Histoire du chômage en France

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L'histoire du chômage en France désigne l'évolution du chômage français, des politiques de l'emploi et des définitions du chômage en France.

Le chômage n'apparaît pas, sous l'Ancien Régime, comme un phénomène spécifique, et n'est pas « traité » par des politiques publiques[1]. Les chômeurs font partie des indigents[2]. Les ouvriers au chômage doivent trouver les moyens de leur subsistance par eux-mêmes, ou demander le secours aux institutions religieuses qui accueillent les démunis[3]. Il existe également un chômage saisonnier[4].

Le chômage augmente à la veille de la Révolution française. Dans les années 1780, les tisserands de coton connaissent une concurrence anglaise, où la mécanisation est plus forte ; aussi, la récolte de la soie est mauvaise en 1787, et Lyon compte alors environ 30 000 chômeurs. Certaines estimations indiquent qu'il y aurait un taux de chômage de 50 % dans l'industrie en 1789[5]. Il est estimé qu'à cette date, 10 % environ de la population rurale mendiait, équivalant à 2 millions de personnes sans travail[2].

Révolution française et Première République

Les gouvernements révolutionnaires successifs cherchent à résorber le chômage, notamment à Paris, où il est perçu comme un facteur d'instabilité politique[1]. Le chômage baisse avec l'enrôlement dans le cadre des guerres révolutionnaires[6].

Premier Empire

Le chômage fluctue sous le Premier Empire. Il augmente du fait des guerres napoléoniennes. Sur les 60 000 ouvriers parisiens en 1811, 12 000 sont sans emploi[7]. Toutefois, Napoléon Ier soutient les filatures lyonnaises, qui passent de 37 en 1799 à 272 en 1814, avec une multiplication par trois à Lyon[8]. Le chômage est traité par Napoléon comme d'un problème d'ordre public[9].

Restauration et Monarchie de Juillet

Sous la monarchie de Juillet, le chômage augmente dans les grands centres urbains industriels tels que Lyon[10].

Deuxième République

Lorsque la Deuxième République est proclamée, il y a environ 7 millions de personnes sans emploi en France, selon les calculs d'Alfred Sauvy[2].

Le régime épouse, à ses débuts, plusieurs revendications sociales et ouvrières. Les Ateliers nationaux sont créés pour fournir du travail aux chômeurs[11]. Ces ateliers emploient quelques dizaines de milliers de chômeurs[12]. Victor Hugo défend la création de mécanismes d'assistance pour que les chômeurs puissent vivre dans des conditions dignes[13]. Le chômage atteint, dans les mois qui suivent la révolution, entre 30% et 60% à Paris[14],[15].

La colonisation de l'Algérie est utilisée comme un moyen de réduire le chômage métropolitain. Le , un crédit de 50 millions de francs est accordé par le Parlement pour envoyer 13 500 colons ouvriers en Algérie[16].

Second Empire

La Guerre de Sécession aux États-Unis provoque une augmentation du chômage en France. Le blocage des ports des États confédérés par l'Union empêche l'approvisionnement de coton en France. Cela déprime l'activité, ainsi qu'au Royaume-Uni. 350 000 ouvriers environ perdent leur emploi du fait de la « disette du cotton ».

Le Second Empire est une période de chômage faible[17].

Troisième République

Le chômage n'est comptabilisé statistiquement qu'à partir de 1896[18]. En 1894, une enquête menée par l'Office du travail indique que le chômage (total ou partiel) touche environ 10% des ouvriers[19].

La Grande Dépression, causée par le krach boursier de 1929, provoque une récession en France. Elle fut toutefois plus faible que chez les pays occidentaux, car l'économie française restait rurale et protégée par des barrières douanières[20]. Le chômage augmente toutefois à partir de 1931. Il touche durement le secteur du luxe, qui connaît à cette époque une augmentation de 10 000 chômeurs[21]. On dénombre officiellement 426 500 chômeurs en 1935, mais le chiffre est probablement sous-évalué. Il cache la sortie de 1,7 million de travailleurs de la population active. Jean Lhomme estime ainsi le nombre de chômeurs à 2 millions sur 12,5 millions de travailleurs[22]. Gérard Noiriel estime que 330 000 femmes sont licenciées entre 1931 et 1936, principalement dans le textile et la métallurgie[23].

En , le nombre de chômeurs est officiellement de 864 000 personnes. Le taux de chômage de l'époque est estimé à 10,1%, soit légèrement moins-values que l'Allemagne (10,3%), et moins que le Royaume-Uni (12,5%) et les États-Unis (13%)[23].

Avec les accords de Matignon en , le chômage diminuera progressivement jusqu'en 1940

Régime de Vichy

Le régime de Vichy craint que le chômage provoque une agitation sociale dans le pays[24],[25]. Il crée un Commissariat à la lutte contre le chômage le [26]. A l'automne 1940, il y a environ un million de chômeurs en France[27]. Des jeunes chômeurs sont envoyés dans les Chantiers de la jeunesse française[28]. Le gouvernement renforce des mesures antérieures, tel que le contrôle de la main d’œuvre étrangère et le chômage partiel[29].

Libération et Quatrième République

Le chômage n'est pas une préoccupation du gouvernement provisoire de la République française, car la France est à l'époque en manque de main d’œuvre[30]. Les politiques sociales du régime, qui créent et fortifient la sécurité sociale française, prennent toutefois en compte la possibilité du chômage[31].

Le chômage commence à augmenter à nouveau dans les années 1950[32]. En 1954, il y a 192 000 chômeurs en France. Ils ne sont plus que 81 000 au premier trimestre 1958[33].

Cinquième République

Notes et références

Articles connexes

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