Vita

livre dans lequel sont relatés la vie et les miracles d'un saint From Wikipedia, the free encyclopedia

Dans le christianisme, une Vita (au pluriel : Vitæ) ou vie de saint (le mot latin vita signifiant « vie ») est un ouvrage qui relate la vie et les miracles d'un saint. Ils s'agit non pas de biographies au sens actuel, mais de récits hagiographiques, en partie légendaires ou semi-légendaires, ayant pour but principal de valoriser la sainteté de l'intéressé.

Page du manuscrit de la Vita Martini par Sulpice-Sévère.

Ces Vitæ remontent dans certains cas à la fin de l'Antiquité (Vie de saint Antoine, IVe siècle), mais c'est surtout durant le haut Moyen Âge qu'elles ont été écrites en grand nombre. Certaines ont des auteurs connus : Athanase d'Alexandrie (IVe siècle), Grégoire de Tours (VIe siècle) ou Alcuin (IXe siècle).

Ces récits nous ont été transmis grâce à des compilations, les légendiers, où ils sont désignés de différentes façons : vita, passio passion »), martyrium martyre »), confessio (confession), conuersio (conversion)[1].

Ce type de document, malgré ses défauts, peut constituer une source intéressante pour la recherche historique, pour les époques où la documentation est limitée.

Présentation

Rédaction et transmission des Vitæ

Certaines Vitæ ont un auteur qui a connu le saint qu'il évoque. L'une des premières de ce type est la Vita Martini (Vie de saint Martin (de Tours)) de Sulpice-Sévère.

Les premiers textes en langue d'oïl sont pour la plupart des vies de saint : notamment Cantilène de sainte Eulalie, Vie de saint Alexis, Vie de saint Léger, mais beaucoup ont été rédigées en latin et traduites plus tard.

Les textes originaux sont ensuite recopiés de façon manuscrite, ce qui peut donner lieu à des remaniements, voire des forgeries[2].

Le problème de l'historicité des saints sujets de Vitæ

L'historicité des saints présentés dans ces textes est interrogée par les historiens. Le courant hypercritique[Qui ?] les a rejetés en masse, mais les études critiques récentes en ont réhabilité beaucoup[3].

La rédaction des Vitæ est en effet encadrée par les autorités ecclésiastiques (notamment les évêques), elles entrent dans un programme d'édification ou de persuasion des croyants comme des incroyants, mais aussi des métiers qui se dotent de saints patrons, des paroissiens qui se trouvent un saint protecteur : ces micro sociétés s'organisent autour de la compréhension commune de ces textes (auteurs, lecteurs, copistes).

Mais en l'absence de document indépendant extérieur à la littérature hagiographique (par exemple, une charte de donation), il n'est pas toujours possible de confirmer que le saint a réellement existé[4].

La question de l'historicité des faits rapportés

De même, l'historicité de certains épisodes de la vie des saints est parfois douteuse car ils se retrouvent dans l'hagiographie tels qu'ils apparaissent dans les coutumes ou dans le folklore.

Souvent, la structure du récit d'une Vita se retrouve dans des Vies de saints antérieures[5], dont les auteurs reprennent les « conventions littéraires d'un modèle biblique qui façonnait leurs modes de pensée et d'expression »[6].

Exemples de Vitæ

On peut citer les ouvrages suivants, qui ont des auteurs connus :

Notes et références

Voir aussi

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