Hôpital Saint-Mathieu à la Chaîne

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TypeHôpital
Date de démolition1786
Hôpital Saint-Mathieu à la Chaîne
Image illustrative de l’article Hôpital Saint-Mathieu à la Chaîne
L'hôpital Saint-Mathieu à la Chaîne et l'église Saint-Mathieu contiguë devant la place aux Chevaux, en haut, Saint-Michel
Présentation
Culte Catholicisme
Type Hôpital
Date de démolition 1786
Géographie
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Province Drapeau de la province de Liège Province de Liège
Commune Liège
Coordonnées 50° 38′ 37″ nord, 5° 34′ 20″ est
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Hôpital Saint-Mathieu à la Chaîne
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Hôpital Saint-Mathieu à la Chaîne

L'hôpital Saint-Mathieu À-la-Chaîne[note 1] également nommée Nouvel Hôpital de la Cathédrale[note 2] ou Prieuré de Saint Mathieu à la Chaîne, est un hôpital liégeois fondé en 1112 par Gauthier de Chauvency. Il accueille au départ uniquement des pèlerins. Il devient Séminaire de Liège du XVIIe siècle au XVIIIe siècle. Disloqué à la révolution française, installé par les Jésuites dans leur collège en Isle, il deviendra au XIXe siècle, l'Université de Liège, tandis que la théologie sera enseignée au Grand Séminaire à l'ancien abbaye des Prémontrés, l'abbaye de Beaurepart.

Le prieuré et l'église sont visibles sur la vue cavalière de la ville de Liège de Julius Milheuser en 1627, et sur la copie de celle-ci par Johan Mérian. L'église avait une nef assez petite, en Gothique flamboyant assez simple. Un seul clocheton de bois, de forme octogonale, surmontait le bâtiment à la façade. Le prieuré était limité au nord par les bâtiments de l'officialité, à l'ouest par la place aux Chevaux et le bras de la Sauvenière; à l'est par la place Verte s'étendant devant le cloître occidental de la cathédrale Saint-Lambert.

Historique

Vieil Hôpital

Le Nouvel Hôpital de la cathédrale est ainsi désigné par rapport à un Viel Hôpital, d'origine paroissiale probable, mais, s'il n'a pas été créé par la cathédrale, en dépendait déjà[1],[2]. Ce dernier était situé sur le Marché, à l'emplacement où s'élevaient à la fin du XIIIe siècle les deux maisons aux enseignes du Loup et du Paon[note 3],[note 4]. Il est fort probable que l'hôpital primitif ait été emporté dans le grand incendie de 1185 qui ravagea l'église Saint-Pierre et la cathédrale, proches l'une de l'autre. Ce vieil hôpital aurait été fondé en 1112 par Gauthier de Chavency, prévôt de Saint-Lambert, qui donna sa maison située dans les cloîtres de la cathédrale pour y établir des nobles des deux sexes devenus indigents. Son successeur, Helin, grand prévôt de la cathédrale, aurait mis la dernière main à cette fondation vers 1113. Dépendant de l'évêque et de l'église, ce vieil hôpital ne devait probablement accueillir que les pèlerins.

Par une charte d'août 1220, en présence de l'évêque Hugues de Pierrepont, le chapitre de Saint-Lambert enregistre l'arrangement intervenu entre le chanoine Jean de Moregni, fondateur dans la cathédrale de la confraternité de Saint-Luc[3] et les Frères de l'hôpital[4], concernant Saint-Mathieu ad catenam appelé nouvel hôpital.

Nouvel hôpital

Sur l'insistance de l'évêque et du chapitre, le légat pontifical, Guy de Preneste, confirmera le , les possessions et revenus du nouvel hôpital ainsi que la dotation d'un autel consacré à Saint-Matthieu. Le , le pape Grégoire IX confirme la juridiction du chapitre de Saint-Lambert sur le nouvel hôpital[5]. En 1255, le pape Alexandre IV prend l'hôpital sous sa protection et ordonne que l'ordre régulier de Saint Augustin y soit maintenu à perpétuité; il confirme toutes les possessions de l'hôpital et exempte ses nouveaux essartages de la dîme; autorise le prieuré à recevoir des novices, et autorise la construction d'une chapelle ou d'un oratoire, chapelle qui sera située à l'étage[note 5], enfin il autorise l'hôpital à posséder son propre cimetière. En 1263, le pape Urbain IV donne à l'hôpital un bref de protection semblable[6]. Le transfert des biens est décidé en 1347 par le prévôt, le doyen et le chapitre de Saint-Lambert et adressé au pouvoir communal, mais en restant principalement sous la direction du prévôt et sa dotation[AEvL 1],[7].

Dotations

Une dotation prévôtale soumet les brasseurs à redevance (1292), elle sera souvent sujet à des difficultés (1297)[AEvL 2]. Sous le prieuré de Gérard de Noderenges, le prévôt de la cathédrale, Engelbert III de La Marck, assigne en 1339 divers biens des rentes à l'hôpital à Seraing, Amay et Flémalle[AEvL 3]. D'autres biens à Ans et Hognoul sont également grevés d'une rente[note 6]. En , il avait exempté le prieuré et ses biens de tout impôt et le Saint-Siège, en date du , par le pape Clément VI, d'Avignon, ordonne à toutes les autorités laïques de ne pas entraver la perception des revenus du prieur et de l'hôpital[8]. Arnold-Daniel de Montenaken, Montegnis le Tiexhe, prieur en 1399 fait enregistrer par testament qu'il lègue ses biens de Hesbaye et Liège[note 7]. Le prieuré jouit également d'une splendide ferme de La Préalle, incendiée en , que le prieur Gilles Virginis reconstruira en 1569[9].

À la Chaîne

L'hôpital était compris, à proximité des bâtiments claustraux, dans les limites du cloître dont le pourtour était délimité, suivant l'usage médiéval, par une chaîne que l'on tendait au travers de la chaussée, chaque fois que la nécessité s'en faisait sentir. L'entrée de l'hôpital était gardée par une chaîne de ce genre.

Gestion des Augustins

Si le vieil hôpital n'accueillait que les pèlerins, à la fin du XIIe siècle, le nouvel hôpital accueille des pauvres manifestement installés à demeure[AEvL 4]. Ce n'est que dans la suite que des malades y seront soignés. Les délinquants ecclésiastiques étaient également incarcérés à l'hôpital[note 8].

Ce fut à partir de 1204 que Weric de Kannes va ériger cette maison en monastère c'est-à-dire administrée par des chanoines et chanoinesses de l'ordre de Saint-Augustin. Un autel dédié à Saint-Mathieu fut fondé par Simon, un ecclésiastique, dans la chapelle consacrée le avec l'autorisation du cardinal Guy de Preneste, évêque de Palestrina, légat du Saint-Siège[10] qui précise que cet autel pourra être desservi par un prêtre de l'ordre de Saint-Augustin, détail qui prouve que l'ensemble du prieuré n'observe pas encore cette règle. Vers 1223, des Augustins de l'hôpital Saint Mathieu à la Chaine fondèrent l'abbaye du Val-Benoit[11]. Le prince-évêque Adolphe de La Marck confirmera au prieuré ses exemptions de charges en 1336 et approuvera le règlement de l'hôpital en 1340.

Un béguinage de lettrés

Les règlements postérieurs à celui du [note 9], dont un du , fixe le nombre des secourus à 12 hommes et 36 femmes, qui portent le nom de familiers. Les hommes ne sont pas admis avant l'âge de 30 ans, les femmes doivent compter 40 ans accomplis. Tous doivent être célibataires. L'hôpital prend des allures de béguinage[AEvL 5], on dirait même d'un béguinage intellectuel quand on voit les nombreux lettrés qui assistent aux inaugurations des prieurs. L'aboutissement en séminaire provient peut-être de cette évolution antérieure. Le personnel spirituel compte, d'après ce document, un prieur, deux frères prêtres profès, six frères lais profès, et quatre sœurs professes desquelles l'une serra députée à maiestre, c'est-à-dire qu'elle aura la direction sous les ordres du prieur. Le prieur est élu parmi les chanoines de Saint-Materne ou de la Petite Table ou les chapelains de la cathédrale Saint-Lambert[AEvL 4]. Il semble que le quorum prévu n'ait jamais été atteint, sans jamais dépasser sept membres. Méconnaissant l'origine de Saint-Mathieu à la Chaîne, certains prieurs s'efforcèrent de soustraire l'institution au contrôle des supérieurs traditionnels, le prévôt et le doyen de la cathédrale[12].

Le prieur Nicolas de Vivegnis

Le sac du Téméraire

En 1468, sa soldatesque pille l'hôpital, emmène le prieur Nicolas de Vivegnis[note 10] et l'enferme dans un fort près de Cambrai pendant deux mois. Le chevalier Eustache de Streel, qui y avait caché son argenterie s'est vu dépouillé de celle-ci. Il accusa le prieur, en 1476, d'avoir dilapidé son patrimoine, profitant des guerres entre Liège et Bourgogne. Mais une sentence de l'official du [13],[14] sauvegarda l'honorabilité du prieur et, rentré d'exil dans un état de pauvreté extrême, condamna Streel à entreprendre un pèlerinage à Rome et un autre à Compostelle. En fait, il semble que l'institution ait été frappée rudement par l'impôt du Bourguignon vainqueur[15].

Reconstruction

Les rapports avec la cathédrale restent excellent : lors de la reconstruction de Liège, la cathédrale ayant reçu l'autorisation de reconstruire 24 maisons pour ses serviteurs et ses chapelains, elle concède au prieur de Saint-Mathieu à-la-Chaîne par l'intermédiaire du chapelain Henrar de Preit, le droit de reconstruire son immeuble dans le cadre de cette convention[AEvL 6]. Le prieur Pierre Philippy lui succède vers 1492[note 11].

Le prieur Albert de Limbourg

Prêt à l'abbaye du Val des Écoliers

En 1508, l'abbaye du Val des Écoliers emprunte au prieur Albert de Limbourg[note 12] 800 florins pour se libérer d'une rente[16],[17].

Construction de deux Chapelles

La chapelle est reconstruite au commencement du XVIe siècle par le prieur Albert de Limbourg, elle est consacrée le par Érard de La Marck : une pierre rappelle le souvenir de cette consécration[AEvL 7] et, aux environs de 1525, il bâtit une autre chapelle en dehors de la Cité, sur la rivière d'Avroy, en l'honneur de la Sainte-Vierge et Saint-Lambert.

Jean de Limbourg (c. 1538-1562) et Gilles Virginis (1562-1579) vont lui succéder.

Vestiges

Il semble que rien ne subsiste du prieuré, si ce n'est une colonne portant les armes d'Érard de La Marck, placée à la collégiale Saint-Martin[18].

Université ou Séminaire épiscopal

Notes et références

Voir aussi

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