Historisme

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L'historisme est un courant historique qui est apparu au XIXe siècle dans le monde germanique sous l'impulsion de grandes figures comme Leopold von Ranke ou encore Friedrich Schlegel et Novalis.

Ce courant est considéré comme le fondement de la méthode historique moderne et se base principalement sur la critique des sources.

L’historisme est un courant historique qui se démarque de la spéculation typique de la philosophie des Lumières. C’est aussi le fondement de la méthode historique moderne encore en vigueur aujourd’hui. L’historisme se base sur une démarche empirique et sur la critique méthodique des sources.[réf. nécessaire]

L’historisme peut donc désigner une théorie historiographique, une conception de la science historique et une philosophie de l’existence. L’histoire de la méthode est plus simple à établir que l’histoire du concept. Le concept d’historisme (comme philosophie de vie) ne possède pas une définition propre car elle dépend du contexte et de l’époque.[réf. nécessaire]

Ce courant s’est développé dans le monde germanique au XIXe siècle. L’histoire se professionnalise et s'institutionnalise. La recherche historique devient une formation spécialisée et il existe des séminaires où la critique des sources est de rigueur. Cette nouvelle démarche historique s’est propagée hors de l’Allemagne et des revues scientifiques sont créés partout dans l’Europe (Historische Zeitschrift en 1859, Revue historique en 1876, The English Historical Review en 1886).[réf. nécessaire]

De plus, l'historisme a longuement été confondu avec l'historicisme tout au long des XVIIIe et XIXe siècles. Cependant, alors que le terme « historicisme » peut être utilisé pour décrire « une approche des sciences sociales, qui assure que cette approche historique est leur but premier, et qui assure que cet objectif n'est atteignable qu'en découvrant des « schémas », des « lois », ou encore des « tendances » qui dirigent l'évolution de l'histoire »[1], le terme « historisme », au contraire, tend à analyser chaque argument ou idée comme propre à son contexte historique. L'historisme permet donc de pointer l'individualité de chaque situation historique.

Origines

Le terme est apparu chez Friedrich Schlegel et Novalis à la fin du XVIIIe siècle. Wilhelm von Humboldt (milieu XIXe) formule la théorie du mouvement et Leopold von Ranke la concrétise dans son œuvre. L'historisme remet en question la philosophie de l'histoire de l'époque. Elle était basée sur la spéculation et des présupposés non questionnés (Genèse biblique). L'historisme critique tout et a été vite perçu comme un danger[2]. Il y a un refus des perspectives abstraites et spéculatives. L'histoire doit être le fruit d'une recherche empirique. L'historisme est caractérisé par la remise en question des fondements de l'histoire et par la conscience moderne. Il doit puiser ses propres normes et ses propres fondements seul. Cela induit une réflexivité[3].

Leopold von Ranke illustre l'historisme en parlant de la nouvelle fonction de l'histoire : « On a autrefois donné à l'histoire la fonction de juger le passé, d'éclairer les contemporains au bénéfice de l'avenir : mon entreprise n'a pas de si haute ambition, il ne s'agit que de dire comment les choses se sont vraiment passées »[4].

D'un point de vue philosophique, une grande question va accompagner l'histoire de l'historisme : celle de l'objectivité. L'histoire ne peut réellement être étudiée objectivement à cause des préjugés et des présupposés de la culture. Il faut prendre conscience de cette condition historique en tant qu'être conséquent de l'histoire et contingent à celle-ci, afin de manifester implication et subjectivité face à elle. C'est quand on peut critiquer sa propre condition historique et en prendre conscience que l'on peut espérer faire de l'histoire qui tend vers l'objectivisme. Le débat tourne donc autour de la réflexivité de l'historisme.[réf. nécessaire]

Évolutions

Bibliographie

Références

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