Hospice du Rioumajou
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| Hospice du Rioumajou | |||
L'hospice du Rioumajou. | |||
| Altitude | 1 550 m | ||
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| Massif | Massif de Suelza (Pyrénées) | ||
| Pays | |||
| Région | Occitanie | ||
| Département | Hautes-Pyrénées | ||
| Propriétaire | Commune de Saint-Lary-Soulan | ||
| Période d'ouverture | mi-juin à fin septembre | ||
| Capacité | été : 24 couchages hiver : 0 couchages |
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| Coordonnées géographiques | 42° 42′ 29″ nord, 0° 17′ 38″ est[1] | ||
| Géolocalisation sur la carte : Pyrénées
Géolocalisation sur la carte : Hautes-Pyrénées
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| Refuge de montagne | |||
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L'hospice du Rioumajou est un refuge de montagne situé à 1 550 m d'altitude dans la vallée du Rioumajou, dépendant administrativement de la commune de Saint-Lary-Soulan dans le département des Hautes-Pyrénées en région Occitanie.
Histoire
L'hospice du Rioumajou est placé sur la voie de la Ténarèze qui est une voie traditionnelle du Sud-Ouest de la France et un chemin de transhumance. Cette route permettait de circuler sans franchir ni pont ni gué, est de longue date un point de franchissement de la chaîne pyrénéenne.
Les voyageurs traversaient les cols pour y faire du commerce ou de la contrebande. C'est par là que passaient également les paysans de la vallée qui allaient vendre leur travail, le toponyme de la Plagne du Marcadau, (en occitan, « le plateau du marché ») au-dessus de l'hospice, souligne bien les nombreux échanges. Enfin, ce fut le lieu de passage des soldats, de négociants et de pèlerins.
Les seigneurs locaux, que ces échanges avec l'Espagne favorisaient, avaient le devoir de maintenir en état les hospices. Dans la vallée d'Aure, en plus de l'hospice du Rioumajou, plusieurs hôpitaux ont été répertoriés, fondés par les Chevaliers-Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (chapelle Notre-Dame-du-Bouchet de Guchen, chapelle Saint-Pierre d'Agos à Vielle-Aure, chapelle des Templiers d’Aragnouet).
On trouve trace pour la première fois de l'hospice du Rioumajou dans un document du . En ruines, il a été rebâti par le comte Jean V d'Armagnac.
Les hospices et hôpitaux avaient un même but : au pied des cols, ils constituaient des abris pour le voyageur, apportant une aide matérielle, gîte et couvert, d’une aide spirituelle tenus par des membres du clergé. Les hospices accueillaient pour la nuit et donnaient des soins aux malades et aux blessés.
Plus anciens que les hôpitaux, les hospices ont été les premiers refuges servant aux voyageurs qui se rendaient de l’autre côté des cols[3].
Affaire criminelle
En 1945, Célestine Léontine Tissier, qui habitait Estensan, avait 65 ans et gérait l'hospice du Rioumajou depuis . Durant la Seconde Guerre mondiale, la vallée du Rioumajou fut un lieu de passage pour franchir clandestinement les Pyrénées (« évasions par l’Espagne »).
Le , en fin de journée, il n'y avait dans le refuge que la gérante et Joseph, le domestique, un jeune berger d'origine espagnole. Quatre membres du FFI attaquent l’hospice, des coups de feu sont tirés, les occupants ripostent pour se défendre et Joseph parvient à s'enfuir.
Les bandits réussissent à pénétrer dans le bâtiment, avec pour but de faire parler Célestine Tissier pour savoir où elle a caché ses économies (12 000 francs qui se trouvaient dans des pots au-dessus de la cheminée). Ils torturent la tenancière, qui sera découverte plus tard les mains affreusement mutilées, puis l'abattent d'une balle de carabine.
Prévenue de l'attaque par le domestique rescapé, la famille de la victime arrive sur place et découvre le cadavre de la victime dissimulé sous un tas de fumier et les pots au-dessus de la cheminée vides.
La gendarmerie de Saint-Lary, le parquet et la police secrète se déplacent sur les lieux. Grâce au travail de l'enquête, les quatre auteurs de l’assassinat de Célestine Tissier sont donc identifiés et interpellés. Le butin a été réparti à parts égales entre-eux après le forfait (les enquêteurs ont d’abord cru que 40 000 francs avaient été dérobés). La bande de tueurs se présente alors comme une « patrouille FFI en mission » et allèguent qu'ils étaient en service commandé pour rechercher d’éventuels criminels de guerre essayant de gagner l’Espagne.
Vu les éléments établis par l'enquête, et malgré les intimidations, la justice conduit l'affaire jusqu'à un procès, qui se tient en devant le tribunal militaire de Bordeaux, à la caserne Boudet. Il n'y a ni partie civile ni témoins à charge, le commissaire du gouvernement évoque les menaces et pressions exercées pour qu'il en soit ainsi. Le tribunal ne retient qu'une seule chose à l’issue des débats : la prétendue mission en service commandé, fait justificatif pourtant extrêmement discutable en l'espèce, et il décide d’acquitter les tueurs[4].
Caractéristiques et informations
Il est situé au cœur d'une zone naturelle protégée, classée ZNIEFF de type 1 : Haute vallée d'Aure en rive droite, de Barroude au col d'Azet[5] et en zone Natura 2000 en site classé.
Le refuge est ouvert de mi-juin à fin septembre en continu, mais la route d’accès est fermée à la circulation en hiver.
Accès
Le refuge est accessible depuis Tramezaïgues par la route départementale D 19 le long du ruisseau du Rioumajou. La voie est carrossable jusqu'au lieu-dit de Frédancon et se termine par un sentier jusqu'à l'hospice. Cette dernière partie est fermée à la circulation en été entre 12 h et 16 h.