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Hélène (mère de Constantin Ier)

impératrice romaine, mère de Constantin Ier From Wikipedia, the free encyclopedia

Hélène est une impératrice romaine, concubine ou épouse de Constance Chlore et mère de Constantin Ier. Née vers 248/250 à Drepanum et morte probablement le à Nicomédie, elle est une sainte de l'Église catholique et de l'Église orthodoxe.

Date de naissancevers -250
Lieu de naissanceà Depranum en Bithynie
Date de décèsprobablement
Lieu de décèsà Nicomédie
Faits en bref Augusta, puis Sainte, Date de naissance ...
Hélène
Image illustrative de l’article Hélène (mère de Constantin Ier)
Solidus à l'effigie d'Hélène portant le titre d'Augusta, v. 324.
Augusta, puis Sainte
Date de naissance vers -250
Lieu de naissance à Depranum en Bithynie
Date de décès probablement
Lieu de décès à Nicomédie
Fête (catholiques) et (orthodoxes et anglicans)
Attributs Vraie Croix
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Biographie

Sa biographie doit être lue avec précaution, car les auteurs d'apologétique chrétienne et son fils Constantin Ier ont certainement voulu, dans un programme de propagande chrétienne et impériale, donner d'elle, ou exagérer, l'image d'une femme pieuse et charitable. La littérature la concernant relève donc plus du panégyrique impérial et de l'hagiographie[1] que de la réalité de son caractère et de sa vie.

Premières années

Selon une tradition[2] rapportée par l'historien Procope (VIe siècle), elle serait née à Drépanum dans la province de Bithynie en Asie Mineure, bourg dont le nom est modifié après sa mort par son fils Constantin Ier en Hélénopolis[3]. D'après l'évêque et historien Eusèbe de Césarée, elle aurait eu environ 80 ans à son retour de Palestine, vers l'année 327, et serait donc probablement née entre 248 et 250[4]. D'origine très modeste d'après Ambroise de Milan, elle est stabularia[5], ce qui peut se traduire par « servante d'auberge », mais peut aussi s'interpréter comme une prostituée qui recrutait ses clients dans les étables (stabula) près des auberges[6].

On ne sait avec certitude où elle rencontre Constance Chlore. C'est peut-être en Asie Mineure, lorsque Constance, officier de l'empereur Aurélien, participe à la campagne contre la reine Zénobie (271-273). Certaines sources la mentionnent comme son épouse, d'autres comme sa concubine, un statut plus probable étant donné leur différence de condition sociale[7]. Avoir une mère honorablement mariée à Constance Chlore entre dans le cadre de la reconstruction propagandiste de Constantin après son accession à l'empire, légitimant dans le même temps son propre pouvoir pour qu'il ne puisse être contesté par ses demi-frères[3].

Elle donne naissance à Constantin vers 272 à Naissus, en Mésie (l'actuelle Niš, cité militaire de Serbie). À l'époque de l'établissement de la Tétrarchie, en 293, Constance Chlore, devenu César, a probablement déjà épousé Théodora, fille de l'Auguste Maximien[8]. Hélène ne se marie – ou ne se remarie – pas, et vit alors dans l'ombre, cette période de sa vie étant inconnue.

Mère de l'empereur Constantin

Fresque censée représenter Hélène, v. 310, musée de la cathédrale Saint-Pierre de Trèves.

Après l'avènement de Constantin Ier en 306, Hélène retrouve une vie publique. La tradition incertaine[9] la fait séjourner à la cour impériale à Trèves (Constantin en fait sa capitale jusqu'en 316). Elle vit à partir de 312 principalement à Rome (dans le complexe résidentiel du Sessorium) où elle se convertit au christianisme et exerce un apostolat actif de la foi nouvelle[10]. À l'automne 324, Constantin fait proclamer « Augusta » (impératrice) sa mère que Constance Chlore avait répudiée, ce qui montre son influence grandissante à la cour et au sein de la dynastie constantinienne[11]. Elle est reconnue comme « femme du divin Constance »[12],[13].

L'historien Zosime fait apparaître l'influence d'Hélène lors des exécutions en 326 de son petit-fils Crispus et de sa belle-fille Fausta, sur ordre de Constantin :

« S »

Statue de la fin du IIe siècle dont la tête a été transformée en portrait d'Hélène à l'époque constantinienne, musées du Capitole, Rome.

donnant une impulsion importante aux pèlerinages en Terre sainte et à l'aménagement des lieux.

Sainte Hélène (+ 329) découvre la croix du Christ grâce à un miracle
La tradition rapporte que l’impératrice Hélène, mère de l’empereur Constantin, fit la découverte à Jérusalem (Israël) de la croix sur laquelle Jésus mourut, des clous et de l’écriteau fixé sur cette croix sur lequel était inscrit l’acronyme INRI (Jésus le Nazaréen, roi des Juifs).

Mais une difficulté subsistait : les croix des deux larrons, crucifiés avec Jésus, avaient été découvertes avec la sienne, et l’impératrice ignorait comment les distinguer.

Saint Macaire, évêque de Jérusalem, qui l’aidait dans son entreprise, ordonna que les personnes présentes se mettent à prier pour demander à Dieu de faire savoir quelle était la vraie croix.

Peu après, on fit amener sur les lieux une femme prête à mourir, pour laquelle les médecins ne pouvaient rien. On lui fit toucher de la main les deux croix des larrons. Rien ne se passa. La pauvre gémissait de plus bel et se tordait de douleur.

Lorsqu’on l’approcha près de la troisième croix, la malheureuse ouvrit les yeux, se mit à pleurer de joie et dit qu’elle ne sentait plus aucune douleur et qu’elle rentrerait chez elle par ses propres moyens. Le même jour, Macaire rencontra un convoi funéraire qu’une foule accompagnait au cimetière. Il fit arrêter les porteurs du défunt et toucha le cadavre avec deux des croix, en vain. Aussitôt qu’on eut approché celle du Christ, le mort ressuscita.

Source : d’après J.W. Drijvers, Helena Augusta. The Mother of Constantine the Great and the Legend of her Finding of the True Cross, Leyde, Brill, 1991.

Jérusalem.

Hélène meurt vers 330 en présence de son fils[14]. Constantin fait transformer sa résidence, le palais de Sessorium, en une église, la basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem[15].

Postérité

Un ouvrage médiéval du XIe siècle ou du XIIe siècle, le Roman de Constantin et Hélène, est une traduction latine d'un original grec datant probablement du Xe siècle. Il reprend des personnages authentiques dans un récit légendaire[16].

Canonisée, elle est considérée comme sainte par les églises catholique et orthodoxe. Sa fête est fixée au pour les catholiques et au pour les orthodoxes, qui fêtent le même jour Hélène et Constantin (« fête des très grands souverains Constantin et Hélène, égaux des apôtres »).

La ville d'Elne, ancienne Illiberis, tire son nom de l'impératrice Hélène. Constantin a en effet renommé au IIIe siècle la ville en Castrum Helenae, devenu Helna, puis Elna et enfin Elne en français.

À l'instar des empereurs chrétiens se déclarant « nouveau Constantin », plusieurs reines et impératrices (Pulchérie, Eudocie) sont présentées comme de « nouvelles Hélène »[17].

Reliques

Selon la tradition , le corps de sainte Hélène est ramené à Rome et placé dans un sarcophage en porphyre rouge, dans un mausolée de Tor Pignattara, un quartier de Rome. En réalité, le commerce des reliques durant le haut Moyen Âge est si lucratif que les corps des grands saints sont démembrés et partagés pour un culte privé (reliques dans des oratoires, des petits reliquaires portatifs) ou public (reliques insignes dans des sanctuaires qui favorisent les pèlerinages)[18].

Vers 840, un moine nommé Theutgise dérobe à Torpignattara les restes d'Hélène et les apporte à l’abbaye bénédictine d’Hautviller, dans le diocèse de Reims. Les reliques sont placées dans une châsse, derrière le maître-autel de l'église, et favorisent les pèlerinages, permettant probablement à l'abbaye de « sortir de difficultés financières, de réaffirmer le pouvoir d'un évêque ou de défendre le bien-fondé d'une réforme[19] ».

En 868, l'archevêque de Reims charge le moine Hincmar de Reims (v. 830 - 889) de composer une vie d'Hélène (Vitae Helenae). Altmann (Altmannus) écrit également à son sujet un récit de translation et un recueil de miracles, manipulant les textes biographiques précédents pour élaborer une hagiographie[20]. L'abbaye honore depuis la sainte, principalement au jour anniversaire de sa mort, le , ainsi qu’aux fêtes de la Sainte Croix qui voient la célébration d'un office solennel suivi d’une procession.

À la Révolution, le dernier procureur de l’abbaye, dom Jean-Baptiste Grossard, sauve les reliques en les transmettant en à l'ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Les reliques sont translatées dans l'église Saint-Leu-Saint-Gilles par cet ordre. Sur la réclamation de son curé et de ses paroissiens, l'église d'Hautvillers peut récupérer, grâce à la compréhension du clergé de Saint-Leu, une partie des reliques de sainte Hélène, qu'elle accueille avec ferveur le [21].

L'incertitude sur la tombe d'Hélène (Rome, Constantinople), différentes traditions sur les translations et le partage de ses reliques font que d'autres villes déclarent détenir les restes de la sainte : Trèves, Rome, Venise[22].

La chapelle du château de Genech aurait abrité la tête de sainte Hélène jusqu'à la Révolution ; des traditions concurrentes la font reposer dans la cathédrale de Trèves, ou dans la basilique Santa Maria in Aracoeli, cette dernière affirmant posséder les principales reliques de la sainte depuis 1140[20].

Iconographie

Hélène est représentée âgée, en costume d'impératrice, tenant une croix ou les clous de la Crucifixion. Elle est parfois associée à son fils Constantin. On la représente aussi tenant dans sa main une maquette d'église.

Notes et références

Voir aussi

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