Histoire de l'imprimerie en Extrême-Orient
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L’histoire de l'imprimerie en Extrême-Orient commence avec l'estampage de stèles gravées sur papier depuis la dynastie Han (206 av. J.-C. — 220 ap. J.-C.)[1]. Elle se poursuit avec l'utilisation de l'impression xylographique sur tissu puis sur papier à la fin du VIIe siècle, et l'invention des caractères mobiles en bois par les artisans est-asiatiques de la dynastie Song vers le XIe siècle. L'utilisation de la xylographie se répand rapidement aux autres pays de l'Asie de l'Est. Pendant que les Chinois n'utilisent d'abord que les caractères mobiles en argile ou en bois, les Coréens sont pionniers dans l'utilisation des mêmes en fer vers le XIIe siècle.
L'impression de style occidental se fait connaître en Extrême-Orient vers le XVIe siècle mais n'est complètement adopté que plusieurs siècles plus tard.
Le processus d'impression

Traditionnellement, il y a eu deux principales techniques d'impression en Asie : la xylographie et l'imprimerie au moyen de caractères mobiles. Dans la technique de la xylographie, l'encre est appliquée à des lettres taillées sur un unique bout de bois qui est par la suite pressé sur du papier. Avec les caractères mobiles, le support est assemblé en utilisant différents caractères, selon les besoins de ce qui doit être imprimé. L'impression avec support de bois est utilisé en Extrême Orient depuis le VIIIe siècle et les caractères spéciaux en métal depuis le XIIe siècle[2].
Le plus vieil exemplaire d'impression xylographique sur papier, où des feuilles de papier individuelles sont pressées sur des blocs de bois avec le texte et l'illustration taillés directement dessus, est découvert en 1974 lors d'une fouille à Xi'an (jadis appelée Chang'an, lorsqu'elle était la capitale de la Chine Tang) dans la province du Shaanxi 陕西 en Chine[3]. C'est un dharanisutra imprimé sur du papier de chanvre et daté d'environ 650-670, pendant la dynastie Tang (618-907)[3]. Un autre document imprimé datant de la première moitié de la dynastie Tang a été trouvé ; le Saddharmapunṇḍarīkasutra ou Sutra du Lotus, imprimé entre 690 et 699[3].
En Corée, un exemple d'impression xylographique datant du VIIIe siècle a été découvert en 1966. Une copie du dharanisutra bouddhiste, appelée dharanisutra de la « lumière pure » (en hangeul : 무구정광대다라니경 ; en hanja : 無垢淨光大陀羅尼經 ; en romanisation révisée du coréen : Mugu jeonggwang dae darani-gyeong), découverte à Gyeongju en Corée du Sud dans une pagode de la dynastie de Silla, a été restaurée en 751[4], n'est pas datée mais a probablement été créée avant la reconstruction de la pagode Shakyamuni du temple Pulguk, dans la province de Kyongju en 751[5],[6],[7],[8],[9], et plus précisément, selon les estimations : pas après 704[4].
Le manuscrit est transcrit sur des feuilles légèrement cirées par un calligraphe professionnel. La feuille de papier est retournée et placée sur le bloc, sur lequel une fiche couche de pâte de riz est étalée, tandis que le dos est frotté avec une brosse plate dont les filaments sont faits de fibre de palme afin de laisser une impression claire de la partie encrée. La gravure utilise un ensemble d'outils tranchants pour couper les caractères et un outil à double tranchant pour éliminer les surfaces résiduelles. Le couteau est tenu comme un poignard dans la main droite et est guidé par le majeur de la main gauche. On taille d'abord les lignes verticales, puis le bloc est tourné à 90 degrés et on taille les lignes horizontales[10].
Quatre corrections d'épreuves sont en général requises : la transcription, la transcription corrigée, le premier état imprimé à partir du bloc, et enfin de dernières légères corrections. Une petite correction à un bloc peut être faite en faisant une légère entaille et en martelant les coins. De plus grandes erreurs nécessitent une incrustation. Après tout cela, le bloc est nettoyé pour enlever tout copeau restant.
Pour l'impression, le bloc xylographique est fermement fixé sur une table. L'imprimeur encre une brosse de crin de cheval ronde pour appliquer de l'encre dans un mouvement vertical. Le papier est par la suite étendu sur le bloc et frotté avec une longue et fine compresse pour transférer l'impression sur le papier. On retire enfin celui-ci et on l'accroche pour qu'il sèche. À cause du processus de frottement, l'impression n'est faite que sur un seul côté du papier, et celui-ci est plus fin qu'en Occident, mais on imprime généralement deux feuilles à la fois.
Des exemplaires étaient souvent faits en rouge ou en bleu, mais l'encre noire était toujours celle que l'on utilisait pour la production. On dit qu'un imprimeur habile pouvait produire jusqu'à 1 500 ou 2 000 feuilles par jour. Les blocs pouvaient être entreposés puis réutilisés si des exemplaires supplémentaires étaient demandés. 15 000 impressions peuvent être faites depuis un même bloc, et 10 000 supplémentaires après des retouches[11].
Développement de l'imprimerie en Asie


L'imprimerie apparaît en Chine en 593[12]. Son utilisation s'étend à mesure que le bouddhisme se répand sur le territoire.
Le parchemin bouddhiste connu sous le nom de Grand Dharanisutra de la Lumière Immaculée et Pure est actuellement la plus vieille estampe xylographique encore conservée[13],[14]. Il a été publié en Corée avant l'année 751, sous la dynastie de Silla[5]. Ce Daranisutra a été trouvé parmi d’autres reliques en octobre 1966 dans la pagode Sakyamuni (Seokgatap), du temple Bulguksa à Gyeongju, en Corée, pendant que l'on démantelait la tour pour réparer le sari. Une partie du Darani gyeongmun 8-9 est imprimée sous forme de rouleau. Le Tripitaka Koreana est imprimé entre 1011 et 1082. Il s'agit de la plus ancienne et plus complète version intacte du canon bouddhiste. Une réimpression a lieu en 1237-1251, utilisant 81 258 blocs de bois de magnolia, taillés sur les deux côtés, organisées en 1 496 titres et 6 568 volumes, et qui sont toujours conservés, intacts, à Haeinsa. Un bureau d'impression a été établi dans l'Académie nationale en 1101 et la collection du gouvernement de Goryeo en compte plusieurs dizaines de milliers[15].
Au Japon, un millier de copies du Sūtra du Lotus ont été imprimées en 1009 sans intention de les présenter à des lecteurs, ce qui a affecté leur lisibilité. Le développement de l'impression hors des cercles bouddhistes ne s'est pas fait avant la fin du XVIe siècle[16].
La tendance de développement vers l'ouest de l'impression commence à l'est du Turkestan où des impressions en ouïghour apparaissent vers 1300, bien que la numérotation des pages et la description des illustrations sont en chinois. Aussi bien l'impression par blocs xylographiques que celle par caractères mobiles sont découvertes au Tourfan, ainsi que plusieurs centaines de types en bois pour Uighur. Après que les Mongols ont conquis Turfan, un grand nombre d'Uighurs sont recrutés par l'armée mongole et depuis que celle-ci a envahi la Perse au milieu du XIIIe siècle, la monnaie de papier est imprimée à Tabriz en 1294 en suivant le système chinois. La première description du système chinois de l'histoire est faite par Rashid al-Din en 1301-1311.
Environ une cinquantaine de matériels imprimés ont été trouvés en Égypte : ils ont été imprimés entre 900 et 1300 à l'encre noire sur papier avec la méthode de friction dans le style chinois. Bien qu'il n'y ait pas de preuve de transmission, les experts pensent qu'il y a une connexion[17].
Selon l'expert en imprimerie A. Hyatt Mayor, « ce sont les Chinois qui ont réellement découvert les moyens de communication qui prévaudraient jusqu'à notre ère[18] ». Les deux méthodes d'impression — par bloc ou par caractère mobile — sont remplacées dans la deuxième moitié du XIXe siècle par l'impression occidentale, initialement la lithographie[19].



