dire : notre pays est en guerre, et nous avons besoin d’hommes pour combattre le colonialisme français et le chasser. Si demain, les responsables du FLN ou de l’ALN nous contactent pour demander des hommes à envoyer au maquis, que devrais-je leur répondre ? Que je n’ai ici que des enfants qui ne savent rien faire d’autre que des bêtises ? J’ai pris une décision sérieuse : si vous ne changez pas de comportement, vous ne jouerez plus au football[66]. »
En 1956, la direction centrale du Front de libération nationale (FLN) prit la décision stratégique de suspendre toutes les activités sportives des clubs musulmans dans le cadre de l’effort de résistance nationale. Une réunion décisive se tint au cercle de l’USM Alger, situé rue de Bône, pour discuter et décider de l’arrêt du football. Cette réunion fut présidée par Ali Chérifi, alors vice-président de l’USMA et responsable financier de la Zone autonome d'Alger (ZAA). Deux des premiers dirigeants de la ZAA étaient des membres actifs de l’USMA, illustrant encore davantage les liens étroits entre le club et le mouvement de libération. Parmi eux figurait Mohamed Hattab, plus connu sous son nom de guerre Habib Reda, figure clé du réseau de poseurs de bombes de la ZAA. Hattab, qui fut plus tard condamné à mort par les autorités coloniales, était également joueur de basketball au sein de l’USM Alger[67].
À la suite de la fermeture de la Casbah par les forces françaises bouclée par des barbelés et des points de contrôle stricts le cercle de l’USMA, situé au 7 rue de Bône, devint un refuge reconnu pour les combattants Fedayin. En réaction, l’administration coloniale prit pour cible cet endroit : il fut d’abord occupé par des troupes de Zouaves en , puis par des parachutistes qui le transformèrent en centre de torture. En conséquence, toutes les archives administratives et techniques de l’USM Alger furent saisies par l’armée d’occupation, marquant une perte tragique pour la mémoire historique du club et témoignant une fois de plus de son profond enracinement dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie[68],[67].

Malgré les circonstances exceptionnelles de la guerre d’Algérie, les instances de la ligue de football décidèrent finalement d’inclure l’USM Alger dans le classement final de la saison 1955–1956, afin de ne pas pénaliser le club. Selon le règlement habituel, un forfait général (retrait de la compétition) aurait entraîné une relégation automatique. Toutefois, la ligue fit une exception, anticipant une éventuelle reprise d’activité la saison suivante. Ce retrait fut effectué à la demande explicite du Front de libération nationale (FLN), en tant que geste symbolique de soutien à la révolution algérienne contre le colonialisme français, et pour attirer l’attention de la communauté internationale sur la cause. À la suite du retrait du club, plusieurs joueurs rejoignirent le FLN dans les maquis pour prendre part à la lutte armée[68],[67].
En réaction au refus du MC Alger de suspendre, lui aussi, ses activités sportives, les responsables de la Zone autonome d’Alger (ZAA) chargèrent deux fedayins, tous deux joueurs de l’USMA, de perturber un match entre l’AS Saint Eugène et le MC Alger au Stade de Saint Eugène. Leur mission était de semer le désordre et de faire pression sur le MCA afin qu’il cesse sa participation. Ces deux hommes étaient Abdelkader Boudissa, dit « Chichois », tombé plus tard au champ d’honneur dans la Wilaya IV, et Rachid Ferhaoui, dit « Rachid Red », condamné à mort en 1957[68],[67].
Leurs actions et leur sacrifice s’inscrivaient dans un engagement plus large : l’USM Alger allait devenir le club de football algérien ayant offert le plus grand nombre de martyrs (Chouhada) à la cause nationale. Le bilan atteignit 46 martyrs, parmi lesquels le capitaine Allel Oukid, chef de la 4ᵉ région de la Wilaya IV, et Mohamed Arezki Bennacer, chef de la 3ᵉ région de la ZAA et responsable du réseau de poseurs de bombes. Cet héritage a solidement ancré l’identité historique de l’USM Alger, non seulement comme un club de football, mais aussi comme un symbole national profondément engagé dans la résistance et le sacrifice pendant la lutte pour l’indépendance de l’Algérie[68],[67].
- 1 Noureddine Benkanoune
- 2 Abdelkader Belkraoui
- 3 Taher Abbas
- 4 Mohamed Halami
- 5 Abderezak Salama dit Pons
- 6 Ali Zaid dit Lahmar
- 7 Moussa Chrih
- 8 Mohamed Hamitouche
- 9 Mustapha Djouab
- 10 Athmane Doudah
- 11 Boualem Mekkiri
- 12 Kamel Belhaddad
- 13 Mahmoud Louchal
- 14 Mohamed Djaknoune
- 15 Ahmed Djaknoune
- 16 Hamada Hachlaf
- 17 Abderahmane Boussoura
- 18 Omar Lalal
- 19 Omar Sahnoune
- 20 Abdelkader Boudissa
- 21 Mustapha Ouaguenouni
- 22 Moh Arezki Bennacer
- 23 Mustapha Oukid
- 24 Mustapha Moudhab
- 25 Mustapha Lounes dit Hafiz
- 26 Abderrahmane Arbadji
- 27 Allal Oukid
- 28 Kheireddine Zenouda
- 29 Mohamed Rekabi
- 30 Mohamed Taled
- 31 Achour Maidi
- 32 Mohamed Benghenif
- 33 Rabah Timsit
- 34 Boualem Merdab
- 35 Ali Toumiat
- 36 Djelloul Doussas
- 37 Abderahmane Taleb
- 38 Amar Taleb
- 39 Mohamed Boulenjas
- 40 Mohamed Tazairte
- 41 Mohamed Basta
- 42 Houcen Asla
- 43 Taib Zermi
- 44 Mohamed Souak
- 45 Abdelmadjid Boutalbi
- 46 Idriss Benhabils