Histoires Désobéissantes
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Histoires Désobéissantes est une association formée par des filles, fils et parents de personnels des forces armées et de sécurité responsables de crimes contre l'humanité pendant la dernière dictature militaire en Argentine et qui se rangent aux côtés des victimes[1]. Elle est née en suite à la décision de la Cour Suprême de Justice de la Nation d'appliquer la Loi nº 24.390, connue sous le nom de Loi du Deux pour Un et dans le cadre des mobilisations sociales auxquelles ont appelé les organismes de droits humains, contre l'application de cette loi[2],[3].
Le collectif a été constitué le lorsque se rencontrent pour la première fois cinq filles et un fils de génocidaires, qui demandent justice pour les victimes de leurs parents et décident de s'appeler « Histoires Désobéissantes »[4],[5]. Leur première apparition publique a lieu quelques semaines après sa fondation, le , dans le cadre de la manifestation du mouvement féministe « Pas une de moins »[6],[7]. À partir de la répercussion dans les médias au niveau national et international, des proches, à divers degrés de parenté et de différentes parties du monde, qui répudient et remettent en question l'action de leur parent génocidaire, commencent à se rapprocher du collectif[4],[8],[9].
Antécédents
Si l'on connaît des témoignages d'enfants de nazis qui ont rendu publique leur condamnation de l'action criminelle de leurs parents, on ne connaissait pas d'organisations collectives qui rassemblent des personnes ayant la caractéristique particulière d'avoir un lien de filiation avec des responsables de crimes contre l'humanité[10],[11]. Dans le cas de l'Argentine, ce fut la conjoncture politique et la dénonciation publique réalisée par la fille de Miguel Etchecolatz, dans le cadre de la tentative d'application de la loi 2x1, qui a révélé les positions de proches de bourreaux qui reprennent la devise « mémoire, vérité et justice »[12]. Les témoignages de parents d'oppresseurs ont eu un écho international, en particulier leur demande de pouvoir dénoncer leurs proches et témoigner contre eux dans le cadre de procès pour crimes contre l'humanité[13],[14].