Hébreu moderne
langue
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L’hébreu moderne est la variété de l'hébreu parlée depuis la fin du XIXe siècle. Sa particularité est d'être redevenu une langue vivante, parlée par la plupart des Israéliens, après de nombreux siècles où la langue était principalement une langue liturgique.
L'hébreu moderne naquit au siècle des Lumières, de la Haskalah qui sortit la culture juive de ses ghettos pour s'ouvrir au monde de son temps. L'usage séculier de la langue sacrée a cependant toujours révolté les esprits plus traditionnels[Qui ?]. La première phase du renouveau de l'hébreu débordant du cadre strictement religieux fut surtout littéraire, sous l'impulsion, entre autres, de Moses Mendelssohn.
Avec Éliézer Ben Yehoudah débuta la renaissance d'un hébreu vernaculaire utilisé aujourd'hui par les citoyens de l'État d'Israël, dont il est langue officielle alors qu'à partir du , l'arabe perd son statut de langue officielle dans l'Etat hébreu pour devenir une langue à « statut spécial ». On estime le nombre de ses locuteurs à environ 6 millions[1].
La renaissance de l’hébreu moderne est fréquemment considérée par les linguistes comme un phénomène unique[2] dans l’histoire des langues. Alors que plusieurs langues anciennes ont été préservées comme langues liturgiques, savantes ou culturelles, peu d’entre elles ont retrouvé un usage quotidien à grande échelle après avoir cessé pendant des siècles d’être la langue maternelle d’une population. L’hébreu constitue à cet égard un cas souvent cité dans les études sur la revitalisation linguistique.
Le développement de l’hébreu moderne s’est accompagné d’un important travail d’adaptation aux besoins de la société contemporaine. De nombreux mots et expressions ont été créés ou modernisés afin de permettre l’usage de la langue dans des domaines tels que les sciences, la technologie, l’administration, l’économie ou l’enseignement supérieur. Ce processus a été encouragé par diverses institutions linguistiques, dont l’Académie de la langue hébraïque, chargée de l’élaboration et de la normalisation du vocabulaire moderne.
L’enseignement de l’hébreu a également joué un rôle central dans son expansion. Dès les premières vagues d’immigration sioniste en Palestine ottomane puis sous le mandat britannique, des écoles adoptèrent l’hébreu comme langue d’enseignement. Après la création de l’État d’Israël en 1948, cette politique permit à des immigrants originaires de dizaines de pays et parlant des langues très diverses d’acquérir un moyen de communication commun. Aujourd’hui, l’hébreu moderne est utilisé dans l’ensemble des domaines de la vie publique, de la recherche scientifique aux médias, et constitue l’un des principaux éléments de l’identité culturelle israélienne contemporaine.
Haiim B. Rosén [he] (חיים רוזן) soutenait le terme désormais largement utilisé[22] « hébreu israélien » au motif qu’il « représentait la nature non chronologique de l’hébreu »[3].
Le témoignage des frères Tharaud
En 1927, Jérôme et Jean Tharaud, peu suspects de philosémitisme, n’hésitaient pas à écrire : « Cette langue, on l'a rafraîchie, rajeunie, mise à la page. Et voilà le grand fait, le premier résultat obtenu par les sionistes : l'hébreu est ressuscité. Il est redevenu une langue vivante. Dans toutes les écoles de Palestine, sciences, littérature, philosophie, histoire, tout est enseigné en hébreu. Il n'y a pas un enfant juif dans toute la Judée qui ne parle aujourd'hui la langue de Moïse comme sa langue naturelle. Et si l'on songe qu'un pareil résultat a été acquis en dix ans, on ne peut qu'admirer cet effort[4]. »