Howcatchem
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Un howcatchem (contraction de « How catch them? », littéralement : « Comment les attraper ? ») est un genre littéraire, devenu également un genre cinématographique, dans laquelle la perpétration du crime est présentée ou décrite dès le commencement, incluant généralement l'identité du criminel[1],[2]. L'histoire décrit alors la tentative du détective de résoudre le mystère[1]. Il peut également y avoir des énigmes secondaires, telles que la raison pour laquelle le crime a été commis, étant expliquées ou résolues au cours de l'histoire.
Ce format s'oppose au whodunit plus typique, dans lequel tous les détails du criminel ne sont révélés qu'à l'apogée de l'histoire. La première histoire de ce genre est The Case of Oscar Brodski de Richard Austin Freeman parue dans Pearson's Magazine en 1912[3]. La série télévisée Columbo est l'un des exemples les mieux connus de ce genre.
Origine
Richard Austin Freeman décrit la manière dont il inventa l'histoire policière inversée en 1912 dans un recueil de nouvelles intitulé The Singing Bone.
Quelques années auparavant, j'ai conçu, à titre expérimental, une histoire policière inversée en deux parties. La première partie était une description courte et détaillée d'un crime, exposant les antécédents, les motifs et toutes les circonstances connexes. Le lecteur avait vu le crime commettre, il connaissait tout du criminel, et possédait tous les faits. Il semblerait qu'il n'y avait plus rien à dire. Or, j'estimais que le lecteur serait tellement absorbé par le crime qu'il en négligerait les preuves. Et c'est ce qui s'est passé. Pour la plupart des lecteurs, la deuxième partie, décrivant l'enquête du crime, avait l'effet d'une matière nouvelle[1],[4],[5].
C'est peut-être plus courant dans les années 1930. Ngaio Marsh inclut un avant-propos sur le sujet dans son roman L'assassin entre en scène paru en 1935.
Lorsque j'ai présenté ce manuscrit à mon ami, l'Inspecteur-détective principal Alleyn du département des enquêtes criminelles, il déclara :
« C’est un récit tout à fait plausible de l’affaire Unicorn, mais n’est-il pas courant dans les romans policiers de dissimuler l’identité du criminel ? »
Je l'ai regardé froidement.
« Désespérément vieux jeu, ma chère Alleyn. De nos jours, l'identité du criminel est toujours révélée dans les premiers chapitres. »
« Dans ce cas, je te félicite. », déclara-t-il.
Je n'étais pas entièrement ravie.
Exemples
Un exemple précoce et marquant de ce sous-genre est Complicité, écrit en 1931 par Anthony Berkeley Cox dont le nom de plume était Francis Iles. 12h.30 de Croydon de Freeman Wills Crofts paru en 1935 en est un autre exemple important.

La pièce de théâtre télévisée de la BBC de 1952 Le crime était presque parfait de Frederick Knott (adaptée pour le théâtre, puis à nouveau adaptée en 1954 sous forme de film par Alfred Hitchcock) en est un autre exemple. Tony Wendice expose ses plans pour assassiner son épouse Margot dans les premières scènes, laissant le spectateur sans questions concernant le criminel ou le mobile, ne lui laissant que la question de savoir comment la situation va se résoudre. Dans le roman d'Alfred Bester intitulé L'Homme démoli, le lecteur apprend dans le premier chapitre que Ben Reich prévoit de tuer un homme ; la suite du roman concerne la question de savoir s'il s'en tirera.
Le film La police est sur les dents sorti en 1954 utilise ce format : le spectateur assiste au meurtre d'un petit voyou et observe la police, dirigée par le sergent Joe Friday, s'efforcer d'appréhender le meurtrier et le chef criminel à l'origine du réseau.
Les nouvelles rédigées par Roy Vickers concernant le Département des Impasses sont presque toutes du type inversé. Elles traitent des méthodes excentriques employées par l'inspecteur Rason, un détective d'une division fictive de Scotland Yard affecté à enquêter sur des cold cases, afin de résoudre des crimes là où des méthodes plus conventionnelles ont échoué.
Plusieurs romans de la série Lord Peter Wimsey écrits par Dorothy Sayers, tels qu'Arrêt du cœur et Poison violent se rapprochent de l'inclusion dans cette catégorie. Dans les deux ouvrages, il y a, dès le départ, un seul et unique suspect véritable, dont la culpabilité est plus ou moins admise au milieu du livre et qui s'avère en effet être le meurtrier. Dans les deux ouvrages, comme dans certains autres romans policiers de Sayers, dont son dernier, Noces de crime, le mystère à résoudre est principalement de savoir « pourquoi cette personne avait un mobile pour commettre ce meurtre » et « comment elle s'y est prise » (ce qui rend ce format plus proche de la majorité des enquêtes policières). Aussi, la nouvelle The Abominable History of the Man with Copper Fingers (L'abominable histoire de l'homme aux doigts de cuivre) révèle que le méchant est non seulement découvert, mais mort dès le début. Lord Peter explique son enquête en détail, jusqu'à ce que le méchant tombe par hasard dans une cuve de solution électrolytique de cyanure et de sulfate de cuivre.
Le terme howcatchem a été inventé bien plus tard par Philip MacDonald en 1963[6]. Son usage se généralise ensuite dans les années 1970, le plus souvent pour désigner la série télévisée américaine Columbo, sans doute l'exemple le plus connu du genre[7].
La pièce de théâtre écrite par Michael Sutton et Anthony Fingleton intitulée Over My Dead Body (Jamais de la vie je ne le ferai) met en scène trois auteurs de romans policiers âgés commettant un véritable meurtre en chambre close, à la manière d'une machine de Rube Goldberg. Le public est impliqué à chaque étape. Dans une variante de la forme inversée typique, ce sont ici les malfaiteurs qui veulent être attrapés et contraints de payer leur dette envers la société.
Dans les années 1990, certains épisodes de Diagnostic : Meurtre sont présentés dans le format de l'histoire policière inversée, généralement lorsque apparaît une vedette invitée de renom (ou du moins reconnaissable). Les séries télévisées Monk, Esprits criminels ou encore New York, section criminelle présentent fréquemment des épisodes structurés comme des enquêtes policières inversées, dans lesquels le spectateur assiste généralement au crime commis par le tueur (pendant lequel l'identité du tueur est révélée au public), et assiste ensuite aux tentatives des détectives pour résoudre l'énigme (dans au moins un épisode de Monk, ils doivent prouver que le crime a été commis)[8]. Les séries utilisent aussi parfois le format du polar. La série télévisée policière britannique Luther recourt également régulièrement à la structure narrative inversée du roman policier[1].
Dans le manga Death Note, Light Yagami, Misa Amane et Teru Mikami sont des protagonistes antagonistes, connus pour être des tueurs dès le départ. La série relate les aventures de L, Mello et Near au fur et à mesure qu'ils découvrent la vérité.
La série télévisée Motive utilise exclusivement ce format (d'où son titre). Chaque épisode commence avec des scènes introduisant et révélant le tueur ainsi que la victime, et la suite de l'épisode présente les suites ainsi que l'enquête avant de révéler les circonstances du meurtre.
Les deux premières saisons de la série télévisée The Sinner peuvent être considérées comme des histoires policières inversées. Dans chaque cas, il existe soit de multiples témoins, soit des preuves matérielles irréfutables que le suspect a commis le crime. L'enquête consiste plutôt à démêler l'histoire complexe et les mobiles du crime.
Poker Face ainsi qu'Elsbeth sont des interprétations modernes du genre[9].
La série de romans visuels Ace Attorney suit un mélange de ce procédé et de la formule traditionnelle du polar, selon les épisodes. Le premier épisode de chaque jeu présente généralement le tueur dans une cinématique avant le début de l'enquête, les épisodes suivants s'orientant vers la recherche de l'identité du tueur.
En France, la série télévisée Joseph est basée sur le principe du howcatchem.
Articles connexes
- Roman policier humoristique, un sous-genre lié
- Roman à énigme
- Film à énigme
- Cluedo
- Murder party