Histoire de la péridurale

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Les femmes enceintes peuvent bénéficier depuis les années 1940 d’un acte d’anesthésie qui soulage leurs contractions : la péridurale. Cette technique, inventée en 1921 par le médecin espagnol Fidel Pagés Miravé (Huesca, 1886-1923), s'est imposée tardivement en Europe. Depuis les années 1970, la péridurale est devenue le gold standard de la prise en charge analgésique de la parturiente. Mais l’obstétrique n’est pas la seule discipline concernée.

C’est d’abord la découverte anatomique de l’espace, puis son utilisation comme voie d’administration des médicaments, puis le progrès des aiguilles, pour pouvoir insérer un cathéter afin de pouvoir faire de l'administration continue d'anesthésique local. L’histoire des médicaments est très liée à cette technique : plus d'un siècle sépare la lévobupivacaïne de la cocaïne. Les nouvelles technologies enfin vont permettre d’améliorer l’analgésie et d’aboutir à des matériaux de plus en plus sophistiqués comme les pompes à programmation et pousse seringue électroniques. La première péridurale effectuée officiellement en France a eu lieu à Suresnes, le .

Péridurale, épidurale, extra-durale : un point commun, la relation à la dure-mère, méninge la plus externe. Sous-durale ou intra-durale ou intra-thécale, c'est directement dans le liquide céphalorachidien, c'est la ponction lombaire de Quincke (1891), c'est la rachicocaïsation de Bier (1899), ce sont les 1500 rachianesthésies de Tuffier. Le terme epidural va rester dans la littérature internationale (anglophone). En France, épidurale va signifier plutôt que l'on atteint l'espace par la voie caudale et péridurale par la voie lombaire, thoracique ou cervicale[1].

Anatomie

L'espace péridural définit une région anatomique par rapport à la dure-mère ; c'est un espace rempli de graisse et de vaisseaux sanguins délimité par le périoste des vertèbres mais en contact étroit avec les cordons postérieurs des racines nerveuses ; il va de la région cervicale à la région sacro-coccygienne.

Découverte de l'espace péridural

L'Américain James Leonard Corning (en).
L'Allemand August Bier (en).

James Leonard Corning

Il décrit en 1885 chez la grenouille une action de la strychnine sur la moelle épinière[2]. Son idée est que le médicament agit par le biais de vaisseaux aux alentours de la moelle et qu'il a finalement un effet plutôt après son passage sanguin, il note néanmoins qu'il pourrait y avoir un effet direct sur les structures nerveuses du fait d'un ralentissement de la circulation sanguine dans cette région : Corning appréhende la voie d'administration sans la nommer. Dans son expérience chez le chien, on a plutôt l'impression qu'il a pratiqué une rachianesthésie : délai d'action cinq minutes, durée deux heures. En revanche, dans son expérience II, chez l'homme, il injecte de la cocaïne au niveau de la 11e et 12e vertèbre thoracique. Devant l'absence d'effet clinique au bout de « six à huit minutes », il réinjecte la même dose au même endroit, l'effet constaté au bout de dix minutes est une insensibilité des membres inférieurs, de la région lombaire et du pénis. S'agit-il de la première péridurale jamais réalisée ?

Athanase Sicard (1872-1929)

Interne à Paris en 1895, élève de Brissaud et Widal, Jean-Marie-Athanase Sicard rapporte à la séance du de la Société de biologie de Paris ses travaux sur les injections médicamenteuses extra-durales par voie sacro-coccygienne[3].

Il rapporte la possibilité d'utiliser une voie d'administration nouvelle qu'il appelle cavité ou espace extra-durale pour soulager des malades atteints de tabès (forme neurologique de syphilis tardive), lumbago ou sciatique rebelle. Il décrit un accès aisé à travers le ligament sacro-coccygien[4].

Il va ensuite travailler à visualiser l'espace grâce au Lipiodol.

Fernand Cathelin (1873-1945)

Fernand Cathelin est interne en 1901 lorsqu'il publie ses travaux, chef de clinique en 1902 ; élève de Félix Guyon, de Lejars et de Charles Richet, il connait les travaux de JL Corning, Bier, Quincke, Tuffier et Doléris sur la rachianesthésie ou voie sous-arachnoïdien.

Il a décrit le premier l'existence de l'espace péridural ou épidural par des expérimentations animales, puis chez l'homme en 1901 : le médicament utilisé est la cocaïne[5]. Il estime que la seule voie d'accès à l'espace épidural est la voie sacrée. Il essaie la voie lombaire chez un chien mort et décrit la difficulté de rester dans l'espace péridural : « ou nous n'entrons pas ou nous perforons la dure-mère »[6].

Technique pour atteindre l'espace péridural

Administration continue

Notes et références

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