Palestine ottomane

Palestine sous l'Empire ottoman (1517 - 1917) From Wikipedia, the free encyclopedia

La Palestine ottomane désigne la période pendant laquelle la région de Palestine faisait partie de l'Empire ottoman. S'étalant sur quatre siècles, celle-ci commence en 1517 avec sa conquête par les armées turques, et s'achève en 1917, avec l'occupation britannique, qui se prolonge par un passage de la région sous leur mandat à partir de 1920. La Palestine, qui n'était pas une province ottomane en tant que telle, était, selon les époques, découpée et répartie sur plusieurs entités administratives (Moutassarifat de Jérusalem, Pachalik de Damas, Vilayet de Beyrouth...).

Officiers turcs à dromadaire devant la citadelle de Jérusalem, entre 1898 et 1917.

Histoire

Conquête turque

Les provinces (vilayet) de l'Empire ottoman (en jaune) en 1609, avec les états vassaux musulmans (en vert) et les états vassaux chrétiens (en rose).

C'est avec la victoire des armées turques du sultan Selim Ier (1512-1520) sur les mamelouks en 1517 que la Palestine entre dans sa période moderne. Cette victoire, qui replace tout le Proche-Orient dans le giron de Constantinople, inaugure un ordre nouveau dans la région. Dorénavant, ses dirigeants ne sont plus arabes mais turcs, et sa vie politique s'inscrit dans le cadre d'un empire musulman immense et complexe, à cheval sur trois continents. Cet empire, qui assume la relève califale, embrasse toute la Méditerranée orientale comme ses prédécesseurs islamiques, avec la prétention de dominer l'ensemble du monde musulman, mais il a ceci de particulier qu'il continue en même temps à s'étendre militairement dans les Balkans et est activement tourné vers l'Europe, en se posant comme l'héritier de l'Empire byzantin. Cette double orientation géostratégique et ce double ancrage, à la fois européen et oriental, ne sont pas sans conséquences historiques.

N'ayant pas d'unité administrative[1],[2],[3], et au regard de l'importance géostratégique de la région (contrôle des liaisons entre l’Asie et l’Afrique, présence de Lieux saints importants pour les trois religions abrahamiques, point de départ des routes de pèlerinage vers les villes saintes de l’Islam)[4],[3], la Palestine est placée sous l'autorité directe de Constantinople, et partagée entre deux provinces rivales, selon un découpage qui reflète assez bien la géographie humaine du territoire : d'un côté la plaine côtière, devenue peu à peu une région répulsive du fait de l’extension des marécages, qui est rattachée administrativement au Sud-Liban au sein de du Pachalik de Saïda (Bilad al Ṣaydā), tandis que la région centrale des collines de Galilée, Samarie et Judée qui concentre la majeure partie de la population, appartient au « Pachalik de Damas » (Bilad al Sham), avec l'ensemble des districts recouvrant la Grande Syrie ottomane[3].

Nommés directement par le pouvoir central, les pachas installés à Sidon et Damas, qui gouvernent le pays, sont investis de l’autorité suprême dans les domaines civil et militaire : ordre et sécurité publique, collecte des impôts, administration générale. Toutefois, les sultans ottomans veillent à ce qu'ils n’acquièrent pas une puissance excessive en limitant la durée de leurs fonctions, et en nommant eux-mêmes les autres responsables de l’administration provinciale, qui les assistent, comme les préposés à l’administration des finances, les juges (cadi) ou le commandant local (agha) des janissaires[3]. À la conquête ottomane, et à la mise en place de l'armature administrative ottomane, succède l’établissement de l'ordre ottoman.

Étant contraints par les règles de gouvernance islamiques et par les réalités démographiques de terrain, les nouveaux maîtres de la région reprennent les pratiques de gouvernement souples de leurs prédécesseurs byzantins et arabes dont ils se veulent les successeurs et les héritiers, qui permettent le maintien des particularismes palestiniens. Conformément à la pratique bilingue courante dans l'Empire, le turc devient la langue officielle de l'administration, tandis que l'arabe syro-libanais reste la langue de la majorité des populations locales. Le fait que langue arabe ait un caractère coranique sacré qui s'impose aux Ottomans musulmans permet en outre aux intellectuels et religieux musulmans de la région d'avoir un rôle important et prestigieux dans l'Empire, et d'être considérés par le pouvoir. À partir du début du XVIe siècle, le socle de la législation et l'administration en Palestine est la madhhab hanafite, prédominante dans l'Empire ottoman, qui contribue puissamment à forger la culture juridique islamique palestinienne contemporaine.

L’établissement de l’autorité ottomane en Palestine au XVIe siècle, succédant aux désordres du temps des Mamelouks est plutôt bien accueilli. Le sultan Soliman le Magnifique (1520-1566) reconstruit les murailles de Jérusalem qui entourent encore aujourd’hui la vieille ville. Le Proche-Orient connaît, au cours du XVIe siècle, une réelle prospérité dont bénéficie aussi la Palestine[3]. Après avoir conquis la Palestine, les Ottomans permettent à un nombre important de Juifs expulsés d’Espagne à la fin du XVe siècle de s'y implanter. Malgré l’existence de villages juifs, en Galilée surtout, cette communauté est essentiellement citadine. Les principaux foyers de population juive sont Jérusalem, Hébron, Gaza, Tibériade et Safed. Une fraction importante d’entre eux se consacre aux études religieuses, leur subsistance étant assurée par des subsides versés par les communautés juives de la diaspora. On estime à 10 000 personnes la population juive de Palestine au début de la domination ottomane, Jérusalem, Safed et Tibériade en étant les principaux centres[5].

L'occupation ottomane permet aussi aux communautés chrétiennes de se développer. La population chrétienne de Syrie-Palestine, très divisée  église orthodoxe grecque passe de 10 % à 20 % de la population totale du XVIe au XIXe siècle.

Le statut des minorités non-musulmanes de l’Empire ottoman suit la tradition établie dans les premiers siècles de l'islam. Les gens du Livre, Juifs et chrétiens, sont soumis au statut de dhimmis. Les sultans assurent officiellement la protection de leurs sujets non-musulmans, mais ces derniers restent l’objet de discriminations qui sont maintenues ou remises en vigueur[3].

La situation de la Palestine se détériore au cours des deux siècles suivants[3]. Or c’est lorsque l’Empire ottoman s’est trouvé à l’apogée de sa puissance que la situation des minorités non-musulmanes semble avoir été globalement la plus favorable. Les périodes de troubles, les revers subis face aux puissances chrétiennes s’accompagnent d'un raidissement de l’attitude à l’égard des dhimmis, ce qui conduit à une application plus rigoureuse des pratiques discriminatoires[3]. Ainsi, l’affrontement entre Turcs et Egyptiens dans les années 1830 entraînent de nombreux pillages et massacres dont sont victimes notamment les Juifs[3].

Tout en affirmant la prééminence des musulmans, le pouvoir ottoman accorde une large autonomie aux communautés chrétiennes et juives du pays, qui sont organisées surtout à partir du XIXe siècle dans le cadre des millets[3]. Les chrétiens sont les premiers à bénéficier de ce régime. Dans le cadre du système des millets, les capitulations assurent une certaine protection aux prêtres chrétiens de Palestine, puis à l'ensemble des chrétiens de l'Empire ottoman[6]. Grâce à cette protection, la communauté chrétienne du pays, essentiellement urbaine, amorce un véritable redressement. Au XVIe siècle, la région de Syrie-Palestine comptait moins de 10 % de Chrétiens. À la veille de la Première Guerre mondiale, la Palestine seule en compte plus de 20 %, avec une très forte croissance de la chrétienté latine, après plus de deux siècles d’absence, animée par des religieux originaires d’Occident, au détriment des chrétiens orthodoxes[3]. Désireux de n'avoir qu’un seul interlocuteur pour chacune des communautés chrétiennes, le pouvoir ottoman favorise la position des dignitaires religieux catholiques, orthodoxes, etc., qui sont investis de larges compétences. Ce sont eux qui assurent, au nom du sultan, l’administration de leurs coreligionnaires. Ils peuvent édicter des règlements, lever des impôts et prendre des décisions de justice[7].

Toute autre est la situation des Juifs de l'Empire. Dans un premier temps, pendant les XVe et XVIe siècles, les autorités ottomanes ont accueilli assez volontiers les Juifs en provenance d’Europe qui apportaient avec eux capitaux, connaissances et savoir-faire. Mais passé le XVIe siècle, cette immigration se tarit. Leur rôle dans la vie économique de l’Empire décline. Du fait de cette perte d'influence, l’attitude des Turcs à leur égard devient de plus en plus négative, voire hostile. C’est sans doute au début du XIXe siècle que la situation des Juifs de Palestine est la plus difficile, comme l'attestent les témoignages contemporains qui parlent de déchéance de la communauté juive. Cette condition difficile se traduit institutionnellement. Certes, à partir du XVIIe siècle, la communauté juive de Jérusalem est dirigée par un grand-rabbin, appelé en hébreu Rishon LeTzion (ראשון לציון - le premier à Sion)[8]. En revanche, contrairement aux chrétiens, ce qui concerne les Juifs, il n’y a pas, jusqu’au XIXe siècle, de grand rabbin de l’Empire, mais de simples envoyés spéciaux des communautés auprès du sultan pour traiter des affaires en cours[3]. Safed, centre d’étude de la Kabbale connaît une histoire très heurtée mais demeure, jusqu’au début du XIXe siècle, la principale ville juive de Palestine. Pour Jérusalem, il faut attendre le XIXe siècle pour qu’elle s’y développe fortement au point de devenir largement majoritaire. De 5 000 environ vers 1850, le nombre de Juifs de Jérusalem passe à 40 000 à la veille du premier conflit mondial, soit plus de 60 % de la population totale[3].

Tandis que la situation des Juifs se dégrade, le rôle et l'influence politique des chrétiens tend à se renforcer dans la vie de l’Empire, principalement grâce à l’intensification de leurs relations avec l’Europe. En effet, les chrétiens de l'Empire sont bien placés pour servir d’intermédiaires dans les échanges entre les Turcs et les compagnies européennes. Et surtout les puissances européennes manifestent un intérêt croissant pour le sort réservé aux minorités chrétiennes de l’Empire ottoman, ce qui leur fournit le moyen d’intervenir dans ses affaires intérieures. La protection des puissances européennes ne suffit certes pas à préserver les chrétiens des exactions diverses, mais elle leur laisse une possibilité de recours dont ne disposent pas les juifs, et cette possibilité ne cessera de s'accentuer. Au fur et à mesure que ses particularismes se révèlent à eux ou s'affirment, progressivement, et de façon informelle, les Turcs prennent l'habitude de nommer le pays situé entre la Méditerranée et le Jourdain Arz-i Filistin, et de le distinguer du reste de la province de Damas[9].

Alors qu'elle avait connu une situation difficile sous domination mamelouk, pendant le premier siècle d'occupation turque, la Palestine bénéficie de la prospérité générale de l’Empire ottoman. Le sultan Soliman le Magnifique (1520-1566) fait effectuer d’importants travaux à Jérusalem. Pour protéger la ville contre les pillards et d’éventuels ennemis, il entreprend d'en reconstruire les fortifications, édifiant une puissante enceinte dont les murs entourent encore aujourd’hui la « Vieille Ville » revendiquée par l'État de Palestine. Le Proche-Orient connaît, au cours du XVIe siècle, une réelle prospérité dont bénéficie aussi la Palestine, bien que son importance économique soit bien moindre que celle des importantes régions voisines d’Egypte et de Syrie[3].

Mais à partir du XVIIe siècle, la province négligée entre dans un lent déclin[10], qui a des répercussions sur son organisation politique, son commerce, son agriculture et sa démographie. Dans la Palestine centrale des collines, l’affaiblissement du pouvoir central se mesure à l’importance du rôle reconnu aux chefs des principaux clans tribaux, les cheiks, qui assurent la collecte des impôts (qui leur est affermé à titre héréditaire) et le maintien de l'ordre, mais qui ne sont pas toujours des auxiliaires très sûrs, et s'affrontent parfois dans des guerres tribales qui doivent être réprimées. Dans les régions rurales, il se mesure à sa difficulté à soumettre ou sédentariser les Bédouins, venant de Transjordanie ou du Neguev, qui mènent une existence semi-nomade, et dont les incursions causent des dommages à l’agriculture[3].

Enfin, ailleurs dans le pays, le déclin de l'Empire se mesure à la multiplication des mutineries des janissaires locaux, qui composent la principale force militaire de la province. Ceux-ci, soldats d'élite à l'origine, pratiquent de plus en plus pour survivre des professions civiles qui les mêlent à la population urbaine. En conséquence à partir de 1658-1659, le gouvernement de Constantinople envoie une garnison de plusieurs centaines de janissaires impériaux pour tenir la citadelle de Damas. La rivalité entre les deux corps de troupe ne fait qu'aggraver les désordres : la caravane du pèlerinage de La Mecque partant de Damas, essentielle pour l'économie de la province[11],[12], est attaquée cinq fois entre 1670 et 1700[13].

Pour compenser ces pertes, au XVIIIe siècle, la Palestine participe à une contribution exceptionnelle annuelle de 135 000 piastres levée sur l'ensemble des districts du sud[14]. À ce moment, la caravane du pèlerinage de La Mecque, le mahmal, et les divers pèlerinages de Jérusalem, sont un des derniers leviers stimulant les activités du pays, par les commandes de chameaux aux caravaniers (des dizaines de milliers chaque année), la fourniture de provisions comme les gâteaux secs (buqsmat), et les marchandises de toutes sortes transportées par les pèlerins : bijoux et pierres précieuses de Perse à l'aller, henné et café du Yémen, étoffes de l'Inde au retour[12]. Entre 1725 et 1783, l'ensemble du pachalik retrouve une certaine prospérité sous l'autorité de la famille al-Azem[15]. Mais entre 1784 et 1804, son passage sous la coupe d'un militaire d'origine bosniaque, Djezzar Pacha, qui se rend à moitié indépendant, contribue à le marginaliser dans l'économie de l'Empire ottoman[16]. Au début du XIXe siècle, la population de la Palestine est réduite de moitié par rapport à ce qu'elle était au XVIe siècle ; il ne reste environ que 280 000 habitants.

Réformes et modernisation de la Palestine ottomane

Fragilisée par cette crise des XVIIe et XVIIIe siècles, la domination ottomane sur la Palestine est ébranlée à la fin du XVIIIe siècle et dans la première moitié du XIXe siècle, d’abord par l’expédition française d'Égypte conduite par Bonaparte qui s’empare du pays en 1799, et surtout par la politique d’expansion menée par le pacha d'Égypte Méhémet Ali (1804-1849) qui, s’étant rendu indépendant, entre en conflit avec le pouvoir turc[3]. En 1832, l’armée égyptienne conquiert la Palestine et la Syrie, qui passent sous domination égyptienne pendant neuf ans. La Palestine est concernée au premier chef par la tentative du pacha d’Egypte de recréer à son profit un grand royaume égyptien au Proche-Orient, qui aurait rappelé par son extension l’ancien État des Mamelouks. Une fois la conquête achevée, la région de Syrie-Palestine est placée sous l’autorité de son fils Ibrahim Pacha. Constatant le déclin de la Palestine, celui-ci y installe 20 000 colons égyptiens, et il entreprend d'en moderniser l’administration en ouvrant la région aux influences extérieures, principalement européennes. Mais ses réformes se heurtent à de vives résistances, qui se traduisent par des révoltes fomentées par les milieux les plus attachés à la tradition islamique[3].

L’entreprise égyptienne tourne court sous la pression des grandes puissances européennes. En 1841, la Palestine repasse sous le contrôle de l’Empire ottoman. Ce dernier est entré depuis 1839 dans une phase d’importantes réformes politiques, juridiques et administratives. C’est la période dite des Tanzimat (pluriel du substantif arabe tanzim qui signifie « mise en ordre, réorganisation »). Le mouvement réformateur, qui se prolonge durant près de quarante ans, se donne pour objectif de refaire de l’Empire ottoman un État fort en le modernisant de manière à conjurer les menaces de désagrégation. L’administration provinciale est réorganisée et les pachas désormais assistés de conseils élus ou nommés. On s’efforce également d’améliorer le rendement de la fiscalité avec notamment la création en 1858 d’un cadastre chargé d’effectuer le recensement des propriétés. Entre 1867 et 1884, c'est toute la structure territoriale et administrative de l'Empire qui est remaniée, avec la création et la généralisation du vilayet. Cette rénovation administrative accompagne un mouvement d’expansion économique fondé surtout sur l’essor des échanges. Un fort exode rural entraîne un accroissement rapide des villes[3].

Pour accélérer le repeuplement de la région, le pouvoir ottoman favorise les migrations internes entre les différentes provinces de l'empire, ainsi que l'implantation de colonies étrangères composées de communautés musulmanes venues d'un peu partout en Afrique, en Europe et en Asie : Circassiens, Algériens, Albanais, Bosniaques, etc.[3]. Dynamisée par cette politique, la population palestinienne double et repasse à 6 470 000 en 1880. À ce moment, les régions les plus peuplées du pays sont celles des collines centrales des monts de Judée, espace de culture en terrasses, tandis que les basses terres sont sous-exploitées à cause de la malaria[17], et qu'en marge de la société sédentaire, les Bédouins restent présents dans les déserts à l'est et au sud de la Palestine[18]. C'est dans ce contexte que commencent à se développer l'immigration juive sioniste et les achats stratégiques de terres[19].

Parallèlement à ce repeuplement du pays, se pose la question de son statut administratif et international, motivé notamment par la question des Lieux Saints, posée par les puissances coloniales européennes montantes dans le cadre de la Question d'Orient[20]. En effet, le statut des lieux saints de Palestine, revendiqués à la fois par le judaïsme, différentes branches du christianisme et l'islam, est alors un enjeu d'affirmation et d'influence internationale majeur. En 1840, le Royaume-Uni demande à la Sublime Porte un protectorat sur les Juifs de l'Empire ottoman ainsi qu'une autorisation pour les Juifs européens d'émigrer en Palestine. Un an plus tard en 1841, la France, protectrice traditionnelle des chrétiens d'Orient par les capitulations de l'Empire ottoman en même temps que rivale de l'Angleterre sur la scène internationale, demande aussi un droit de regard sur Jérusalem. À l'époque, le pouvoir impérial turc n'est pas en mesure d'opposer militairement une fin de non recevoir à ces demandes, et il s'efforce de ménager les Européens, dans la mesure où il souhaite rester intégré au concert des grandes nations d'Europe, et où il a besoin des investissements étrangers pour développer son territoire et son économie.

En réponse à ces demandes, dans le souci de trouver un équilibre entre ses alliances diplomatiques, l'ingérence occidentale et sa mainmise sur ses sujets, le sultan Abdülmecid Ier émet en 1841 un décret qui autorise les sujets non-musulmans à se faire assister en justice par leur primat ou, s'ils sont ressortissants d'une puissance amie, par leur consul. La même année, le sandjak de Jérusalem reçoit un statut spécial et est placé sous la dépendance directe du gouvernement central. Un an plus tard en 1842, le sultan concède à la Prusse et l'Angleterre la création d'un évêché protestant en Palestine destiné aux millénaristes venus d'Europe. Enfin, trois ans plus tard en 1845, il concède le rétablissement du siège du patriarcat orthodoxe de Jérusalem à la Russie qui réclame un protectorat sur les chrétiens orthodoxes. Rien n'est décrété concernant la « question juive », mais à ce moment, l'immigration juive à motivation religieuse (constituant le Yichouv) est peu nombreuse, très pauvre et dépendante de l'aide de philanthropes occidentaux.

À partir du milieu du XIXe siècle, les prédations multiples des puissances européennes, déterminées à se partager l'Empire ottoman chancelant, forcent le pouvoir ottoman à faire des compromis et à passer des alliances avec les unes contre les autres pour préserver son indépendance. En 1856, la victoire de la coalition occidentalo-ottomane sur la Russie lors de la guerre de Crimée (1853-1856) consolide l'influence française et britannique sur les affaires de l'Empire. Par l'expédition française en Syrie (1860-1861), la France confirme son rôle de principal soutien international des chrétiens et juifs de l'Empire ottoman. Mais l'ingérence étrangère est mal vue par la population musulmane. En 1856, une émeute éclate à Naplouse, provoquée par un édit d'émancipation des chrétiens, par l'installation d'une cloche dans la chapelle protestante locale et par la levée de drapeaux étrangers sur les consulats. Cependant, l'autorité ottomane est assez solide pour empêcher les violences de s'étendre : la province reste généralement paisible.

Dans ce contexte, pour optimiser et apaiser la gestion du pays, en , le grand vizir Mahmoud Nedim Pacha décide de détacher la Palestine du vilayet de Syrie (Damas) et d'en faire une nouvelle province (vilayet). Celle-ci comprend les sandjaks de Jérusalem, Naplouse et Acre. Cette initiative est accueillie favorablement par les habitants des trois religions. Cependant, deux mois plus tard, craignant que celle-ci[Qui ?] n'essaie de prendre son indépendance, ou ne passe d'un bloc sous influence étrangère, le nouveau grand vizir Midhat Pacha décide de détacher Acre et Naplouse de Jérusalem pour les réunir à nouveau au vilayet de Damas (et plus tard au vilayet de Beyrouth créé en 1887), tandis que Jérusalem constitue un moutassarifat sous le contrôle direct du gouvernement de la Porte, nommé « moutassarifat de Jérusalem » (en turc : Kudüs-i Şerif Mutasarrıflığı), ou « Sandjak de Jérusalem ».

L'Empire ottoman en 1905, en vert, avec le Moutassarifat de Jérusalem qui apparaît sur la carte, détaché des districts d'Acre et Naplouse.

Quoi que sous contrôle direct d'Istanbul, ce nouveau statut concède aux Palestiniens un rôle de partenaires actifs dans la gestion du territoire. Comme dans les autres provinces de l'Empire, le gouverneur (moutassarif) n'est nommé que pour quelques mois et dépourvu de pouvoirs militaires. Il s'appuie sur un conseil de notables nommés, musulmans, chrétiens ou juifs, qui contribuent à l'administration, à la collecte des impôts et à la conscription dans l'armée ottomane. L'affermage des impôts, officiellement aboli depuis 1838, se maintient en fait jusqu'à la fin du XIXe siècle. La justice dépend de la cour d'appel de Beyrouth jusqu'en 1910, date à laquelle une cour est créée à Jérusalem. D'un point de vue territorial, le gouvernorat de Jérusalem compte plusieurs cazas (juridictions) divisées en sous-districts et municipalités. Le caza de Nazareth, lieu de pèlerinage chrétien en Galilée, lui est rattaché. Ce statut spécial et dépendant directement du gouvernement de Constantinople se maintient jusqu'à la Première Guerre mondiale.

Au moment où le gouverneur est établi, la société palestinienne est encore une société largement rurale fondée sur une agriculture familiale d'autosubsistance. Mais une série de réformes a déjà commencé à bouleverser ses schémas économiques et sociaux. Par exemple, alors qu'au milieu du XIXe siècle, la quasi-totalité des terres agricoles se trouvait sous un régime d'exploitation collective villageoise, le musha, avec des champs redistribués chaque année entre les familles, à partir du milieu du siècle, le code foncier ottoman de 1858 (en) favorise l'appropriation des terres par les grands propriétaires. En 1918, le musha ne concerne plus que 60 % des terres : 50 % des paysans sont sans terre et 30 % sont métayers tandis que l'endettement des paysans pauvres auprès des grands propriétaires s'accroît. La croissance du commerce extérieur entraîne l'enrichissement des négociants qui deviennent acquéreurs de terres.

Dans ce contexte, l'agriculture familiale d'autosubsistance cède rapidement du terrain à l'agriculture commerciale d'exportation[21]. Les agrumes, comme les oranges de Jaffa, sont le premier article d'exportation : la surface consacrée aux agrumes dans le moutassarifat de Jérusalem, essentiellement dans la plaine côtière, passe de 660 hectares vers 1895 à 3 000 vers 1910. L'huile d'olive, exportée brute jusqu'aux années 1870, donne naissance à une industrie de la savonnerie[22]. L'assainissement des terres passe par de gros travaux de drainage et de plantations comme les eucalyptus qui, en raison de leur coût, sont réservés aux grands propriétaires ou aux sociétés de colonisation[23].

Au cours des années 1880, des colons allemands et des immigrants juifs[24] apportent des machines modernes et des capitaux nécessaires au développement du pays. Le commerce extérieur, connu essentiellement par le trafic du port de Jaffa, augmente rapidement mais il est marqué par un déséquilibre croissant : pour une base 100 en 1875, les exportations atteignent 121 en 1894-1898 et 266 en 1909-1910 alors que les importations atteignent 246 en 1894-1898 et 549 en 1909-1910. En dehors du savon, la province n'exporte pratiquement que des produits agricoles bruts et importe tous ses produits manufacturés. Ce déficit est compensé par les revenus des pèlerinages et les dons des fondations pieuses des trois religions et par les envois de la diaspora palestinienne en Amérique, essentiellement chrétienne[22].

Arrivée du premier train de Jaffa à Jérusalem, 1892 (drapeau ottoman à droite).

La fin de la période ottomane est marquée par un effort soutenu de modernisation. La première route carrossable de Jaffa à Jérusalem est ouverte en 1868. Le réseau routier s'étend dans les années 1870-1880 avec la construction du pont du Jourdain près de Jéricho (sur l'emplacement de l'actuel pont Allenby) en 1885[25],[26]. En 1888, un entrepreneur juif ottoman, Joseph Navon, obtient une concession pour construire un chemin de fer de Jaffa à Jérusalem (en). La ligne à voie étroite est achevée en 1892 par une compagnie française, la Société du chemin de fer ottoman de Jaffa à Jérusalem et prolongements, et le premier train arrive à Jérusalem le . Mais la compagnie fait faillite l'année suivante, le fret de marchandises étant pratiquement à sens unique vers Jérusalem, et doit être refinancée en 1904. Le port de Jaffa est dépourvu de quais modernes et les cargaisons doivent être transbordées en barges. Les projets de raccordement au chemin de fer de Beyrouth à Damas ou à celui de Damas à Médine, ébauchés avant la guerre, n'aboutissent pas[27].

Pour gérer le pays en pleins bouleversements, pendant les dernières décennies de l'Empire, le pouvoir ottoman s'appuie sur les mêmes familles de notables, à la fois grands propriétaires fonciers et maîtres d'un solide réseau clientéliste. Ces grandes familles conservent les principales fonctions représentatives : les députés de Jérusalem au parlement ottoman sont Yusuf Zia al-Khalidi en 1876, Ruhi al-Khalidi et Saïd al-Husseini en 1908, Ruhi al-Khalidi et Othman al-Nashashibi (en) en 1912. Lors de la prise de Jérusalem par l'armée britannique du général Allenby, en , le maire de Jérusalem, Hussein al-Husseini, et le mufti, Kamel al-Husseini (en), sont issus de la grande famille Husseini[21] (dont est également issu Yasser Arafat). Dans les zones rurales, autour de Jérusalem, la population se divise en deux branches tribales, les Yaman et les Qays, opposées par une rivalité ancestrale (en) : les Yaman sont soutenus par les al-Husseini et les Qays par les al-Khalidi[28],[29],[23],[30]. Les langues les plus utilisées à ce moment pour communiquer dans la société palestinienne sont l'arabe, langue locale et de prestige, et le turc, langue du pouvoir ottoman, l'hébreu commençant à se développer en remplacement du yiddish dans les milieux juifs sous l'impulsion d'Éliézer Ben-Yehoudah[31].

Entre 1890 et 1914, la population palestinienne augmente considérablement : en 1890, on compte 532 000 Palestiniens dont 432 000 musulmans, 57 000 chrétiens et 43 000 Juifs et en 1914 689 000 Palestiniens, dont 525 000 musulmans70 000 chrétiens et 94 000 Juifs[32]. Les Juifs constituent encore une minorité, mais dans le contexte de montée en puissance du sionisme, d'achats très actifs de terres par les organisations sionistes[33], et d'immigration de masse sioniste, la « question juive » prend un caractère de plus en plus politique et problématique au sein de la société palestinienne. Parmi les acquéreurs étrangers de terre au tournant des XIXe et XXe siècles, les immigrants juifs, venus notamment de l'Empire russe et influencés par le sionisme, sont de plus en plus nombreux. Les premières acquisitions menées par le Fonds national juif à partir de 1901 poursuivent dans un premier temps la stratégie foncière de la Jewish Colonization Association en achetant aux propriétaires arabes locaux les terres délaissées à faible coût économique[34]. Dès leur acquisition, les terres achetées sont répertoriées par les organisations sionistes, afin de servir d'assise à un futur État juif, et rendues inaliénables[35].

En 1922, les colonies agricoles juives représentent 594 000 hectares pour 14 140 cultivateurs juifs[36]. Les terres acquises dans ce contexte sont activement mises en valeur par un travail direct d'assainissement puis d'exploitation[34]. Certaines passent en propriété collective, organisées en système collectiviste, ébauchant le système communautaire des Kibboutzim, qui exclut les non-juifs de leur direction. Au sein de ces Kibboutzim, une douzaine en 1920, émergent ou sont formés des cadres appelés à devenir l'élite d'un éventuel futur État juif. Le but des organisations sionistes est alors d'enraciner rapidement les colons juifs venus d'Europe dans le pays[33], de créer une société et une identité sionistes nouvelles autonomes en Palestine, autour de structures socio-économiques viables, capables de vivre de leurs propres productions, et de rendre leurs membres indélogeables[37].

Prenant conscience du caractère particulier, politique et massif, de l'immigration sioniste, le gouvernement ottoman impose de sévères restrictions à l'immigration et à l'achat de terres par les Juifs, sans parvenir à les enrayer totalement. À ce moment, la Palestine est divisée entre les districts d'Acre et de Balqa appartenant à la wilayet de Beyrouth[38], et le moutassarifat de Jérusalem. Le pays ne présente pas d'unité administrative et politique permettant d'agir d'un bloc, et les colons sionistes peuvent jouer sur la multiplicité des services et les failles de l'administration ottomane pour s'installer durablement. La crainte des sanctions à terme est d'autant plus faible que tous ont alors conscience que les jours de l'Empire, miné par ses pesanteurs administratives internes, par ses défaites répétées dans les Balkans, et qui ne parvient pas à se réformer, sont comptés.

Émergence du nationalisme palestinien au XIXe siècle

Le lent déclin de l'Empire ottoman, qui peine à se réformer, et l'écho très fort du mouvement européen des nationalités du XIXe siècle auprès des élites et intellectuels arabes amènent l’émergence au début du XXe siècle du nationalisme arabe dans les provinces ottomanes d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, particulièrement en Syrie, le terme « Syrie » étant à comprendre à l'époque dans son acceptation historique de « Grande Syrie », englobant le Liban et le nord de la Palestine[39].

Parmi ses figures émergentes, un des premiers théoriciens du nationalisme arabe est Negib Azoury, un maronite libanais très influencé par Maurice Barrès, qui a exercé comme fonctionnaire à Jérusalem et qui publie en français à Paris, en 1904, « Le réveil de la nation arabe dans l'Asie turque ». Poursuivi par le pouvoir ottoman, il fuit le pays mais continue son action en animant un petit groupe d'opposition en exil en Égypte, d'où il émet le projet de fonder une « Ligue de la patrie arabe », avec le soutien de la France[40].

En Palestine même, les notables traditionnels restent fidèles au sultan, calife de l'islam, mais un mouvement de contestation apparaît chez les jeunes gens instruits issus des familles de notables ou du monde du négoce, hésitant entre le nationalisme arabe et une simple demande de décentralisation. En à Jaffa, pendant la fête juive de Pourim, des affrontements opposent les immigrants juifs aux Arabes[41]. En 1908 et 1910, la presse palestinienne fait campagne contre la vente de terres aux Juifs sionistes[42]. L'opposition à l'absolutisme du sultan Abdülhamid II trouve aussi des échos chez les jeunes officiers ottomans des garnisons de Jaffa et de Jérusalem à la veille de la révolution des Jeunes-Turcs de 1908[43].

Très vite, la question de l'avenir de la Palestine, centrale dans le monde musulman, mais aussi pour les chrétiens et les Juifs[44], et qui fait l'objet de nombreuses prédations, s'impose aux grandes figures arabes. À partir de 1914, cette question devient d'autant plus pressante que la Première Guerre mondiale pousse les Européens à chercher des soutiens partout sur la scène internationale, et au sein des groupes de pression et des grands acteurs des sociétés civiles, et que l'un des mouvements les plus influents de l'époque est le mouvement sioniste, implanté un peu partout en Occident, qui dispose de moyens et de relais politiques, financiers et médiatiques puissants[33]. Tous ont conscience qu'en cas de défaite de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie, l'Empire ottoman s'effondrera définitivement, et que son immense territoire fera l'objet d'un partage entre les vainqueurs du conflit et leurs alliés.

Pendant la Première Guerre mondiale au Proche-Orient, la Palestine sert de base à l'armée ottomane pendant la campagne du Sinaï et de la Palestine. Elle est le point de départ de la première offensive de Suez (janvier-) puis de la seconde offensive (). En 1917, les Britanniques parviennent à rompre les lignes ottomanes et traversent le désert du Sinaï : après un échec devant Gaza (mars-), ils s'emparent de Gaza et Bir es-Seba (septembre-) puis de Jérusalem et Jaffa (novembre-).

C'est dans ce contexte que le , la Déclaration Balfour est adressée à l'homme politique sioniste britannique Lord Lionel Walter Rothschild par le gouvernement britannique, qui se déclare en faveur de l'établissement d'un « foyer national pour le peuple juif » en Palestine. Un an plus tard, la défaite de l'Allemagne fait prendre conscience aux grandes familles princières arabes qu'elles ont intérêt à se positionner vite auprès des Britanniques et des Juifs sionistes, pour pouvoir profiter des changements imminents. En 1919, l'émir Fayçal ibn Hussein, fils du roi du Hedjaz et futur roi de Syrie, et le scientifique Chaim Weizmann, futur président de l'Organisation sioniste mondiale, signent l'Accord Fayçal-Weizmann à la Conférence de paix de Paris, qui prévoit d'entamer une coopération judéo-arabe pour le développement d'un foyer national juif en Palestine, alors occupée par le Royaume-Uni, ainsi que la création d'une grande nation arabe unique sur la plus grande partie du Moyen-Orient.

Par le vide de pouvoir et de légitimité qu'il crée, et par les espaces de liberté et les opportunités qu'il ouvre, l'effondrement de l'Empire ottoman en 1920-1923 achève de rendre la question palestinienne explosive. Vainqueurs de la Première Guerre, la France et le Royaume-Uni reçoivent alors des mandats sur ses différents territoires arabes ayant vocation à être partagés. Confronté aux multiples projets de colonisation et de partage de son pays, et voyant que les Palestiniens n'ont pas de représentants et sont exclus de toutes les négociations, dès 1920, le mufti de Jérusalem Mohammed Amin al-Husseini devient l'un des principaux dirigeants du nationalisme palestinien. À ce titre, il s'oppose activement au sionisme et est considéré comme l'instigateur de 1921 à 1937 des émeutes en Palestine, dont le massacre d'Hébron en 1929.

En 1925, le haut notable syrien Izz al-Din al-Qassam lui emboite le pas et lance un premier appel au djihad (la lutte armée religieuse) pour soutenir son action politique, d'abord contre les Français en Syrie, puis très vite contre le mouvement sioniste et les Britanniques en Palestine mandataire, en prônant la lutte armée systématique comme moyen d'action politique[45]. Pour donner forme à son appel, il fonde en 1930 une organisation paramilitaire, la Main noire qui se lance dans des attaques contre les Juifs et les Britanniques en Palestine. De 1921 à 1935, ses actions sont coordonnées avec celles du grand-mufti Mohammed Amin al-Husseini[46]. Le nationalisme palestinien est alors conforté par les déclarations antisionistes de l'ensemble des dirigeants arabes des régions limitrophes lors de la Conférence de Bloudan de 1937.

Pour comprendre la montée rapide des tensions et des violences dans le pays, et bien saisir les enjeux qui l'entourent et à bien des égards le dépassent, il faut resituer la Palestine à une échelle globale dans le contexte de nationalisme arabe naissant, redéfinissant ses identités : carrefour stratégique entre de multiples régions historiques du Proche-Orient, pont entre l'Afrique du Nord et l'Asie, charnière du monde arabe, fenêtre du Proche-Orient vers l'Occident, pays des lieux saints des trois grandes religions monothéistes, terre de pèlerinages internationaux depuis deux mille ans, destination historique des Croisades, objet d'un projet de colonisation communautaire ethnoreligieux de la part des Juifs d'Europe et d'Amérique, alors que la Première Guerre mondiale a établi en Europe le principe du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.

Tout contribue, à ce moment, à ce que la Palestine devienne un catalyseur de toutes les attentes et frustrations travaillant la région, et un enjeu international qui dépasse largement le simple cadre levantin, d'autant que le mandat pour la Palestine que la Société des Nations a donné au Royaume-Uni en 1920-1923 l'a placée sous la tutelle politique et administrative d'une puissance coloniale européenne lointaine qui favorise son développement, mais qui est prompte à le négocier entre ses différentes communautés selon ses intérêts, et qui a reçu pour mission d'y établir un « foyer national pour le peuple juif », prélude aux yeux de nombreux sionistes à la fondation d'un État juif[47].

Notes et références

Voir aussi

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