Homo faber (philosophie)
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En philosophie, la notion d'homo faber fait référence à l'Homme en tant qu'être susceptible de fabriquer des outils. En latin, homo faber signifie « L'Homme créateur ».
Dans la littérature latine, Appius Claudius Caecus emploie ce terme dans ses Sententiæ, faisant référence à la capacité de l'homme à maîtriser son destin ainsi que ce qui l'entoure : Homo faber suae quisque fortunae (« Chaque homme est l'artisan de son destin »).
Usage contemporain
Le classique Homo faber suae quisque fortunae est « redécouvert » par les humanistes au XIVe siècle et occupe une place centrale dans la Renaissance italienne.
Cette notion est notamment abordée par Henri Bergson, philosophe évolutionniste français, dans L'Évolution créatrice : « Si nous pouvions nous dépouiller de tout orgueil, si, pour définir notre espèce, nous nous en tenions strictement à ce que l’histoire et la préhistoire nous présentent comme la caractéristique constante de l’homme et de l’intelligence, nous ne dirions peut-être pas Homo sapiens, mais Homo faber. En définitive, l'intelligence, envisagée dans ce qui en paraît être la démarche originelle, est la faculté de fabriquer les objets artificiels, en particulier des outils à faire des outils, et d'en varier indéfiniment la fabrication »[1]. Le jésuite et paléontologue français Pierre Teilhard de Chardin, qui a exploré le site chinois à partir de 1923, a participé à la qualification de l’Homme de Pékin (Sinanthrope) comme homo faber, c’est-à-dire maitrisant le feu et la taille des pierres.
Benjamin Franklin a également énoncé que « L’homme est un animal fabricateur d’outils » (toolmaking animal).
Ce qui permet de distinguer l'Homme, nommé Homo sapiens, du reste du règne animal n'est sans doute justement pas d'ordre biologique mais a plutôt trait à son intellect : Homo sapiens manifeste son intelligence dans la mesure où il est capable de modifier le monde qui l'entoure. Pour cela, il manie l'outil et transforme son environnement, le façonne de sa pensée et de sa main.
Au XXe siècle, ce concept d'homo faber a été repris et développé par la philosophe Hannah Arendt, notamment dans son ouvrage Condition de l'homme moderne, ainsi que le philosophe et sociologue Max Scheler[2].
Dans les discussions anthropologiques, Homo faber, tel que l'« homme qui travaille », est confronté à Homo Ludens, le « joueur », qui s'intéresse aux divertissements, l'humour, ainsi que le loisir[3]. Il est également employé dans l'ouvrage de George Kubler Formes du temps comme une référence aux individus créant des œuvres d'art[4].
Homo Faber est le titre d'un roman influent de l'auteur suisse Max Frisch, paru en 1957[5].