En 1684, le philosophe français François Bernier publie sa première tentative théorique de diviser l'espèce humaine en races avec l'article Nouvelle Division de la Terre par les différentes Espèces ou races d’homme qui l’habitent, envoyé par un fameux Voyageur à M. l’abbé de la *** à peu près en termes dans le Journal des savants. Il existe selon lui quatre races : la première comprend les habitants d'Europe, d'Afrique du Nord, d'Égypte et d'Inde, la deuxième les habitants d'Afrique, la troisième les habitants de Chine, de Tartarie et d'Asie centrale et la quatrième les Samis[7].
En 1735, le naturaliste Carl von Linné publie Systema naturae, son ouvrage majeur dans lequel il expose sa méthode de classification de la nature. Il y divise les humains en cinq espèces, à savoir Homo africanus niger, Homo americanus rubescens, Homo asiaticus fuscus et Homo europeanus albescens[8].
Homo europeanus albescens est le premier taxon regroupant les Européens. C'est donc un prototype à Homo sapiens europaeus. En effet, Linné va apporter des modifications à sa classification au fil des nouvelles éditions de Systema naturae.
En 1758, dans la dixième édition de Systema naturae, il fait des humains une unique espèce, Homo sapiens, divisée en plusieurs sous-espèces[9],[10]. Chacune d'elles est caractérisée par une zone géographique, une couleur de peau et un comportement. Parmi eux, il y a Homo sapiens europaeus qui est décrit par Linné, dans une optique racialiste, comme « sanguin, pâle, musclé, rapide, astucieux et inventif »[11],[12].
En 1825, le naturaliste français Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent invente un nouveau taxon, Homo japeticus, désignant les Européens mais aussi les peuples d'Asie Mineure[13].
Le taxon n'est plus utilisé scientifiquement de nos jours[14], la théorie racialiste ayant été réfutée[15].