Hélène Millet
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Hélène Millet, née en 1944, est une historienne médiéviste française, spécialiste de l'Église catholique en France à la fin du Moyen Âge.
Directrice de recherches au CNRS, elle rédige et dirige des prosopographies des ecclésiastiques français du XIIIe au XVe siècle, notamment en lançant et en dirigeant pendant vingt ans la collection des Fasti Ecclesiæ Gallicanæ.
Hélène Millet consacre sa thèse de troisième cycle à une prosopographie des chanoines du chapitre cathédral de Laon et en tire un ouvrage publié en 1982 par l'École française de Rome. Utilisant l'informatique, elle propose une analyse des biographies de plus de 800 chanoines, étudiant tout d'abord leur recrutement puis leur parcours ecclésiastique et enfin leur mode de vie[1],[2],[3]. Elle dirige ensuite un volume collectif d'une vingtaine de communications consacré à l'usage de l'informatique pour constituer des bases de données utiles pour des études prosopographiques. Les cas présentés vont des textes cunéiformes du IIIe millénaire av. J.-C. aux généraux du Premier Empire[4],[5],[6].
Avec Emmanuel Poulle, Hélène Millet édite en 1988 les bulletins de vote des membres du clergé, consultés sur la soustraction d'obédience menée par la France en 1398, pour contraindre Benoît XIII à renoncer au trône pontifical et à mettre ainsi fin au Grand Schisme[7],[8],[9].
Hélène Millet devient directrice de recherches au CNRS et membre du laboratoire de médiévistique occidentale de Paris[10].
Hélène Millet lance en 1990 le projet des Fasti Ecclesiæ Gallicanæ[11], et le dirige jusqu'en 2010, date à laquelle elle est remplacée par Vincent Tabbagh[12]. Ce projet a pour but de constituer un vaste ensemble de notices normalisées des dignitaires et chanoines des cathédrales ayant vécu entre 1200 et 1500, dans les diocèses ayant existé sur le territoire de la France actuelle[13]. Il doit couvrir 147 diocèses (141 sur le continent et 6 en Corse)[12]. Il s'agit d'une grande prosopographie, dont les limites sociales fluctuent d'un diocèse à l'autre. En effet, les dignitaires, chanoines et officiers n'étaient pas les mêmes selon les cathédrales[13]. Hélène Millet participe elle-même au premier volume de cette collection, qui porte sur le diocèse d'Amiens[14],[15],[16],[17],[18] et au volume 4 consacré au diocèse de Besançon[16].
Hélène Millet dirige des ouvrages collectifs consacrés au poète Eustache Deschamps[19],[20], au cardinal Pierre d'Ailly[21],[22],[23],[24] ou au concile de Perpignan de 1408-1409[25],[26],[27]. Elle réunit ses propres articles dans deux volumes sur l'Église du Grand Schisme en général[28],[29],[30],[31],[32],[33],[34],[35] et sur le concile de Pise de 1409[36],[37],[38].
Distinctions
- Prix :
- Prix De La Fons-Mélicoq 1983, décerné par l'Académie des inscriptions et belles-lettres pour Les Chanoines du chapitre cathédral de Laon[39].
- Concours des Antiquités de la France 1993, décerné par l'Académie des inscriptions et belles-lettres pour Le vote de la soustraction d'obédience en 1398[40].
- Prix Bordin 2011, décerné par l'Académie des inscriptions et belles-lettres, pour L'Église du Grand Schisme, 1378-1417[41].
- Mélanges :
- Roselyne Le Bourgeois, Anne Massoni et Pascal Montaubin (dir.), Les collégiales et la ville dans la province ecclésiastique de Reims (IXe – XVIe siècles) : Actes du colloque d’Amiens-Beauvais (3,4 et 5 juillet 2009) organisé en l’honneur d’Hélène Millet, Amiens, C.A.H.M.E.R., coll. « Histoire médiévale et archéologie », , 230 p. (ISBN 9782953289848)[42].
- Christine Barralis, Jean-Patrice Boudet, Fabrice Délivré et Jean-Philippe Genet (dir.), Église et État, Église ou État ? Les clercs et la genèse de l’État moderne : Actes de la conférence organisée à Bourges en 2011 par SAS et l’Université d’Orléans en l’honneur d’Hélène Millet, Paris-Rome, Publications de la Sorbonne-École française de Rome, coll. « Le pouvoir symbolique en Occident (1300-1640) », , 496 p. (ISBN 978-2-85944-786-1 et 978-2-85944-932-2, DOI 10.4000/books.psorbonne.3516, lire en ligne).